Les derniers incidents qui ont eu lieu au Liban ne peuvent que démontrer une certaine responsabilité, non pas des hommes politiques mais plutôt de la société elle-même, en ayant laissé la place et en choisissant de se taire.

Ce choix du silence est multiple mais il est avant tout là par dégout de la politique telle qu’on la conçoit au Liban, c’est à dire féodale, mafieuse, une politique plutôt à l’avantage de voyous.

Les hommes politiques ont compris que l’intérêt de la population en générale à la politique est contraire à leurs intérêts par la fin de leur monopole de la question. « Rentrez chez vous, on s’occupe de tout », a déclaré en a déclaré un à l’issu des manifestations du 14 mars 2005. Il ne s’agissait déjà que d’un déni de la démocratie pendant la durée des différentes magistratures. Si l’obligation de cabinet d’union gouvernemental se fait sentir au Liban, c’est également un déni du choix démocratique par le manque d’alternance en terme de choix. Les hommes changent – sauf à la tête du parlement – mais la politique suivie reste la même, même quand elle n’est pas cohérente.

Le concept démocratique pourtant amène à une noblesse en politique, celle du choix de l’intérêt général au détriment de l’intérêt personnel autour de la notion du débat et du vote. La politique est un choix face aux problématiques et seul Dieu sait combien elles sont nombreuses au Liban, notamment sur les questions environnementales, économiques et sociales pour lesquelles la classe politique actuelle n’a pas donnée les bonnes solutions si ce n’est celles des intérêts privés et de la facilité. Cette noblesse d’agir pour les autres, être le serviteur des autres n’a pas sa place au Liban ou ces Zaïms semblent plutôt utiliser les autres.

Les crises environnementales, comme la crise des ordures, les crises économiques avec l’inadéquation des structures de l’état ou encore les crises sociales parce qu’il n’y en pas qu’une, ne peuvent être résolues non pas par le choix d’une partie infime de la population qui gouverne mais par le choix de la majorité de la population. Nous nous trouvons dans une fausse démocratie ou on laisse certains s’exprimer pour nous au mépris de nos intérêts, la réalité autoritaire – qui s’est transformée en prison ou les geôliers se succèdent de pères en fils-  n’est masquée par un aspect démocratique que le temps d’élections.

La politique est un choix de quel avenir nous souhaitons.

A plusieurs reprises cependant, les libanais se sont réconciliés avec la politique pour mieux divorcer et notamment en 2005. Les raisons du divorce sont avant tout du à la violence et à la lassitude de l’immense majorité et à sa peur, au point ou le mot même de politique semble s’être transformé en insulte qu’il faut savoir éviter.

Combien de fois on entend de jeunes personnes dirent « Khalas ne parlez plus politique ». La politique de l’autruche n’est pas une solution mais au contraire la pire des solutions parce qu’après tout jusque là, qui ne dit mot, consent.

La réalité est donc toute autre. Notre relation avec la politique est celle d’une victime consentante qui a, à la fin, se complet dans cette victimisation en n’affrontant pas les problématiques. Il faut rester positif même quand il n’y a plus rien de positif. Cette « positivité » à outrance au lieu d’affronter les réalités et de proposer des solutions par l’expression politique nous a amené au bord du gouffre dans lequel nous nous trouvons.

Notre jeunesse doit au contraire s’intéresser à la politique. Il ne s’agit qu’après tout de choisir son avenir. Mais pour cela, il faut changer d’état d’esprit en pensant et non en suivant suivant de manière aveugle. Nous devons favoriser l’émergence de nouveaux dirigeants sur la base de compétence et non sur la base de filiation. Cela réclame de sortir de l’archaïsme de la pensée patriarcale souvent véhiculée par la religion et l’éducation. Nous devons apprendre à cette jeunesse de débattre non pas armes aux poings mais par les paroles, le débat démocratique, et d’accepter le choix de la majorité, celui de l’intérêt général, même si celui si est contraire à ses propres intérêts.

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