« Dans un monde qui se globalise et se morcelle à la fois, le Liban demeure la preuve ultime qu’il est encore possible aux communautés, une fois le pluralisme politique équitablement et librement respecté, de s’opposer, chacune puis toutes ensemble, au fondamentalisme et à l’exclusivisme….Les chrétiens doivent tenir leur rang. Ils doivent avant toute chose renoncer à ce complexe de persécution qui est le propre des minorités… » 

Ghassan Tueni

La place du Liban ne peut se limiter aux brillantes expositions touristiques et aux lumineuses festivités à portée locale et internationale. La coexistence entre nos composantes ne consiste pas à tolérer des héritages conflictuels mais à rétablir et à promouvoir des valeurs conciliatrices. Elles sont si bien défendues par le réalisme et l’engagement dynamique de sa jeunesse, ici et de par le monde. Pour distinguer un « changement » promis du modèle « passé » le citoyen a besoin de constater que ces personnes soupçonnées de voler l’Etat depuis longtemps, et donc lui aussi, s’inquiétent désormais de leurs sorts, craignent les juges et des sentences indépendantes de toute influence ou pression politique, locale, régionale ou internationale!

Le libanais crie haut et fort sans rencontrer encore des répondants efficaces. Celles qui pensent pour agir sensiblement au présent et s’acharnent nuit et jour pour des actes qui allègent ses conditions de vie, lourdes et complexes, sans aucune surcharge matérielle supplémentaire !

La franche coexistence est celle où on partage certes le nécessaire, on exprime et assume ce qu’on comprend, ce qui nous angoisse, ce qui nous plaît et ce qui nous blesse. Néanmoins, la coexistence entre le pouvoir et les composantes de sa population consiste à pressentir les évidences et à agir sans plus attendre que les gens descendent encore manifester, tout épuisés des colères tassées et légitimes!

La résignation des responsables aux susceptibilités, aux abstinences et aux concordances de quelques uns ne sert qu’à préserver la pérennité d’un quelconque fonctionnaire, la non prévenance, les faux calculs et la fausse distribution des taxes en pleine crise démographique et socio-économique!

Tout celà confirme la mauvaise réputation de politicards à la dérive et les valeurs ajoutées de la distanciation, de la méfiance et de l’appréhension chez le citoyen vis à vis de tout projet « crédible » exprimé en son nom!!