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Alors que des négociations ont débuté le mois dernier entre le Liban et Israël concernant la délimitation des frontières maritimes exclusives, le ton est brusquement monté entre les 2 pays, l’état hébreu accusant le pays des Cèdres d’avoir changé de positions et de menacer d’une suspension du processus.

Tel Aviv réagissait aux propos du Président de la République Libanaise, qui avait estimé, devant le général Stephano Del Col que cette délimitation devrait être « fondée sur la ligne qui part sur terre à partir de la pointe de Ras Naqoura » sans prendre en compte la question des îlots inhabités situés au large des côtes israéliennes et cela conformément au droit international.

Ces propos contredisent ainsi ceux du chef de l’état qui avait estimé que ces négociations porteraient prochainement leurs fruits devant le commandant de la FINUL.

Cette nouvelle ligne engloberait ainsi 1 430 kilomètres carrés supplémentaires en faveur du Liban dans lesquels se trouvent déjà plusieurs champs gaziers et pétroliers déjà découverts israéliens alors du côté de l’état hébreu, on revendiquerait plus de 50% des blocs 8, 9 et 10 libanais, soit 860 kilomètres carrés.

Eclairage

Image Revendication Israël Liban Carte

Pour rappel, à l’origine de ce problème, les négociations entre le Liban et Chypre en 2011. Le point de départ de la zone a été fixée arbitrairement par les 2 pays au point 1 des frontières.
Par conséquent, l’Etat Hébreu a décidé de poursuivre la délimitation de ses frontières maritimes au point 25 selon ses mesures qui correspond au point 1 pour le Liban.
Cependant le Liban estimait dès le départ que le point de départ de sa zone d’exclusivité économique se situait au point 0, selon Beyrouth ou 23, selon l’état hébreu et situé à 17 km au sud du point 1 , fixé lors des négociations entre Tel Aviv et Nicosie.
Ainsi est délimité un triangle allant du point B1 situé à Ras al Naqoura au point 0 puis au point 1.
Cette zone est revendiquée par les 2 états, le Liban et Israël. Elle couvre ainsi plus de 800 kilomètres carrés. Une partie des blocs 8, 9 et 10 se trouvent ainsi au centre de la polémique.
La situation s’est aggravée par la découverte d’un potentiel important de gisements gaziers et pétrolier dans cette zone.
Le Liban indique disposer de cartes prouvant que la zone lui appartiendrait.

Par ailleurs, la ligne Hoff du nom du médiateur américain qui s’était déjà saisi du dossier en 2011 et que Beyrouth avait déjà rejeté, accorde 560 kilomètres carrés au Liban et le solde à Tel Aviv.

En 2019, alors que des négociations semblaient pouvoir être relancées entre le Liban et Israël, elles se sont brusquement interrompues pour des raisons jusqu’à présent inconnues. La tension entre les 2 pays est également montée d’un cran avec la découverte de tunnels traversant la ligne bleue, ligne de démarcation entre les 2 pays.

Le 14 octobre, des négociations entre le Liban et Israël s’ouvrent au QG de la FINUL à Naqoura et en présence du médiateur américain, le sous-secrétaire d’état des Etats-Unis, David Schenker, et sous les auspices du coordinateur spécial de l’ONU au Liban Jan Kubis.

Au cours du 3ème round de négociation qui s’est déroulé le 28 octobre, le Liban informe la délégation israélienne au sujet de ses nouvelles revendications, élargissant la zone maritime exclusive à 1 430 kilomètres carrés supplémentaires au détriment d’Israël, en prolongeant d’une ligne droit la frontière terrestre. Cette zone comprendrait plusieurs champs gaziers déjà découverts et attribués par Israël à une compagnie d’exploitation grecque. Ces demandes libanaises devraient ainsi geler l’exploitation de ces champs jusqu’à conclusion d’un accord.
Il s’agit pour le Liban de n’effectuer aucune concession sur ses zones maritimes alors qu’Israël en revendiquait préalablement une partie, notent certaines sources, qui s’attendent à ce qu’un accord puisse être conclu avant la fin de l’année, accordant toute la zone originale au Liban.

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