« N’envions pas les gens trop haut placés nous ne voyons que la hauteur là où il y a des précipices. » Sénèque .

Le Liban vit aujourd’hui des rapports aussi critiques qu’accusateurs entre les partenaires de la nation. Une large part de la population libanaise est déçue des promesses répétées. Le début du changement promis ressemble à une traversée qui enlise les interprétations au tournant des extrapolations tous azimuts. Peu bouge à l’ombre des coincements opportuns, alors que  la course aux affaires, aux influences, aux appâts et à la sélection des gains propices semble devoir confirmer la maturité finale d’une loi électorale tant attendue . Le citoyen lui se débat entre d’autres sphères.

L’une est d’une dimension intrapersonnelle pleine de tergiversations, là où la prévalence du verbe et le rêve d’un Liban propre et beau restent suspendus à la manipulation des politiciens. L’autre est ce cauchemar climatisé que le libanais vit mal depuis 1975, là où perdure dramatiquement et jusqu’à ce jour l’infrastructure des méfiances relationnelles entre nos composantes. Les représentants politiques réfléchissent encore à la démocratie selon le collimateur des acquis et des privilèges alors que les gens sont surtout soucieux de vivre l’union pour construire la force nationale.

Ils ressemblent de plus en plus à des spectateurs blasés qui voient défiler des personnalités qui parlent sans cesse en leur nom et décident de leur présent.  Les attentes et les promesses d’un mieux vivre élémentaire fusent par ci et par là mais finissent par se confondre dans le brouhaha de la complexité ou du report perpétuel. On nous parle du meilleur des mondes alors que très peu est entrepris pour considérer le citoyen, l’écouter et répondre à une somme de privations à chaque lever de jour. Il est pourtant bien là, présent et disponible mais gardé à distance d’un réel partenariat!

Les personnages politiques semblent peu soucieux d’avoir perdu contact avec le dégoût et la douleur des gens à tant de niveaux. Les plus intenses et fébriles  tractations les rassurent quand elles indiquent leurs sièges à venir. Eux choisissent de rester incontournables   pour présenter le « renouveau » de  la République!

Joe Acoury.