Le Président Français a passé 2 jours de visite d’Etat au Liban, à la rencontre des dirigeants libanais et de la communauté française installée au Liban.

Contrairement à ses prédécesseurs, il n’est pas allé à la rencontre de la population libanaise, cela pour des raisons évidentes de sécurité mais les libanais en auraient eu des choses à dire à propos de l’état de leur pays et de leurs hommes politiques plus polichinelles qu’autre chose.

Le système libanais que le chef de l’Etat Français salue, pour son fonctionnement communautaire, les libanais en souffrent également, puisque ce système a transformé une démocratie en dictature parlementaire et une mafia toute bonne à dilapider l’argent public pour ses propres intérêts.

La population libanaise souffre déjà de l’incompétence et de la corruption de la classe politique locale, celle-là même dont il est allé à la rencontre pour évoquer différents dossiers au lieu d’aller à la rencontre des gens. Il est allé discuter de la crise des migrants selon la vision française, « il faut les aider à ce que les réfugiés syriens restent au Liban ». Mais le Liban n’en peut plus.

La France en coopération avec l’Arabie Saoudite devait fournir l’Armée Libanaise en équipements capables de faire face aux menaces terroristes. L’institution militaire libanaise est confronté quasi-quotidiennement au harcèlement de groupes djihadistes aux frontières nord et nord-est et notamment à Aarsal. Le besoin à améliorer ses capacités opérationnelles est évident et le Liban ne peut assumer financièrement cette charge puisqu’en quasi-faillite financière. L’annulation de la donation saoudienne de 3 milliards de dollars est un véritable coup de poignard de Riyad alors qu’on craint à Beyrouth, qu’à l’exemple des groupes qui se sont développés au sein des camps palestiniens et qui nous ont entrainé dans la guerre civile, les réfugiés syriens actuels ne se transforment à l’avenir en véritable 5ème colonne nous entrainant dans un nouveau conflit. Il suffit de demander à chaque Libanais dans la rue.

Une aide réduite étalée sur les 3 prochaines années, de 100 millions d’Euro seulement. La France par ailleurs accueillera 2000 réfugiés sur 3 ans alors que le Liban en compte officiellement 1,1 millions à rajouter aux 400 000 Palestiniens présents depuis 1948 et officieusement beaucoup plus pour une population de 4 millions d’habitants. Les annonces faites par François Hollande n’ont pas été à la hauteur d’une solidarité réelle de la France envers le Liban et non pas constitué une surprise.

La situation sécuritaire est exécrable en dépit de l’immense talent des services de l’état à démanteler quotidiennement des réseaux terroristes et la liste pourrait être longue. Comme si cela ne suffisait pas, les infrastructures économiques sont également exsangues à commencer par les pressions exercées sur les services de l’état, l’électricité, le système de santé, le système éducateur qui sont dépassés. Certaines localités libanaises accueillent plus de réfugiés syriens qu’ils n’ont d’habitants libanais. Certaines écoles libanaises ont plus d’élèves syriens que de libanais. Une personne de confiance m’a affirmé qu’une institution internationale enregistrait 400 naissances d’enfants syriens par jour au Liban.

François Hollande salue la générosité des Libanais. Mais le Liban a déjà payé cher sa générosité par son histoire. La plus belle fille du Monde ne peut donner que ce qu’elle a. Le Liban aujourd’hui est totalement dépassé et son système politique admirable selon le Président Français ne peut gérer les crises qu’il a déjà affronté et qu’il ne tardera pas à affronter à l’avenir. Nous avons besoin de réformes politiques, nous avons besoin d’Hommes capables et non de marionnettes, nous avons besoin d’Hommes intègres et non des mafieux au pouvoir, nous avons besoin de soutiens économiques, militaires et financiers, choses qu’on nous a jamais accordé, nous avons besoin d’une communauté internationale compréhensive et non d’une communauté qui s’ingère dans nos affaires internes.

Et François Hollande qui ne semble pas avoir de réponses à ces demandes.