Les derniers articles

Articles liés

Revue de presse : le Liban sous pression entre escalade au Sud et bras de fer américano-iranien

- Advertisement -

Le Sud au centre des inquiétudes et Ali al-Taher comme point de cristallisation

La presse du 25 août 2026 place le Liban face à deux mouvements qui se croisent. Le premier est militaire et concerne directement le Sud, avec la poursuite des opérations israéliennes et la tension autour des hauteurs de Ali al-Taher. Le second est régional. Il découle du durcissement spectaculaire de la pression économique américaine contre l’Iran. Entre les deux se trouve l’État libanais, qui tente de préserver la voie des négociations tout en recherchant des garanties internationales. Plusieurs journaux décrivent ainsi une phase où le calendrier diplomatique reste suspendu aux évolutions militaires. Al Joumhouria du 25 août 2026 rapporte qu’aucune date n’a encore été fixée pour la huitième séance de négociations directes entre le Liban et Israël à Rome. Selon les sources diplomatiques citées par le quotidien, Beyrouth n’a reçu aucune nouvelle indication du médiateur américain. Elles estiment toutefois que Washington préfère limiter les opérations autour de Ali al-Taher plutôt que laisser la confrontation s’étendre. La même publication fait état d’une crainte différente : Israël pourrait avoir choisi une option militaire afin d’imposer une nouvelle réalité dans le Sud avant qu’un compromis politique ne soit trouvé. Cette hypothèse repose notamment sur la poursuite des bombardements et des opérations de destruction dans plusieurs secteurs. Al Joumhouria souligne aussi que l’évolution de Ali al-Taher peut peser directement sur la reprise des négociations.

Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026 présente également Ali al-Taher comme l’un des principaux points de tension. Selon les informations recueillies par le journal, l’armée libanaise ne s’opposerait pas à prendre position sur ces hauteurs. Elle demanderait toutefois des garanties américaines. Celles-ci devraient porter sur l’arrêt des opérations israéliennes dans la zone et sur un retrait israélien complet avant le déploiement des soldats libanais. Le quotidien affirme que le dossier occupe une place importante dans les discussions entre Beyrouth et Washington. Il rapporte aussi que le président Joseph Aoun a échangé avec les Américains sur une formule permettant à l’armée de se déployer après le retrait des éléments du Hezbollah. Le président aurait également informé le président de la Chambre, Nabih Berri, de cette démarche. Le journal ajoute cependant que le Hezbollah se montre méfiant envers les garanties américaines ou israéliennes. Cette divergence complique donc une solution qui, sur le papier, permettrait de transférer le contrôle de la zone à l’armée sans bataille majeure. Al Arabi Al Jadid rapporte parallèlement la poursuite des frappes israéliennes et rappelle que les Nations unies considèrent la ligne bleue comme la référence pertinente dans le Sud. La Force intérimaire des Nations unies au Liban affirme que toute présence militaire israélienne au nord de cette ligne constitue une violation de la résolution 1701.

Annahar du 25 août 2026 décrit pour sa part deux scénarios concernant les hauteurs de Ali al-Taher. Selon une source sécuritaire citée par le quotidien, soit le Hezbollah remet la zone à l’armée libanaise, soit Israël lance une opération militaire pour en prendre le contrôle. Cette alternative illustre la réduction de la marge de manœuvre libanaise. Le journal souligne également que la question de la future méthode de vérification des accords demeure entre les mains du médiateur américain. Une source officielle affirme que Joseph Aoun n’a pas négocié avec les responsables italiens le choix du pays ou de l’organisme chargé de cette mission. Selon cette version, Washington conserve la responsabilité de définir la formule adaptée. Annahar relève en parallèle que les bombardements, destructions et opérations de terrassement israéliens se poursuivent dans plusieurs localités du Sud. La combinaison de cette pression militaire et de l’absence de calendrier précis pour la nouvelle réunion de Rome entretient donc l’incertitude.

Paris et Riyad veulent renforcer l’État tandis que Washington conserve le rôle décisif

L’activité diplomatique autour du Liban constitue l’autre grand volet de la une. Asharq Al-Awsat du 25 août 2026 accorde une place centrale à la visite du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à Paris et à ses discussions avec le président français Emmanuel Macron. Le communiqué conjoint franco-saoudien affirme la volonté des deux pays d’intensifier leurs efforts pour parvenir à un règlement définitif du conflit au Liban. Cette démarche doit, selon le texte rapporté par le quotidien, renforcer l’État libanais et ses institutions, préserver sa souveraineté et son intégrité territoriale. Paris et Riyad réaffirment également leur soutien aux forces armées libanaises. Elles demandent l’application complète de la résolution 1701, le désarmement des groupes armés non étatiques et le retrait israélien de l’ensemble du territoire libanais. Le communiqué soutient en outre les démarches de Joseph Aoun et du gouvernement dirigé par Nawaf Salam. Le rapprochement franco-saoudien donne ainsi au dossier libanais une dimension qui dépasse les seules négociations avec Israël. Il replace la reconstruction des institutions et le renforcement de l’armée au cœur de la stratégie diplomatique.

Ad Diyar du 25 août 2026 s’interroge précisément sur les objectifs français. Selon des sources diplomatiques citées par le quotidien, Paris chercherait à obtenir un engagement saoudien important dans la préparation d’une conférence de soutien à l’armée et aux forces de sécurité libanaises. La France souhaiterait une participation financière et politique capable de donner à cette initiative une assise arabe plus forte. Le journal évoque aussi le débat sur la force susceptible de succéder à la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Paris souhaiterait conserver une place dans cette architecture future. Cependant, la presse décrit parallèlement une influence croissante de l’Italie, notamment après les contacts politiques et militaires libanais avec Rome. Ad Diyar considère que Washington reste néanmoins l’acteur extérieur disposant du poids déterminant. Selon son analyse publiée le 25 août 2026, les autres puissances doivent composer avec les choix américains, qu’il s’agisse du rôle français, italien, saoudien ou iranien.

Le même contexte explique l’importance de la visite annoncée d’une importante délégation économique des Émirats arabes unis. Plusieurs journaux du 25 août 2026 rapportent que Joseph Aoun a examiné les préparatifs de cette visite avec l’ambassadeur du Liban aux Émirats arabes unis, Tarek Mnaymneh. La délégation, conduite par le ministre émirati du Commerce extérieur Thani ben Ahmed Al Zeyoudi, doit comprendre 67 responsables économiques et hommes d’affaires et se rendre au Liban les 26 et 27 août. Au-delà de sa dimension commerciale, cette visite intervient alors que les autorités cherchent à replacer le Liban dans les circuits arabes d’investissement. Elle complète donc le volet politique franco-saoudien par une perspective économique du Golfe. Ad Diyar du 25 août 2026 en fait même l’un des principaux titres de sa une, en évoquant la réouverture des portes de l’investissement du Golfe.

Washington transforme la confrontation avec Téhéran en guerre financière

La seconde grande actualité commune aux unes concerne l’Iran. Plusieurs publications du 25 août 2026 accordent une place majeure au nouveau dispositif de sanctions annoncé par Washington. Asharq Al-Awsat présente cette offensive comme un « débarquement économique » destiné à isoler davantage Téhéran. Selon le journal, le département américain du Trésor a élargi le champ des sanctions secondaires aux actifs numériques, aux technologies, à l’or, à l’aviation et au transport maritime. Une soixantaine de personnes, d’entités et de navires liés à l’Iran sont concernés par les mesures rapportées par le quotidien. Le ministre américain du Trésor Scott Bessent explique que l’objectif consiste à couper les canaux économiques qui permettent encore au système iranien de fonctionner. Il avertit aussi les pays et entreprises qui poursuivraient leurs relations avec Téhéran qu’ils risquent une exclusion du système financier reposant sur le dollar. Le président Donald Trump affirme de son côté que l’Iran est en train de s’effondrer.

Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026 détaille davantage la mécanique recherchée par Washington. Le quotidien rapporte que les nouvelles sanctions doivent notamment viser les acheteurs et transporteurs de pétrole iranien, les entreprises de transport maritime, les bureaux de change, les zones franches, les opérations financières et d’autres intermédiaires permettant à l’économie iranienne de rester connectée au commerce international. Le rial iranien a parallèlement atteint un nouveau plus bas, autour de 2,02 millions de rials pour un dollar selon les données rapportées par le journal. Washington veut ainsi placer les partenaires commerciaux de l’Iran devant une alternative : maintenir leurs relations avec Téhéran ou conserver leur accès au système financier dominé par les États-Unis. Toutefois, les responsables iraniens contestent la présentation américaine. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi souligne la contradiction qu’il voit entre l’affirmation américaine d’avoir largement détruit les capacités iraniennes et la nécessité proclamée de mener une offensive financière d’une ampleur exceptionnelle.

Al Akhbar du 25 août 2026 consacre également une large place à ce qu’il présente comme un « carnaval » de sanctions. Le quotidien relève que la Chine constitue l’un des principaux tests de l’efficacité du dispositif américain, puisqu’elle achèterait plus de 80 % du pétrole iranien exporté selon les sources qu’il reprend. Le véritable enjeu devient donc l’application des sanctions secondaires à des acteurs situés hors d’Iran. Si Washington parvient à convaincre ou contraindre les acheteurs, les transporteurs et les intermédiaires financiers à se retirer, l’impact pourrait être considérable. Dans le cas contraire, Téhéran conserverait des voies commerciales lui permettant d’amortir une partie du choc. Cette interrogation traverse plusieurs journaux : l’annonce américaine est massive, mais son efficacité dépendra du comportement des partenaires économiques de l’Iran.

La médiation reste active malgré l’escalade économique

Le durcissement américain ne signifie pourtant pas l’arrêt de la diplomatie. Al Quds Al Arabi du 25 août 2026 rapporte que le chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, s’est rendu à Téhéran afin de tenter de relancer les efforts de médiation avec Washington. Selon les sources pakistanaises reprises par plusieurs journaux, Munir avait échangé avec Donald Trump avant son déplacement. La visite vise notamment à réduire la crise de confiance entre les États-Unis et l’Iran. Elle intervient aussi avant une visite à Téhéran du ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Al Busaidi. Oman doit notamment discuter de la navigation dans le détroit d’Ormuz. La coexistence entre sanctions maximales et médiations montre que les deux logiques ne s’excluent pas. Washington accroît le coût économique du refus iranien tout en laissant subsister des canaux capables de ramener les parties vers une négociation.

Ad Diyar du 25 août 2026 décrit également les échanges impliquant le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, Oman et le Pakistan comme une tentative de remettre en circulation les messages entre Washington et Téhéran. La question du détroit d’Ormuz demeure essentielle. Les perturbations de la circulation maritime ont des effets qui dépassent largement l’Iran. Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026 relève que le pétrole évolue autour de 90 dollars et que les prix des carburants subissent les conséquences de l’arrêt ou de la réduction du passage de certains navires transportant des produits pétroliers. La confrontation économique devient ainsi un problème mondial d’approvisionnement et de prix. Elle touche également le Liban, dont la vulnérabilité énergétique reste forte.

Cette fragilité apparaît déjà dans le secteur électrique libanais. Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026 rapporte que l’augmentation exceptionnelle des prix des produits pétroliers pèse directement sur Électricité du Liban. Le prix international du gazole aurait approché 1 500 dollars la tonne, alors que le budget 2026 de l’établissement avait été construit sur une hypothèse d’environ 680 dollars. Le quotidien ajoute les conséquences de la guerre, les pertes non techniques et la baisse du recouvrement des factures dans plusieurs régions. Le bras de fer entre Washington et Téhéran n’est donc pas seulement un sujet de politique internationale pour Beyrouth. Ses conséquences énergétiques peuvent directement aggraver les difficultés financières et sociales libanaises.

L’affaire Shibani révèle les tensions internes autour de la relation avec l’Iran

La question iranienne possède enfin un prolongement directement libanais avec le sort de Mohammad Reza Shibani. Plusieurs journaux du 25 août 2026 rapportent que l’ancien ambassadeur iranien a obtenu une résidence de six mois au Liban sans retrouver pour autant le statut d’ambassadeur accrédité. Al Akhbar affirme que le directeur général de la Sûreté générale, Hassan Choucair, a joué un rôle dans la recherche d’une formule permettant d’éviter une nouvelle confrontation avec Téhéran. Selon le quotidien, la solution distingue désormais deux questions : le droit de Shibani à séjourner au Liban et son statut diplomatique. Sa présence devient légale pour six mois, mais sa mission d’ambassadeur reste terminée. Al Akhbar présente cette évolution comme un échec pour les acteurs qui réclamaient son départ.

Annahar du 25 août 2026 adopte une lecture différente et insiste sur les contradictions institutionnelles provoquées par cette solution. Le journal rapporte que la Direction générale de la Sûreté générale a accordé une résidence de courtoisie à Shibani, alors que le ministère des Affaires étrangères n’aurait pas été associé à cette décision. Il rappelle que le ministre des Affaires étrangères Youssef Raggi avait défendu une position beaucoup plus stricte après le classement de Shibani parmi les personnes indésirables. Pour Annahar, le dossier dépasse donc la situation personnelle de l’ancien ambassadeur. Il pose la question de la capacité de l’État à appliquer de manière cohérente ses propres décisions en matière de souveraineté et de relations diplomatiques. Asharq Al-Awsat du 25 août 2026 confirme pour sa part l’octroi d’une résidence de six mois à titre civil et rapporte que le ministère des Affaires étrangères n’avait pas été informé de la décision au moment où ses sources ont été interrogées.

Le traitement des unes du 25 août fait ainsi apparaître une même ligne de tension sous plusieurs formes. Au Sud, le Liban tente d’éviter qu’une bataille autour de Ali al-Taher ne fasse dérailler la voie diplomatique. À Paris, la France et l’Arabie saoudite cherchent à replacer l’État et l’armée au centre du règlement. À Washington, l’administration Trump lance une offensive économique d’une ampleur exceptionnelle contre Téhéran. À Beyrouth, enfin, le dossier Shibani montre que la relation avec l’Iran continue de provoquer des divergences au sein même des institutions. Le fil commun n’est donc pas un événement isolé, mais une question de rapport de force : qui pourra imposer les règles de la prochaine phase, alors que les négociations se poursuivent sans avoir encore produit de règlement et que la pression militaire, financière et diplomatique augmente simultanément ?

Politique locale : l’État libanais face au test du Sud, aux divisions sur la négociation et au rapport avec l’Iran

Joseph Aoun défend l’État tandis que la crise du Sud impose son calendrier

La politique intérieure libanaise reste dominée par la guerre au Sud et par la capacité de l’État à reprendre l’initiative dans un dossier où se croisent le Hezbollah, Israël et les États-Unis. Le 25 août 2026, plusieurs publications décrivent une présidence qui cherche à maintenir la voie diplomatique tout en évitant une nouvelle extension du conflit. Cette stratégie apparaît dans les activités du président Joseph Aoun, mais aussi dans les débats autour des hauteurs de Ali al-Taher et des négociations directes avec Israël. Ad Diyar du 25 août 2026 rapporte que Joseph Aoun a reçu le ministre de la Défense Michel Menassa afin d’examiner la situation sécuritaire et les besoins de l’armée. Il a également rencontré plusieurs responsables politiques. Avec le député Ahmad al-Khair, il a évoqué les résultats de sa visite à Rome et les discussions concernant l’accord-cadre. La question est centrale, car les autorités espèrent encore obtenir des arrangements permettant de stabiliser le Sud sans nouvelle confrontation générale. Dans le même temps, Aoun a profité de la commémoration de la naissance du prophète pour appeler les Libanais à la patience, à l’unité et à la reconstruction d’un État fort et juste. Il a présenté l’unité nationale comme le principal rempart face aux défis. Cette déclaration prend un sens politique particulier dans un pays où le choix des négociations avec Israël est désormais directement contesté par le Hezbollah.

La situation de Ali al-Taher concentre une grande partie de ces contradictions. Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026 rapporte que l’armée libanaise serait disposée à prendre le contrôle des hauteurs, à condition d’obtenir des garanties américaines sur l’arrêt des opérations israéliennes et le retrait préalable des forces israéliennes. Selon les informations du journal, Joseph Aoun a abordé cette possibilité avec les Américains et en a informé le président de la Chambre, Nabih Berri. L’objectif serait d’éviter que le différend ne débouche sur une bataille susceptible de provoquer une nouvelle extension de la guerre. Cependant, le Hezbollah ne ferait pas confiance aux garanties américaines ou israéliennes. La question n’est donc plus seulement militaire. Elle touche directement au partage des responsabilités entre la présidence, l’armée et le Hezbollah. Elle pose aussi la question de savoir si l’État peut devenir l’interlocuteur unique dans les arrangements concernant le territoire libanais.

Annahar du 25 août 2026 résume cette situation par deux scénarios : une remise des hauteurs de Ali al-Taher à l’armée libanaise ou une opération israélienne destinée à les prendre par la force. Le quotidien estime que le dossier est désormais intégré aux rapports de force régionaux. Cette lecture donne à la décision du Hezbollah une importance politique majeure. Un transfert à l’armée renforcerait la position de l’État et pourrait permettre d’éviter une bataille. Un refus prolongé augmenterait, au contraire, le risque d’une opération israélienne. La question de la souveraineté, régulièrement invoquée par les différentes forces politiques, se retrouve ainsi confrontée à une situation très concrète : déterminer qui contrôle une position militaire stratégique et dans quelles conditions ce contrôle peut être transféré à l’armée.

Le Hezbollah attaque le choix des négociations et ouvre en parallèle la question d’un dialogue avec Washington

Le désaccord politique le plus net porte sur les négociations directes engagées par l’État avec Israël. Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026 rapporte les déclarations du député Hassan Ezzeddine, membre du bloc parlementaire du Hezbollah. Celui-ci estime que l’accord-cadre a conduit le pouvoir politique à s’éloigner de ses propres engagements. Il accuse les autorités d’avoir perdu leur orientation nationale et demande même que les responsables impliqués dans la coordination avec Israël soient poursuivis. Pour le Hezbollah, le problème porte notamment sur l’existence d’une coordination sécuritaire et militaire prévue par le dispositif de négociation. Ces déclarations montrent l’ampleur du conflit politique autour de la méthode choisie par l’État. Le gouvernement considère les négociations comme un moyen d’obtenir un retrait israélien et une stabilisation. Le Hezbollah y voit au contraire un mécanisme susceptible d’imposer au Liban les conditions israéliennes.

Al Sharq du 25 août 2026 rapporte une critique comparable de Hassan Ezzeddine. Le député demande ce que les négociations directes ont réellement apporté depuis leur lancement et accuse le pouvoir d’avoir choisi cette voie malgré les divisions qu’elle provoque. Il oppose les négociations directes à une formule indirecte qui, selon lui, aurait pu bénéficier d’un soutien national plus large. Il va jusqu’à considérer que le pouvoir politique a perdu son aptitude à gouverner lorsqu’il s’éloigne des préoccupations de la population tout en poursuivant une stratégie qui n’a pas encore obtenu le retrait israélien. La virulence de cette position montre que la question du Sud ne se limite plus à un désaccord tactique. Elle devient un élément du débat sur la légitimité des décisions de l’exécutif et sur la manière dont doivent être prises les grandes décisions de sécurité nationale.

Pourtant, le même Hezbollah envoie parallèlement un signal différent vers Washington. Annahar du 25 août 2026 revient sur les propos de Mahmoud Qomati, qui a déclaré que le parti ne fermait pas définitivement la porte à un contact direct avec les Américains et qu’une décision dépendrait des circonstances et de l’intérêt politique. Le quotidien souligne qu’une telle déclaration n’est pas présentée comme une improvisation. Elle aurait été précédée de discussions internes sur l’utilité éventuelle d’un canal avec Washington. Le paradoxe est important : le Hezbollah critique les négociations directes conduites par l’État avec Israël, mais envisage lui-même la possibilité d’un contact direct avec les États-Unis. Annahar relève cependant que le parti ne considère pas pour autant Washington comme un médiateur neutre et ne prévoit pas nécessairement l’ouverture immédiate d’un dialogue.

Al Akhbar du 25 août 2026 replace cette question dans les débats internes à l’administration américaine. Le quotidien rapporte qu’une partie des responsables américains considérerait que les autorités libanaises rencontrent de sérieuses difficultés pour mettre en œuvre leurs engagements et que des intermédiaires arabes ou régionaux auraient évoqué l’utilité de contacts avec le Hezbollah. Le journal fait également état d’une approche attribuée au vice-président américain JD Vance, selon laquelle le dossier libanais pourrait être intégré à un règlement plus large avec l’Iran. Il insiste surtout sur les déclarations de Tom Barrack, qui avait estimé difficile d’aboutir à un accord sérieux en l’absence du Hezbollah et de l’Iran avant de préciser ensuite que Washington négociait avec l’État libanais et considérait le Hezbollah comme une organisation terroriste étrangère. Ces positions successives nourrissent au Liban des interprétations contradictoires sur l’existence éventuelle d’une nouvelle voie de dialogue.

Nawaf Salam privilégie le retour des déplacés et maintient l’objectif du retrait israélien

Le Premier ministre Nawaf Salam cherche pour sa part à relier la politique de négociation aux conséquences concrètes de la guerre. Ad Diyar du 25 août 2026 rapporte qu’il a reçu une délégation de la localité méridionale de Dhayra. Le chef du gouvernement a affirmé que l’État ne laisserait pas les habitants de cette localité et les autres populations du Sud supporter seuls les conséquences du déplacement. Plusieurs solutions d’hébergement sont étudiées, dont le versement d’allocations destinées à couvrir des loyers. Salam a surtout déclaré que ces mesures devaient avancer parallèlement aux efforts visant à obtenir un retrait israélien complet et à créer les conditions d’un retour sûr des habitants dans leurs villages et sur leurs terres.

Al Sharq du 25 août 2026 rapporte également que Nawaf Salam refuse de gouverner par les fuites ou par des déclarations attribuées à des sources anonymes. Son bureau souligne que ses positions doivent être considérées comme officielles lorsqu’elles sont publiées directement par lui ou par ses services. Cette précision intervient dans un climat politique où les informations sur les négociations, les relations avec Washington et les divergences institutionnelles circulent souvent par l’intermédiaire de sources anonymes. Elle traduit une volonté de contrôler davantage la parole gouvernementale. Le Premier ministre maintient parallèlement sa ligne en faveur d’un État unique, fort et juste. À l’occasion de la commémoration religieuse du 25 août, il a souhaité que les Libanais puissent se retrouver sous le toit d’un même État capable de protéger leur dignité et leur sécurité.

Cette ligne reçoit un soutien explicite du mufti de la République, Abdellatif Deriane. Al Joumhouria du 25 août 2026 rapporte que le mufti a déclaré soutenir le président, le gouvernement et son Premier ministre dans leurs efforts pour arrêter les attaques israéliennes, libérer le territoire et imposer l’autorité de l’État sur l’ensemble du Liban. Il a également défendu les efforts gouvernementaux visant à sortir de la crise économique et sociale. Deriane a surtout insisté sur la nécessité d’avoir le courage de la paix, estimant qu’une décision de trêve destinée à mettre fin aux destructions peut être plus difficile et plus courageuse qu’une décision de guerre. Il a enfin affirmé que toute attaque politique contre la présidence du Conseil des ministres constituait une attaque contre le pays et a défendu la coopération entre les trois présidences.

L’affaire Shibani expose une divergence institutionnelle sur la relation avec Téhéran

La situation de Mohammad Reza Shibani constitue un autre dossier de politique intérieure où les divergences sont visibles. L’ancien ambassadeur iranien n’a pas été accrédité comme nouvel ambassadeur, mais son séjour au Liban a finalement été prolongé. Al Akhbar du 25 août 2026 rapporte que le directeur général de la Sûreté générale, Hassan Choucair, a contribué à une solution permettant à Shibani de rester six mois sur le territoire. Le journal indique que la formule repose sur les compétences administratives de la Sûreté générale et sépare son droit de séjour de son ancien statut diplomatique. Il affirme que cette solution a été coordonnée politiquement avec Joseph Aoun et Nabih Berri. Selon Al Akhbar, elle évite que le dossier ne se transforme en confrontation directe avec Téhéran.

Annahar du 25 août 2026 insiste davantage sur les problèmes institutionnels posés par cette décision. Le quotidien rapporte que le ministère des Affaires étrangères n’aurait pas été consulté avant l’octroi de la résidence de courtoisie. Le ministre Youssef Raggi maintenait pourtant que le maintien de Shibani au Liban après son classement comme personne indésirable posait un problème juridique et diplomatique. Le journal rappelle que la question dépasse désormais la personne de Shibani. Elle concerne la capacité de l’État à faire appliquer de manière uniforme une décision souveraine. Pour Annahar, la solution administrative permet certes d’éviter une crise immédiate avec l’Iran, mais elle révèle aussi l’existence de lectures différentes au sein de l’appareil d’État.

Asharq Al-Awsat du 25 août 2026 confirme l’existence de cette divergence. Le quotidien rapporte que Shibani a obtenu une résidence légale de six mois en tant que citoyen iranien et non comme diplomate. Une source sécuritaire explique que Hassan Choucair a proposé cette solution sur la base de ses compétences légales et en a informé les responsables politiques concernés. En revanche, des sources du ministère des Affaires étrangères déclarent que le ministère n’avait pas été informé de la décision au moment où elles ont été interrogées. La coexistence de ces deux versions montre que le problème concerne aussi les circuits de décision entre la présidence, le gouvernement, la Sûreté générale et la diplomatie libanaise.

L’armée devient le point de convergence des stratégies concurrentes

Dans ce paysage fragmenté, l’armée libanaise apparaît comme l’une des rares institutions autour desquelles convergent plusieurs acteurs pourtant opposés sur le reste. Joseph Aoun insiste sur son rôle dans le Sud. Nawaf Salam cherche à renforcer l’autorité de l’État. La France et l’Arabie saoudite annoncent leur soutien aux forces armées. Même les scénarios concernant Ali al-Taher envisagent l’armée comme la force susceptible de prendre le contrôle de la position si une solution politique est trouvée. Ad Diyar du 25 août 2026 rapporte que Paris souhaite obtenir de Riyad un engagement important lors de la conférence préparatoire destinée à soutenir l’armée et les forces de sécurité. La France chercherait notamment une participation financière saoudienne donnant au projet une dimension arabe plus forte.

Le rôle de l’armée est également lié à l’avenir du dispositif international dans le Sud. Al Joumhouria du 25 août 2026 souligne que la visite du commandant de l’armée Rodolphe Haykal à Rome était programmée indépendamment des négociations directes avec Israël et concernait les mécanismes de soutien à l’institution militaire. Les discussions sur l’après-Force intérimaire des Nations unies au Liban restent parallèlement ouvertes. L’absence d’accord sur la force ou le mécanisme appelé à assurer certaines missions après la fin du mandat actuel rend encore plus importante la capacité de l’armée à se déployer et à exercer son autorité.

La politique intérieure libanaise du 25 août 2026 est ainsi structurée autour d’une contradiction persistante. Les principales institutions de l’État défendent une stratégie de négociation, de renforcement de l’armée et de recherche de garanties internationales. Le Hezbollah conteste une partie essentielle de cette stratégie, en particulier les négociations directes avec Israël, tout en laissant apparaître une possible ouverture vers Washington. L’affaire Shibani montre de son côté que la relation avec l’Iran continue de provoquer des divergences au sein même des institutions. Entre ces lignes de fracture, Ali al-Taher devient beaucoup plus qu’une position militaire. Son sort peut déterminer la crédibilité de l’armée, la continuité des négociations et l’équilibre politique entre l’État et le Hezbollah dans la prochaine phase.

Citations et discours des personnalités politiques : l’État, la paix et la souveraineté au cœur des prises de parole

Joseph Aoun place l’unité nationale au-dessus des divisions politiques

Les prises de parole des responsables libanais rapportées par la presse du 25 août 2026 sont largement dominées par trois notions : l’État, la souveraineté et la recherche d’une sortie de guerre. Le président Joseph Aoun utilise la commémoration de la naissance du prophète pour inscrire ces enjeux dans un appel plus large à l’unité nationale. Ad Diyar du 25 août 2026 rapporte qu’il évoque un Liban confronté à des défis graves, entre les attaques israéliennes répétées contre le territoire et une crise économique et sociale qui continue de peser sur les citoyens. Le président appelle les Libanais à puiser dans les valeurs de patience, de constance et d’unité afin de faire face à ces difficultés et de poursuivre la reconstruction d’un État « fort et juste ». Il insiste surtout sur la capacité de cet État à protéger tous ses citoyens sans discrimination. Son message se termine par une affirmation politique nette : l’unité nationale doit constituer le principal rempart du pays face aux défis. La déclaration prend une dimension particulière au moment où les négociations avec Israël, la question du désarmement et le contrôle des positions militaires du Sud provoquent de fortes divisions internes.

Al Binaa du 25 août 2026 rapporte la même prise de parole en soulignant l’appel de Joseph Aoun à reconstruire une autorité publique capable de protéger tous les Libanais. Le président associe explicitement les valeurs de coexistence et de tolérance au pacte national libanais. Le discours cherche donc à présenter le renforcement de l’État non comme la victoire d’un camp sur un autre, mais comme une condition du maintien du système de coexistence. Cette idée se retrouve également dans son activité politique. Plusieurs journaux du 25 août rapportent qu’il a reçu le ministre de la Défense Michel Menassa pour examiner la situation sécuritaire et les besoins de l’institution militaire. Il a aussi rencontré des députés avec lesquels il a évoqué les résultats de sa visite à Rome et l’accord-cadre. Le message présidentiel sur l’unité s’accompagne ainsi d’une action centrée sur l’armée, la négociation et la recherche d’appuis internationaux.

Le député Ghassan Hasbani, reçu par Joseph Aoun, donne à cette question une formulation plus directement politique. Al Sharq du 25 août 2026 rapporte qu’il insiste sur l’existence d’un État libanais légitime qui représente la population dans les instances nationales et internationales. Il considère essentiel, dans cette phase, de préserver ce rôle et de ne reconnaître aucune légitimité parallèle capable de parler au nom du Liban. Cette déclaration renvoie directement au débat sur la place du Hezbollah et sur l’identité de l’interlocuteur habilité à négocier les dossiers de guerre et de paix. Elle complète donc le discours présidentiel : là où Joseph Aoun insiste sur l’unité et la reconstruction de l’État, Hasbani souligne l’exclusivité de sa représentation politique.

Nawaf Salam associe la paix au retour des habitants du Sud

Le Premier ministre Nawaf Salam adopte une ligne proche, mais son discours insiste davantage sur les conséquences humaines de la guerre. Ad Diyar du 25 août 2026 rapporte qu’à l’occasion de la commémoration religieuse, Salam appelle à retenir de la tradition prophétique la justice, la compassion, la tolérance, le rejet des divisions et la priorité donnée à la paix. Il souhaite que les prochains jours apportent au Liban sécurité et stabilité, permettent aux habitants de retourner dans leurs maisons et conduisent tous les Libanais à se retrouver sous l’autorité d’un seul État, « fort et juste ». L’expression rejoint directement le vocabulaire employé par Joseph Aoun. Elle montre l’existence d’un axe commun entre la présidence de la République et la présidence du Conseil sur la centralité de l’État.

Nawaf Salam transforme ensuite ce principe en engagement concret lorsqu’il reçoit une délégation de Dhayra. Selon Ad Diyar du 25 août 2026, le Premier ministre affirme que l’État n’abandonnera pas les habitants de cette localité ni les autres populations méridionales confrontées aux charges du déplacement. Il annonce l’étude de plusieurs solutions pour l’hébergement, notamment des allocations de loyer. Surtout, il relie cette réponse sociale à l’action diplomatique en faveur du retrait israélien complet. L’objectif déclaré est de créer les conditions permettant aux habitants du Sud de rentrer en sécurité dans leurs villages et sur leurs terres. La formule montre que le gouvernement cherche à présenter la négociation non comme un choix abstrait, mais comme un moyen d’obtenir le retour des déplacés.

Al Sharq du 25 août 2026 rapporte par ailleurs une mise au point du bureau de Nawaf Salam concernant sa manière de communiquer. Le Premier ministre affirme ne pas recourir aux fuites ou aux déclarations attribuées à des sources anonymes. Ses positions, précise son bureau, sont annoncées directement et officiellement. Cette intervention peut paraître secondaire, mais elle intervient dans un contexte où les négociations et les rapports entre responsables libanais sont alimentés par de nombreuses informations anonymes. Salam cherche ainsi à distinguer sa parole officielle du flot de scénarios politiques circulant autour des négociations, du Hezbollah et des rapports avec Washington.

Nabih Berri privilégie un discours de cohésion et laisse ouvertes les voies politiques

Le président de la Chambre Nabih Berri utilise également la commémoration religieuse pour délivrer un message politique centré sur la justice et la dignité. Ad Diyar du 25 août 2026 rapporte qu’il souhaite que les occasions spirituelles deviennent des moments quotidiens d’action fondés sur les valeurs de justice et de protection de la dignité humaine. Il insiste sur la dimension morale de la vie publique sans entrer, dans cette déclaration, dans les controverses immédiates concernant les négociations.

Cette retenue est notable alors que Berri se trouve au centre de plusieurs dossiers sensibles. Les informations rapportées par Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026 indiquent que Joseph Aoun l’aurait informé de ses démarches concernant Ali al-Taher et la possibilité d’un déploiement de l’armée après un retrait des éléments du Hezbollah. Berri reste ainsi un interlocuteur incontournable entre la présidence et le mouvement chiite. Son rôle apparaît également dans l’affaire Mohammad Reza Shibani. Al Akhbar du 25 août 2026 affirme que la formule ayant permis à l’ancien ambassadeur iranien d’obtenir une résidence de six mois a bénéficié d’une coordination avec le président de la Chambre. Le positionnement de Berri consiste donc moins à multiplier les déclarations publiques qu’à maintenir des voies de compromis dans des dossiers où les positions institutionnelles sont très éloignées.

Al Akhbar du 25 août 2026 rapporte en outre que Berri se montre optimiste quant à l’évolution future des relations entre le Liban et la Syrie. Le journal lui attribue une appréciation positive de sa rencontre avec le ministre syrien des Affaires étrangères Assaad al-Chibani. Selon cette lecture, la nouvelle Syrie chercherait à stabiliser son environnement et à réduire les tensions avec les différentes composantes libanaises. Cette position est importante car la relation avec Damas revient progressivement dans le débat politique libanais après les bouleversements intervenus en Syrie. Elle montre aussi que Berri entend préserver une fonction de médiation régionale au-delà du seul dossier du Sud.

Le Hezbollah durcit son discours contre les négociations mais assouplit celui sur Washington

Le contraste le plus marqué dans les déclarations politiques vient du Hezbollah. Hassan Ezzeddine adopte une position très dure à l’égard du pouvoir. Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026 rapporte qu’il accuse l’accord-cadre d’avoir conduit l’autorité politique à se retourner contre les priorités qu’elle avait elle-même définies. Il considère que le pouvoir a perdu sa boussole nationale et rompu une partie de l’unité interne. Plus encore, il réclame la poursuite des responsables impliqués dans ce qu’il qualifie de communication et de coordination avec l’ennemi israélien. Il s’appuie sur les lois libanaises interdisant les relations avec Israël et critique la présence, dans l’accord-cadre, de mécanismes de coordination sécuritaire et militaire.

Al Sharq du 25 août 2026 rapporte une autre partie de son argumentaire. Hassan Ezzeddine demande ce que les autorités ont obtenu en choisissant les négociations directes. Il rappelle qu’une formule indirecte aurait, selon lui, permis à l’État de négocier avec un soutien intérieur plus large. À l’inverse, le choix des discussions directes a été effectué dans un contexte de profonde division. Il accuse également le pouvoir de vouloir satisfaire des conditions américaines et israéliennes. Le député va jusqu’à estimer que les autorités perdent leur aptitude à gouverner lorsqu’elles s’éloignent des problèmes des citoyens et poursuivent une politique qui n’a pas produit les résultats annoncés. Le discours constitue ainsi une attaque directe contre la stratégie de Joseph Aoun et de Nawaf Salam.

Pourtant, Mahmoud Qomati introduit simultanément une nuance majeure dans le discours du Hezbollah. Annahar du 25 août 2026 rapporte qu’il ne ferme pas définitivement la porte à une communication directe avec les États-Unis. Une telle décision serait prise, selon lui, en fonction de l’intérêt et des circonstances politiques. Le quotidien estime que cette déclaration a été réfléchie et qu’elle ne constitue pas une simple improvisation médiatique. Le Hezbollah semble ainsi distinguer deux dossiers : il rejette le principe ou la forme des négociations directes avec Israël, mais ne considère plus comme absolument impossible un contact avec Washington. Cette évolution est d’autant plus remarquable que les États-Unis maintiennent une position très hostile à son égard.

La nuance est néanmoins rapidement encadrée par le parti. Ad Diyar du 25 août 2026 rapporte qu’après les interprétations suscitées par les propos de Qomati, le Hezbollah a précisé que le « processus politique » auquel il accordait une chance désignait le canal américano-iranien lié à Islamabad et non l’accord-cadre libano-israélien. La précision évite que les déclarations de Qomati soient interprétées comme une adhésion à la stratégie suivie par l’État. Le Hezbollah affirme donc sa volonté de patienter et de laisser une chance à la politique, mais il continue de privilégier un règlement régional dans lequel l’Iran joue un rôle central.

Abdellatif Deriane érige la paix en choix politique courageux

Le discours le plus développé sur la paix est celui du mufti de la République Abdellatif Deriane. Al Joumhouria du 25 août 2026 rapporte son soutien explicite à Joseph Aoun, à Nawaf Salam et au gouvernement dans leurs efforts visant à mettre fin aux attaques israéliennes, libérer le territoire et étendre l’autorité de l’État sur toutes les terres libanaises. Il apporte également son soutien aux efforts de sortie de la crise économique et sociale ainsi qu’au renouvellement des relations avec la Syrie et au rapprochement avec l’Arabie saoudite.

Deriane formule surtout une défense politique du choix de la paix. Il estime nécessaire de posséder le « courage de l’espoir » et le « courage de la paix ». Selon lui, la paix peut être plus difficile que la guerre. Il présente la décision d’une trêve destinée à arrêter les attaques et les destructions comme une décision courageuse. À l’inverse, il considère que la guerre n’est pas nécessairement le choix adapté à la protection de la vie, de la dignité et de l’avenir. Son intervention fournit ainsi une légitimation religieuse et politique à la stratégie de négociation défendue par l’exécutif.

Le mufti intervient aussi dans le débat sur l’équilibre institutionnel. Il affirme que toute attaque contre la présidence du Conseil vise le pays dans son ensemble. Il refuse également les attaques contre les deux autres présidences et considère la coopération entre les trois comme une garantie de l’unité nationale. Dans un contexte où le gouvernement est directement mis en cause par le Hezbollah et où les désaccords institutionnels apparaissent dans le dossier Shibani, cette déclaration vise clairement à empêcher que les différends politiques ne se transforment en conflit entre institutions ou communautés.

Saad Hariri replace l’« modération » au centre de son message politique

L’ancien Premier ministre Saad Hariri intervient lui aussi dans le débat. Al Sharq du 25 août 2026 rapporte qu’il profite de la commémoration religieuse pour rappeler les valeurs de compassion, de modération et de justice. Il estime que le Liban a particulièrement besoin de ces principes dans la période actuelle. Son message politique tient en trois idées : une modération capable de protéger l’unité nationale, un État capable de protéger les citoyens et un dialogue capable de préserver l’avenir. Même s’il n’occupe plus la présidence du gouvernement, son intervention rejoint la ligne défendue par Nawaf Salam et Abdellatif Deriane sur la priorité accordée aux institutions et au dialogue.

Les discours politiques du 25 août 2026 font ainsi apparaître deux visions concurrentes de la sortie de crise. Joseph Aoun, Nawaf Salam, Abdellatif Deriane et plusieurs responsables proches de la ligne institutionnelle présentent l’État, l’armée, la négociation et la paix comme les instruments permettant de récupérer le territoire et de protéger les citoyens. Le Hezbollah, par la voix de Hassan Ezzeddine, conteste durement les négociations directes avec Israël et accuse le pouvoir d’avoir franchi des limites politiques et juridiques. Mais Mahmoud Qomati introduit en parallèle la possibilité d’un contact avec Washington, signe que le refus de la négociation n’est pas absolu et dépend de l’interlocuteur et du cadre choisi. Entre ces positions, Nabih Berri conserve un discours public de cohésion tout en restant engagé dans les compromis politiques. Les citations du jour montrent donc moins un consensus qu’une bataille sur la définition même du chemin vers la souveraineté : négociation conduite par l’État, règlement régional plus large ou combinaison des deux.

Diplomatie : Paris et Riyad poussent un règlement libanais tandis que Washington conserve la main

Paris et Riyad replacent le Liban au cœur de leur coordination

La diplomatie libanaise du 25 août 2026 est marquée par une multiplication des initiatives extérieures autour de l’avenir du Sud, de l’armée et de la place de l’État. La séquence la plus importante vient de Paris. La visite du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane en France a donné lieu à une prise de position commune avec le président Emmanuel Macron sur le Liban. Asharq Al-Awsat du 25 août 2026 rapporte que les deux dirigeants se sont entendus pour intensifier leurs efforts afin de parvenir à un règlement définitif du conflit au Liban. Leur approche repose sur le renforcement de l’État et de ses institutions, ainsi que sur la préservation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays. Le communiqué franco-saoudien apporte également son soutien aux démarches du président Joseph Aoun et du gouvernement dirigé par Nawaf Salam. Il réclame l’application complète de la résolution 1701, la poursuite du désarmement des groupes armés non étatiques et le retrait d’Israël de l’ensemble du territoire libanais. Paris et Riyad affirment enfin leur engagement en faveur des forces armées libanaises. Le message dépasse donc la seule cessation des hostilités. Il dessine un règlement fondé sur une montée en puissance des institutions libanaises et de l’armée.

Al Joumhouria du 25 août 2026 insiste également sur ce communiqué. Le quotidien relève toutefois un élément diplomatique significatif : le texte franco-saoudien met l’accent sur la résolution 1701 sans reprendre explicitement la formule de l’accord-cadre qui structure actuellement les négociations directes entre le Liban et Israël. Cette différence est relevée alors qu’aucune date n’a encore été arrêtée pour la huitième séance des négociations à Rome. Selon des sources diplomatiques citées par Al Joumhouria, Beyrouth n’a reçu aucune nouvelle information du médiateur américain permettant de fixer cette rencontre. La diplomatie franco-saoudienne et le processus piloté par Washington poursuivent donc le même objectif général de stabilisation, mais ne sont pas décrits dans les journaux comme des mécanismes parfaitement identiques.

Ad Diyar du 25 août 2026 va plus loin dans son interprétation des objectifs français. Selon des sources diplomatiques citées par le journal, Paris cherche à obtenir de Riyad deux engagements. Le premier concerne la conférence destinée à soutenir l’armée et les forces de sécurité libanaises. La France souhaiterait une participation saoudienne qui ne soit pas uniquement politique. Elle voudrait aussi une contribution financière capable de donner à la conférence un poids arabe et international supérieur. Le quotidien rappelle à ce propos l’ancienne aide saoudienne de trois milliards de dollars destinée à l’armée libanaise, dont une partie importante devait bénéficier à des équipements français avant la suspension du dispositif. Paris chercherait donc à rétablir une coopération triangulaire entre la France, l’Arabie saoudite et l’institution militaire libanaise.

Le second objectif attribué à Paris concerne l’avenir de la présence internationale dans le Sud. Ad Diyar du 25 août 2026 affirme que la France souhaiterait obtenir un soutien saoudien pour réduire les réserves américaines concernant sa participation à la future force appelée à succéder à la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Paris souhaiterait aussi que Riyad utilise son influence afin d’encourager les autorités libanaises à accomplir les démarches nécessaires auprès des Nations unies. La France chercherait ainsi à préserver un rôle opérationnel dans le dispositif de sécurité du Sud, et pas uniquement une influence diplomatique générale. Cette lecture traduit aussi une inquiétude française : voir d’autres puissances occidentales occuper l’espace qu’elle détenait traditionnellement au Liban.

Rome s’installe dans le dispositif diplomatique et militaire

L’Italie apparaît justement comme l’un des acteurs dont le rôle progresse. Les déplacements récents de Joseph Aoun puis du commandant de l’armée Rodolphe Haykal à Rome ont renforcé cette perception. Ad Diyar du 25 août 2026 décrit une nouvelle carte d’influence internationale dans laquelle Washington reste dominant, mais où Rome acquiert une importance croissante. Le quotidien relie cette évolution à la volonté américaine de diversifier les partenaires européens impliqués au Liban. L’Italie dispose de plusieurs avantages : son expérience au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, le poids politique de son gouvernement et la présence du Vatican. Le journal estime que Rome pourrait jouer un rôle dans les négociations libano-israéliennes, dans le futur mécanisme de vérification ou dans le dispositif appelé à remplacer la force internationale actuelle.

Al Joumhouria du 25 août 2026 apporte cependant une précision importante. Selon ses sources diplomatiques, la visite de Rodolphe Haykal à Rome avait été programmée auparavant et ne doit pas être interprétée comme une étape des négociations directes avec Israël. Elle concerne les efforts et les mécanismes de soutien à l’armée libanaise. Cette distinction est essentielle. Elle montre que le rapprochement avec Rome se développe sur plusieurs plans qui ne doivent pas être confondus : la négociation politique d’une part, le soutien militaire et institutionnel d’autre part.

Annahar du 25 août 2026 rapporte pour sa part qu’une source officielle libanaise dément que Joseph Aoun ait négocié en Italie le choix de l’acteur chargé du futur mécanisme de vérification. Selon cette source, le dossier reste entre les mains du médiateur américain, qui connaît les caractéristiques précises de la mission. Elle affirme également que les informations faisant état d’une liste de pays remise au Liban ne sont pas exactes. Cette mise au point confirme une hiérarchie diplomatique : l’Italie gagne en importance et peut devenir un partenaire majeur, mais Washington conserve la responsabilité centrale dans la définition du mécanisme.

Le dossier de Rome reste également lié aux négociations directes avec Israël. Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026 rapporte que la présidence libanaise n’a pas encore reçu de date définitive pour une nouvelle séance. Un accord de principe existerait pour une réunion au début du mois de septembre, mais plusieurs questions restent ouvertes. Elles concernent notamment la définition d’une deuxième zone expérimentale, le pays chargé de surveiller sa mise en œuvre et la coordination qui remplacera certaines fonctions de la Force intérimaire des Nations unies au Liban après la fin de son mandat. La diplomatie libanaise se trouve ainsi dans une phase où le lieu des discussions est identifié, mais où le contenu opérationnel reste incomplet.

Washington demeure l’arbitre central du dossier libanais

La place américaine constitue le fil conducteur de presque toutes les initiatives. Ad Diyar du 25 août 2026 estime que les États-Unis dominent la nouvelle carte d’influence internationale au Liban. Selon l’analyse du journal, aucun autre acteur ne peut exercer pleinement son rôle sans tenir compte des choix de Washington. Cette situation concerne la France comme l’Italie, mais également l’Arabie saoudite. Le poids américain vient de sa capacité à influencer Israël, à organiser les équilibres régionaux et à déterminer les modalités des mécanismes de sécurité.

Cette centralité apparaît de manière particulièrement nette dans le dossier de Ali al-Taher. Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026 rapporte que l’armée libanaise pourrait accepter de prendre le contrôle des hauteurs, mais qu’elle demande des garanties américaines portant sur l’arrêt des opérations israéliennes et le retrait préalable des forces israéliennes. Selon le journal, Joseph Aoun a discuté de cette possibilité avec les Américains. La diplomatie libanaise cherche donc moins une simple médiation qu’une garantie capable d’empêcher qu’un transfert à l’armée ne soit suivi de nouvelles frappes.

La position américaine n’apparaît cependant pas parfaitement uniforme dans les journaux. Les déclarations de Tom Barrack ont suscité un débat important. Ad Diyar du 25 août 2026 rapporte qu’il a estimé difficile de parvenir à un règlement sérieux tant que le Hezbollah et l’Iran ne sont pas représentés dans le processus. Le responsable américain a ensuite précisé que Washington négociait avec l’État libanais et non avec le Hezbollah. Al Akhbar du 25 août 2026 interprète ces déclarations comme le reflet d’un débat à l’intérieur de l’administration américaine. Selon le quotidien, certains responsables considéreraient qu’une solution durable pourrait nécessiter un traitement du dossier libanais dans un cadre régional impliquant l’Iran. Cette lecture reste celle des sources citées par le journal et ne constitue pas une position américaine officielle établie. Elle montre néanmoins que la question de l’interlocuteur pertinent reste au centre des spéculations diplomatiques.

L’affaire Shibani met à l’épreuve les relations entre Beyrouth et Téhéran

La diplomatie libanaise doit également gérer une crise avec l’Iran autour de Mohammad Reza Shibani. Le dossier est révélateur des limites entre politique intérieure et relations internationales. Asharq Al-Awsat du 25 août 2026 rapporte que les autorités libanaises lui ont accordé une résidence de six mois en qualité de citoyen iranien et non de diplomate. La solution permet son maintien sur le territoire sans lui rendre son statut d’ambassadeur. Selon une source sécuritaire citée par le quotidien, le directeur général de la Sûreté générale Hassan Choucair a proposé cette formule en vertu de ses compétences légales et a informé les responsables politiques concernés.

La situation reste toutefois institutionnellement sensible. Asharq Al-Awsat rapporte que des sources du ministère libanais des Affaires étrangères affirmaient ne pas avoir été informées de l’octroi de cette résidence au moment où elles ont été interrogées. Le ministre Youssef Raggi avait auparavant défendu une ligne plus stricte concernant l’application de la décision prise à l’égard de Shibani. Le compromis administratif évite donc une rupture avec Téhéran, mais il ne supprime pas les divergences au sein de l’État libanais.

Al Akhbar du 25 août 2026 donne à la décision une lecture nettement plus politique. Le quotidien estime que la formule constitue un revers pour ceux qui souhaitaient transformer le dossier Shibani en confrontation avec l’Iran. Selon ses informations, Hassan Choucair aurait mené une médiation ayant permis d’obtenir l’accord de Joseph Aoun, avec une coordination avec Nabih Berri. Le journal affirme également que Téhéran pourrait utiliser l’ancien ambassadeur dans une fonction politique concernant le Liban et la Syrie. Cette dernière information reste attribuée au quotidien et n’est pas confirmée par les autres publications du corpus. Elle montre néanmoins que la question de Shibani est perçue comme dépassant largement une simple formalité de résidence.

Damas revient progressivement dans l’équation libanaise

La relation avec la Syrie constitue un autre chantier diplomatique. Al Akhbar du 25 août 2026 rapporte que Nabih Berri se montre optimiste sur l’évolution des rapports entre Beyrouth et Damas. Le président de la Chambre aurait qualifié de franche et productive sa rencontre avec le ministre syrien des Affaires étrangères Assaad al-Chibani. Selon le journal, Berri estime que les nouvelles autorités syriennes cherchent la stabilité et veulent réduire les tensions avec leur environnement. Cette appréciation suggère une volonté de normalisation après les bouleversements politiques intervenus à Damas.

Le dossier syrien reste toutefois étroitement lié aux rapports entre la Syrie, Israël, la Turquie et les États-Unis. Al Quds Al Arabi du 25 août 2026 rapporte qu’Assaad al-Chibani a rencontré en Jordanie le chef du service israélien de renseignement extérieur, Roman Gofman. Selon des sources citées par le quotidien, les discussions ont porté sur des questions sécuritaires, notamment la possibilité d’un mécanisme de coordination destiné à éviter une confrontation entre la Syrie et Israël ou entre Israël et la Turquie sur le territoire syrien. Les discussions interviennent alors que des forces israéliennes continuent des incursions dans certaines zones du sud de la Syrie.

Cette évolution concerne directement le Liban. Une stabilisation de la relation entre Damas et ses voisins modifierait l’environnement stratégique de Beyrouth. À l’inverse, une confrontation israélo-turque ou israélo-syrienne ajouterait une nouvelle source de tension sur la frontière orientale et dans toute la région. La diplomatie libanaise doit donc reconstruire ses relations avec la nouvelle Syrie tout en suivant un processus régional qu’elle ne contrôle pas.

Les Émirats préparent un retour économique de grande ampleur

La dimension économique de la diplomatie apparaît enfin avec la préparation d’une importante visite émiratie. Plusieurs publications du 25 août 2026 rapportent que Joseph Aoun a reçu l’ambassadeur du Liban aux Émirats arabes unis, Tarek Mnaymneh, afin d’examiner les préparatifs de la délégation attendue les 26 et 27 août. Celle-ci doit être conduite par le ministre émirati du Commerce extérieur Thani ben Ahmed Al Zeyoudi et comprendre 67 dirigeants économiques et hommes d’affaires. Ad Diyar présente cette visite comme une possible réouverture des portes de l’investissement du Golfe au Liban.

La relation économique avec les Émirats repose déjà sur des échanges significatifs. Les données publiées par Al Sharq du 25 août 2026 indiquent que les Émirats arabes unis occupent la deuxième place parmi les destinations des exportations libanaises dans les statistiques présentées par le quotidien, avec 167 millions de dollars, soit 11 % du total des exportations considérées. La venue d’une délégation de cette ampleur peut donc être interprétée comme une tentative de transformer une relation commerciale existante en nouveaux investissements.

Cette visite complète le dispositif diplomatique observé dans les autres capitales. Paris et Riyad travaillent sur le règlement politique et le soutien institutionnel. Rome développe son rôle militaire et diplomatique. Washington conserve la main sur les garanties et les mécanismes de négociation. Téhéran reste un acteur incontournable à travers le Hezbollah et la relation bilatérale. Damas revient progressivement dans les échanges politiques. Abou Dhabi, enfin, apporte une dimension économique susceptible de devenir essentielle si la situation sécuritaire permet une reprise des investissements.

La diplomatie libanaise du 25 août 2026 apparaît ainsi comme une diplomatie de multiplication des appuis plutôt que d’alignement sur un seul partenaire. Mais cette diversification possède une limite claire : les différentes initiatives restent dépendantes de l’évolution du conflit au Sud et de la capacité des États-Unis à obtenir ou non des concessions israéliennes. L’appui franco-saoudien renforce politiquement les institutions. L’Italie offre une nouvelle plateforme. Les Émirats ouvrent une perspective économique. Pourtant, tant que les questions de Ali al-Taher, du retrait israélien et du futur dispositif international ne sont pas réglées, la diplomatie libanaise reste essentiellement engagée dans une course visant à empêcher la dynamique militaire de prendre définitivement le dessus sur la négociation.

Politique internationale : Washington étrangle l’Iran tandis que les crises régionales cherchent de nouveaux équilibres

L’offensive financière américaine ouvre une nouvelle phase contre Téhéran

La confrontation entre les États-Unis et l’Iran domine très largement la politique internationale dans la presse du 25 août 2026. Après plusieurs mois de conflit et de tensions militaires, Washington déplace une partie essentielle de son offensive vers le terrain économique. Asharq Al-Awsat du 25 août 2026 rapporte que l’administration du président Donald Trump présente cette nouvelle phase comme un « débarquement économique ». Le département américain du Trésor élargit les sanctions secondaires aux actifs numériques, aux technologies, à l’or, à l’aviation et au transport maritime. Environ soixante personnes, entités et navires liés à l’Iran sont visés. Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent explique que l’objectif consiste à couper les dernières voies économiques permettant au système iranien de rester connecté aux marchés mondiaux. Les partenaires commerciaux de Téhéran sont donc directement placés sous pression. Washington menace les entreprises et institutions qui facilitent les transactions iraniennes d’une exclusion du système financier reposant sur le dollar. Donald Trump résume sa lecture de la situation en affirmant que l’Iran « s’effondre complètement ».

Al Quds Al Arabi du 25 août 2026 décrit une opération économique et financière conçue pour isoler le régime iranien dans le monde entier. Selon le quotidien, les autorités américaines veulent imposer à chaque pays un calendrier de réduction ou d’arrêt de certaines activités avec Téhéran. Le dispositif doit notamment viser les succursales bancaires iraniennes à l’étranger et les réseaux utilisés pour commercialiser le pétrole. Cinq secteurs sont particulièrement mentionnés : les actifs numériques, la technologie, l’or, l’aviation et le transport maritime. Le message américain est volontairement dissuasif. Toute entité qui continuerait à financer ou faciliter les activités économiques iraniennes pourrait être frappée de sanctions secondaires.

Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026 souligne que cette offensive intervient alors que le rial iranien atteint un nouveau plus bas. Le quotidien rapporte un taux d’environ 2,02 millions de rials pour un dollar à l’ouverture des marchés. Le secrétaire américain au Trésor présente les sanctions comme la phase décisive d’une stratégie destinée à couper les « artères » économiques iraniennes. Il avertit également qu’une éventuelle réaction militaire de Téhéran contre les forces américaines ou contre des pays du Golfe entraînerait une réponse rapide de Washington. La stratégie combine donc deux instruments. La pression financière doit affaiblir l’économie iranienne, tandis que la menace militaire vise à dissuader Téhéran d’élargir le conflit.

Al Akhbar du 25 août 2026 s’intéresse surtout aux limites possibles de ce dispositif. Le journal considère que le véritable test ne se trouve plus en Iran, mais dans les pays qui achètent son pétrole, transportent ses marchandises ou facilitent ses transactions. La Chine occupe une place centrale dans cette équation. Selon les données reprises par le quotidien, Pékin achèterait plus de 80 % du pétrole iranien exporté. L’efficacité de la stratégie américaine dépend donc de la capacité de Washington à contraindre des acteurs extérieurs à rompre ou réduire leurs relations avec Téhéran. Si les sanctions secondaires atteignent ces intermédiaires, l’économie iranienne pourrait perdre des ressources essentielles. Dans le cas contraire, les réseaux commerciaux permettant à Téhéran de contourner une partie des sanctions continueraient de fonctionner.

Téhéran conteste le récit américain et maintient la menace sur Ormuz

Les responsables iraniens répondent à la pression en contestant d’abord le récit d’une victoire américaine. Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026 rapporte que le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi met en cause la cohérence des déclarations de Washington. Il relève que les États-Unis affirment avoir largement démantelé les capacités militaires iraniennes et gravement affaibli le programme nucléaire, tout en jugeant nécessaire de lancer ce qu’ils présentent comme la plus importante offensive financière jamais organisée contre un adversaire. Le responsable iranien transforme ainsi l’argument américain en signe de résistance de Téhéran. Le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, répond également à Donald Trump sur un ton de défi.

Le détroit d’Ormuz demeure parallèlement un levier majeur. Selon Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien Mohsen Rezaei affirme que le détroit reste fermé malgré les déclarations américaines. Il conditionne sa réouverture à un changement du comportement de Washington et au respect d’engagements pris précédemment. Le responsable iranien insiste également sur la longueur des côtes iraniennes dans le Golfe pour justifier le rôle de Téhéran dans la gestion sécuritaire du passage. Il évoque un arrangement avec Oman concernant une voie de navigation, tout en affirmant que sa mise en œuvre reste liée au comportement américain.

Cette confrontation dépasse les deux protagonistes. La perturbation du passage par Ormuz touche directement les exportateurs d’énergie, les importateurs et les transporteurs maritimes. Al Binaa du 25 août 2026 rapporte un trafic maritime très inférieur aux niveaux habituels au début de la semaine. Les données citées par le journal font état de moins de vingt navires ayant franchi le détroit sur une période où le trafic était auparavant nettement supérieur. Le dossier devient donc une question de sécurité économique internationale. Il explique aussi pourquoi plusieurs puissances régionales tentent de rouvrir des canaux diplomatiques avec Téhéran.

Islamabad et Mascate tentent d’empêcher la rupture définitive

Le déplacement du chef de l’armée pakistanaise Asim Munir à Téhéran constitue la principale initiative de médiation. Al Quds Al Arabi du 25 août 2026 rapporte que cette visite vise à relancer les efforts entre l’Iran et les États-Unis. Trois sources pakistanaises citées par la presse indiquent que Munir a échangé avec Donald Trump avant son déplacement. Selon l’une de ces sources, Washington souhaitait que le Pakistan utilise son influence afin de ramener l’Iran vers la négociation. Le chef de l’armée est accompagné du ministre pakistanais de l’Intérieur Mohsin Naqvi. Islamabad présente officiellement la visite comme une contribution à la paix et à la stabilité régionales.

Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026 précise que les discussions ne portent pas seulement sur les relations entre Washington et Téhéran. La délégation pakistanaise doit également aborder les attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite ainsi que la nouvelle architecture de coopération entre le Pakistan, la Turquie et l’Arabie saoudite. Une source pakistanaise décrit une crise de confiance entre les Américains et les Iraniens et présente la mission de Munir comme une tentative de réduire cette défiance. L’Iran accueille pour sa part cette visite dans le cadre d’une relation bilatérale que son ministère des Affaires étrangères décrit comme particulièrement bonne.

Oman intervient parallèlement. Le ministre omanais des Affaires étrangères Badr Al Busaidi doit se rendre à Téhéran pour discuter notamment de la navigation dans le détroit d’Ormuz. Cette séquence montre que les médiateurs ne cherchent pas nécessairement à résoudre immédiatement l’ensemble du conflit. Leur premier objectif est d’empêcher que la guerre économique et la crise maritime ne provoquent une nouvelle confrontation militaire. Les sanctions américaines et la médiation fonctionnent donc simultanément : Washington augmente le coût économique tandis que ses partenaires régionaux maintiennent des voies de discussion.

La Syrie et Israël reprennent un dialogue sécuritaire sous surveillance américaine

La Syrie constitue le deuxième grand dossier régional. Al Quds Al Arabi du 25 août 2026 rapporte une rencontre en Jordanie entre le ministre syrien des Affaires étrangères Assaad al-Chibani et le chef du service israélien de renseignement extérieur Roman Gofman. Elle intervient quelques jours après une frappe israélienne contre la base aérienne d’Abou Douhour dans le nord-ouest syrien. Israël avait présenté cette opération comme un moyen d’empêcher un déploiement turc, tandis qu’Ankara avait nié une visite militaire turque sur le site.

Selon des sources diplomatiques et gouvernementales citées par Al Quds Al Arabi du 25 août 2026, les discussions ont porté sur plusieurs dossiers sécuritaires, dont la possibilité de créer en Jordanie un mécanisme commun supervisé par les États-Unis. Celui-ci aurait pour objectif d’éviter une confrontation entre la Syrie et Israël, mais aussi un affrontement entre Israël et la Turquie sur le territoire syrien. Une source citée par le journal décrit la réunion comme difficile mais sérieuse. Le dossier de Soueida aurait également figuré parmi les questions examinées. L’enjeu immédiat n’est donc pas encore un traité politique global. Il s’agit d’abord de réduire le risque d’incidents militaires et de créer des canaux de coordination.

Ad Diyar du 25 août 2026 évoque lui aussi une tentative de relancer le processus de négociation entre la Syrie et Israël. Le journal souligne toutefois le poids de la Turquie. Ankara veut consolider son influence en Syrie, alors qu’Israël s’oppose à certains déploiements militaires turcs. La Syrie se retrouve ainsi entre plusieurs impératifs : reconstruire son autorité, négocier une réduction des attaques israéliennes et préserver sa relation stratégique avec la Turquie. La reprise d’un canal avec Israël apparaît comme une tentative de gérer ces contradictions sans entrer dans une nouvelle guerre ouverte.

Gaza reste sous les frappes malgré le dispositif de cessez-le-feu

La situation palestinienne demeure un autre foyer majeur. Al Quds Al Arabi du 25 août 2026 rapporte la poursuite des frappes israéliennes contre Gaza, dont une attaque contre une station de dessalement au nord-ouest de la ville de Gaza. Le bombardement intervient après un ordre d’évacuation concernant une zone comprenant des habitants et des déplacés. Le journal rapporte au moins huit morts dans différentes attaques et évoque la poursuite des violations du cessez-le-feu recensées par les autorités de Gaza.

La question des cerfs-volants lancés depuis Gaza devient parallèlement un nouveau motif de tension. Les autorités israéliennes les présentent comme une menace potentielle et préviennent qu’elles pourraient accroître les opérations si ces lancements continuent. Les organisations palestiniennes affirment qu’il s’agit essentiellement de jeux utilisés par des enfants dans les camps de déplacés. Le débat illustre la fragilité extrême de la situation : un incident limité peut être transformé en justification d’une nouvelle série d’opérations militaires.

Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026 consacre également sa une à cette question et considère qu’Israël construit une menace autour des cerfs-volants pour justifier davantage de déplacements et de destructions. La publication rapporte par ailleurs la poursuite des morts et blessés à Gaza. Les deux journaux convergent donc sur la persistance d’une situation de violence malgré les mécanismes censés encadrer le cessez-le-feu.

Sur le plan palestinien intérieur, Al Quds Al Arabi du 25 août 2026 rapporte des efforts égyptiens visant à rapprocher le Fatah et le courant de Mohammed Dahlan avant les prochaines échéances électorales. Une rencontre a réuni en Égypte une délégation conduite par Hussein al-Cheikh et des représentants du courant de Dahlan. D’autres discussions ont eu lieu avec des formations palestiniennes de gauche. Le Caire cherche ainsi à réduire les divisions avant les élections et à éviter que la fragmentation des forces palestiniennes n’affaiblisse davantage leur représentation politique.

Le Yémen rouvre le front maritime contre l’Arabie saoudite

Le Yémen connaît également une nouvelle escalade. Al Quds Al Arabi du 25 août 2026 rapporte que les Houthis ont annoncé avoir visé le pétrolier saoudien Amzan au nord de la mer Rouge, au large de Yanbu, au moyen d’un missile balistique. La compagnie maritime saoudienne a confirmé qu’un de ses navires avait subi une attaque. Les Houthis annoncent parallèlement des opérations contre des concentrations militaires saoudiennes dans plusieurs zones et affirment maintenir leur pression maritime.

Al Akhbar du 25 août 2026 replace cette escalade dans le rapport de force entre Sanaa et Riyad. Le quotidien rapporte des avertissements selon lesquels le refus saoudien de répondre à certaines demandes pousserait les autorités de Sanaa à augmenter leurs exigences et à intensifier leurs opérations militaires. Cette lecture est celle des sources citées par Al Akhbar et reflète le positionnement éditorial du journal. Elle confirme toutefois un fait plus large : le front yéménite redevient un élément de la sécurité régionale au moment même où le Pakistan tente une médiation entre l’Iran et les États-Unis.

Cette simultanéité complique les efforts diplomatiques. Le Pakistan entretient de bonnes relations avec l’Iran, mais l’Arabie saoudite constitue également un partenaire stratégique majeur. La médiation d’Islamabad doit donc prendre en compte la confrontation américano-iranienne, la sécurité du Golfe et la reprise des attaques liées au Yémen. Le système régional fonctionne de plus en plus comme un ensemble de crises imbriquées plutôt que comme une série de conflits indépendants.

Ukraine, Afrique et Méditerranée prolongent une journée internationale dominée par les crises

En dehors du Moyen-Orient, la guerre en Ukraine demeure présente dans les éditions du 25 août. Al Arabi Al Jadid met notamment en avant le refus du président ukrainien Volodymyr Zelensky d’abandonner le Donbass à l’occasion de la commémoration de l’indépendance ukrainienne. Asharq Al-Awsat souligne pour sa part un nouveau soutien européen à Kiev à l’occasion de cette même date. Ces éléments montrent que, malgré la domination de l’Iran et du Moyen-Orient dans les unes arabes, la guerre russo-ukrainienne reste un dossier diplomatique actif.

En Afrique, Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026 rapporte la reprise du dialogue entre le Mali et l’Algérie après trois années de crise. Le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga a rencontré le président algérien Abdelmadjid Tebboune. Les discussions doivent notamment porter sur la sécurité frontalière et sur les possibilités de relancer un processus de dialogue concernant le nord du Mali. Le quotidien signale également le début, dans l’est de la République démocratique du Congo, d’une mission chargée de surveiller le cessez-le-feu entre les forces gouvernementales et le mouvement du 23-Mars, dans le cadre d’un mécanisme issu d’un accord négocié avec l’aide du Qatar.

La politique internationale du 25 août 2026 reste néanmoins structurée par la confrontation entre Washington et Téhéran. Les sanctions américaines cherchent à transformer la supériorité financière des États-Unis en instrument de contrainte mondiale. L’Iran répond en utilisant ses capacités régionales, son commerce avec l’Asie et le levier stratégique du détroit d’Ormuz. Entre les deux, le Pakistan et Oman tentent de préserver une voie diplomatique. Autour de ce bras de fer se développent d’autres négociations : la Syrie cherche un mécanisme sécuritaire avec Israël, l’Égypte tente de réduire les divisions palestiniennes et plusieurs acteurs cherchent à contenir les foyers yéménite et africains. L’équilibre international décrit par les journaux n’est donc pas celui d’une détente. Il repose sur une multiplication de médiations destinées à empêcher que plusieurs crises déjà actives ne basculent simultanément dans une nouvelle phase militaire.

Économie : le Liban subit le choc énergétique régional tout en cherchant à rouvrir les portes de l’investissement arabe

La flambée de l’énergie fragilise davantage Électricité du Liban

La presse du 25 août 2026 décrit une économie libanaise qui reste vulnérable aux conséquences de la guerre et qui subit désormais de plein fouet la crise énergétique régionale. La confrontation entre les États-Unis et l’Iran, les perturbations dans le détroit d’Ormuz et la hausse des prix des hydrocarbures constituent un risque immédiat pour un pays très dépendant des importations d’énergie. Cette exposition apparaît notamment dans la situation d’Électricité du Liban. Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026 rapporte que l’établissement public est confronté à une forte hausse du coût du combustible. Le prix international du gazole aurait atteint près de 1 500 dollars la tonne, alors que son budget pour 2026 reposait sur une hypothèse proche de 680 dollars. L’écart dépasse donc largement les prévisions financières sur lesquelles reposait son fonctionnement. La question ne concerne pas uniquement le prix d’achat. L’entreprise doit aussi composer avec les effets de la guerre, la difficulté du recouvrement dans certaines régions et les pertes qui continuent d’affecter son équilibre financier. 

La situation régionale rend toute projection encore plus difficile. Al Arabi Al Jadid du 25 août 2026 relève que les perturbations liées au détroit d’Ormuz ont poussé les cours du pétrole autour de 90 dollars le baril et provoqué une hausse beaucoup plus forte de certains produits raffinés. Pour le Liban, cette évolution se transmet rapidement aux coûts de production, au transport et à l’électricité privée. Le pays ne dispose pas d’une marge importante lui permettant d’absorber durablement un choc énergétique extérieur. Une augmentation prolongée des hydrocarbures peut donc se diffuser à une grande partie des prix intérieurs, même si les PDF du jour ne fournissent pas encore une mesure complète de son effet sur l’inflation libanaise. 

Le problème d’Électricité du Liban illustre également les limites d’une amélioration budgétaire qui ne serait pas accompagnée d’une stabilisation régionale. Les hypothèses financières établies quelques mois auparavant peuvent être rendues caduques par une hausse brutale du pétrole. Le coût supplémentaire doit alors être absorbé par l’établissement, répercuté sur les consommateurs ou compensé par une intervention publique. Chacune de ces possibilités comporte un coût. Une augmentation des tarifs pèserait sur les ménages et les entreprises. Une prise en charge par l’État alourdirait les finances publiques. Une réduction de l’approvisionnement risquerait enfin d’accroître le recours aux générateurs privés et donc les dépenses énergétiques des ménages.

La guerre transforme une reprise attendue en contraction économique

Al Akhbar du 25 août 2026 présente un tableau plus général des conséquences de la guerre sur l’économie libanaise. Le quotidien met en avant le passage d’une croissance initialement attendue à une contraction de 6,4 %. Ce renversement traduit l’ampleur du choc subi par l’activité. Le conflit ne détruit pas seulement des infrastructures. Il affecte simultanément la consommation, le tourisme, le commerce, les revenus et la capacité des entreprises à fonctionner normalement. 

Le déplacement des populations constitue l’un des mécanismes de cette contraction. Lorsqu’une famille quitte son logement, les effets économiques ne se limitent pas au coût de l’hébergement temporaire. L’emploi peut être interrompu, les commerces locaux perdent leur clientèle et les ménages réduisent leurs dépenses non essentielles. Les territoires touchés perdent une partie de leur activité productive. Le retour n’est pas automatique lorsque les combats diminuent, puisque les logements, les routes ou les entreprises peuvent avoir été détruits. Al Akhbar du 25 août 2026 rapporte ainsi que 90 747 logements auraient été détruits totalement ou partiellement entre le 2 mars et le 12 juin. Le quotidien précise qu’environ 70 % de ces destructions se concentreraient dans certaines zones particulièrement touchées par les opérations militaires. 

Ce chiffre donne une dimension économique au débat politique sur le retour des habitants du Sud. La reconstruction d’un logement nécessite des matériaux, de la main-d’œuvre, du financement et des infrastructures fonctionnelles. Elle suppose aussi que les propriétaires ou occupants disposent de ressources suffisantes. Lorsque plusieurs dizaines de milliers d’unités sont concernées, la question dépasse les capacités individuelles et devient un problème de politique publique. Les autorités doivent donc arbitrer entre l’aide directe aux ménages, la reconstruction des infrastructures, le soutien aux municipalités et les mécanismes de financement de plus long terme.

La guerre affecte également les secteurs qui avaient joué un rôle dans les phases précédentes de reprise. Le tourisme et la consommation sont particulièrement sensibles à l’insécurité. Un pays confronté à des bombardements réguliers, à des déplacements internes et à l’incertitude sur une éventuelle extension de la guerre ne peut pas compter sur une saison touristique normale. Les entreprises retardent parallèlement leurs investissements lorsque la visibilité politique et sécuritaire se réduit. Ainsi, même une cessation des opérations ne suffirait pas nécessairement à provoquer une reprise immédiate. La restauration de la confiance devient une variable économique aussi importante que la reconstruction physique.

Le déplacement des habitants du Sud devient un problème budgétaire et social

Le gouvernement commence à répondre à cette situation par des mécanismes d’aide. Ad Diyar du 25 août 2026 rapporte que le Premier ministre Nawaf Salam, recevant une délégation de Dhayra, a affirmé que l’État ne laisserait pas les populations déplacées supporter seules les conséquences de la guerre. Parmi les solutions étudiées figure le versement d’allocations de loyer aux familles contraintes de quitter leur logement. Le gouvernement cherche parallèlement à accélérer les procédures tout en poursuivant ses efforts pour obtenir un retrait israélien et permettre le retour des habitants. 

Cette réponse montre cependant la double contrainte imposée aux finances publiques. L’État doit financer l’urgence alors qu’il doit également préparer la reconstruction. Les aides au logement sont nécessaires tant que les populations ne peuvent pas rentrer. Mais leur prolongation augmente les dépenses courantes sans résoudre le problème du patrimoine détruit. À l’inverse, lancer une reconstruction massive alors que certaines zones restent exposées aux opérations militaires comporterait le risque de financer des infrastructures susceptibles d’être de nouveau endommagées.

Les difficultés ne se limitent pas au logement. Al Akhbar du 25 août 2026 rapporte que les ministères de la Santé et des Affaires sociales rencontrent des difficultés à financer les prothèses destinées aux blessés de guerre ayant perdu un membre. Le coût d’une prothèse commence autour de 1 280 dollars selon les informations publiées par le journal. Le manque de financement aurait placé des dizaines de personnes sur des listes d’attente. Cette dépense est appelée à se répéter puisque certaines prothèses doivent être remplacées périodiquement. La guerre produit donc des obligations financières durables qui continueront bien après l’arrêt des opérations militaires. 

Le système éducatif constitue une autre source de coûts futurs. Al Akhbar du 25 août 2026 rapporte que plus de la moitié des élèves de première année ne maîtrisent pas certaines compétences fondamentales en mathématiques et que plus de huit élèves de sixième sur dix rencontrent des difficultés avec la division. Le quotidien ajoute que la guerre a privé plus de 250 000 élèves d’enseignement et transformé la moitié des écoles publiques en centres d’hébergement durant une partie de la crise. Ces données ne relèvent pas seulement de la politique sociale. Une perte durable des compétences scolaires réduit à terme la productivité, augmente le risque de décrochage et peut peser sur les revenus futurs des générations concernées. 

Le commerce extérieur offre quelques points d’appui

Malgré ce contexte, les données commerciales publiées le 25 août montrent que le Liban conserve des débouchés extérieurs. Al Sharq du 25 août 2026 présente des statistiques sur les principales destinations des exportations libanaises. Les Émirats arabes unis apparaissent en deuxième position dans les données citées, avec environ 167 millions de dollars, soit 11 % du total considéré. Cette place confirme le poids économique des marchés du Golfe pour les entreprises libanaises. 

Ces chiffres prennent une importance particulière avec l’arrivée annoncée d’une importante délégation économique émiratie. Ad Diyar du 25 août 2026 rapporte que Joseph Aoun a examiné les préparatifs de cette visite avec l’ambassadeur du Liban aux Émirats arabes unis, Tarek Mnaymneh. La délégation doit être dirigée par le ministre émirati du Commerce extérieur Thani ben Ahmed Al Zeyoudi et comprendre 67 dirigeants économiques et hommes d’affaires. Elle est attendue au Liban les 26 et 27 août. Le quotidien présente l’événement comme une possible réouverture des portes de l’investissement du Golfe. 

Ad Diyar-25 08 2026.pdf

L’enjeu est différent de celui des simples exportations. Le Liban a besoin de capitaux susceptibles de financer des entreprises, des infrastructures et éventuellement une partie de la reconstruction. Une délégation de cette taille peut permettre d’identifier des projets, mais les sources du 25 août ne permettent pas encore d’affirmer que des investissements précis ont été conclus. Il convient donc de distinguer la portée politique de la visite de ses résultats économiques effectifs. À ce stade, elle constitue surtout un signal d’intérêt et une occasion de rétablir des liens économiques plus intenses.

Le retour des investisseurs du Golfe dépendra également de facteurs que les autorités libanaises ne contrôlent pas entièrement. La sécurité est le premier. La stabilité juridique et institutionnelle est le deuxième. La capacité du secteur bancaire à retrouver des fonctions normales constitue un troisième élément. La visite émiratie intervient donc dans une période où Beyrouth cherche à démontrer que l’État peut redevenir un interlocuteur fiable malgré la poursuite du conflit.

La reconstruction devient l’un des principaux enjeux de la diplomatie économique

L’Arabie saoudite et la France occupent parallèlement une place importante dans la réflexion sur l’après-guerre. Asharq Al-Awsat du 25 août 2026 rapporte que Mohammed ben Salmane et Emmanuel Macron ont réaffirmé leur soutien aux institutions libanaises et aux forces armées. Leur communiqué est principalement politique et sécuritaire, mais il possède nécessairement une dimension économique. Aucun programme de reconstruction durable ne peut être séparé du rétablissement de l’autorité de l’État et d’un environnement sécuritaire plus stable.

Ad Diyar du 25 août 2026 rappelle que Paris souhaite notamment obtenir une participation saoudienne importante à la conférence de soutien à l’armée et aux forces de sécurité. Le quotidien évoque l’ancien précédent de l’aide saoudienne de trois milliards de dollars destinée à l’armée libanaise. Même si le dispositif actuel n’est pas présenté comme une reproduction de cette aide, le souvenir de cette initiative montre l’importance potentielle des financements extérieurs lorsque les capacités budgétaires nationales sont limitées. 

L’économie de la reconstruction dépendra donc largement de la capacité du Liban à transformer le soutien diplomatique en engagements financiers. Les besoins concernent les logements, les infrastructures, les services publics, les équipements militaires, la santé et l’éducation. Mais les journaux du 25 août ne fournissent pas encore d’estimation consolidée du coût total de la reconstruction. Toute évaluation précise au-delà des données publiées serait donc prématurée.

Le projet d’un nouvel oléoduc pourrait replacer le Liban sur une route énergétique régionale

Al Akhbar du 25 août 2026 rapporte par ailleurs un projet susceptible, s’il se concrétise, de modifier la place du Liban dans les réseaux énergétiques régionaux. Selon le quotidien, le directeur général de la Sûreté générale Hassan Choucair aurait informé plusieurs responsables libanais d’un projet irakien portant sur la construction d’un nouvel oléoduc passant par la Turquie et la Syrie avant d’atteindre le Liban et la Méditerranée. Le projet serait associé à la société américaine Chevron et viserait à faciliter l’exportation d’environ deux millions de barils de pétrole irakien par jour. 

Le contexte explique l’intérêt d’une telle infrastructure. Les perturbations dans le détroit d’Ormuz ont rappelé la vulnérabilité des exportateurs du Golfe lorsque leur accès maritime est réduit. Une route terrestre vers la Méditerranée offrirait à l’Irak un débouché supplémentaire. Pour le Liban, elle pourrait créer une activité de transit et renforcer le rôle de ses installations côtières. Cependant, Al Akhbar précise qu’il s’agit d’un projet rapporté par des sources et non d’une infrastructure dont le financement et le calendrier seraient déjà arrêtés. Le quotidien ajoute que la construction envisagée concernerait un nouveau conduit plutôt qu’une simple remise en état de l’ancien réseau, celui-ci n’ayant pas les capacités techniques nécessaires pour transporter les volumes évoqués. 

La réalisation d’un tel projet supposerait également une coopération stable entre l’Irak, la Turquie, la Syrie et le Liban. Elle dépendrait donc autant de la géopolitique que de la rentabilité économique. Dans une région traversée par plusieurs conflits, l’oléoduc représente pour l’instant davantage une possibilité stratégique qu’une source certaine de revenus futurs pour Beyrouth.

Les ménages et les fonctionnaires continuent de porter une partie du coût de la crise

Les tensions économiques se manifestent enfin dans les revendications salariales. Annahar du 25 août 2026 rapporte des rassemblements de militaires et de fonctionnaires retraités à Baalbeck et Tripoli. Les manifestants refusent notamment le paiement fractionné de certaines sommes qui leur sont dues et demandent une correction des rémunérations et des prestations. Des organisations de retraités affirment que les montants rétroactifs doivent être payés intégralement conformément aux dispositions qu’elles invoquent. 

Ces mobilisations rappellent que l’ajustement économique libanais reste incomplet. Les revenus publics ont été profondément affectés par les crises successives, tandis que les dépenses quotidiennes restent sensibles aux prix de l’énergie et aux fluctuations du coût de la vie. L’État doit ainsi répondre simultanément aux demandes des retraités, aux besoins des déplacés, aux conséquences sanitaires de la guerre, au financement de l’éducation et aux besoins de reconstruction.

Le tableau économique fourni par les journaux du 25 août 2026 est donc contrasté. Les indicateurs liés à la guerre sont préoccupants : contraction de l’activité, destructions immobilières, déplacements, difficultés du secteur électrique et nouveaux coûts sociaux. La crise d’Ormuz ajoute un risque énergétique majeur. En parallèle, plusieurs possibilités apparaissent. La visite de 67 responsables économiques et hommes d’affaires émiratis peut rouvrir des canaux d’investissement. Les relations avec l’Arabie saoudite et la France peuvent faciliter le soutien institutionnel et la reconstruction. Le projet d’un oléoduc régional offre, à plus long terme, une perspective de repositionnement énergétique. Mais aucune de ces possibilités ne peut encore compenser les pertes déjà subies. Leur concrétisation dépend d’une condition que les pages économiques rejoignent finalement les pages politiques pour souligner : sans stabilisation durable du Sud et restauration de la confiance dans les institutions, le passage de l’aide ponctuelle à une véritable reprise de l’investissement restera difficile.

Société : déplacements, santé et école, le coût humain de la guerre aggrave les fragilités libanaises

Les déplacés du Sud face à une crise du logement qui s’installe

Les conséquences sociales de la guerre occupent une place importante dans la presse libanaise du 25 août 2026. Derrière les négociations, les opérations militaires et les débats sur les hauteurs de Ali al-Taher apparaît une population confrontée au déplacement, à la destruction des logements et à l’incertitude sur les possibilités de retour. Le dossier est devenu un enjeu direct pour l’État. Al Sharq, le 25 août 2026, rapporte que le Premier ministre Nawaf Salam a reçu une délégation de la localité méridionale de Dhayra venue lui exposer les difficultés de ses habitants. Le chef du gouvernement a assuré que l’État ne laisserait pas les habitants de cette localité, ni plus largement les populations du Sud, supporter seuls les conséquences de leur déplacement. Plusieurs solutions sont étudiées. Parmi elles figure le versement d’allocations destinées à couvrir les loyers des familles contraintes de vivre loin de leur domicile. Nawaf Salam a promis une accélération des procédures. Il a toutefois relié cette réponse sociale à l’objectif politique et sécuritaire du gouvernement : obtenir le retrait israélien complet et créer les conditions nécessaires à un retour sûr des habitants vers leurs villages et leurs terres.

Le problème dépasse désormais le cadre d’une urgence temporaire. Al Akhbar, le 25 août 2026, rapporte que 90 747 logements ont été détruits totalement ou partiellement entre le 2 mars et le 12 juin. Le quotidien souligne l’ampleur des destructions dans les régions les plus directement touchées par les opérations militaires. Une telle situation modifie profondément la nature du déplacement. Pour de nombreuses familles, un cessez-le-feu ne signifierait pas automatiquement un retour à la maison. Certaines habitations doivent être réparées. D’autres doivent être entièrement reconstruites. À cela s’ajoutent les dommages subis par les infrastructures et les services nécessaires à la vie quotidienne. Les familles ont besoin de routes accessibles, d’eau, d’électricité, d’écoles, de commerces et de structures sanitaires. Ainsi, le déplacement risque de passer d’une situation provisoire à une réalité de longue durée. Cette évolution aurait aussi des conséquences sur les localités d’accueil, qui doivent absorber une population supplémentaire alors que leurs propres infrastructures restent fragiles.

Al Akhbar, le 25 août 2026, décrit également les difficultés rencontrées dans certaines zones du Sud où les mouvements de population restent soumis à de fortes contraintes. Selon les informations du journal, les forces internationales rencontrent elles-mêmes des obstacles dans leurs déplacements dans les secteurs sous contrôle israélien et doivent obtenir des autorisations pour certaines missions. Des contacts avec les autorités militaires israéliennes seraient nécessaires afin de faciliter le passage de véhicules appartenant à des organismes humanitaires et de permettre l’acheminement de personnes ou de produits de première nécessité. Le journal rapporte aussi les inquiétudes de certains habitants qui souhaiteraient quitter les zones occupées mais craignent de ne plus pouvoir y retourner. Cette situation transforme un choix élémentaire de sécurité en décision lourde de conséquences. Partir peut signifier perdre durablement l’accès à son village, à son logement ou à ses terres.

Les blessés de guerre confrontés au coût durable du handicap

La guerre laisse également des conséquences physiques dont le coût continuera à peser sur les familles et les services publics longtemps après la fin des opérations. Al Akhbar, le 25 août 2026, consacre un article aux personnes ayant perdu un membre et aux difficultés rencontrées pour financer les prothèses. Selon le quotidien, les ministères de la Santé et des Affaires sociales ne disposent plus des moyens suffisants pour prendre en charge l’ensemble des besoins alors que le nombre de blessés a augmenté. Le prix d’une prothèse commence autour de 1 280 dollars. Cette somme représente seulement une partie de la dépense réelle, car les équipements nécessitent un entretien et doivent parfois être remplacés. La réadaptation demande également un suivi médical et des séances spécialisées.

Le manque de financement entraîne des délais. La directrice exécutive du centre Singer, citée par Al Akhbar le 25 août 2026, indique que des dizaines de blessés se trouvent sur des listes d’attente. La pression concerne les victimes récentes de la guerre, mais elle affecte aussi les personnes qui vivaient déjà avec un handicap et avaient besoin d’un renouvellement de leur appareillage. L’augmentation rapide de la demande se produit donc dans un système qui rencontrait déjà des difficultés avant la dernière phase du conflit.

La question dépasse largement le domaine médical. Une prothèse peut déterminer la possibilité de marcher, de travailler, de poursuivre des études ou de retrouver une autonomie quotidienne. L’absence d’appareillage augmente au contraire la dépendance envers les proches. Elle peut obliger un membre de la famille à réduire son activité professionnelle pour assurer l’accompagnement de la personne blessée. La perte d’un membre peut donc provoquer une baisse des revenus du foyer tout en augmentant ses dépenses. À cela s’ajoutent les besoins de rééducation, de transport et parfois d’aménagement du logement. Le coût social d’une blessure grave est ainsi beaucoup plus élevé que le prix initial de la prothèse.

Le dossier montre surtout la nécessité d’une prise en charge de longue durée. Une réponse limitée à l’urgence hospitalière ne suffit pas. Les blessés doivent pouvoir retrouver une place dans la vie professionnelle, scolaire et sociale. La guerre produit ainsi une nouvelle catégorie de besoins qui s’ajoute à ceux accumulés depuis la crise économique. Les associations et les centres spécialisés jouent un rôle essentiel, mais leur action dépend elle-même des financements disponibles. Le système public est donc confronté à une obligation nouvelle au moment où ses ressources restent limitées.

L’école libanaise menacée par une perte durable des apprentissages

La situation de l’éducation constitue l’un des dossiers sociaux les plus préoccupants relevés dans les sources du 25 août. Al Akhbar, le 25 août 2026, s’appuie sur une évaluation publiée le 21 août par le Centre arabe de recherches et d’études politiques à Beyrouth. Le rapport porte sur le coût de la guerre et des crises successives pour l’éducation des enfants au Liban. Les données citées dressent un tableau sévère. Plus de la moitié des élèves de première année manqueraient des compétences fondamentales attendues en mathématiques. Plus de huit élèves de sixième sur dix ne maîtriseraient pas correctement la division. Ces difficultés ne sont pas nées avec la dernière guerre. Elles résultent d’une accumulation de crises qui ont progressivement affaibli le système scolaire et les capacités d’apprentissage.

La guerre a cependant considérablement aggravé la situation. Al Akhbar, le 25 août 2026, rapporte que plus de 250 000 élèves ont été privés d’enseignement et que la moitié des écoles publiques ont été transformées en centres d’hébergement pendant la crise. L’école a donc été affectée de deux manières. Les cours ont été interrompus ou désorganisés, tandis que les bâtiments scolaires ont dû remplir une fonction humanitaire pour laquelle ils n’avaient pas été conçus. Cette transformation était rendue nécessaire par l’urgence du déplacement, mais elle a réduit davantage la continuité éducative.

Les conséquences dépassent les résultats scolaires immédiats. Les compétences fondamentales en lecture, en écriture et en mathématiques déterminent la capacité des élèves à progresser dans toutes les autres matières. Lorsqu’elles ne sont pas acquises au bon moment, les difficultés s’accumulent au fil des années. Le risque est alors de voir apparaître un retard impossible à combler par une simple reprise normale des cours. Les enfants concernés auraient besoin de programmes de rattrapage, d’un accompagnement adapté et de moyens supplémentaires.

Le décrochage constitue un autre danger. Les familles touchées par le déplacement ou par la baisse de leurs revenus peuvent être tentées de retirer les adolescents de l’école afin qu’ils contribuent aux ressources du foyer. Une interruption prolongée augmente ce risque. Le déficit éducatif devient alors une question économique et sociale de long terme. Un jeune qui quitte l’école prématurément dispose généralement de moins de possibilités professionnelles et reste plus exposé à la précarité.

L’école possède aussi une fonction de protection. Al Akhbar souligne que les enfants n’ont pas seulement perdu des heures d’enseignement. Ils ont également été privés d’un espace de stabilité, de relations sociales et de soutien psychologique. Pour un enfant confronté aux bombardements ou au déplacement, la classe peut représenter un élément de normalité. Sa disparition renforce le sentiment d’insécurité. Le retour à l’école devra donc répondre à la fois au retard scolaire et aux conséquences psychologiques de la guerre.

Le regroupement des établissements soulève la question de l’accès à l’enseignement

Annahar, le 25 août 2026, place de son côté la question du regroupement des écoles parmi ses sujets importants et s’interroge sur sa nature réelle : solution aux difficultés du secteur ou fermeture déguisée d’établissements. La question intervient au moment où l’enseignement public doit déjà gérer les conséquences des déplacements et de la perte des apprentissages. Une réorganisation du réseau peut être justifiée par des contraintes financières, démographiques ou administratives. Elle peut toutefois créer de nouvelles difficultés pour les familles si elle éloigne les élèves de leur lieu de résidence.

L’enjeu est particulièrement important hors des grands centres urbains. Dans certaines régions, la fermeture ou la fusion d’une école oblige les élèves à parcourir des distances plus importantes. Le transport devient alors une dépense supplémentaire. Pour les ménages disposant de faibles revenus, ce coût peut devenir un obstacle à la scolarisation. Le problème est encore plus complexe lorsque les transports publics sont insuffisants.

Une école joue également un rôle dans la vie d’une localité. Sa disparition peut accélérer le départ des jeunes familles et réduire encore l’offre de services publics dans les régions périphériques. La réorganisation du réseau scolaire ne peut donc être évaluée uniquement à partir du nombre d’élèves par établissement ou des économies budgétaires attendues. Elle doit aussi tenir compte de l’accès territorial à l’éducation.

La guerre rend cette planification encore plus difficile. Une partie des déplacements peut être temporaire, tandis qu’une autre pourrait devenir durable en raison de la destruction des logements. Les autorités doivent donc décider où maintenir, fusionner ou renforcer les établissements alors que la répartition future de la population reste incertaine. Les sources du 25 août ne permettent pas encore de mesurer l’ensemble des conséquences de ces regroupements. Elles montrent néanmoins que le système scolaire est désormais confronté simultanément à une crise pédagogique, financière et territoriale.

Les retraités militaires et civils contestent le paiement fractionné de leurs droits

La question du pouvoir d’achat reste présente dans les mobilisations sociales. Annahar, le 25 août 2026, rapporte des rassemblements de militaires et de fonctionnaires retraités à Baalbeck et à Tripoli. Les protestataires contestent notamment le paiement fractionné de plusieurs sommes qui leur sont dues. À Baalbeck, la mobilisation a commencé dans le secteur de Douris avant de se poursuivre devant un service du ministère des Finances. À Tripoli, des militaires retraités ont également participé à des actions de protestation.

Les organisations concernées réclament le paiement complet des montants rétroactifs et contestent leur étalement. Des revendications portent également sur les allocations scolaires destinées aux retraités des Forces de sécurité intérieure. Les manifestants menacent d’intensifier leurs actions si leurs demandes ne sont pas prises en compte. Cette mobilisation rappelle que les conséquences de l’effondrement du pouvoir d’achat continuent d’affecter les agents publics et anciens militaires plusieurs années après le début de la crise.

Les retraités sont particulièrement exposés à la hausse des prix. Leur capacité à trouver de nouvelles sources de revenus est plus limitée que celle de la population active. Ils dépendent donc directement de leurs pensions et des prestations publiques. Une hausse du coût de l’énergie, du logement ou de la santé peut rapidement absorber une part importante de leurs ressources.

Le problème place encore une fois l’État devant plusieurs demandes simultanées. Les finances publiques doivent répondre aux conséquences de la guerre, aux besoins des déplacés et à la reconstruction, tout en assumant les engagements envers les fonctionnaires et les retraités. La crise sociale n’est donc pas constituée d’une seule urgence. Elle résulte de l’addition de dépenses et de droits qui doivent être financés au même moment.

La sécurité routière révèle une urgence indépendante de la guerre

Al Sharq, le 25 août 2026, rapporte également la tenue d’une réunion extraordinaire du Comité national de sécurité routière présidée par le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar. Les chiffres de la Direction générale des Forces de sécurité intérieure cités par le quotidien indiquent que 33 % des accidents recensés durant la seconde moitié du mois d’août seraient liés à la vitesse excessive, tandis que 40 % seraient associés à un manque d’attention pendant la conduite.

Le ministre a demandé la poursuite de l’application du code de la route et insisté sur la nécessité de passer des recommandations à une mise en œuvre effective. La réunion a également abordé les secteurs où les accidents sont particulièrement nombreux, les campagnes de sensibilisation, le respect des limitations de vitesse et l’entretien des routes.

La sécurité routière illustre la persistance de problèmes quotidiens qui ne disparaissent pas pendant la guerre. Elle dépend du comportement des conducteurs, mais aussi de l’état des infrastructures, de la signalisation, de l’éclairage et du contrôle policier. Les difficultés budgétaires des administrations peuvent donc indirectement affecter le niveau de sécurité sur les routes.

Les déchets replacent l’environnement dans les préoccupations sociales

Annahar, le 25 août 2026, consacre également un dossier au prélèvement environnemental et à la question de savoir si une véritable stratégie de traitement des déchets commence à prendre forme. Le sujet rappelle qu’au-delà des crises sécuritaires, la gestion des déchets demeure un problème quotidien pour les habitants. Elle touche directement la santé publique, les municipalités, l’environnement et les finances locales.

Le financement constitue l’une des difficultés principales. Une contribution environnementale peut fournir des ressources supplémentaires pour la collecte et le traitement. Elle représente cependant une nouvelle charge pour les ménages. Son acceptation dépend donc de la capacité des autorités à démontrer que les sommes perçues améliorent effectivement le service.

La guerre complique encore cette question. Les destructions produisent des gravats et des déchets supplémentaires. Les déplacements de population augmentent parallèlement la pression sur les services des communes qui accueillent les familles déplacées. La géographie des besoins change donc rapidement, alors que les capacités municipales restent inégales.

Une accumulation de crises qui met à l’épreuve la fonction sociale de l’État

Les sources du 25 août 2026 décrivent surtout une accumulation des vulnérabilités. La guerre n’a pas remplacé les problèmes précédents. Elle les a aggravés. Les familles déplacées cherchent un logement alors que le pouvoir d’achat reste faible. Les blessés ont besoin de prothèses dans un système sanitaire aux ressources limitées. Les enfants accumulent des retards scolaires tandis que le réseau public réfléchit à des regroupements d’établissements. Les retraités réclament leurs droits. Les accidents routiers et les déchets continuent eux aussi d’exiger une intervention publique.

L’arrêt des bombardements, s’il intervient, ne suffira donc pas à rétablir immédiatement une situation normale. Le retour des habitants du Sud dépendra de la reconstruction des logements et des services. Le retour des élèves en classe ne supprimera pas les retards accumulés. L’hospitalisation d’un blessé ne règle pas sa réadaptation future. Le versement d’une aide ponctuelle à une famille déplacée ne remplace pas la possibilité de retrouver son domicile et son activité.

La question sociale devient ainsi un indicateur concret de la capacité des institutions à reprendre leur rôle. Le débat politique porte largement sur la souveraineté et sur le contrôle du territoire. Mais la souveraineté possède aussi une dimension quotidienne. Elle se mesure à la capacité de loger une famille déplacée, de financer l’appareillage d’un blessé, de maintenir un enfant à l’école, de verser les droits d’un retraité, de rendre les routes plus sûres et d’assurer la collecte des déchets. Les journaux du 25 août montrent que toutes ces fonctions sont aujourd’hui sous pression, tandis que la poursuite des opérations militaires continue d’en augmenter le coût.

Culture : Baalbeck ravive sa mémoire tandis que le patrimoine reste au cœur de la création

Baalbeck retrouve ses grandes nuits à travers la mémoire

La culture libanaise occupe une place moins abondante que la politique dans les publications du 25 août 2026, mais plusieurs sujets permettent de dégager une ligne commune. La mémoire, la transmission et la préservation du patrimoine dominent largement. Au Liban, cette dynamique se cristallise autour de Baalbeck, dont l’histoire artistique est ravivée loin des temples. Elle apparaît aussi dans la participation de jeunes artistes libanais à une manifestation internationale à Moscou et dans l’hommage rendu à Fouad Hijazi, artiste né au Liban dont une grande partie de la carrière s’est construite en Jordanie.

Annahar, le 25 août 2026, consacre une place importante à une soirée organisée à Ajaltoun autour de la mémoire des Festivals de Baalbeck. Le spectacle « Wina Nay ?! » associe musique, théâtre et chant. Il fait revivre une partie de l’histoire artistique de la Cité du Soleil à travers un travail sur la mémoire, l’absence et le souvenir. La représentation ne cherche donc pas seulement à reproduire un répertoire ancien. Elle utilise les références aux grandes années de Baalbeck pour interroger la manière dont une expérience culturelle continue d’exister lorsque son lieu d’origine n’est plus directement accessible au public dans les mêmes conditions.

L’image de Baalbeck occupe une place essentielle dans cette construction. Annahar, le 25 août 2026, met en avant les références visuelles aux temples et à leur rôle dans l’histoire des festivals. Pendant des décennies, les monuments ne formaient pas un simple décor. Ils participaient à l’identité des représentations. Musique, architecture et mise en scène étaient réunies pour produire une expérience culturelle immédiatement associée au Liban. La soirée d’Ajaltoun tente de restituer une partie de cette relation à travers la projection, la musique et le théâtre.

Fairouz est naturellement présente dans cette mémoire. Sa relation avec Baalbeck dépasse la succession des concerts et des œuvres qui y furent présentés. Elle incarne une période où les festivals contribuaient à diffuser une certaine image culturelle du Liban dans le monde arabe et au-delà. Son évocation permet donc de faire revenir toute une époque. Dans la soirée décrite par Annahar, la mémoire de Fairouz et celle des temples se rejoignent pour rappeler que Baalbeck est devenue au fil du temps un élément de l’imaginaire collectif libanais.

Cette évocation possède aussi une portée particulière dans le contexte actuel. La guerre et les difficultés économiques ont profondément modifié les conditions d’organisation des activités culturelles. Faire revivre symboliquement Baalbeck à Ajaltoun signifie que la mémoire culturelle peut être déplacée sans disparaître. Le lieu physique reste irremplaçable, mais son histoire peut continuer à circuler. Cette logique transforme le spectacle en acte de transmission autant qu’en divertissement.

Fouad Hijazi, de Baalbeck à la mémoire musicale jordanienne

Al Arabi Al Jadid, le 25 août 2026, revient longuement sur le parcours de Fouad Hijazi à l’occasion de sa disparition. Le chanteur était né dans l’environnement de Baalbeck avant de construire une part importante de sa carrière en Jordanie. Son parcours offre un autre exemple de circulation du patrimoine libanais. Dans son cas, cette circulation ne passe pas par la reproduction d’une tradition précise. Elle prend la forme d’une adaptation artistique à un autre environnement culturel.

Le quotidien décrit un interprète capable de s’intégrer profondément à la chanson jordanienne. Fouad Hijazi a abordé les répertoires populaires, sentimentaux et nationaux. Son travail lui a progressivement permis d’être identifié par une partie du public à la scène musicale jordanienne elle-même. Cette intégration est d’autant plus remarquable que son origine libanaise restait connue. Son itinéraire montre ainsi qu’un artiste peut appartenir à plusieurs mémoires culturelles sans que l’une efface nécessairement l’autre.

Al Arabi Al Jadid, le 25 août 2026, insiste notamment sur le soin apporté par Fouad Hijazi à l’interprétation des paroles. Le texte devait rester compréhensible. La puissance vocale n’était donc pas recherchée pour elle-même. Elle devait servir le sens de la chanson. Le chanteur savait aussi modifier son interprétation en fonction du registre. Les morceaux nationaux appelaient une expression plus forte, tandis que les chansons sentimentales nécessitaient davantage de retenue.

Cette capacité explique en partie la longévité de son parcours. Elle lui a permis d’entrer dans différents répertoires sans donner l’impression d’une simple imitation. La chanson populaire est en effet liée à des expressions, des accents et des références culturelles précises. Pour qu’un interprète venu d’un autre pays puisse se l’approprier, il doit comprendre ces codes et pas seulement reproduire une mélodie.

Le parcours de Fouad Hijazi rejoint indirectement la mémoire de Baalbeck mise en avant par Annahar. Dans un cas, Baalbeck devient une histoire culturelle transportée à Ajaltoun. Dans l’autre, elle constitue le point de départ d’un artiste qui a développé une nouvelle identité musicale en Jordanie. Les deux sujets montrent que le patrimoine libanais peut circuler et se transformer sans perdre entièrement son origine.

De jeunes artistes libanais représentent le pays à Moscou

La transmission culturelle passe également par une nouvelle génération. Annahar, le 25 août 2026, rapporte la participation d’une délégation libanaise au Forum culturel international des enfants organisé à Moscou. Le groupe représente le ministère de la Culture à la suite d’une invitation officielle russe. Avant son départ, le ministre de la Culture Ghassan Salamé a reçu les jeunes participants et les a encouragés à préserver leur identité culturelle tout en profitant de cette expérience internationale.

La délégation participe à plusieurs disciplines. La musique, le théâtre, le chant et les arts plastiques figurent parmi les domaines mentionnés par Annahar. Les jeunes Libanais présentent ainsi différentes expressions de la culture du pays devant un public international. L’événement réunit des participants venus de nombreuses régions russes ainsi que de plusieurs pays.

Le ministère de la Culture présente cette participation comme un moyen de créer de nouvelles relations entre les jeunes artistes libanais et leurs homologues étrangers. Cette dimension est importante. Une manifestation culturelle internationale n’a pas seulement pour fonction de présenter des œuvres. Elle permet également aux participants de découvrir d’autres pratiques et de construire des réseaux susceptibles d’être utiles à leur parcours futur.

Ghassan Salamé insiste toutefois sur la nécessité de ne pas opposer ouverture internationale et identité culturelle. Son message aux participants consiste précisément à maintenir un lien avec le patrimoine libanais tout en développant leurs compétences par les échanges et la formation. Cette approche fait de la culture un instrument de représentation internationale du pays, mais aussi un moyen de transmettre une identité aux générations plus jeunes.

Cette participation possède une autre signification dans le contexte libanais. Depuis plusieurs années, les crises successives ont poussé de nombreux jeunes professionnels à quitter le pays. Le secteur culturel n’échappe pas à cette dynamique. Donner à de jeunes artistes une visibilité internationale tout en maintenant leur relation avec les institutions libanaises peut donc contribuer à limiter l’opposition entre départ et appartenance. La circulation internationale n’implique pas nécessairement une rupture avec le pays d’origine.

Waciny Laredj et Cheikha Rimitti ravivent un débat sur la mémoire algérienne

La question de la mémoire culturelle apparaît aussi dans Al Arabi Al Jadid, le 25 août 2026. Le quotidien revient sur la polémique provoquée en Algérie par une œuvre de l’écrivain Waciny Laredj consacrée à Cheikha Rimitti, figure majeure de l’histoire du raï. Le débat dépasse rapidement le cadre littéraire. Il porte sur la place qu’une société accepte d’accorder à une artiste dont l’œuvre a profondément marqué son époque tout en contestant plusieurs normes sociales.

Cheikha Rimitti a occupé une place singulière dans la chanson algérienne. Son répertoire abordait de manière directe le désir, les relations sentimentales, le corps, l’alcool et la condition des femmes. Ces thèmes lui ont permis d’acquérir une influence considérable, mais ils ont également nourri les critiques de milieux conservateurs. Plusieurs décennies plus tard, cette tension n’a pas entièrement disparu.

Le choix de Waciny Laredj de replacer cette personnalité au centre d’une œuvre littéraire réactive donc une question fondamentale : qui mérite d’entrer dans le patrimoine national ? Une figure culturelle doit-elle être consensuelle pour être reconnue comme importante ? L’influence artistique peut-elle être distinguée des controverses morales suscitées par une œuvre ?

Al Arabi Al Jadid, le 25 août 2026, montre que les réactions suscitées par le projet littéraire concernent autant la personnalité de Cheikha Rimitti que l’écriture elle-même. La controverse révèle ainsi la persistance d’une bataille autour de la mémoire. Une artiste peut être reconnue comme pionnière par certains et continuer d’être rejetée par d’autres.

Le rapprochement avec Baalbeck permet de mesurer deux manières différentes de traiter le patrimoine. La mémoire des Festivals de Baalbeck et de Fairouz bénéficie au Liban d’un statut largement fédérateur. Cheikha Rimitti représente au contraire un patrimoine conflictuel. Pourtant, les deux situations montrent que le passé culturel n’est jamais totalement figé. Chaque génération choisit les œuvres qu’elle souhaite transmettre et la manière dont elle les interprète.

Le Yémen tente de préserver son patrimoine musical par la création

Al Quds Al Arabi, le 25 août 2026, s’intéresse au travail du musicien yéménite Mahmoud Al Hindi et à son projet de préservation du patrimoine musical. L’initiative, développée avec la Fondation Hadramout pour la culture, repose sur plusieurs dimensions. Il s’agit de documenter les œuvres, de préserver les archives, de former de jeunes musiciens et de proposer de nouvelles interprétations capables de toucher un public contemporain.

La démarche refuse de réduire le patrimoine à une conservation passive. Les œuvres anciennes doivent rester accessibles et vivantes. Cela suppose parfois de modifier leur présentation ou leur orchestration sans supprimer leur identité. Le travail de Mahmoud Al Hindi cherche ainsi un équilibre entre fidélité et modernisation.

Al Quds Al Arabi, le 25 août 2026, souligne également le rôle joué par les manifestations consacrées aux anciennes mélodies yéménites. Deux éditions d’un festival ont contribué à remettre en circulation certaines œuvres et à rapprocher ce patrimoine de nouvelles générations. La diffusion numérique complète les concerts et permet d’atteindre un public qui ne peut pas assister physiquement aux manifestations.

La situation du Yémen donne à cette démarche une importance supplémentaire. La guerre menace les institutions, les archives et les conditions normales de transmission culturelle. Préserver un répertoire musical revient donc aussi à protéger une partie de la mémoire collective contre les effets du conflit. La culture devient ici une forme de continuité au sein d’une société profondément bouleversée.

Le parallèle avec le Liban est manifeste. Les deux pays connaissent des crises qui perturbent l’organisation normale des manifestations culturelles. Dans les deux cas, la réponse passe par la capacité à déplacer, archiver et réinterpréter le patrimoine. La soirée consacrée à Baalbeck à Ajaltoun et le travail de préservation musicale au Yémen reposent sur une même idée : une tradition ne survit que si elle continue d’être pratiquée.

Saint Levant maintient la Palestine au cœur d’une création contemporaine

Al Quds Al Arabi, le 25 août 2026, met également en avant la sortie de l’album « Effendi » de l’artiste palestinien Saint Levant et de la chanson « Maskara ». Le journal souligne la présence de l’identité palestinienne dans son travail. Cette référence constitue l’un des éléments centraux d’une production destinée à un public dépassant largement le territoire palestinien.

Le parcours de Saint Levant illustre une autre forme de transmission. Il ne s’agit plus seulement de préserver des œuvres anciennes. L’identité culturelle est intégrée à des formes musicales contemporaines et circule à travers les réseaux internationaux de diffusion. La Palestine devient ainsi une matière de création actuelle plutôt qu’une référence exclusivement patrimoniale.

Le contexte politique renforce naturellement la portée de cette démarche. La guerre à Gaza et les déplacements donnent aux références palestiniennes une signification qui dépasse le domaine musical. Un artiste peut difficilement être séparé de ce contexte lorsque son identité constitue l’une des composantes de son œuvre. Cependant, la musique ne se réduit pas à un commentaire de l’actualité. Elle permet également de construire une image de la Palestine à travers la langue, les références et les expériences individuelles.

Cette logique rejoint les autres sujets culturels du jour. Fouad Hijazi a porté une origine libanaise dans une carrière jordanienne. Mahmoud Al Hindi cherche à transmettre le patrimoine yéménite avec des outils contemporains. Saint Levant inscrit la Palestine dans une production destinée à circuler internationalement. Ces exemples montrent que l’identité culturelle n’est pas nécessairement enfermée dans un territoire.

Un agenda culturel libanais concentré sur la mémoire et les échanges

Les sources du 25 août 2026 fournissent un agenda culturel libanais plus limité que les rubriques politiques ou sociales. La manifestation la plus développée est la soirée consacrée à la mémoire des Festivals de Baalbeck à Ajaltoun. Annahar, le 25 août 2026, en fait un événement culturel important en raison de la combinaison de la musique, du théâtre et du chant, mais surtout de son travail sur l’histoire culturelle libanaise.

La participation de jeunes Libanais au Forum culturel international des enfants à Moscou constitue un autre rendez-vous clairement documenté. Même si la manifestation se déroule hors du Liban, elle appartient directement à l’actualité culturelle nationale puisqu’elle implique le ministère de la Culture et des artistes libanais engagés dans plusieurs disciplines.

En revanche, les publications disponibles du 25 août 2026 ne donnent pas assez d’informations fiables pour établir un agenda exhaustif de toutes les expositions, concerts et représentations actuellement proposés au Liban. Il serait donc artificiel de compléter cette partie avec des manifestations qui ne sont pas documentées par le corpus. Les événements cités restent ceux que les journaux permettent d’établir avec précision.

La culture du 25 août apparaît ainsi dominée par une même interrogation : comment transmettre une mémoire lorsque les lieux, les sociétés et les conditions de création changent ? Baalbeck revit à Ajaltoun par la musique et l’image. Fouad Hijazi rappelle la capacité d’un artiste né au Liban à participer à la mémoire musicale d’un autre pays. De jeunes créateurs représentent le Liban à Moscou. En Algérie, Cheikha Rimitti continue de provoquer un débat sur les frontières du patrimoine. Au Yémen, Mahmoud Al Hindi tente de préserver un répertoire menacé par les crises. Saint Levant, enfin, fait circuler l’identité palestinienne dans une création contemporaine. Le patrimoine n’apparaît donc pas comme un ensemble immobile d’œuvres anciennes. Il reste vivant précisément parce qu’il est transmis, déplacé, discuté et transformé.

Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

A lire aussi