Hier, le Président Américain, Donald Trump, avec à ses côtés le Premier Ministre Israélien Benjamin Netanyahu, en présence d’une audience parmi lesquels se trouvaient quelques ambassadeurs de pays arabes, qu’il a d’ailleurs remercié, ceux de Bahreïn, des Emirats Arabes Unis et du Sultanat d’Oman, a donc présenté son fameux Deal Du Siècle, vendu à grand coup de marketing précédemment. On se souviendra à ce sujet de la tournée au Proche et Moyen-Orient du Secrétaire d’état américain Mike Pompéo ou de Jarod kusher, beau-fils du président américain et initiateur de ce plan.

Pour le Liban, le programme américain promet 6 milliards 325 millions de dollars, soit très peu en comparaison que ce que ce pays a subi en raison du conflit israélo-arabe, de la présence des palestiniens au Liban ou encore même par rapport aux biens de ressortissants libanais, comme de nombreux terrains dans le Nord d’Israël, spoliés par l’état hébreu dont l’estimation basse serait de plus de 250 milliards de dollars selon certaines études faites par les ONG.

Pour ainsi dire, ce plan se calque sur les intérêts israéliens et non sur un possible compromis. Ainsi, le statut final de Jérusalem est totalement non négociable, puisque de la bouche même de Donald Trump, on apprend que cette cité des 3 religions monothéistes serait la capitale indivisible de l’Etat d’Israël, même si la capitale d’un possible et encore, ce n’est pas certain, état palestinien, pourrait se trouver à ses côtés. Aussi, les colonies israéliennes et la vallée du Jourdain resteront sous contrôle israélien. Outre le fait de conserver ainsi la richesse principale de cette région, à savoir l’accès à l’eau, Israël crée aussi un ghetto et officialise une prison.

Les palestiniens ne s’y sont pas trompé: Il n’est plus question de la Paix des Braves mais d’un alignement total de la politique américaine sur les intérêts israéliens et d’ailleurs, Donald Trump a été longuement applaudi par l’audience à chaque annonce “de ses réalisations” comme la reconnaissance américaine de la souveraineté israélien sur Jérusalem ou le Golan mais surtout toute autre chose, à savoir l’assassinat du Général iranien Qassem Souleimani en Irak, le mois dernier, comme si cela constituait un aveux, celui d’identifier le commanditaire réel de l’opération, à savoir Tel Aviv.

Benjamin Netanyahu a paru être un enfant gâté. À la description quelque peu ironique d’un plan “gagnant-gagnant” par le président américain pour les 2 côtés, ce dernier n’a pas pu gâcher sa joie de décrire ce deal du siècle comme un grand plan pour Israël.

Mais l’absence remarquée est celle de l’autorité palestinienne. Totalement exclue déjà du processus de rédaction de ce plan, Mahmoud Abbas l’a catégoriquement refusé et pour cause. Aucun intérêt et avantage au final n’est offert à la population palestinienne, exclue du droit du retour en plus. Une seule concession, bien maigre pour eux, le gel de la construction de colonies israéliennes en territoire occupé. Et après, on recommence?

Une claque est rapidement venue hier. Présentée comme partenaire, notamment pour la gestion des lieux saints à Jérusalem, la Jordanie a rapidement fait savoir que la seule solution est la constitution de 2 états sur la base de la ligne de démarcation de 1967 et non le plan américain.

Pour leurs parts, la réaction des pays arabes a été évidemment décevante, avec la présence de certains ambassadeurs de ces derniers sur place.

Et côté libanais? Aucun intérêt

La majorité des réfugiés palestiniens présents au Liban sont issus de ceux qui s’étaient réfugiés lors de la guerre de 1948. À ces derniers, le plan n’offre aucune concession telle que le droit au retour puisqu’il reviendra à une commission israélo-palestinienne d’étudier au cas par cas la possibilité du retour, non pas sur leurs terres mais en territoire palestinien.

It must be stressed that many Palestinian refugees in the Middle East come from war torn countries, such as Syria and Lebanon that are extremely hostile toward the State of Israel. To address this concern, a committee of Israelis and Palestinians will be formed to address this issue and to resolve outstanding disputes over the entry in the State of Palestine of Palestinian refugees from any location. The rights of Palestinian refugees to immigrate to the State of Palestine shall belimited in accordance with agreed security arrangements.

Il faut souligner que de nombreux réfugiés palestiniens au Moyen-Orient viennent de pays déchirés par la guerre, comme la Syrie et le Liban, qui sont extrêmement hostiles à l’État d’Israël. Pour répondre à cette préoccupation, un comité d’Israéliens et de Palestiniens sera formé pour examiner cette question et résoudre les différends en suspens concernant l’entrée dans l’État de Palestine de réfugiés palestiniens de n’importe où. Les droits des réfugiés palestiniens à immigrer dans l’État de Palestine seront limités conformément aux dispositions de sécurité convenues.

Le droit sera limité comme l’indique bien le texte. Quel état – palestinien dans le cas présent – accepterait la limitation de ses décisions souveraines?

La présence de ces derniers a été à plusieurs reprises, une source de déstabilisation du Liban. Le Pays des Cèdres ne peut évidemment accepter leur présence, quoi que décrite comme temporaire depuis 1948, comme étant définitive.

Le plan américain accuse le Liban de discrimination vis-à-vis des palestiniens.

For example, in Lebanon, Palestinians have been discriminated against and prevented from entering the labor market for decades, even those born in Lebanon. They are for the most part barred from owning property or entering desirable occupations, including law, medicine and engineering. To gain employment, Palestinians are required to receive government issued work permits, but remarkably few are ever given to Palestinian refugees.

Par exemple, au Liban, les Palestiniens ont été victimes de discrimination et empêchés d’entrer sur le marché du travail pendant des décennies, même ceux nés au Liban. Ils sont pour la plupart interdits de posséder des biens ou d’accéder à des professions souhaitables, y compris le droit, la médecine et l’ingénierie. Pour obtenir un emploi, les Palestiniens doivent recevoir des permis de travail délivrés par le gouvernement, mais remarquablement peu sont accordés aux réfugiés palestiniens.

Est-ce une manière de négocier que d’accuser? C’est justement le refus israélien d’accorder le droit au retour qui est à l’origine des souffrances de ce peuple.

Pour rappel

Le rapport aussi aborde le dossier d’un angle “international” avec la notion du sécurité d’Israël. Ainsi, il suggère que les territoires qu’Israël annexe le sont pour des raisons de sécurité.

THE PROBLEM WITH INTERNATIONAL FORCES

The State of Israel has experienced the failure of international troops in Sinai (before 1967), Lebanon, Gaza, and the Golan. Given its experience, Israel’s first doctrine of security – that it must be able to defend itself by itself – is as salient as ever. It is a critical strategic interest of the United States that the State of Israel remain strong and secure, protected by the IDF, and continue to remain an anchor of stability in the region.

IRAN

In the last few years, Iran has become an influential factor in areas of the Middle East, which could impinge upon Israeli security. Iran’s strategy seeks to encircle Israel, using Lebanon, Syria and Gaza, and encircle the Kingdom of Saudi Arabia Iraq, Bahrain and Yemen. Iran hopes to establish a “land bridge” that stretches from the Iran-Iraq border to the Mediterranean Sea. All of Iran’s activity must be taken into account in determining the State of Israel’s security needs.

LE PROBLÈME AVEC LES FORCES INTERNATIONALES
L’État d’Israël a connu l’échec des troupes internationales dans le Sinaï (avant 1967), au Liban, à Gaza et dans le Golan. Compte tenu de son expérience, la première doctrine de sécurité d’Israël – selon laquelle il doit être capable de se défendre par lui-même – est plus que jamais d’actualité. L’intérêt stratégique des États-Unis est que l’État d’Israël demeure fort et sûr, protégé par les FDI, et continue de rester un ancrage de stabilité dans la région.
L’IRAN
Au cours des dernières années, l’Iran est devenu un facteur influent dans les régions du Moyen-Orient, ce qui pourrait nuire à la sécurité israélienne. La stratégie de l’Iran vise à encercler Israël, en utilisant le Liban, la Syrie et Gaza, et à encercler le Royaume d’Arabie saoudite, l’Iraq, Bahreïn et le Yémen. L’Iran espère établir un «pont terrestre» qui s’étend de la frontière Iran-Irak à la mer Méditerranée. Toutes les activités de l’Iran doivent être prises en compte pour déterminer les besoins de sécurité d’État d’Israël.

Cela est vite oublier certaines choses, comme le fait qu’aujourd’hui le progrès technologiques ont augmenté la portée des missiles par exemple. Face aux accusations de vouloir encercler Israël et l’Arabie Saoudite, des accusations qui ne comptent pas au regard des cartes, c’est plutôt une contre réaction qu’il y a aujourd’hui.

The Palestinian tourism industry would benefit significantly from increased tourism activity in neighboring countries. Building on the appeal of attractions like the Egyptian Pyramids, the archaeological wonders of Petra in Jordan, and the beaches of Lebanon, the neighbors of West Bank and Gaza have immense potential to grow their tourism industries. This project will support private companies or public-private partnerships to develop tourism sites, transportation options, and hotel and restaurant accommodations across Egypt, Jordan, and Lebanon. In tandem with these investments, this project envisions that these countries, in collaboration with the Palestinians, will develop a cohesive regional tourism strategy, including shared investment plans, marketing campaigns, and regional tourism packages.

L’industrie touristique palestinienne bénéficierait considérablement de l’augmentation de l’activité touristique dans les pays voisins. S’appuyant sur l’attrait d’attractions telles que les pyramides égyptiennes, les merveilles archéologiques de Petra en Jordanie et les plages du Liban, les voisins de la Cisjordanie et de Gaza ont un immense potentiel pour développer leurs industries touristiques. Ce projet soutiendra des entreprises privées ou des partenariats public-privé pour développer des sites touristiques, des options de transport et des hébergements dans les hôtels et restaurants en Égypte, en Jordanie et au Liban. Parallèlement à ces investissements, ce projet prévoit que ces pays, en collaboration avec les Palestiniens, développeront une stratégie touristique régionale cohérente, comprenant des plans d’investissement partagés, des campagnes de marketing et des packages touristiques régionaux.

Le plan américain aussi oublie la dimension civilisationnelle de la région et notamment du Liban, antique Phénicie. Ainsi, le tourisme au Liban serait limité aux plages.

Les pays de la région ne s’y sont pas trompés

Mis à part la Turquie ou encore l’Iran, décrit un peu comme le méchant dans l’histoire, la réaction égyptienne a été déconcertante, puisqu’elle appelle à un examen du plan et à des négociations. Il est déjà bien de savoir qu’il reste des choses à négocier.

La Jordanie rappelle que l’état palestinien a créer doit l’être dans ses frontières de 1967 et l’Arabie Saoudite déclare apprécier le plan Trump mais que les disputes concernant celui-ci doivent l’être via un processus de négociation.

L’Initiative de Paix Arabe du sommet de Beyrouth semble avoir donc été enterrée par les pays arabes eux-même.

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