Dans un pays où force est de constater que la loi généralement est celle du plus fort, chose étonnante hier, une juge Amani Salamé a pris une décision à l’encontre de ces mafias qui nous gouvernement et ainsi a décidé du gel des avoirs des banques et de leurs dirigeants.

Ne nous y trompons pas, cela n’est pas une première, loin de là, une telle décision avait déjà été prise par le passé par le procureur financier, le juge Ali Ibrahim, qui est rapidement revenu sur sa décision suite à d’importantes pressions et aux menaces des banques de fermer leurs portes pour une durée indéterminée, démontrant ainsi la puissance dont elles disposent.

Le problème n’est pas de prendre des décisions et souvent des décisions ont été déjà prises à l’encontre des établissements bancaires ou d’hommes politiques, mais de les faire appliquer, tout comme d’ailleurs les lois, qu’on passe à gogo sans qu’elles soient également mises en oeuvre.

Le système judiciaire, lui, poursuit tout de même son oeuvre, à l’image de certains de vos collègues qui ont déjà condamné les banques à permettre à leurs clients de disposer des sommes aujourd’hui séquestrées notamment afin de permettre à leurs enfants d’étudier à l’étranger, à se faire soigner parfois même.

Votre décision intervient effectivement dans un momentum particulier où certains tentent de mettre au pas le système judiciaire dont ils ont contrôlé durant longtemps les rouages, amenant à des décisions précédemment souvent conformes à leurs intérêts et non à l’intérêt général, alors que la population est soumise, depuis 2 ans à d’immenses frustrations induites par un système qui ne souhaite pas prendre la responsabilité d’assumer ses fautes.

Les dirigeants des banques et des services financiers annexes, au lieu d’assumer leurs responsabilités en garantissant en fin de compte leurs dépôts, induisent d’importantes pertes aux personnes qui leur ont fait confiance. Ils auraient dû ainsi garantir sur leurs biens personnels les pertes de leurs établissements qu’ils ont géré au détriment de la population parce que souvent, ils ont vendu des produits financiers qu’ils savaient deffecteux à leur clientèle qui était mal informée par eux de manière volontaire. Cela leur a permis d’engranger, année après année d’importants profits réels sur des dépôts qui devenaient de plus en plus fictifs.

Et cela vous l’avez bien compris par votre décision qui le confirme.

On assiste désormais à un système judiciaire divisé, coupé en deux, alors que même, le ministre sortant de l’intérieur estimait, de son propre aveux, que 90% des juges sont corrompus et donc inaptes à accorder, de manière impartiale, la justice. Vous êtes de ceux-là même, ces perles rares qui oeuvrent encore pour cela.

Comme à chaque fois, ils répondent aujourd’hui en politisant le dossier au lieu de privilégier une approche strictement technique, parce qu”en toute connaissance de cause de leurs parts, ils savent qu’ils ont causé des torts importants année après année, jusqu’à faire paraitre le Liban comme un pays de non-droit.

Surtout tenez bon, on compte sur vous et vous pouvez compter sur nous.

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Expert économique, François el Bacha est l'un des membres fondateurs de Libnanews.com. Il a notamment travaillé pour des projets multiples, allant du secteur bancaire aux problèmes socio-économiques et plus spécifiquement en terme de diversité au sein des entreprises.

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