Nous suivre sur

Israël limite les déplacements des chrétiens du Sud-Liban

- Advertisement -

L’armée israélienne impose des restrictions aux déplacements des habitants de Rmeich, Debel et Aïn Ebel, trois localités chrétiennes du caza de Bint Jbeil, dans le sud du Liban. Les résidents qui souhaitent quitter leurs villages ou y revenir doivent désormais voyager dans des convois organisés, déclarer à l’avance leurs véhicules et transmettre l’identité des passagers. Les déplacements empruntent un itinéraire imposé passant par Naqoura, avec une escorte de l’armée libanaise puis de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Ces restrictions ont conduit le Vatican à intervenir auprès des États-Unis afin de tenter d’empêcher Israël de limiter davantage la circulation des habitants.

Israël limite les déplacements de trois villages chrétiens

Rmeich, Debel et Aïn Ebel se trouvent dans une situation particulière en raison de la présence des forces israéliennes dans les localités et secteurs qui les entourent. Les trois villages, situés dans le caza de Bint Jbeil, restent habités, mais leurs résidents ne peuvent plus circuler librement entre leurs domiciles et le reste du territoire libanais. Les routes utilisables dépendent désormais des conditions imposées par la situation militaire.

Selon des informations recueillies auprès de sources locales, aucun véhicule ne peut effectuer seul le trajet entre ces villages et l’intérieur du Liban. Les habitants doivent intégrer un convoi organisé à l’avance. Au moins un convoi, comprenant plusieurs voitures ou autobus, quitte quotidiennement l’une des trois localités pour rejoindre le reste du pays ou effectue le trajet inverse.

Cette organisation transforme des déplacements civils ordinaires en opérations nécessitant une coordination sécuritaire. Un habitant qui doit rejoindre Beyrouth, se rendre à un rendez-vous médical ou administratif, travailler à l’extérieur du village ou simplement rentrer chez lui doit désormais tenir compte des horaires et des conditions fixées pour les convois.

Un itinéraire imposé par Naqoura

Les habitants ne peuvent pas choisir librement leur route. Les convois doivent emprunter l’axe côtier au sud de Tyr avant de rejoindre Naqoura, localité frontalière qui accueille notamment le quartier général de la Finul. Ils poursuivent ensuite leur trajet vers Rmeich, Debel et Aïn Ebel.

Cette route constitue un détour par rapport aux liaisons habituelles entre les villages du caza de Bint Jbeil et le reste du Liban. Elle est devenue nécessaire en raison de la présence israélienne dans les secteurs environnants et de l’impossibilité d’utiliser normalement plusieurs axes terrestres. L’isolement des trois villages est donc à la fois militaire et géographique.

La situation crée de fait un corridor particulier pour leurs habitants. Les résidents demeurent sur le territoire libanais et dans leurs propres villages, mais leurs déplacements vers une autre partie du pays passent par une procédure de coordination impliquant plusieurs forces militaires.

Véhicules et passagers enregistrés à l’avance

Les restrictions ne concernent pas uniquement l’itinéraire. Toute personne souhaitant entrer dans l’un des trois villages ou en sortir doit signaler son déplacement avant le départ. Les caractéristiques du véhicule et les informations concernant les passagers sont communiquées afin de permettre l’organisation du passage.

La Finul vérifie les identités et les véhicules avant d’assurer la coordination nécessaire avec les forces israéliennes. Cette procédure doit permettre aux convois de traverser les secteurs concernés sans être bloqués ou exposés aux opérations militaires. Elle signifie néanmoins que les mouvements de civils libanais entre leurs villages et le reste du territoire dépendent d’une autorisation et d’une coordination préalables.

Une voiture individuelle ne peut ainsi pas décider de quitter Rmeich, Debel ou Aïn Ebel indépendamment du dispositif. Le déplacement doit s’inscrire dans un convoi préalablement constitué, ce qui limite considérablement la liberté de circulation quotidienne des habitants.

L’armée libanaise et la Finul organisent les convois

L’armée libanaise et la Finul assurent différentes étapes du trajet. L’armée accompagne les convois jusqu’au secteur de Qleilé, au sud de Tyr, situé à environ 15 kilomètres de la frontière avec Israël. Les véhicules de la Finul prennent ensuite le relais pour accompagner les civils jusqu’aux villages concernés.

Ce partage des responsabilités vise à maintenir une liaison régulière avec les trois localités malgré la situation militaire. La présence de la Finul devient essentielle dans les portions du trajet où une coordination avec l’armée israélienne est nécessaire. Elle permet également l’acheminement de produits indispensables vers les populations qui ont choisi de rester.

Les aides humanitaires et médicales empruntent elles aussi ce dispositif. Des convois venant de l’intérieur du Liban approvisionnent les villages sous escorte internationale. Le maintien de cette liaison évite jusqu’à présent une rupture complète avec le reste du pays, mais il souligne également le degré d’isolement atteint par les trois localités.

Rmeich, Debel et Aïn Ebel restent habités

Les trois villages constituent un cas particulier dans le paysage du sud du Liban. Malgré les opérations militaires, une population civile a continué à vivre à Rmeich, Debel et Aïn Ebel. Cette présence a nécessité au fil des mois l’organisation d’approvisionnements, de déplacements et parfois d’évacuations médicales dans un environnement sécuritaire de plus en plus contraignant.

Les habitants ont régulièrement affirmé leur volonté de rester dans leurs villages. Cette décision revêt une importance particulière dans une région où les combats et les destructions ont provoqué d’importants déplacements de population. Pour les responsables locaux, préserver la possibilité de circuler et de recevoir des produits essentiels constitue donc une condition indispensable au maintien des résidents.

L’isolement n’est pas entièrement nouveau. Des difficultés d’accès avaient déjà été rapportées au cours des mois précédents, notamment pour les opérations humanitaires et médicales. L’élément nouveau réside dans l’encadrement particulièrement strict des déplacements, avec un itinéraire déterminé, des convois organisés et l’impossibilité pour un véhicule civil de circuler individuellement.

Le Vatican intervient auprès des États-Unis

Les restrictions imposées aux chrétiens du Sud-Liban ont désormais pris une dimension diplomatique. Selon les informations rapportées, le Vatican est intervenu, par l’intermédiaire de son représentant au Liban, auprès des États-Unis afin de tenter d’empêcher Israël d’imposer ces contraintes aux habitants des villages chrétiens.

Cette intervention s’inscrit dans l’attention portée depuis plusieurs mois par le Saint-Siège aux populations du sud du Liban. Le nonce apostolique au Liban, Mgr Paolo Borgia, s’est rendu dans la région et a notamment visité Rmeich, Debel et Aïn Ebel. Des initiatives humanitaires ont également permis d’acheminer de la nourriture, des médicaments et d’autres produits essentiels.

La démarche auprès de Washington marque toutefois un changement de registre. Il ne s’agit plus uniquement de soutenir matériellement les habitants, mais d’intervenir sur les conditions imposées à leurs déplacements. Les États-Unis disposent d’un canal direct avec Israël et jouent un rôle central dans les discussions concernant la situation sécuritaire au Liban.

Aucune indication disponible ne permet toutefois d’affirmer que cette intervention a déjà conduit Israël à modifier le dispositif. Les habitants continuent donc, à ce stade, à dépendre des convois organisés pour entrer dans leurs villages ou en sortir.

Les villages chrétiens de Marjayoun ne sont pas soumis au même régime

Les restrictions ne concernent pas toutes les localités chrétiennes du sud du Liban. Dans le caza de Marjayoun, les habitants de Qlaiaa, Jdeidet Marjayoun, Bourj el-Moulouk et Deir Mimas peuvent continuer à circuler entre leurs villages et l’intérieur du pays. Ils disposent d’un itinéraire passant par la Békaa-Ouest, Hasbaya, Ibl al-Saqi, Dibbine et Marjayoun.

Cette différence s’explique par la configuration territoriale et militaire. Contrairement à Rmeich, Debel et Aïn Ebel, ces localités disposent encore d’un axe permettant de rejoindre l’intérieur du Liban sans passer par le corridor de Naqoura. Elles ne sont donc pas soumises au système de convois imposé aux trois villages du caza de Bint Jbeil.

Des restrictions existent néanmoins dans ce secteur. Selon des sources locales, les habitants peuvent rejoindre normalement leurs localités, mais ne sont pas autorisés à y accueillir des déplacés provenant des villages environnants. Cette mesure limite donc les possibilités d’hébergement dans une région où de nombreuses familles ont dû quitter leur domicile.

Les journalistes qui se rendent dans le secteur font également face à certaines interdictions. Il leur est notamment demandé de ne pas photographier la localité voisine de Khiam, particulièrement exposée aux opérations militaires et à la présence israélienne.

Une liberté de circulation dépendante d’une coordination avec Israël

La situation de Rmeich, Debel et Aïn Ebel soulève une question plus large que celle des difficultés habituelles de déplacement dans une zone de guerre. Les habitants circulent entre des localités libanaises, mais doivent communiquer leurs identités et leurs véhicules avant de pouvoir emprunter un trajet situé sur le territoire national. La présence militaire israélienne autour des villages rend cette coordination nécessaire dans les conditions actuelles.

L’armée libanaise et la Finul assurent l’organisation pratique et la sécurité des convois, mais leur circulation dépend de la coordination avec les forces israéliennes. Cette situation place les habitants dans une dépendance quotidienne vis-à-vis d’un dispositif militaire qu’ils ne contrôlent pas. Elle affecte les déplacements personnels, les activités professionnelles, l’accès aux soins et l’approvisionnement.

Elle pose également la question du maintien durable de la population dans ces trois localités. La possibilité de rester dans un village dépend non seulement de l’absence de combats directs, mais aussi de l’accès à la nourriture, aux médicaments, aux services et au reste du territoire. Plus les procédures de déplacement deviennent contraignantes, plus cette présence civile devient difficile à maintenir.

L’intervention du Vatican auprès des États-Unis montre que le dossier dépasse désormais le cadre local. Pour Rmeich, Debel et Aïn Ebel, l’enjeu immédiat reste cependant concret : obtenir le rétablissement d’une circulation moins restrictive alors que, mercredi 26 août, les habitants doivent toujours utiliser les convois passant par Naqoura pour rejoindre le reste du Liban.

Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

A côté de l'actualité