Les forces israéliennes ont intensifié, mardi 25 août, leurs opérations de destruction et leurs tirs dans plusieurs secteurs du sud du Liban. Des dynamitages, démolitions de maisons, mouvements de blindés, tirs d’artillerie et incendies ont été signalés de Bint Jbeil à Tyr, en passant par Nabatiyé et Marjayoun. Cette nouvelle séquence intervient alors qu’une importante délégation économique des Émirats arabes unis arrive mercredi 26 août à Beyrouth pour une visite de deux jours, dans un contexte où le Liban tente simultanément de contenir la pression militaire au Sud et de relancer ses relations économiques arabes.
Des dynamitages dans plusieurs districts du Sud
La journée du 25 août a été marquée par une succession d’opérations israéliennes sur un large arc du territoire frontalier. Dès la nuit de lundi à mardi, des explosions ont été signalées à Hadatha et sur les pourtours de Haris, dans le caza de Bint Jbeil.
Les opérations se sont poursuivies dans la matinée. Un important dynamitage a notamment été rapporté à Zawtar al-Sharqiya, dans le caza de Nabatiyé. À Ainata, dans le caza de Bint Jbeil, des tirs d’artillerie lourde ont visé le secteur occidental de la localité. D’autres explosions ont été signalées à Sarbine et à Mais al-Jabal.
À Doubeih, sur les abords occidentaux de Mais al-Jabal, des forces israéliennes ont démoli plusieurs constructions. Cette zone du caza de Marjayoun fait partie des secteurs où des mouvements militaires et des opérations de destruction sont régulièrement rapportés.
La multiplication de ces dynamitages au sud du Liban constitue l’un des éléments les plus visibles de la pression exercée sur les localités proches de la frontière. Elle affecte directement les bâtiments et les infrastructures et complique la stabilisation des villages concernés.
Blindés, artillerie et incendies au sud du Liban
Les opérations ne se sont pas limitées aux démolitions. Des véhicules militaires israéliens ont été observés à Houla, Markaba et Mansouri. D’autres mouvements ont été signalés depuis Taybeh vers Qantara, dans le secteur de Marjayoun.
À Markaba, ces mouvements ont coïncidé avec des tirs d’artillerie. Des bombardements ont également touché plusieurs autres secteurs. Parmi eux figurent le wadi de Zibqine, les hauteurs d’Ali al-Taher, Dohat Kfar Roummane et le wadi Slouqi.
Les tirs ont aussi concerné Bani Hayyan, où plusieurs obus lourds ont été rapportés au cours de la journée. Des bombardements ont touché les environs de Khiam, Qantara, Mansouri, Beit Lif, Sarbine et Baraachit. Des tirs de mitrailleuses ont par ailleurs été signalés vers plusieurs localités.
Dans le même temps, des incendies ont touché des terrains agricoles. Des oliveraies ont notamment brûlé entre Hadatha et Haris. Des feux ont aussi été signalés dans le secteur d’Ainata et sur les hauteurs de Jabal al-Warda, près de Markaba.
Ces incendies ajoutent une dimension agricole aux dommages provoqués par les opérations militaires. Dans les villages frontaliers, les terres cultivées constituent une source de revenus importante. Leur destruction ou leur inaccessibilité pèse donc sur les possibilités de retour et de reprise économique.
Mansouri et plusieurs localités frappées dans la journée
L’activité militaire s’est poursuivie au fil des heures. À Mansouri, dans le caza de Tyr, des démolitions et des frappes aériennes ont été rapportées. Un char Merkava a également été observé dans le secteur de la localité.
À Yater, un drone israélien a largué des grenades assourdissantes. À Dohat Kfar Roummane, un drone a visé un véhicule de type van. Le projectile a touché le sol et des éclats ont atteint le véhicule, sans faire de victime selon les informations disponibles.
La nuit précédente avait déjà été marquée par des tirs sur plusieurs secteurs. Une frappe aérienne a notamment visé vers 4 heures du matin le cours du Litani sous le monastère de Deir Mar Mima, à Deir Mimas.
Des remblais de terre ont aussi été érigés dans le secteur de Deir Mimas, Burj al-Moulouk et Kfar Kila. L’un d’eux se trouvait à environ 150 mètres d’habitations de Burj al-Moulouk, selon les informations rapportées mardi.
Pris ensemble, ces événements montrent une activité répartie sur plusieurs cazas plutôt qu’un incident concentré sur un seul point. Les opérations associent destructions de bâtiments, mouvements terrestres, bombardements, survols et interventions de drones.
Une pression persistante malgré le cadre négocié
Cette séquence intervient dans un contexte sécuritaire toujours instable. Après la reprise des hostilités en mars 2026, des efforts diplomatiques conduits notamment par les États-Unis ont débouché en juin sur un accord-cadre entre le Liban et Israël.
Ce dispositif prévoit un retrait israélien progressif des territoires libanais occupés, parallèlement au déploiement de l’armée libanaise et au traitement de la question des armes des groupes armés. Sa mise en œuvre reste toutefois incomplète.
Les opérations du 25 août montrent que la situation sur le terrain demeure très éloignée d’une normalisation. Les destructions matérielles constituent un enjeu immédiat pour les habitants des zones concernées. Elles compliquent la reconstruction et entretiennent l’incertitude sur les conditions d’un retour durable dans plusieurs villages.
Le dossier reste également lié aux discussions politiques et sécuritaires entre Beyrouth et Israël, menées avec une médiation américaine. Plusieurs rounds de discussions ont déjà eu lieu à Rome. Aucun calendrier définitif pour une nouvelle séquence de négociations n’avait encore été annoncé mardi.
La France et l’Arabie saoudite ont, de leur côté, réaffirmé le 24 août leur soutien à une solution comprenant le retrait complet d’Israël du territoire libanais et le désarmement des groupes armés. Cette position intervient alors que la question du contrôle effectif du territoire reste au centre des discussions sur l’avenir du Sud.
Une délégation émiratie attendue à Beyrouth
C’est dans ce contexte que Beyrouth accueille, mercredi 26 août, une importante délégation économique des Émirats arabes unis. La mission doit rester au Liban jusqu’au jeudi 27 août.
Elle est conduite par Thani bin Ahmed Al Zeyoudi, ministre émirati du Commerce extérieur. Les autorités et responsables économiques libanais avaient annoncé initialement une délégation comprenant 67 dirigeants et hommes d’affaires. D’autres informations publiées à l’approche de la visite évoquent environ 80 participants. Cette différence reflète vraisemblablement l’élargissement de la composition de la mission, sans qu’une liste définitive complète ait été rendue publique dans les éléments disponibles.
Le président Joseph Aoun avait examiné dès le 24 août les préparatifs de la visite avec l’ambassadeur du Liban aux Émirats arabes unis, Tarek Mneimneh. Les milieux économiques libanais présentent le déplacement comme une étape dans la reprise des relations économiques entre Beyrouth et Abou Dhabi.
Le premier ministre Nawaf Salam a également salué la venue de la délégation lors d’un entretien téléphonique avec le ministre émirati des affaires étrangères, Abdallah ben Zayed. Il a estimé que cette visite pouvait contribuer à renforcer la coopération et les partenariats entre les deux pays.
Beyrouth cherche à rétablir la confiance économique
La visite émiratie doit porter sur les possibilités de coopération et d’investissement dans plusieurs secteurs. Sa composition, dominée par des responsables économiques, investisseurs et chefs d’entreprise, lui donne une portée différente des missions diplomatiques classiques.
Elle s’inscrit dans le rapprochement engagé entre Beyrouth et Abou Dhabi. Le président Joseph Aoun et le président émirati Mohammed ben Zayed Al Nahyane avaient notamment discuté du renforcement des relations bilatérales lors de leurs échanges précédents.
Pour les autorités libanaises, la présence d’un groupe aussi important d’acteurs économiques émiratis constitue un signal recherché après plusieurs années de crise financière et de relations difficiles avec une partie des pays du Golfe. Elle ne signifie cependant pas, à elle seule, que des investissements précis seront engagés. Les annonces concrètes devront être évaluées à l’issue des rencontres des 26 et 27 août.
La situation sécuritaire reste un élément incontournable de cette équation. La reprise de l’investissement, la reconstruction du Sud et le retour durable des capitaux étrangers dépendent en partie de la capacité de l’État à stabiliser le territoire et à réduire le risque d’une nouvelle confrontation.
La simultanéité des deux séquences est ainsi particulièrement nette mercredi matin : au Sud, les conséquences des dynamitages et bombardements israéliens du 25 août restent visibles dans plusieurs villages ; à Beyrouth, responsables libanais et émiratis ouvrent deux journées de discussions économiques. Les résultats de la mission émiratie et l’évolution des opérations militaires dans les localités frontalières doivent désormais être suivis en parallèle.


