Les autorités saoudiennes ont indiqué être en discussion avec leurs homologues libanais en vue de l’obtention par Beyrouth, d’une importante aide économique rendue nécessaire en raison de la crise.

Pour rappel, cette information intervient alors que, tant la Banque du Liban (BDL) et que les banques privées seraient réticentes à la souscription d’une nouvelle émission d’obligations libanaises pour un montant estimé entre 1.5 à 2 milliards de dollars. En cause, le refus du Ministère des Finances à accorder aux banques d’importants taux d’intérêts, de l’ordre de 12 à 14% en raison des risques de dévaluation de la Livre Libanaise ou de restructuration de la dette publique.

Le Ministère des Finances souhaiterait n’accorder qu’1% de taux d’intérêt pour ces prochaines émissions, afin de réduire l’impact du service de la dette. Ce projet aurait pu ainsi économiser près de 700 millions de dollars annuellement au Trésor Public qui en aurait bien besoin, avec un taux d’endettement atteignant 150% du PIB, un déficit budgétaire qui a atteint plus de 11% du PIB en 2018 et une croissance économique toujours en berne. 

Face à ces difficultés et en raison de l’arrivée à maturité d’une importante émission d’obligations libanaises en novembre, les autorités libanaises ont déjà indiqué, selon certaines sources, être à la recherche de souscripteurs étrangers, alors que les notes attribuées aux bons du trésor ont été dégradées par Moody’s dès le mois de janvier qui estime la restructuration de la dette libanaise inéluctable depuis et par Fitch, au mois de juillet. La troisième agence de notation majeure, Standard & Poor’s, a, de son côté, indiquée maintenir les notes sous perspective négative, estimant nécessaire d’attendre si la mise en oeuvre du programme de réformes économiques est effective.

Déjà en juillet 2019, face à la crise économique qui affecte le Pays des Cèdres, la visite en Arabie Saoudite des 3 anciens premiers ministres, Nagib Mikati, Fouad Saniora et Tamam Salam, était non seulement d’ordre économique.

Les autorités saoudiennes s’étaient, à l’origine, engagées à investir au Liban lors de la conférence d’aide économique CEDRE d’avril 2018. Alors que le Qatar a déjà procédé à l’achat d’obligations libanaises pour un montant de 500 millions de dollars en janvier 2019, le Royaume Saoudien n’a toujours pas procédé de la sorte.

Une aide saoudienne sujette cependant à la prudence

Les relations entre l’Arabie Saoudite et le Liban s’étaient fortement dégradées ces dernières années, Riyad accusant Beyrouth d’être sous l’influence de Téhéran. Le Liban faisait ainsi les frais de la lutte d’influence entre l’Iran et l’Arabie Saoudite.

La précédente annonce d’aide au Liban avait ainsi fait l’objet d’une polémique après avoir été annulée.

En effet, le Royaume à décider de mettre fin à la donation saoudienne de 4 milliards de dollars, dont 3 milliards en soutien à l’Armée Libanaise et à son programme d’achat d’équipements modernes. Les organisations terroristes de Daesh et d’Al Nosra, dont la présence était liée au débordement du conflit civil syrien, menaçaient à l’époque le Liban. L’Arabie Saoudite était alors dans le camp opposé au régime syrien.

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