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Le Liban se réveille groggy, Beyrouth, son coeur dévasté par l’explosion qui a eu lieu hier dans le port de la capitale.

Pour l’heure, le bilan toujours provisoire évoque plus d’une centaine de morts, de disparus et plus de 4000 blessés alors que de nombreuses victimes étaient repêchées par l’Armée Libanaise en mer où sont encore ensevelies sous les décombres, de nombreuses habitations situées à proximité ayant été soufflées par l’explosion.

Pour l’heure, la priorité vient évidemment aux victimes et aux conséquences de ce drame:

Le port de Beyrouth, porte d’entrée de marchandises essentielles pour le Pays des Cèdres est rasé et ne pourra probablement pas être utilisable avant plusieurs mois, faisant craindre le pire pour les semaines à venir au niveau alimentaire et sanitaire. Les dégâts seraient d’ailleurs chiffrés à plusieurs milliards de dollars, une somme que le Liban ne peut assumer seul en raison de la crise économique que traverse le Pays depuis 2018.

Beyrouth a été déclarée ville sinistrée par le Haut Conseil de la Défense exceptionnellement réuni hier soir au Palais Présidentiel de déclarer un état d’urgence pour les 2 semaines à venir.

Parmi les autres mesures “l’Autorité militaire suprême prend immédiatement le pouvoir de maintenir la sécurité et met à sa disposition toutes les forces armées, y compris les forces de sécurité intérieure, la sécurité publique, la sécurité de l’État, les douanes et les hommes de pouvoir. Forces armées dans les ports, les aéroports et dans les unités de garde armées et leurs détachements, y compris les pompiers. Ces forces s’acquittent de leurs fonctions de base conformément à leurs propres lois et sous le commandement du commandement militaire suprême. L’Autorité militaire suprême choisit également par décision de certains éléments de ces forces de les assigner à des tâches spéciales liées aux opérations de sécurité, à la garde des points sensibles et aux opérations de sauvetage.”

Le nitrate d’ammonium déjà à l’origine de nombreux drames dans le Monde

L’explosion de plus de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium, équivalent à 600 tonnes de TNT, estiment certaines sources, serait à l’origine du drame. Cette marchandise aurait été saisie sur un navire en mauvais état en 2014 et était à destination de l’Afrique. Le cargo finira par couler par lui-même en rade de Beyrouth un an plus tard en raison d’un état lamentable.

La marchandise avait été précédemment transférée à l’intérieur du port de Beyrouth, initialement pour être ré-acheminée en Afrique, indiquent des sources sécuritaires. Cependant, les propriétaires de cette cargaison auraient refusé en raison d’un coût de 200 000 USD qu’ils refusaient d’assumer qui est alors restée à l’intérieur du port jusqu’à ce que ce drame survienne.

L’explosion a provoqué un nuage que beaucoup comparent à une bombe nucléaire même comme en témoignent les nombreuses vidéos de ce moment publiées sur les réseaux sociaux. Elle aurait atteint l’équivalent d’un tremblement de terre de 3.3 sur l’échelle de Richter, indiquait hier soir le site de l’USGC.

Le nitrate d’ammonium est une substance explosive déjà l’origine de nombreux drames, comme celui de l’usine AZF à Toulouse en France, le 21 septembre 2001; de l’usine d’ammoniac West Fertilizer près de Waco au Texas, en avril 2013; d’un entrepôt dans le port de Tianjin en Chine en 2015.

Cette substance est généralement utilisée comme engrais mais peut servir à produire des explosifs.

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