Saad Hariri estime Riad Salamé intouchable, mettant sur le dos du CPL, 47 milliards de dollars de dette publique…C’est tout de même aller vite en besogne.

Il y a nombreuses responsabilités partagées par beaucoup de personnes mais Riad Salamé en fait également partie, non pas directement, il n’était pas ministre de l’électricité mais il a été responsable d’une partie de la crise en ayant stimulé à perte des secteurs d’activité quitte à provoquer l’émergence de bulles spéculatives, comme dans l’immobilier. Comme gouverneur de la Banque du Liban, il était responsable des taux d’interêt et donc des taux appliqués également aux obligations libanaises.

En effet, l’essentiel de la dette publique libanaise a été induite par une politique de taux d’intérêt élevés. Cela ne concerne pas seulement le dossier de l’électricité mais pratiquement toute la dette publique libanaise qui s’est construite en faveur des banques et de certains intérêts privés présents au Liban même.

À ce sujet, le câble de Jeffrey Feltman publié en 2007 devrait être un élément à charge contre Riad Salamé.

Lorsqu’en 1995, Hariri a voulu renouveler le mandat du président Hrawi, les marchés ont été mis sous pression et la BDL a sorti environ 2 milliards de dollars de réserves en devises étrangères et a augmenté les taux d’intérêt des bons du Trésor à 40% pour maintenir la stabilité monétaire. (Remarque: au début des années 90, certaines banques commerciales, dont la BankMed contrôlée par Hariri et la Banque saoudo-libanaise, auraient spéculé contre la monnaie locale qui s’est fortement dépréciée, atteignant 3000 LL pour un dollar au printemps 1992, provoquant la chute de l’ennemi de Hariri, Omar Karami.

Bifani nous a dit que Salameh avait violé la loi libanaise lorsque la BDL a émis des instruments monétaires à long terme à des taux d’intérêt élevés qui ont principalement profité aux institutions financières. Il a également noté que Salameh avait caché le déficit de la BDL en mettant sur le compte de la dette du Ministère des Finances, les taux d’intérêt élevé et en réémettant cette dette à taux d’intérêt plus bas dans le portefeuille de BDL.
Salameh décide unilatéralement des politiques de taux d’intérêt, bien qu’il soit tenu par la loi de le faire de concert avec le Ministère des Finances.

Par ailleurs, c’est aussi oublier le rôle de Rafic Hariri, père dans ce désastre économique. juste concernant le secteur de l’électricité, a-t-on déjà oublié le rôle du père dans la démission de Georges Frem, ministre de l’électricité au sein du premier gouvernement, après que ce dernier ait révélé certaines commissions que souhaitait recevoir Rafic Hariri et ses alliés de la part d’un constructeur de centrales électriques coréen?

A-t-on oublié le fait que la quasi-sanctification de la politique haririenne amène à ne pas avoir pu remettre en cause, durant 25 ans, ni la politique économique, ni la politique monétaire pour pouvoir simplement l’ajuster aux besoins de notre économie.

La crise actuelle a 2 racines fondamentales, l’échec de la politique économique héritée de Rafic Hariri, intitulée plan Horizon 2000 et qui avait été remise en cause par le gouvernement Hoss via une politique d’austérité mais qui n’a pas eu de suite, déjà et une politique monétaire avec des taux d’intérêts extravagants et le maintien d’une parité entre livre libanaise et dollar induisant des tensions et une perte de compétitivité pour les entreprises et donc pour l’emploi, un facteur socio-économique encore aggravé par la présence d’une main d’oeuvre alternative à bas-coût présente au Liban.

S’il s’agit de voir les responsabilités de chacun, peut-être qu’il faudrait également voir la responsabilité du mouvement Amal, qui avait détenu dans les annes 2000 ce portefeuille assez convoité, il faut le dire. Effectivement, le CPL aussi possède une part de responsabilité en ayant pas su concrétiser ses promesses de rétablir l’électricité 24h sur 24
Mais toujours-est-il qu’exonérer totalement Riad Salamé ou ne pas souligner le rôle de Rafic Hariri de la chose est en soi irresponsable.

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