Des proclamations aux dénonciations, des ententes opportunes aux voltes faces, des engagements décalés par la faute des autres aux dossiers longtemps tassés, le politiquement correct au Liban indique au mieux une dialectique qui inspire de si légitimes méfiances.

La gouvernance régresse sans inquiétude car le gravissime constat socio-économique est « de la responsabilité des formations gouvernementales précédentes ». L’urgence nationale de secours n’est toujours pas considérée mais laissée pour compte aux actes bénévoles et aux associations caritatives. Cerise noire sur les expectatives de reprises, la banque centrale émet récemment des restrictions. Elles incluent la suspension des prêts étudiants à long terme et à bas taux d’intérêts. Cette mesure s’ajoute au désarroi des parents de moyennes conditions vis à vis des hausses annoncées de scolarités et à celui des jeunes qui pourraient ne plus accéder aux universités privées.

D’autre part, les gesticulations pré-électorales battent leur plein. Le Liban veut si justement se prémunir des conflicts extra-territoriaux à travers une politique nationale de distanciation. Le but de ce projet est de choisir enfin nos propres appuis même en pleine tempête, sans plus recourir de par nos points vulnérables aux influences ou aux tutelles extérieures. Il s’agirait de consentir à ne plus confondre l’exercice de la liberté avec l’option délibérée du choix extra-national, unilatéral, individuel ou communautaire.

Un potentiel de tutelles et de redevances persiste. Chercherait-on à en user pour introduire une autre forme de changement parlementaire? Serait-elle l’homogénéisation de la société afin de rétrécir encore plus la marge d’accès de l’individu au libre arbitre et au savoir pour un avenir à bas débit?