12314_10150183604435705_807175704_12015367_3733016_nBeaucoup d’interrogations sur cet attentat qu’a connu le Liban aujourd’hui qui a vécu l’une des pages noires de son Histoire, ce n’est ni la première et malheureusement on peut craindre que cela ne sera pas la dernière. Une bombe de 30 kilogrammes a en effet explosée à Minet el Hosn, en pleine capitale du Liban, tuant 5 personnes selon le premier bilan officiel dont l’ancien ministre des finances Mohammed Chatah.

Certaines vérités sont aussi difficiles à entendre ou à constater. Ainsi, la première interrogation qui survient concerne le mode opératoire. On a pu entendre à la télévision libanaise que la voiture, de marque Nissan, était garée sur les lieux de l’attentat depuis 2 jours. De là découlent des questions légitimes.

Comment se fait-il qu’une voiture puisse rester garée 2 jours sans éveiller un quelconque soupçon des services de sécurités officiels et privés (puisqu’on est dans l’espace Solidere et à proximité quasi-immédiate de certains ministères basés au Starco dont celui de la réforme administrative) et qu’il s’agisse par conséquence d’une zone surveillée, sécurisée.
Le timing des 2 jours amène également à s’interroger sur la cible réelle visée, les auteurs de l’attentat ont-il réellement visé l’ancien ministre des Finances Mohammed Chatah ou s’agit-il d’une cible « opportuniste » et dans un tel cas, les auteurs devaient rester à proximité pour actionner la bombe à distance respectable. N’auraient-ils pas ainsi dû une nouvelle fois éveiller les soupçons des personnes en charge de la surveillance des lieux ou a-t-on une responsabilité involontaire voir volontaire de ces personnes en charge de la sécurité.  Mais encore s’il s’agit d’un attentat « opportuniste », quelle est la visée réelle de ce dernier?

Enfin, cet attentat n’entre pas dans le cadre de ceux qui ont été commis au Liban dernièrement, visant des zones civiles, visant à instaurer la terreur au sein de la population. Il s’agit d’un attentat qui a eu lieu dans une zone plutôt constituée de bureaux. Le motus operandi est plutôt à rapprocher des attentats qui ont visé d’autres personnalités politiques libanaises. Mais encore, cela indique que plusieurs équipes terroristes œuvrent au Liban.

Il est également judicieux d’éviter les accusations et les conclusions hâtives qui se font au détriment de la recherche de la vérité par la Justice. N’oublions pas que par exemple, les derniers attentats visant la banlieue Sud de Beyrouth et la représentation diplomatique iranienne ont été commis par des groupuscules sunnites radicaux liés à Al Qaida, alors que rapidement et les autorités sécuritaires et le Hezbollah lui même désignaient l’Etat Hébreu comme auteur de ces attentats. La Justice mérite mieux que d’être tournée en dérision et doit être capable de trouver par elle-même les coupables au lieu d’être téléguidée, manipulée pour des raisons politiques. Elle doit être sereine.

Ce qui est toutefois certain aujourd’hui est que l’attentat commis dans un espace aussi sécurisé, au sein même du centre-ville est un déni cinglant et sanglant des affirmations des différents responsables sécuritaires libanais qui affirmaient encore à la veille des fêtes qu’en dépit des mesures strictes mises en œuvre à cet occasion, le risque d’attentat n’était pas plus important que d’habitude. Il faut alors croire que comme d’habitude, les risques sont plus élevés qu’on nous le dit toujours de manière officielle. Il s’agit là d’une réelle faillite sécuritaire dont les responsables politiques, quelque soit le camps auxquels ils appartiennent devraient à juste titre être comptables devant l’entière population mais serait-ce-t-il un jour le cas?

Update: Des sources sécuritaires réfutent l’information concernant le fait que la voiture était présente sur les lieux depuis 2 jours, indiquant à la télévision Al Jadeed qu’une voiture de type Honda rouge a réservé l’emplacement de la bombe à 8h du matin avant d’être replacée par une Honda CVR qui contenait l’engin explosif