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Frappes israéliennes intensifiées à Ali al-Taher

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Les frappes israéliennes se sont intensifiées dimanche 23 août et dans la nuit suivante sur les hauteurs d’Ali al-Taher, à la périphérie de Nabatiyé al-Fawqa, tandis que l’artillerie israélienne visait plusieurs secteurs du Sud-Liban. Cette nouvelle séquence maintient une forte pression militaire autour de Nabatiyé et de Bint Jbeil. Elle intervient alors qu’Ali al-Taher est devenu l’un des principaux points de tension entre Israël et le Hezbollah, sur fond de déploiement de l’armée libanaise, de dossier des armes et de négociations toujours fragiles entre Beyrouth et Israël.

Les frappes israéliennes se concentrent sur Ali al-Taher

L’aviation israélienne a mené plusieurs frappes sur les hauteurs d’Ali al-Taher, dimanche 23 août, avant que les opérations se prolongent dans la nuit. Cette zone montagneuse se trouve à la périphérie de Nabatiyé al-Fawqa. Des médias régionaux, citant des sources locales, ont également signalé des bombardements dans les secteurs de Doha Kfar Roummane et de Tell al-Dabsha.

Les opérations n’ont pas été limitées aux frappes aériennes. Des tirs d’artillerie ont touché plusieurs secteurs du Sud-Liban. Des bombardements ont notamment été rapportés entre Beit Yahoun et Barashit, ainsi qu’aux abords de Haris, de Zawtar al-Sharqiya et de Mays al-Jabal.

Des explosions ont par ailleurs été entendues dans les secteurs de Mansouri, Haddatha et Deir Siryan. Des sources locales ont fait état de l’utilisation d’obus au phosphore dans le secteur d’Ali al-Taher. Aucun bilan humain confirmé n’était disponible dans les premières informations publiées sur cette nouvelle vague de bombardements.

L’activité militaire s’est poursuivie lundi 24 août au matin. Des tirs d’armes automatiques lourdes et moyennes ont été signalés dans un secteur allant de Qalaat al-Shaqif, le château de Beaufort, à Kfar Tebnit, en passant par Arnoun et Zawtar al-Sharqiya. Plusieurs explosions ont également été entendues.

Cette continuité entre les frappes nocturnes et les opérations du matin montre que la pression israélienne ne se limite plus à une attaque ponctuelle. Elle concerne désormais plusieurs axes autour de Nabatiyé et des reliefs voisins.

Une succession d’opérations autour de Nabatiyé

Les frappes du 23 et du 24 août prolongent plusieurs journées de bombardements dans le même secteur. Ali al-Taher avait déjà été visé au cours des jours précédents.

Le 22 août, deux frappes aériennes avaient notamment touché les hauteurs. Des bombardements d’artillerie avaient également concerné Doha Kfar Roummane, Tell al-Dabsha et une zone boisée proche d’Ali al-Taher. Des informations attribuées à l’Agence nationale d’information libanaise avaient alors fait état de projectiles au phosphore.

D’autres opérations avaient été enregistrées entre Sirbin et Rshaf. Un drone avait également visé un berger dans la vallée de Sirbin, sans faire de blessé selon les informations alors disponibles. Des destructions avaient parallèlement été signalées à Tallouseh, dans le caza de Marjayoun.

Cette activité succédait elle-même à des frappes enregistrées le 21 août dans plusieurs secteurs des cazas de Nabatiyé, Tyr et Bint Jbeil.

La répétition des attaques autour d’Ali al-Taher donne désormais à cette hauteur une importance particulière. Le secteur est devenu l’un des points les plus exposés du front sud-libanais.

Ali al-Taher au centre du rapport de force

La géographie explique une partie de cette concentration militaire. Les hauteurs d’Ali al-Taher dominent plusieurs axes autour de Nabatiyé, de Kfar Tebnit et des reliefs de l’Iqlim al-Touffah.

Israël affirme que le secteur abrite des infrastructures militaires liées au Hezbollah. Ces affirmations israéliennes ne permettent toutefois pas, à elles seules, d’établir la nature exacte des installations visées lors de chacune des frappes.

Une autre caractéristique complique fortement le dossier : Ali al-Taher se situe au nord du Litani. Cette localisation distingue le secteur des zones frontalières situées au sud du fleuve, où le contrôle des armes et le déploiement des forces régulières libanaises occupent une place centrale dans les arrangements sécuritaires.

La pression exercée sur Ali al-Taher pose donc une question plus large. Une extension durable des opérations israéliennes au nord du Litani pourrait déplacer géographiquement le cœur de la confrontation, alors que Beyrouth cherche déjà à consolider l’autorité de l’État dans le Sud.

Le Hezbollah a, de son côté, adopté une position ferme sur cette hauteur. Mahmoud Qmati, membre de son Conseil politique, a déclaré le 23 août que le mouvement entendait tenir sa position face à une éventuelle avancée israélienne. Il a cependant indiqué que plusieurs options concernant le site restaient à l’étude.

Le responsable du Hezbollah a également affirmé que l’absence de riposte à chaque attaque israélienne ne signifiait pas une incapacité à répondre. Il a prévenu qu’une tentative israélienne d’avancer vers de nouveaux territoires ou de nouvelles positions provoquerait une réaction adaptée aux développements sur le terrain.

Ces déclarations augmentent la sensibilité du secteur. Les frappes israéliennes visent ainsi une position que le Hezbollah présente publiquement comme un point qu’il n’entend pas abandonner sous la seule pression militaire.

Le Sud-Liban reste soumis à une pression continue

Les opérations autour d’Ali al-Taher s’inscrivent dans une situation plus large de violences persistantes au Sud-Liban. Les bombardements, destructions, survols de drones et tirs d’artillerie restent fréquents malgré les arrangements conclus au cours des derniers mois.

Le 15 août avait marqué une nouvelle aggravation. Une frappe israélienne contre une habitation à la périphérie d’Ansar avait fait sept morts et trois blessés, selon les informations communiquées par l’Agence nationale d’information. Il s’agissait alors de l’un des bilans les plus lourds enregistrés depuis les arrangements de juin.

Les jours suivants ont été marqués par de nouvelles opérations dans les secteurs de Nabatiyé, Bint Jbeil, Tyr et Marjayoun. Les habitants des zones concernées restent ainsi confrontés à une activité militaire qui alterne frappes aériennes, tirs d’artillerie, opérations de drones et destructions au sol.

Cette situation entretient également l’incertitude sur le retour durable des habitants dans les localités les plus exposées. Certaines zones ont subi des destructions importantes depuis la reprise des hostilités en 2026.

L’armée libanaise face au dossier des armes

Cette nouvelle intensification intervient au moment où l’État libanais tente d’étendre son contrôle sécuritaire. Le dossier des armes situées hors de l’autorité de l’État reste au cœur des discussions internes et des négociations avec les partenaires étrangers.

Le gouvernement a engagé un processus visant à renforcer le contrôle de l’armée libanaise au sud du Litani. Les autorités libanaises présentent ce déploiement comme une étape essentielle du rétablissement de la souveraineté de l’État.

Le dossier ne se limite cependant pas à cette zone. Les discussions portent également sur les étapes suivantes du plan de contrôle des armes. Un rapport des Nations unies publié en 2026 rappelle que le gouvernement avait pris acte, dès février, d’un plan prévoyant une deuxième phase entre le Litani et l’Awali. D’autres phases doivent ensuite concerner Beyrouth, le Mont-Liban et la Békaa.

La localisation d’Ali al-Taher au nord du Litani donne ainsi une dimension supplémentaire aux frappes actuelles. Une opération militaire durable dans cette zone toucherait directement un espace appelé à occuper une place centrale dans les étapes ultérieures du plan gouvernemental.

Israël soutient de son côté que le désarmement du Hezbollah avance trop lentement. Les autorités israéliennes affirment que leurs frappes visent à empêcher le mouvement de reconstituer ses capacités militaires.

Beyrouth insiste au contraire sur la nécessité de restaurer l’autorité de l’État tout en obtenant l’arrêt des opérations israéliennes et le retrait israélien des territoires libanais encore occupés.

Cette divergence demeure l’un des principaux obstacles à une stabilisation durable.

Des négociations fragilisées par les opérations militaires

Le regain de tension intervient également dans un contexte diplomatique délicat. Des négociations directes entre le Liban et Israël, sous médiation américaine, ont été engagées après l’accord-cadre du 26 juin 2026.

Une deuxième séquence de discussions organisée à Rome au début du mois d’août s’est achevée sans avancée majeure. Les négociateurs libanais ont insisté sur l’arrêt complet des opérations militaires et sur le retrait israélien du territoire libanais. Israël a placé le désarmement du Hezbollah parmi ses principales exigences.

Les discussions ont aussi buté sur les modalités d’application des arrangements territoriaux et sécuritaires.

Les violences avaient déjà perturbé cette dynamique le 6 août. Deux soldats israéliens avaient alors été tués et quatre autres blessés lors d’une explosion pendant une opération dans le Sud-Liban. Israël avait répondu par des frappes, dont une attaque contre Tebnine qui avait fait un mort et douze blessés selon les autorités sanitaires libanaises.

La succession des incidents montre la fragilité du processus. Chaque opération militaire peut modifier le rapport de force au moment où les négociateurs cherchent précisément à définir les conditions d’une réduction durable des hostilités.

Une équation plus difficile pour Beyrouth

Pour les autorités libanaises, la nouvelle séquence autour d’Ali al-Taher crée une difficulté supplémentaire. Le gouvernement doit poursuivre le renforcement de l’autorité de l’État tout en faisant face à des opérations israéliennes répétées.

Le président Joseph Aoun a déjà dénoncé les frappes israéliennes contre la région de Nabatiyé. Les autorités libanaises considèrent que la poursuite des attaques compromet les efforts diplomatiques et complique l’application des engagements sécuritaires.

Le problème devient particulièrement sensible lorsque les frappes touchent des secteurs situés au nord du Litani. Le gouvernement doit alors éviter que l’élargissement géographique des opérations israéliennes ne réduise sa marge de manœuvre dans le dossier des armes.

Le Hezbollah lie pour sa part la question de son arsenal au retrait israélien et à la défense du territoire libanais. Il rejette une séquence dans laquelle son désarmement interviendrait indépendamment des obligations qu’il attribue à Israël.

Ces positions opposées expliquent en partie pourquoi Ali al-Taher dépasse désormais sa seule importance militaire. La hauteur est devenue un point où se rencontrent les opérations israéliennes, les choix du Hezbollah, le plan de l’État libanais et les négociations diplomatiques.

L’évolution immédiate dépendra surtout de la durée et de l’ampleur des opérations israéliennes. L’activité militaire observée lundi 24 août au matin entre Qalaat al-Shaqif, Arnoun, Zawtar al-Sharqiya et Kfar Tebnit montre que, plusieurs heures après les frappes nocturnes, la pression restait forte dans la région de Nabatiyé.


Newsdesk Libnanews
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