” Professeur associé en anthropologie à l’Université de Fribourg, David Bozzini décrypte les mécanismes des grandes peurs sociales et politiques…les menaces dominantes d’insécurité sont pour lui le fruit de processus sociaux et politiques construits à des fins de contrôle…. Dans ses recherches, il s’attarde principalement à décrypter les peurs sous l’angle des mécanismes sociaux et politiques qui produisent de l’insécurité, et celui des réactions collectives qui cherchent à développer une marge de sécurité face aux risques et aux menaces. “
Philippe Neyroud, «La peur, construction sociale et outil politique», Universitas 2017.

Salma rencontre des collègues d’université afin de discuter de ses recherches sur le thème suivant: le cloisonnement de la projection  mentale au Liban. Elle dit: “Celle-ci est souvent transmise, à travers un curieux supposé savoir,  par la performance de longues phrases, davantage suspendues aux soucis conditionnels. Pour certains, il s’agira d’abord et surtout d’user du langage justificatif à outrance afin d’apaiser des tensions socio-politiques et économiques alors que beaucoup de libanais ne cherchent désespérément que la réponse utile aux besoins criants.”

Walid précise : “Je vous propose de réfléchir sur la forme obsessionnelle inhérente à tant de personnalités du monde politique . Elle consiste à faire prévaloir à tout prix les dispositions et les approches bien élucidées, aux nom des adhérents et des collectivités multiples. En misant ainsi sur ce qu’il faudrait faire absolument d’après l’angle subjectif du responsable ou du nouveau bienvenu sur d’autres scènes, l’objectif réel de  soulager une situation demeure du registre méditatif. Le recours acharné à la structure mentale strictement défensive bloque volontairement la franche désignation des actes faits ou pas, la main tendue vers le compromis inconditionnel et le rapport strictement humain pour partager ce qui peut l’être dans un contexte inhumain catastrophique. “

Marwa dit : ” Le Liban qu’on aime profondément semble tellement servi par un consensus axé sur des convenances traditionnelles que les retenues et les formes acceptées préoccupent bien plus les personnes en charge que le passage direct aux secours généralisés . La richesse de notre histoire millénaire est non seulement issue de l’engagement vers la culture du savoir diversifié mais aussi d’un terreau de spontanéités sincères et de la transparence sans la peur de l’autre. Ainsi, pour les générations de vieux citoyens modèles et des universitaires avant gardistes, assoiffés de la pratique responsable et du comportement proprement conséquent, le verbe devrait certes être discuté mais pour aboutir à l’acte correspondant. Il est tout à fait nuisible de maintenir la cogitation aux mains de la subjectivité !”

Le passage du verbe à l’action ou au silence constituent des pas vers le bien être ou le malaise. En observant les appréhensions, les hésitations et parfois les angoisses vis à vis d’un choix particulier on comprend bien tard en quoi consiste une tolérance auto-destructive. En se donnant la permission de ne plus culpabiliser mais de prendre en charge de justes raisons  nous décidons de gérer nos peurs pour réaliser ce vécu sans attentes.Sans cet autre présent, auquel chacun de nous appartient, il ne semble y avoir un avenir meilleur. 

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