Selon une association de consommateurs, les prix ont augmenté de 45% en livre libanaise entre le 1er octobre 2019 et le 15 février 2020.
En détail: les prix des fruits et légumes en livre libanaise ont augmenté de 55%, des produits ménagers de 36% et la viande de 33% à elle-seule.

Par ailleurs, la différence de valeur de la livre libanaise entre marché noir et parité officielle dépasse les 60%.
Ainsi, les commerces ont répercuté une partie de la hausse du dollar face à la livre sur leurs prix. C’est chose normale, il s’agit simplement des mécanismes du marché.

Mais il faudrait également leurs faire remarquer que certaines entreprises ont baissé les salaires de 50% voire même des 2/3, ce qui implique que les salariés de ses entreprises sont doublement pénalisés par, d’une part la hausse des prix et d’autres part, la baisse de leurs salaires, donc un double impact sur leur pouvoir d’achat.

Les entreprises ayant à la fois haussé les prix et baissé les salaires devraient être ainsi punies.

Parallèlement également, le chômage augmente. Le contrôle des capitaux imposé de manière unilatéral par les banques n’aide pas les entreprises à faire face à la crise. Il y a des problèmes à importer, non seulement des produits de première nécessité, ce qui les raréfie, ce qui augmente les prix par le mécanisme de l’offre et de la demande, mais aussi des matières premières pour faire marcher les industries et donc trouver des produits alternatifs.

Hier, une manifestation a eu lieu devant le ministère de l’économie. Les gens réclamaient un contrôle des prix. Mais cela est un peu plus compliqué, la première chose à faire est d’arrêter ce contrôle des capitaux quitte à obtenir les faillites des banques les plus vulnérables mais la libération des fonds est nécessaire pour la survie des autres secteurs d’activité de notre économie.

Par ailleurs, si contrôle des prix est à imposer, il faut bien évidemment évoquer un autre paramètre. Quand on connait le nombre d’employés de la fonction publique payés à ne rien faire parce qu’entrés par clientélisme et non par compétence au sein des administrations officielles et que de l’autre côté, le ministère de l’économie mais aussi celui des finances ou celui de l’environnement et ainsi de suite manquent d’inspecteurs sur le terrain pour verbaliser les contrevenants aux lois libanaises, cela explique également la faiblesse de l’état.

On ne peut que convenir que si l’état a été faible, s’il est endetté, s’il n’arrive pas à fonctionner, c’est aussi à cause de ces problèmes plus structurels qu’on ne pense. Beaucoup de fonctionnaires incompétents et peu de fonctionnaires compétents déséquilibrent les comptes publics.

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