Comme déjà par le passé avec une augmentation par 5 de la masse monétaire au cours des 2 dernières années suite aux décisions de la Banque du Liban, ce qui a induit une détérioration accrue de la livre libanaise face au dollars et entrainé ce cycle infernal au niveau de la perte de la valeur de la livre libanaise face au dollar sur les marchés parallèles, les autorités politiques et monétaires pourraient encore choisir d’aggraver la situation avec une série de mauvais choix moins judicieux les uns des autres.

Ces différentes décisions amènent par conséquent à penser que la livre libanaise poursuivra sa chute en enfer avec un scénario inflationniste non contrôlée, l’une des pires options qui ne valent que dans des pays comme le Zimbabwe ou le Vénézuela.

Ainsi cette semaine, plusieurs décisions augurent du pire:

1- 10% du pétrole importé devra devoir être acheté en dollar frais sur le marché noir. Cela équivaut à une pression en défaveur de la livre libanaise à hauteur de 1 millions de dollars quotidiennement. Cette décision est celle du pire puisqu’on aura à choisir entre retour des pénuries d’essence et de carburants ou hausse des prix comme cela est d’ailleurs le cas aujourd’hui même. Elle contredit également la volonté des autorités politiques d’unir les taux de change sur base de celui de la Banque du Liban Sayrafa puisqu’elle revient à admettre que celui-ci n’est pas valide pour toutes les transactions d’une part et d’autre part, parce qu’elle renforce les transactions sur le marché noir.

2- ils décident d’hausser les indemnités pour le transport de 24 000 LL à 70 000 LL par jour au lieu de penser à une politique de transports en commun. Cela ne résout rien ni sur le plan monétaire, ni sur le plan de l’importation d’essence. Bien au contraire

2- Ils souhaitent aligner le salaire minimum à 2 millions de livres au lieu de 600 000 LL, – des mesures populistes que ne tiendront même pas plus loin que quelques jours alors qu’on a un calendrier électoral serré avec des élections en mars prochain – ce qui n’arrange pas la situation mais au contraire va dégrader encore le pouvoir d’achat, puisque la dégradation induite de la parité de la livre libanaise par cette mesure sera plus importante que la hausse des salaires. En d’autres termes, si aujourd’hui 600 000 LL représentent 30 USD, les 2 millions de livres de salaire demain pourraient représenter au mieux 30 USD à ce moment-là puisqu’on n’aura pas eu, entretemps, de gains de productivités sur le plan économique. En effet, le PIB du Liban continue à reculer. Le recul du PIB en 2020 a atteint 27% et pourrait atteindre aujourd’hui 10%.
La solution réelle aurait été liée au contrôle des marges des importateurs qui semblent aujourd’hui plutôt conserver des marges importantes au détriment du pouvoir d’achat de la population puisque les prix en dollar – incluant les coûts des marchandises elles- même et leurs marges – semblent généralement être identique à ceux précédents la crise et cela au détriment des consommateurs.

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