S’exprimant à l’occasion de la commémoration du drame du 4 août 2020, 2 ans après l’explosion de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium, les parents des victimes ont effectué une marche depuis le palais de justice de Beyrouth jusqu’à la statue des migrants, avec à sa tête Paul Najjar, père d’Alexandra.

Quelques incidents mineurs avec les forces en charge de protéger le parlement ont eu lieu lors du passage à proximité du centre-ville de Beyrouth et un hommage a été rendu aux membres de La Défense civile décédées lors du drame.

L’avocate en charge du dossier, Diane Assad s’est également exprimé dans un discours en hommage à son amie Christelle Adham, aussi victime ce jour là, dénonçant les tentatives des responsables politiques accusés d’être impliqués qui visent à bloquer l’enquête actuelle menée par le juge Tarek Bitar. Elle a ainsi rappelé le rejet par les familles des victimes du renvoi du dossier devant “le conseil suprême pour le procès des présidents et des ministres, ce conseil imaginaire composé de la moitié des députés, qui durant toute sa vie n’a jugé personne”. Elle a ainsi accusé les responsables politiques d’user des immunités dont ils jouissent dans le cadre de leurs responsabilités parlementaire afin de se prémunir face à la justice qui enquête sur des actes criminels dont ils seraient coupables.

Elle a aussi rappelé que 34 actes judiciaires sont intentés contre l’ancien premier ministre Hassan Diab et les anciens ministres Ghazi Zuaiter, Ali Hassan Khalil, Youssef Fenianos, Nohad Al-Machnouk et d’autres, dont l’objectif est désormais d’entraver la procédure en cours notamment en portant leur dossier devant la cour de cassation qui est aujourd’hui non fonctionnelle parce que certains de ses membres manquent. Elle a aussi accusé le ministre actuel des finances Youssef Khalil de refuser de signer la nomination de nouveaux membres de cette cours toujours dans le but d’entraver la procédure. Par ailleurs, elle a rappelé que le juge Tarek Bitar en charge de l’enquête a été menacé “e au cœur du Palais de justice”.

Aussi, “pour ces raisons, nous exigeons : 
1- que le ministre des Finances libère les formations judiciaires afin que le juge Bitar puisse mener à bien sa mission. 
2- Amender la loi et imposer de lourdes amendes à ceux qui entravent la justice et d’enlever les immunités des personnes impliquées.
L’autorité politique au Liban contrôle le pouvoir judiciaire. Il reste que nous, en tant que peuple, n’oublierons pas l’attentat du 4 août. Et la pression populaire a révélé leurs complots, et nous allons continuer jusqu’à ce que justice soit rendue.”

Le représentant de Human Rights Watch, Aya Majzoub s’est exprimé, rappelant le soutien de l’ONG aux familles des victimes. Elle souligne que des preuves qui prouvent que les responsables étaient au courant de la présence de ces substances dangereuses dans le port de Beyrouth ont été présentés, appelant la France et d’autres pays à agir en soutien à l’enquête.

La mère d’Alexandra Najjar, Tracy a fait écho à cette demande, appelant les autorités françaises à “accélérer l’ouverture d’une enquête internationale”

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