Le libanais est le résultat d’une négligence citoyenne cumulée. Il a certes préservé ce qui lui reste avec une ténacité sans pareil.

La persistance d’électeurs dévoués aux mêmes  personnages va reconduire des parts disputées entre des stratèges et ce, pour servir « l’intérêt du citoyen ». Les tendances politiques  principales se disputent âprement des ministères. Voilà encore des échanges labyrinthiques en pleine crise au lieu des chemins courts pour répondre imminement aux urgences de la nation.

Les tractations pour la formation d’un gouvernement confirment des mentalités pourtant élues mais pour des engagements nouveaux. Cependant, ceux-ci élargissent de vieilles habitudes. Le fossé des dramatiques conditions socio-économiques se creuse encore plus avec les contre-réactions des diverses tendances partisanes.

Les électeurs ont ainsi choisi des représentants qui s’occupent soigneusement d’eux-mêmes alors que les gens, dont une large part de la jeunesse, ne se font plus d’illusions. La confiance ne peut être accordée selon la verticalité des rapports. Le libanais ne peut logiquement espérer mieux alors que des actions de vérifications des comptes ne commencent toujours pas.

Comment croire à une étape de changement  quand les susceptibilités de hauts responsables font attendre des gens qui souffrent au quotidien de déprivations intolérables?! Quelle crédibilité peut encore être accordée à ceux qui prétendent se suffire de charismes et d’humeurs conditionnantes, variables ou extrêmes afin de gérer la suite de nos drames?

Un mode de gouvernance improvisé est un espace de contre-normes qui favorise la monnaie courante des privilèges. Ainsi, le quotidien ne dépend plus d’une structure démocratique effective. Elle est gravement absente au gré des élucubrations infinies jusqu’au risque d’un dysfonctionnement irréversible. Le libanais semble devenir ainsi cet espace spécifique à visiter. Il signifie bien plus l’Etat du pays que ses lieux touristiques.
Néanmoins, le pays a été fondé selon les principes d’une constitution. Elle demeure confinée au mode consensuel sans avoir accédé à la prévalence des textes, des applications non controversés pour une citoyenneté protectrice de nos différences, de nos libertés et de nos devoirs.

Ceci dit, faute de pensées politiques évolutives et progressives, basées sur l’apprentissage des réalités passées et actuelles, on se dirige  à réviser la validité des positionnements politiques, des formes de tractations, des réserves et des disqualifications ou à envisager une constitution nouvelle et applicable.