La conférence de soutien au Liban s’est ouverte ce vendredi à Paris, en présence outre de la délégation libanaise présidée par le Premier Ministre, Saad Hariri, accompagné par le Ministre des Affaires Etrangères, Gébran Bassil, du Président Français Emmanuel Macron, des Ministres des Affaires Etrangères des 5 pays membres permanents du Conseil de Sécurité, de l’Allemagne, de l’Italie et des représentants des Nations-Unis, l’Union Européenne et de la Ligue Arabe. Un premier résultat concret de cette réunion a été la convocation pour mars 2018 d’une conférence dite Paris IV, a indiqué le Ministre des Affaires Etrangères Français, Jean-Yves le Drian.

Pour rappel, la conférence Paris III s’était tenue en janvier 2007 à Paris, suite à l’offensive militaire israélienne contre le Liban. Elle avait permis de financer à hauteur de 7.6 milliards de dollars un programme d’assistance au Liban.

S’adressant aux ministres présents, le Président Français a déclaré, à l’ouverture de la conférence que le Liban ne doit pas être le terrain des conflits régionaux et ne doit pas s’ingérer dans les affaires domestiques des autres pays arabes, faisant ainsi allusion à la lutte d’influence entre l’Arabie Saoudite et l’Iran via des  proxies locaux.

Il a ainsi appelé tous les partis libanais, y compris le Hezbollah, au respect de la politique de dissociation

Emmanuel Macron a également souligné la générosité du Pays des Cèdres face à la crise syrienne et notamment à la présence d’un million et demi de réfugiés syriens présents sur son territoire et le nécessaire soutien de la communauté internationale à la stabilité et à la sécurité. Le Président Français s’est ainsi prononcé pour une augmentation u soutien à l’Armée Libanaise et aux agences de sécurité, objectif de cette réunion selon lui.

S’adressant aux conférenciers, le Premier Ministre a tout d’abord remercié la France et son Président de la République pour son intervention dans la crise politique qui a suivi sa démission le 4 novembre dernier et réaffirmé l’acceptation par les partis libanais de l’accord de dissociation qui a permis le retrait de cette démission, mais également à la Constitution et aux accords de Taëf.

Saad Hariri a spécifiquement rappelé l’attachement du Liban au respect de la résolution 1701 du Conseil de Sécurité et de la poursuite des efforts du Gouvernement pour renforcer la sécurité et les besoins fondamentaux de la population alors que le Liban passe par une crise due à la présence des réfugiés syriens sur son territoire.

Le Premier Ministre a également réfuté, une nouvelle fois, les accusations saoudiennes selon lesquelles les banques libanaises seraient utilisées par le Hezbollah pour recycler de l’argent, rappelant le respect par la Banque Centrale et les institutions financières des lois internationales.

Par ailleurs, des discussions auraient eu lieu en marge de cette rencontre, notamment avec le secrétaire d’Etat Américain Rex Tillerson, à qui Saad Hariri aurait une nouvelle fois exprimé son opposition à la reconnaissance par les USA de Jérusalem comme étant la capitale d’Israël.

Dans un communiqué, le Secrétaire d’Etat Américain a estimé que sa présence démontre le soutien des USA à la souveraineté, à la stabilité et à l’indépendance de la République Libanaise ainsi qu’à l’Armée Libanaise. Il a cependant estimé nécessaire que le Gouvernement Libanais et que les autres pays limitent les activités déstabilisatrices du Hezbollah.