Les zones expérimentales, premier test de la voie diplomatique
Selon Al Joumhouriyat du 13 juillet 2026, le cœur de l’actualité libanaise réside dans le passage attendu de l’accord-cadre à une première application sur le terrain. Le journal présente les zones expérimentales comme un test politique avant d’être un simple dispositif militaire. Le Liban demande qu’un retrait israélien réel précède ou accompagne tout déploiement de son armée. Il refuse que cette formule soit réduite à une évaluation de la capacité des forces libanaises à contrôler certains secteurs, alors que l’occupation se poursuivrait ailleurs. La publication rapporte que les autorités libanaises veulent voir une mesure concrète avant de s’engager plus loin dans les prochaines réunions. Elles considèrent qu’un premier retrait donnerait du poids aux discussions de Rome et préparerait la visite de Joseph Aoun à Washington. Toutefois, Al Joumhouriyat souligne la contradiction des informations diffusées par Israël. Certaines sources parlent d’un départ rapide d’une première zone. D’autres évoquent plusieurs semaines, au nom des préparatifs logistiques et des capacités de l’armée libanaise. Le journal y voit une manœuvre possible pour gagner du temps. Israël pourrait ainsi conserver ses positions, tout en faisant porter la responsabilité du retard sur Beyrouth. La publication insiste également sur le rôle des États-Unis. Selon son analyse, la réussite du mécanisme dépend presque entièrement de la capacité de Washington à imposer un calendrier et à obtenir un mouvement israélien visible. Le président Joseph Aoun considère ce rôle américain comme le dernier moyen d’éviter un nouvel élargissement de l’occupation et une reprise des combats. Al Joumhouriyat estime enfin que le débat dépasse les cartes et les localités choisies. Il pose la question du monopole de l’État sur la sécurité. Si l’armée libanaise entre dans une zone évacuée, elle devra y exercer une autorité complète. Cependant, cette mission exige une couverture politique solide. Elle exige aussi des règles claires sur les armes, les contrôles, les incidents et la coordination avec les médiateurs. Sans ces garanties, la première zone pourrait devenir un piège. L’armée serait alors tenue responsable de l’échec, tandis qu’Israël conserverait l’avantage militaire et la possibilité de suspendre le retrait.
An-Nahar, dans son édition du 13 juillet 2026, décrit une préparation technique active, mais tempère les attentes sur la rapidité de l’exécution. Le journal rapporte que les réunions se poursuivent à Yarzé entre le commandement de l’armée libanaise et la délégation militaire américaine. Les échanges concernent les cartes, les secteurs possibles, les modalités d’un retrait et les conditions de l’arrivée des forces libanaises. La publication indique que les Américains travaillent aussi sur d’autres zones expérimentales, afin de ne pas limiter le processus à un seul secteur. Pourtant, An-Nahar estime qu’aucune évolution importante n’est garantie avant les réunions de Rome. Le journal met ainsi en garde contre un excès d’optimisme. Les préparatifs existent, mais ils restent soumis à une décision israélienne qui n’a pas encore été clairement annoncée. An-Nahar insiste également sur les inquiétudes du président Joseph Aoun face à la nouvelle tension entre les États-Unis et l’Iran. La présidence redoute que le Hezbollah ne lie sa position au sud à l’évolution de cette confrontation. Le journal rapporte que le chef de l’État cherche à empêcher une nouvelle ouverture du front libanais. Il veut aussi donner un nouvel élan à l’accord-cadre lors de sa rencontre prévue avec Donald Trump. Toutefois, le succès de cette démarche suppose un premier geste israélien. Sans retrait, la présidence aura du mal à défendre le processus face à ses adversaires. An-Nahar évoque aussi la difficulté liée au rôle de l’armée. Celle-ci se dit prête à se déployer dans tout secteur évacué. Elle doit néanmoins recevoir un mandat précis. Il ne suffit pas de lui demander de remplacer les forces israéliennes. Il faut aussi définir ce qu’elle devra faire face aux armes du Hezbollah, aux mouvements de combattants et aux éventuelles provocations. Le journal souligne que les négociations de Rome devraient conduire à la création de commissions techniques et politiques. Ces structures auront la charge de suivre les cartes, les délais et les incidents. Selon An-Nahar, la crédibilité du processus dépendra donc d’une chaîne cohérente. Un retrait doit être suivi d’un déploiement, puis d’un contrôle durable. Si l’une de ces étapes manque, l’accord restera un cadre théorique sans effet réel sur le terrain.
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Selon Al Liwa’ du 13 juillet 2026, l’enjeu principal n’est plus de savoir si les négociations plaisent à tous les camps, mais de déterminer si elles peuvent arrêter la guerre et permettre le retour des habitants. Le journal défend clairement la voie diplomatique. Il rappelle que le sud a déjà payé un prix très lourd. Des villages ont été détruits, des habitants ont été déplacés et l’économie locale a subi de profondes pertes. Le pays ne peut donc pas supporter une nouvelle confrontation sans perspective de résultat. Al Liwa’ demande aux opposants à l’accord-cadre de présenter une solution de remplacement. Il ne suffit pas, selon la publication, de dénoncer les négociations. Il faut expliquer comment obtenir le retrait israélien, protéger les civils, reconstruire les localités et rétablir l’autorité de l’État. Le journal estime que les slogans ne changent pas les rapports de force. La guerre ne garantit ni la libération du territoire ni la sécurité des habitants. Dans cette lecture, la réunion de Rome et la visite de Joseph Aoun à Washington forment deux étapes liées. Rome doit produire des mécanismes précis. Washington doit fournir une garantie politique et exercer une pression réelle sur Israël. Al Liwa’ accorde donc une grande importance à la délégation militaire américaine présente au Liban. Son travail doit permettre d’identifier les zones, d’organiser le passage de relais et d’éviter les incidents. Toutefois, le journal insiste sur le fait que les États-Unis seront jugés sur les résultats. Une simple présence diplomatique ne suffit pas. Il faut un retrait concret avant ou au moment du prochain cycle de discussions. La publication estime qu’un premier succès renforcerait Joseph Aoun et Nawaf Salam. Il montrerait que l’État peut obtenir un résultat sans exposer le pays à une nouvelle guerre. À l’inverse, un retard prolongé affaiblirait leur position. Il donnerait raison à ceux qui affirment que Washington impose des obligations au Liban, sans contraindre Israël à respecter les siennes. Al Liwa’ appelle enfin les forces politiques à réduire leurs divisions. Le Liban négocie en position de faiblesse lorsqu’il présente plusieurs discours contradictoires. Une position nationale commune sur le retrait, le rôle de l’armée et le retour des habitants donnerait plus de force au négociateur libanais.
L’accord-cadre contesté sur fond de confrontation régionale
Al Akhbar, dans son édition du 13 juillet 2026, présente l’accord-cadre comme un processus politiquement fragile et intérieurement contesté. Le journal affirme que le Hezbollah et Nabih Berri refusent d’en reconnaître les effets militaires et politiques. Il souligne également les réserves de Walid Joumblatt. Selon la publication, cette opposition réduit la capacité de Joseph Aoun et de Nawaf Salam à présenter l’accord comme un choix national. Al Akhbar insiste surtout sur la nature des zones expérimentales. Il affirme que certaines localités concernées ne sont pas directement occupées par Israël. L’objectif réel serait alors d’y faire entrer l’armée libanaise pour empêcher la présence du Hezbollah et retirer ses armes. Le journal considère que cette formule pourrait charger l’armée d’une mission que les forces israéliennes n’ont pas réussi à accomplir. Elle placerait aussi le commandement militaire dans une position très dangereuse. L’armée devrait agir contre une force libanaise sans disposer d’un consensus national. Al Akhbar rapporte que le commandement réclame une décision claire du Conseil des ministres avant toute opération de cette ampleur. Selon le journal, les décisions antérieures ne suffisent pas. Il faut définir les secteurs, les moyens, les règles d’intervention et les responsabilités. Le journal insiste également sur le décalage possible entre la négociation politique et l’exécution militaire. Une délégation diplomatique peut accepter des principes à Rome. Pourtant, l’armée devra ensuite gérer les conséquences sur le terrain. Elle devra répondre aux incidents, aux refus et aux mouvements armés. Al Akhbar met aussi en avant le lien avec l’Iran. Selon sa lecture, le dossier libanais reste présent dans les discussions entre Téhéran et Washington. La situation au sud ne peut donc pas être isolée du rapport de force régional. Le journal affirme que le Hezbollah refuse toute mesure sur ses armes avant un retrait israélien complet. Il considère aussi que la présidence avance dans un processus dont les conditions ne sont pas réunies. Le soutien intérieur est insuffisant. La position israélienne reste incertaine. Le mandat de l’armée n’est pas défini. Enfin, l’escalade entre les États-Unis et l’Iran peut modifier l’ensemble des calculs. Dans cette perspective, Al Akhbar voit dans l’accord-cadre moins une voie de sortie qu’un risque de confrontation intérieure.
Selon Asharq Al Awsat du 13 juillet 2026, le principal obstacle au début de l’application de l’accord-cadre reste la position de Benjamin Netanyahu. Le journal rapporte qu’une compréhension existe entre le commandement de l’armée libanaise et l’équipe américaine sur la simultanéité du retrait israélien et du déploiement libanais. Une zone ne doit pas être confiée à l’armée libanaise tant que les forces israéliennes n’en sont pas réellement sorties. La publication indique que le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait déjà dû intervenir lors de précédentes étapes afin de maintenir les zones expérimentales dans le mécanisme négocié. Cette intervention montre que le désaccord dépasse les détails techniques. Israël ne veut pas s’engager facilement dans un retrait progressif. Asharq Al Awsat insiste cependant sur le fait que les discussions se poursuivent malgré la crise régionale. La délégation américaine travaille avec l’armée libanaise, et Beyrouth maintient sa demande de simultanéité. Toutefois, le journal consacre une large part de son édition à l’escalade autour du détroit d’Ormuz. Il rapporte que les gardiens de la révolution ont annoncé la fermeture du passage après avoir visé des navires accusés de ne pas respecter les voies imposées. Les forces américaines ont répondu par une nouvelle série de frappes contre environ cent quarante objectifs militaires en Iran. Les cibles comprenaient des positions de missiles, des installations liées aux drones, des dépôts de munitions, des moyens navals et des centres de surveillance côtière. La publication signale aussi des attaques contre des sites liés à la présence américaine dans plusieurs pays arabes. Cette extension de la crise peut modifier les priorités de Washington. Les États-Unis pourraient concentrer leurs moyens sur la protection de leurs bases et de la navigation. Israël pourrait utiliser l’instabilité régionale pour retarder son retrait. Le Hezbollah pourrait également revoir son attitude au sud. Asharq Al Awsat considère donc que la fenêtre diplomatique libanaise reste ouverte, mais qu’elle se réduit. Plus l’affrontement autour d’Ormuz s’aggrave, plus le risque augmente de voir le dossier libanais relégué au second plan ou lié à des négociations régionales plus larges.
Al Bina’, dans son édition du 13 juillet 2026, présente le détroit d’Ormuz comme le véritable centre de gravité de la confrontation entre les États-Unis et l’Iran. Le journal explique que la puissance militaire ne suffit pas à rouvrir un passage commercial. Washington peut annoncer que le détroit est ouvert. Elle peut y faire circuler des navires de guerre. Pourtant, les compagnies de transport, les assureurs et les banques ne prennent pas leurs décisions selon les déclarations politiques. Ils évaluent le risque réel d’une attaque. Une seule frappe contre un pétrolier peut suffire à suspendre la circulation. Selon Al Bina’, l’Iran n’a donc pas besoin de bloquer physiquement l’ensemble du passage. Il lui suffit de conserver une capacité crédible de frapper les navires qui ne respectent pas ses conditions. Le journal souligne ainsi l’écart entre la logique militaire et celle du marché. Les États-Unis peuvent contrôler un espace pendant quelques heures. Ils ne peuvent pas obliger les armateurs à reprendre leurs activités. La publication estime que cette situation donne à l’Iran un moyen de pression considérable sur le commerce mondial et sur les pays du Golfe. Elle décrit aussi la confrontation comme une lutte de volonté. Washington cherche à démontrer que Téhéran ne peut pas imposer ses règles. L’Iran veut prouver qu’il ne cédera pas sous la menace. Pour le Liban, Al Bina’ considère que cette crise a des conséquences immédiates. Elle peut détourner l’attention américaine de l’accord-cadre. Elle peut aussi donner à Israël un motif pour suspendre le retrait. Surtout, elle peut pousser le Hezbollah à relier sa position à l’évolution du conflit régional. Le journal rapporte les déclarations d’Ibrahim Moussaoui, qui affirme que le dossier libanais occupe une place importante dans les discussions entre l’Iran et les États-Unis. Cette position confirme que le sud n’est pas traité comme une question séparée. Al Bina’ estime ainsi que les zones expérimentales peuvent être retardées ou vidées de leur sens si l’escalade se poursuit. Le Liban se retrouve donc pris entre deux calendriers. Le premier est diplomatique, avec Rome et Washington. Le second est militaire, avec Ormuz, les frappes américaines et les réponses iraniennes. Le premier peut ouvrir une voie de retrait. Le second peut la refermer à tout moment.
Politique locale : l’accord-cadre accentue les fractures politiques autour du rôle de l’État
La présidence défend la négociation comme seule voie pour restaurer l’autorité de l’État
Selon Al Joumhouriyat du 13 juillet 2026, la présidence de la République concentre désormais tous ses efforts sur la réussite de l’accord-cadre et sur la mise en œuvre des premières zones expérimentales. Pour Joseph Aoun, cette étape ne représente pas uniquement une mesure sécuritaire. Elle constitue le premier acte concret permettant à l’État libanais de retrouver progressivement son autorité dans les secteurs encore affectés par la guerre. Le journal explique que la présidence refuse toute formule qui conduirait l’armée à prendre position dans des zones où Israël conserverait simultanément une présence militaire ou une liberté d’action. Le principe défendu reste celui de la simultanéité entre retrait israélien et déploiement de l’armée libanaise. Cette position est considérée comme indispensable pour préserver la crédibilité des institutions. Al Joumhouriyat souligne également que Joseph Aoun attache une importance particulière à sa prochaine rencontre avec le président américain Donald Trump. La visite est présentée comme une occasion d’obtenir des garanties américaines plus fermes concernant l’application de l’accord. Le chef de l’État considère que Washington demeure le seul acteur capable d’exercer une pression politique suffisante sur Israël afin d’obtenir les premiers retraits. Le journal rappelle cependant que cette stratégie demeure fragile. Les informations contradictoires diffusées depuis Israël alimentent les inquiétudes de Beyrouth. Certaines évoquent un retrait rapide de secteurs limités, tandis que d’autres annoncent un report en invoquant des contraintes opérationnelles. Selon Al Joumhouriyat, cette ambiguïté risque d’alimenter les critiques des adversaires de l’accord, qui dénoncent déjà un processus déséquilibré. Le journal estime enfin que Joseph Aoun cherche également à préserver l’institution militaire de toute confrontation interne. L’armée devra exercer pleinement son autorité dans les secteurs évacués, mais elle ne pourra le faire durablement que si toutes les institutions soutiennent son action. La présidence souhaite ainsi présenter le déploiement militaire non comme une opération dirigée contre une partie des Libanais, mais comme le retour normal de l’État sur l’ensemble de son territoire.
Selon An-Nahar du 13 juillet 2026, la présidence agit avec davantage de prudence qu’il n’y paraît publiquement. Le quotidien rapporte que Joseph Aoun suit personnellement les discussions techniques menées entre le commandement de l’armée et la délégation militaire américaine. Il souhaite éviter tout décalage entre les engagements diplomatiques pris dans les réunions internationales et les capacités réelles de leur mise en œuvre sur le terrain. An-Nahar indique que le président demeure préoccupé par deux facteurs susceptibles de remettre en cause le calendrier prévu. Le premier concerne la position israélienne, qui reste fluctuante selon les interlocuteurs et les circonstances politiques internes en Israël. Le second porte sur les conséquences de la confrontation grandissante entre Washington et Téhéran. Le chef de l’État redoute que cette escalade régionale ne provoque une modification de l’attitude du Hezbollah et ne retarde mécaniquement toute avancée au Liban. Le journal insiste également sur la volonté présidentielle de préserver les relations avec les partenaires internationaux tout en maintenant une cohésion intérieure minimale. Joseph Aoun refuse que le débat sur l’accord-cadre dégénère en affrontement institutionnel entre les différentes composantes politiques. Il estime que la réussite du processus dépendra largement de la capacité des institutions à parler d’une seule voix devant les médiateurs étrangers. An-Nahar observe enfin que la présidence souhaite que les discussions de Rome débouchent sur des mécanismes précis plutôt que sur de nouvelles déclarations de principe. Les autorités considèrent désormais que le temps des intentions est terminé et que seuls des actes concrets permettront de convaincre une opinion publique devenue très sceptique après plusieurs mois de guerre, d’occupation partielle et de promesses non tenues.
Le gouvernement de Nawaf Salam cherche à maintenir le cap malgré les oppositions
Selon Al Sharq du 13 juillet 2026, le premier ministre Nawaf Salam poursuit une stratégie fondée sur la négociation diplomatique, malgré les critiques croissantes formulées contre l’accord-cadre. Le journal indique que le gouvernement prépare activement la participation libanaise aux discussions de Rome tout en coordonnant son action avec la présidence et le commandement de l’armée. Nawaf Salam estime que la voie diplomatique demeure la seule capable d’obtenir un retrait israélien sans replonger le Liban dans une guerre destructrice. La publication précise que la délégation libanaise appelée à participer aux discussions restera essentiellement diplomatique, sans représentation militaire directe. Ce choix vise à distinguer les négociations politiques des aspects opérationnels confiés à l’armée. Toutefois, Al Sharq souligne que cette séparation crée aussi une responsabilité supplémentaire pour le gouvernement. Les décisions prises à Rome devront être rapidement traduites en orientations précises afin d’éviter que l’armée ne soit placée dans une situation ambiguë. Le quotidien rapporte également que Nawaf Salam continue de défendre l’idée selon laquelle chaque retrait israélien doit être accompagné du retour effectif des institutions libanaises. Cette approche vise à démontrer que l’État reprend progressivement ses prérogatives sur le terrain. Le journal note enfin que le premier ministre cherche à préserver les relations du Liban avec ses partenaires internationaux tout en limitant les tensions internes. Cette position devient toutefois de plus en plus difficile à tenir à mesure que les critiques contre l’accord se multiplient.
Selon Al Liwa’ du 13 juillet 2026, Nawaf Salam considère que le véritable débat ne porte plus sur le principe des négociations, mais sur leur efficacité. Le journal rappelle que le gouvernement fait face à un pays profondément fragilisé par plusieurs mois de conflit. Les destructions, les déplacements de population et la crise économique rendent impossible, selon lui, le retour à une logique d’affrontement militaire. Al Liwa’ souligne que le premier ministre attend des résultats concrets de la réunion de Rome et de la visite présidentielle à Washington. Ces deux rendez-vous doivent permettre d’obtenir les premiers retraits israéliens ainsi qu’un soutien international accru en faveur de l’armée et des institutions libanaises. La publication insiste également sur le fait que le gouvernement ne souhaite pas présenter l’accord-cadre comme une victoire politique. Il préfère le considérer comme un instrument destiné à restaurer progressivement la souveraineté nationale. Al Liwa’ critique cependant les forces politiques qui rejettent le processus sans proposer de solution alternative. Le journal rappelle que les habitants du Sud attendent avant tout leur retour dans des villages sécurisés, la reconstruction des infrastructures et la reprise de la vie économique. Selon lui, aucune stratégie militaire ne paraît aujourd’hui capable d’atteindre ces objectifs dans des délais raisonnables. Le quotidien estime enfin que Nawaf Salam devra rapidement convaincre les différentes composantes politiques que l’armée ne sera pas utilisée contre une partie des Libanais mais exclusivement pour rétablir l’autorité de l’État dans les secteurs libérés.
Nabih Berri et Walid Joumblatt renforcent leurs réserves face au processus
Selon Al Akhbar du 13 juillet 2026, la rencontre entre Nabih Berri et Walid Joumblatt à Aïn el-Tiné confirme l’existence d’un front politique de plus en plus critique envers l’accord-cadre. Le journal indique que les deux responsables ont longuement évoqué les développements régionaux, les négociations en cours et les conséquences possibles du dispositif proposé par les États-Unis. Selon la publication, Nabih Berri considère que l’accord perd progressivement sa légitimité politique à mesure que les engagements israéliens tardent à se concrétiser. Le quotidien affirme également que Walid Joumblatt partage désormais une partie importante de ces réserves. Cette évolution est jugée significative, car le dirigeant druze occupait jusqu’ici une position plus nuancée. Pour Al Akhbar, cette convergence fragilise davantage la stratégie de la présidence et du gouvernement. Le journal estime que les zones expérimentales pourraient conduire l’armée à intervenir dans des secteurs où Israël ne se retirerait pas complètement, transformant ainsi les forces armées libanaises en exécutantes indirectes d’un agenda sécuritaire élaboré par d’autres acteurs. La publication insiste enfin sur le fait que le commandement militaire réclame toujours une décision politique claire avant toute opération de cette ampleur.
Selon Al Bina’ du 13 juillet 2026, la rencontre entre Nabih Berri et Walid Joumblatt intervient dans un contexte où les développements régionaux pèsent de plus en plus lourd sur la politique intérieure libanaise. Le journal souligne que les deux responsables suivent avec attention l’évolution de la confrontation entre les États-Unis et l’Iran. Selon cette lecture, toute tentative de dissocier totalement le dossier libanais des négociations régionales serait irréaliste. Al Bina’ rapporte également que plusieurs responsables proches de la résistance estiment que le Liban ne peut accepter un accord qui conduirait à modifier profondément les équilibres internes sans contrepartie claire de la part d’Israël. Le quotidien présente ainsi les réserves exprimées par Nabih Berri comme une volonté de préserver les intérêts libanais avant toute accélération du processus diplomatique. Il ajoute enfin que le président de la Chambre continue néanmoins de maintenir le dialogue avec les différentes institutions afin d’éviter une rupture politique susceptible d’aggraver davantage les divisions nationales.
Citations et discours des personnalités politiques : souveraineté, négociation et résistance au centre des prises de parole
Joseph Aoun, Nawaf Salam et Samir Geagea défendent la voie institutionnelle
Selon Al Sharq du 13 juillet 2026, les déclarations de Joseph Aoun placent la souveraineté de l’État au centre du processus de négociation. Le président de la République considère que la reprise du contrôle du sud ne peut pas dépendre uniquement d’annonces diplomatiques. Elle doit se traduire par un retrait israélien, suivi d’un déploiement réel de l’armée libanaise. Ses propos rapportés par le journal montrent une volonté de lier chaque engagement pris par Beyrouth à une mesure équivalente sur le terrain. Joseph Aoun ne présente donc pas l’accord-cadre comme une concession. Il le défend comme un moyen de récupérer les territoires occupés, de rétablir l’autorité des institutions et d’éviter une nouvelle guerre. Cette position s’accompagne d’un pari sur les États-Unis. Le président estime que Washington reste l’acteur le mieux placé pour contraindre Israël à appliquer ses engagements. Sa visite annoncée à la Maison-Blanche doit lui permettre d’obtenir des garanties précises. Toutefois, Al Sharq rapporte aussi les réserves exprimées par Samir Geagea sur la façon dont les opposants à l’accord mènent leur contestation. Le président des Forces libanaises affirme que toute critique est légitime, mais qu’elle doit être accompagnée d’une solution de remplacement. Il demande ce que devrait faire l’État si l’accord était abandonné. Selon lui, la reprise du combat conduirait à la destruction de nouveaux villages sans permettre au Liban de modifier le rapport de force. Il rejette aussi l’idée selon laquelle le processus soutenu par Washington pourrait simplement être remplacé par les discussions menées à Islamabad entre les États-Unis et l’Iran. Dans son argumentation, le dossier libanais ne doit pas être suspendu à un accord régional incertain. Samir Geagea considère que la présidence doit poursuivre la négociation tant qu’aucune autre option réaliste n’est présentée. Al Sharq rapporte enfin que Nawaf Salam partage cette préférence pour la voie diplomatique. Le premier ministre cherche à préserver le caractère institutionnel de la démarche. Il veut éviter qu’elle soit interprétée comme un dialogue mené par un camp contre un autre. Pour lui, la délégation envoyée à Rome représente l’État, et non une coalition partisane. Les trois responsables convergent donc sur un point. La souveraineté doit être restaurée par les institutions, avec l’armée comme seul acteur militaire légitime dans les zones évacuées. Leurs discours diffèrent toutefois dans le ton. Joseph Aoun insiste sur les garanties américaines. Nawaf Salam met en avant le cadre gouvernemental. Samir Geagea attaque surtout l’absence de solution proposée par les adversaires de l’accord.
Selon Al Liwa’ du 13 juillet 2026, le discours de Nawaf Salam est marqué par la recherche de résultats concrets et par la volonté de sortir le débat des affrontements partisans. Le premier ministre ne présente pas la négociation comme une victoire diplomatique déjà acquise. Il la considère comme un outil permettant de réduire les pertes, d’obtenir le retrait israélien et de préparer le retour des habitants du sud. La publication reprend l’idée selon laquelle le pays ne peut plus accepter une nouvelle guerre sans objectif précis. Les destructions, les déplacements et l’affaiblissement des services publics ont réduit la marge de manœuvre de l’État. Nawaf Salam insiste donc sur la nécessité d’un calendrier, d’un mécanisme de contrôle et d’une coordination avec l’armée. Son discours vise également à rassurer les opposants à l’accord. Il ne veut pas que le déploiement des forces armées soit compris comme une opération dirigée contre une composante politique ou communautaire. Il le présente comme une mesure normale dans tout territoire libanais évacué par Israël. Al Liwa’ rapporte aussi les propos de Joseph Aoun sur l’importance de la visite à Washington. Le chef de l’État attend de Donald Trump plus qu’un soutien général à la souveraineté libanaise. Il veut une pression sur Israël et une traduction immédiate de l’accord-cadre. La publication souligne que ces déclarations répondent au scepticisme d’une partie de l’opinion. Les habitants veulent savoir quand ils pourront revenir, quelles localités seront évacuées et qui garantira leur sécurité. Les paroles présidentielles sont donc jugées à partir de leur capacité à produire une modification visible. Al Liwa’ place également en relief les déclarations du patriarche maronite Béchara Boutros Al-Rahi. Celui-ci affirme que le pays se trouve devant deux possibilités. La première est l’application de l’accord-cadre dans une forme qui protège la souveraineté de l’État, son indépendance et sa stabilité. La seconde est le retour à une guerre qui ne produit que destruction, mort, déplacement et souffrance. Cette prise de position religieuse renforce l’argumentaire de la présidence et du gouvernement. Elle donne au choix diplomatique une dimension morale et sociale. Le patriarche ne nie pas les difficultés de l’accord, mais il insiste sur le prix humain d’un nouvel affrontement. Al Liwa’ réunit ainsi plusieurs discours qui présentent la négociation comme une nécessité, tout en rappelant qu’elle doit obtenir des résultats équilibrés pour rester défendable.
Nabih Berri, le Hezbollah et leurs alliés contestent les conditions de l’accord
Selon Al Bina’ du 13 juillet 2026, les déclarations du député Ibrahim Moussaoui expriment un refus clair de toute formule qui placerait la résistance sous pression avant la fin de l’occupation. Le membre du bloc de la Fidélité à la résistance intervient lors d’une cérémonie commémorative organisée à Sarein, dans la Békaa. Il appelle à s’inspirer de la patience, de la fidélité et de la constance des combattants morts. Il présente le sacrifice pour la défense du Liban comme l’une des formes les plus élevées de devoir national. Dans ses propos rapportés par le journal, il affirme que l’environnement social de la résistance restera attaché à ce choix malgré les pressions et les menaces. Il ajoute que les sacrifices ont donné au pays une force et une dignité que les campagnes politiques ne pourront pas effacer. Ibrahim Moussaoui relie ensuite le dossier libanais aux discussions entre l’Iran et les États-Unis. Selon lui, le Liban figure parmi les sujets importants abordés dans les ententes régionales. Il accuse certains responsables locaux de chercher à perturber une démarche qui pourrait pourtant bénéficier aux Libanais. Le député oppose également deux conceptions de la souveraineté. La première repose sur les déclarations, les institutions et les engagements internationaux. La seconde, qu’il défend, repose sur la capacité de défendre effectivement le territoire. Pour lui, la souveraineté ne se résume pas à des slogans. Elle suppose une force capable de résister à l’occupation et de supporter le coût de la confrontation. Al Bina’ rapporte aussi les propos du mufti jaafarite Ahmad Kabalan. Celui-ci appelle les forces politiques et la population à empêcher le pouvoir de mettre en danger l’existence du pays. Son discours est particulièrement dur envers Joseph Aoun et les autorités. Il affirme que le Liban possède une structure complexe, fondée sur des équilibres communautaires et politiques qui ne peuvent pas être modifiés par une décision unilatérale. Il avertit contre une rupture de la formule nationale et contre le risque d’une nouvelle guerre civile. Ahmad Kabalan estime que certains responsables veulent satisfaire des exigences étrangères au prix de la stabilité intérieure. Il demande donc une initiative politique rapide avant que les divisions ne deviennent incontrôlables. Les déclarations de Moussaoui et de Kabalan partagent la même méfiance envers l’accord-cadre. Le premier insiste sur la fonction militaire de la résistance. Le second met en avant la protection de l’équilibre interne. Tous deux considèrent que la souveraineté ne peut pas être définie uniquement par les institutions actuelles ou par les demandes des puissances étrangères.
Selon Al Akhbar du 13 juillet 2026, les prises de position de Nabih Berri et du Hezbollah montrent que l’accord-cadre ne bénéficie pas d’une acceptation nationale suffisante. Le journal rapporte que le président de la Chambre refuse de considérer le texte comme une base définitive pour régler le dossier du sud. Il estime que les engagements demandés au Liban sont plus clairs que ceux qui sont imposés à Israël. La publication affirme aussi que Nabih Berri considère l’accord comme politiquement affaibli, notamment après les réserves exprimées par Walid Joumblatt. Le chef du Parti socialiste progressiste n’a pas prononcé un long discours public à la sortie de sa rencontre à Aïn el-Tiné. Toutefois, son déplacement et son échange avec Berri sont présentés comme un message politique. Selon Al Akhbar, les deux responsables partagent la crainte que les zones expérimentales ne servent à étendre les tâches confiées à l’armée libanaise sans produire un retrait israélien équivalent. Le journal rapporte également les réponses transmises par le Hezbollah à plusieurs intermédiaires. Le parti affirme qu’il ne reconnaît pas les obligations découlant de l’accord dans leur forme actuelle. Il refuse qu’un processus de désarmement commence dans des secteurs où l’armée israélienne conserverait des positions, une capacité de surveillance ou une liberté de frappe. Cette position s’appuie sur un argument constant. Toute mesure concernant les armes doit suivre, et non précéder, la fin de l’occupation et l’arrêt des attaques. Al Akhbar ajoute que la direction du Hezbollah ne considère pas les discussions de Rome comme un cadre suffisant pour régler la crise. Elle continue de relier le dossier libanais aux négociations plus larges menées entre Washington et Téhéran. Cette lecture rejoint les propos attribués à Nabih Berri sur l’existence de canaux encore ouverts entre les deux capitales. Le président de la Chambre considère que le Liban peut revenir comme un dossier distinct dans ces échanges. Sa position ne signifie pas l’abandon de toute négociation. Elle signifie plutôt que le cadre actuel ne garantit pas un équilibre entre les obligations. Le journal souligne enfin que cette attitude place l’armée dans une situation délicate. Elle doit répondre aux décisions des institutions, tout en évitant une confrontation avec une force qui refuse la légitimité du mécanisme. Les déclarations de Berri et du Hezbollah visent donc à empêcher une accélération du processus avant l’obtention de garanties sur le retrait et sur la limitation des opérations israéliennes.
Selon An-Nahar du 13 juillet 2026, les discours politiques sur l’accord-cadre sont devenus plus tendus à mesure que la réunion de Rome approche. Le journal rapporte que le camp favorable au processus insiste sur la restauration de l’État, tandis que ses adversaires accusent les autorités de vouloir imposer un choix sans consensus. La publication relève notamment les propos du patriarche Béchara Boutros Al-Rahi, qui oppose l’application d’un accord respectant la souveraineté au retour dans une guerre destructrice. Cette déclaration fixe un cadre moral très net. Elle présente la négociation comme le choix de la protection des vies, sans pour autant accorder un soutien automatique à n’importe quel texte. Le patriarche précise que l’accord doit assurer l’autorité de l’État sur tout le territoire, ainsi que l’indépendance et la stabilité. An-Nahar rapporte également les déclarations de Samir Geagea, qui demande aux opposants de proposer une option réaliste. Le président des Forces libanaises estime que la critique ne peut pas se limiter à dénoncer les États-Unis ou les négociations. Elle doit expliquer comment mettre fin à l’occupation. Dans le camp opposé, la publication relève les discours du Hezbollah et de ses alliés sur le danger d’un accord déséquilibré. Les responsables du parti accusent Israël de vouloir utiliser les zones expérimentales pour imposer à l’armée libanaise des tâches qui dépassent la simple reprise du territoire. Ils craignent aussi que l’institution militaire soit poussée à une confrontation intérieure. An-Nahar souligne que Joseph Aoun cherche à répondre à ces inquiétudes en insistant sur la simultanéité entre retrait et déploiement. Il ne veut pas que l’armée entre dans un secteur tant que les forces israéliennes y conservent une présence. Toutefois, le journal note que le président reste inquiet face au lien entre le Hezbollah et l’Iran. Il considère que la décision du parti peut changer selon l’évolution de la crise régionale. Ses paroles cherchent donc à la fois à rassurer les partenaires étrangers et à éviter une rupture intérieure. Le discours officiel reste fondé sur la souveraineté, mais il doit composer avec une réalité politique dans laquelle l’État ne détient pas encore seul la décision militaire. An-Nahar met ainsi en évidence l’écart entre les mots employés par les différents camps. Les uns parlent de retour de l’État. Les autres parlent de protection de la résistance. Tous utilisent la souveraineté, mais ils ne lui donnent pas le même contenu.
Diplomatie : Rome, Washington et les médiations régionales au cœur de la stratégie libanaise
La réunion de Rome comme étape de passage entre principes et application
Selon Al Joumhouriyat du 13 juillet 2026, la réunion de Rome doit permettre de faire passer l’accord-cadre d’une phase politique encore générale à une phase d’application beaucoup plus précise. Le journal insiste sur le fait que le choix de la capitale italienne n’est pas anodin. Il permet d’éloigner les discussions de la pression directe qui existe à Beyrouth et à Tel-Aviv. Il offre aussi aux États-Unis un espace plus maîtrisé pour tenter de rapprocher deux positions qui restent éloignées. Le Liban veut obtenir un retrait israélien réel et progressif. Israël réclame, pour sa part, des garanties durables sur la sécurité de sa frontière nord et sur l’absence de toute reconstruction militaire du Hezbollah à proximité. Al Joumhouriyat explique que les discussions ne porteront donc pas seulement sur les localités à évacuer. Elles devront traiter des cartes, des délais, du déploiement de l’armée libanaise, des moyens de contrôle et des mécanismes chargés de constater les éventuelles violations. La publication estime que Washington cherche à agir comme un organisateur du processus, plutôt que comme un simple intermédiaire. Les responsables américains veulent éviter qu’un accord reste sans effet, comme cela s’est produit dans d’autres dossiers. Ils insistent pour cette raison sur les commissions, les calendriers et les moyens de vérification. Le journal souligne toutefois que cette méthode ne peut réussir que si Israël accepte de quitter au moins une première zone. Sans mouvement sur le terrain, les discussions de Rome risquent de se réduire à un échange de positions déjà connues. Al Joumhouriyat rapporte aussi que le Liban souhaite éviter que les zones expérimentales deviennent un simple contrôle des capacités de son armée. Les responsables libanais demandent que chaque déploiement corresponde à un retrait. Ils refusent que l’armée soit tenue de prouver son efficacité alors que l’occupation se poursuit. Le journal présente donc Rome comme un test diplomatique pour les États-Unis. Washington devra montrer qu’elle peut imposer une obligation à Israël et pas seulement transmettre des exigences au Liban. La publication rappelle enfin que la réussite de la réunion dépendra de la cohésion du camp libanais. Les divisions internes sur l’accord donnent aux autres parties la possibilité de douter de la capacité de Beyrouth à appliquer les décisions. Pour Al Joumhouriyat, la diplomatie libanaise doit donc arriver à Rome avec une demande simple et lisible : retrait israélien, déploiement de l’armée, contrôle de l’État et calendrier vérifiable.
Selon Al Sharq du 13 juillet 2026, les préparatifs diplomatiques de la réunion de Rome sont déjà engagés, mais ils restent entourés de nombreuses précautions. Le journal indique que la délégation libanaise devrait être composée essentiellement de diplomates, sans participation militaire directe. Cette formule vise à maintenir une séparation entre les négociations politiques et le travail opérationnel confié à l’armée. Les responsables militaires pourront continuer leurs échanges avec la délégation américaine à Beyrouth, tandis que les représentants libanais à Rome défendront les principes et les engagements de l’État. Al Sharq précise que le diplomate Simon Karam et l’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Maouad Hamadé, figurent parmi les responsables appelés à participer aux échanges. Le journal souligne que les discussions doivent porter sur les modalités de passage de l’accord signé à Washington vers une phase exécutive. Il faut déterminer comment commencer le retrait, quelles zones retenir, comment éviter les incidents et selon quel calendrier l’armée libanaise prendra position. La publication rapporte que l’armée a déjà transmis sa disponibilité pour se déployer dans toute localité évacuée par Israël. Cependant, le journal insiste sur l’importance de l’accompagnement diplomatique. Une opération militaire ne peut pas réussir sans un engagement politique des médiateurs et sans garanties sur le comportement israélien. Al Sharq met aussi en relief les attentes de Nawaf Salam. Le premier ministre souhaite que Rome confirme que le Liban ne sera pas invité à prendre des mesures unilatérales. Il veut que les responsabilités soient réparties de manière claire entre les deux parties. Le quotidien estime que la délégation libanaise devra rappeler que la souveraineté ne peut pas être rétablie si les forces israéliennes conservent le droit de frapper les zones évacuées. Elle devra aussi défendre le principe selon lequel l’armée libanaise ne doit pas être chargée d’une mission qui provoquerait une crise intérieure. La publication ajoute que l’absence de représentants militaires au sein de la délégation peut présenter un avantage, mais aussi un risque. Elle protège l’armée d’un marchandage direct. En revanche, elle exige une coordination étroite entre les négociateurs et le commandement. Toute formule acceptée à Rome devra être applicable sur le terrain. Al Sharq considère donc que la réunion ne pourra pas être évaluée uniquement à partir d’un communiqué. Son résultat dépendra de la précision des cartes, des délais, des responsabilités et de la première mesure concrète prise après le retour des délégations.
Washington comme garant attendu et comme source d’incertitude
Selon An-Nahar du 13 juillet 2026, la stratégie diplomatique de Joseph Aoun repose largement sur la visite qu’il doit effectuer à Washington et sur sa rencontre avec Donald Trump. Le journal explique que la présidence veut utiliser ce rendez-vous pour sortir le dossier libanais d’une phase de promesses générales. Joseph Aoun souhaite obtenir un engagement américain sur le retrait israélien, sur le soutien à l’armée et sur la protection des étapes prévues par l’accord-cadre. An-Nahar souligne que le chef de l’État considère les États-Unis comme le seul acteur possédant une influence suffisante sur Israël. Pourtant, cette dépendance place aussi le Liban dans une position délicate. Washington peut choisir le rythme, les priorités et les sujets qu’elle souhaite traiter. La crise avec l’Iran, la sécurité du détroit d’Ormuz et la protection des bases américaines peuvent réduire l’attention accordée au Liban. Le journal rapporte que cette possibilité inquiète Baabda. Le président craint que le dossier du sud ne soit repoussé ou intégré à une négociation régionale beaucoup plus large. An-Nahar indique également que la diplomatie présidentielle doit répondre à une autre difficulté. Les adversaires de l’accord accusent Washington de vouloir imposer au Liban des obligations que les États-Unis ne parviennent pas à faire respecter par Israël. Joseph Aoun cherchera donc à obtenir un résultat visible avant ou pendant sa visite. Un premier retrait faciliterait sa mission. Il lui permettrait de présenter l’accord comme un processus équilibré. En revanche, une absence de mouvement affaiblirait son argumentation et renforcerait la contestation intérieure. Le journal souligne aussi le rôle de la délégation militaire américaine présente à Yarzé. Son travail doit préparer les cartes et les mécanismes. Toutefois, la décision finale reste politique. Les officiers peuvent définir les conditions d’un retrait. Ils ne peuvent pas contraindre le gouvernement israélien à l’accepter. An-Nahar présente donc Washington comme un partenaire indispensable, mais non comme une garantie automatique. La diplomatie libanaise doit obtenir des engagements précis et éviter que le pays ne se contente de nouvelles déclarations. Le journal rappelle enfin que la visite présidentielle ne se limite pas au dossier du sud. Joseph Aoun veut aussi renforcer les relations bilatérales, obtenir un soutien économique et militaire, et réaffirmer la place du Liban dans les priorités américaines. Cependant, l’issue des négociations avec Israël restera le principal critère utilisé pour juger le succès du déplacement.
Selon Al Liwa’ du 13 juillet 2026, les États-Unis sont directement responsables de la crédibilité de l’accord-cadre, car ils ont encouragé le Liban à choisir la négociation et à accepter un mécanisme progressif. Le journal estime que Washington ne peut pas se limiter à organiser des réunions ou à envoyer des délégations. Elle doit imposer à Israël des mesures concrètes. La publication souligne que la première zone expérimentale sera un test de la volonté américaine. Si Israël se retire, l’administration Trump pourra affirmer qu’elle a obtenu une avancée. Si le retrait est retardé, l’accord apparaîtra comme un dispositif destiné surtout à modifier la situation intérieure libanaise. Al Liwa’ insiste sur le fait que Joseph Aoun se rendra à Washington pour rappeler que le Liban a déjà accepté la voie diplomatique. Il a aussi annoncé sa disponibilité à déployer l’armée et à appliquer les décisions de l’État. La contrepartie attendue est désormais israélienne. Le journal estime que Donald Trump doit comprendre que le maintien de l’occupation affaiblit les responsables libanais favorables à la négociation. Il renforce les arguments du Hezbollah et de ses alliés. Il nourrit aussi la méfiance de la population du sud. La publication ajoute que la diplomatie américaine doit tenir compte de la situation humanitaire et économique. Les habitants déplacés veulent rentrer. Les villages détruits attendent la reconstruction. Les institutions libanaises ne peuvent pas lancer de grands projets tant que la sécurité n’est pas garantie. Pour Al Liwa’, Washington doit donc associer le retrait militaire à un soutien financier, à une aide pour l’armée et à une mobilisation internationale en faveur du sud. Le journal considère également que la visite de Joseph Aoun peut servir à redéfinir la relation entre le Liban et les États-Unis. Le président cherchera à montrer que l’État libanais veut reprendre son rôle, mais qu’il a besoin d’un appui extérieur pour faire respecter sa souveraineté. La publication met toutefois en garde contre une dépendance excessive. Le Liban doit conserver une position nationale et éviter que ses choix soient entièrement soumis aux priorités américaines. Al Liwa’ défend ainsi une diplomatie fondée sur le partenariat, mais exigeante sur les résultats. Washington est attendue comme garante du processus. Elle sera aussi tenue responsable si Israël utilise les discussions pour gagner du temps.
Les médiations régionales face au risque d’un nouvel embrasement
Selon Asharq Al Awsat du 13 juillet 2026, la diplomatie libanaise se déroule dans un environnement régional devenu beaucoup plus instable. La publication consacre une large place aux efforts de médiation entre les États-Unis et l’Iran, ainsi qu’au rôle du Qatar, d’Oman et du Pakistan. Ces pays tentent de maintenir des canaux ouverts malgré les frappes, les menaces et la fermeture annoncée du détroit d’Ormuz. Le journal rapporte que le Qatar a participé à plusieurs démarches visant à réduire la tension. Oman a accueilli des discussions sur la sécurité de la navigation. Le Pakistan a également défendu un retour à la négociation. Cependant, l’extension des attaques iraniennes à plusieurs pays arabes réduit la marge des médiateurs. Asharq Al Awsat souligne que les gouvernements du Golfe doivent désormais protéger leurs territoires tout en essayant d’éviter une guerre générale. Cette évolution a des effets directs sur le Liban. Les médiateurs qui pourraient soutenir un retrait israélien ou financer la reconstruction sont absorbés par leur propre sécurité. Les États-Unis, de leur côté, peuvent être tentés de concentrer leurs efforts sur le détroit, les bases militaires et les routes énergétiques. Le journal indique toutefois que le Qatar conserve une place particulière dans le dossier libanais. Le décès de Hamad ben Khalifa Al Thani rappelle le rôle joué par Doha après la guerre de 2006 et lors de l’accord de 2008. Cette mémoire nourrit l’idée que le Qatar peut encore contribuer à une médiation ou à un soutien financier. La publication insiste aussi sur la diplomatie iranienne. Téhéran cherche à relier le dossier libanais à ses propres négociations avec Washington. Cette approche est soutenue par le Hezbollah et contestée par les partisans d’un règlement séparé. Asharq Al Awsat estime donc que la diplomatie libanaise doit éviter deux risques. Le premier serait de rester prisonnière de la confrontation entre l’Iran et les États-Unis. Le second serait d’ignorer totalement cette confrontation, alors qu’elle influence la position du Hezbollah, d’Israël et des médiateurs. Le journal présente la réunion de Rome et la visite de Washington comme des tentatives pour préserver une voie proprement libanaise. Leur succès dépendra toutefois de la capacité des acteurs régionaux à empêcher un nouvel embrasement.
Selon Al Quds Al Arabi du 13 juillet 2026, la diplomatie régionale se trouve confrontée à une contradiction profonde. Plusieurs capitales appellent à la désescalade, mais les opérations militaires continuent de s’étendre. Le journal rapporte les efforts de l’Égypte, du Qatar, d’Oman et du Pakistan pour maintenir le dialogue. Il souligne aussi les déclarations de plusieurs pays arabes condamnant les attaques iraniennes et demandant le respect de leur souveraineté. La publication estime que cette mobilisation diplomatique traduit une peur commune. Les gouvernements arabes ne veulent pas être transformés en terrains d’affrontement entre Washington et Téhéran. Dans ce contexte, le Liban apparaît comme un pays particulièrement exposé. Son territoire a déjà servi de front indirect. Le Hezbollah conserve des liens politiques et militaires avec l’Iran. Israël maintient des positions au sud et poursuit ses opérations. Al Quds Al Arabi souligne que toute rupture des médiations peut donc entraîner une aggravation immédiate sur la frontière libanaise. Le journal accorde aussi une place au rôle du Qatar. Il rappelle que Doha a souvent parlé avec des acteurs opposés, des États-Unis à l’Iran, en passant par les mouvements palestiniens et libanais. Cette capacité peut servir à transmettre des messages et à réduire les risques d’erreur. Toutefois, la publication estime que le contexte actuel est plus difficile. Les attaques contre les pays du Golfe rendent leurs gouvernements moins disponibles pour une médiation neutre. Les pressions américaines et israéliennes limitent également leur liberté d’action. Al Quds Al Arabi considère que le Liban doit donc multiplier les canaux. Il ne peut pas dépendre uniquement de Washington. Il doit maintenir ses relations avec le Qatar, l’Égypte, la Turquie, l’Arabie saoudite, la France et les Nations unies. Le journal insiste enfin sur la nécessité d’un discours libanais cohérent. Les partenaires étrangers ne peuvent pas soutenir efficacement un pays dont les responsables présentent des stratégies opposées. Pour la publication, la diplomatie libanaise doit articuler trois demandes : la fin de l’occupation, l’arrêt des attaques et le retour de l’autorité de l’État. Toute médiation qui ne répond pas à ces trois éléments restera incomplète.
Politique internationale : l’escalade autour d’Ormuz redessine les rapports de force régionaux
Washington et Téhéran entraînent les États du Golfe dans leur confrontation
Selon Asharq Al Awsat du 13 juillet 2026, la confrontation entre les États-Unis et l’Iran a franchi un nouveau seuil avec l’annonce iranienne de la fermeture du détroit d’Ormuz et une troisième série de frappes américaines. Le journal rapporte que la marine des gardiens de la révolution a pris pour cible un navire marchand battant pavillon chypriote. Téhéran l’accusait de ne pas respecter la voie de passage imposée et de ne pas répondre aux avertissements. L’attaque aurait provoqué un incendie, des dégâts dans la salle des machines et la disparition d’un membre de l’équipage. Les gardiens de la révolution ont ensuite annoncé que le détroit resterait fermé jusqu’à la fin de ce qu’ils présentent comme les interventions américaines dans la région. Washington a répondu en frappant environ cent quarante objectifs militaires. D’après les informations réunies par Asharq Al Awsat, les opérations ont visé des positions de missiles, des installations liées aux drones, des dépôts de munitions, des capacités navales, des réseaux de communication et des centres de surveillance côtière. Des explosions ont été signalées à Bandar Abbas, Qeshm, Jask, Bushehr et dans plusieurs zones du sud iranien. Le journal précise que ces frappes porteraient à plus de trois cents le nombre d’objectifs visés en trois nuits. Donald Trump affirme que le détroit reste ouvert et que les forces américaines peuvent garantir la liberté de navigation. L’Iran soutient au contraire que le passage est devenu impossible sans son autorisation. Asharq Al Awsat montre ainsi que les deux camps ne se disputent pas seulement le contrôle militaire du détroit. Ils cherchent aussi à imposer leur définition de la légalité maritime et de la sécurité régionale. Le quotidien souligne cependant que l’affrontement touche désormais directement les pays arabes. Des attaques iraniennes ont visé ou menacé des sites au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, à Oman et en Jordanie. Plusieurs gouvernements ont annoncé des interceptions, des dommages ou des blessés. L’Arabie saoudite a condamné les attaques contre les navires et les États voisins. Elle a accusé l’Iran de menacer la navigation et la stabilité régionale. Oman, pourtant engagé dans la médiation, a convoqué l’ambassadeur iranien après des frappes sur son territoire. Cette extension réduit fortement les chances d’une désescalade rapide.
Selon Al Quds Al Arabi du 13 juillet 2026, le conflit autour du détroit d’Ormuz ne peut plus être décrit comme une simple série d’incidents maritimes. Il s’agit d’une lutte pour la maîtrise d’un passage qui concentre une part majeure des exportations mondiales d’énergie. La publication rapporte que les États-Unis ont présenté leurs frappes comme une réponse aux attaques menées contre deux navires. Téhéran affirme, pour sa part, que ces bâtiments avaient violé les règles iraniennes et mis en danger la circulation maritime. Al Quds Al Arabi relève que la réponse de l’Iran ne s’est pas limitée aux eaux du détroit. Des missiles et des drones ont été dirigés vers des pays où se trouvent des forces ou des équipements américains. Les défenses aériennes du Qatar ont annoncé avoir intercepté plusieurs missiles balistiques. Des éclats auraient blessé trois personnes, dont un enfant. Le Koweït a signalé des attaques contre plusieurs postes frontaliers et une plateforme de forage. Bahreïn a déclenché des alertes de sécurité. La Jordanie a indiqué que trois missiles venus d’Iran étaient tombés sur son territoire, sans faire de victime. Oman a également rapporté des attaques dans les gouvernorats de Musandam et d’Al Wusta. Le journal insiste sur le malaise des capitales arabes. Plusieurs d’entre elles appellent depuis des mois à la négociation et refusent d’être intégrées à un conflit qui ne correspond pas à leurs intérêts. Pourtant, leur accueil de bases ou de moyens américains les transforme en cibles possibles. Al Quds Al Arabi souligne que les déclarations iraniennes traduisent une volonté d’élever le coût régional de toute offensive américaine. Mohammad Bagher Ghalibaf affirme que l’époque des accords inégaux est terminée. Mohsen Rezaï décrit Ormuz comme un atout plus important que des dizaines de bombes atomiques. Ces formules montrent que Téhéran considère désormais le passage comme une pièce centrale de sa stratégie de dissuasion. Le journal met toutefois en évidence un paradoxe. L’Iran veut imposer sa souveraineté sur le détroit, mais ses attaques contre des États voisins risquent d’isoler davantage le pays. Elles peuvent aussi pousser les gouvernements du Golfe à renforcer leur coopération militaire avec Washington. L’escalade produit donc un résultat incertain. Elle donne à l’Iran un moyen de pression immédiat, tout en renforçant les arguments des partisans d’une présence américaine durable dans la région.
Selon Al Arabi Al Jadid du 13 juillet 2026, l’absence de résultats après la trêve et les discussions de juin a replacé les monarchies du Golfe en première ligne d’un conflit qu’elles cherchaient à contenir. Le journal décrit une région prise entre la volonté américaine de maintenir la liberté de navigation et la décision iranienne de faire du détroit un instrument de négociation. Les marchés pétroliers, les compagnies maritimes et les bourses régionales suivent chaque annonce avec inquiétude. La publication rappelle que la fermeture ou la paralysie d’Ormuz ne dépend pas seulement de la présence de navires militaires. Elle dépend du comportement des armateurs, des assureurs et des banques. Même si Washington escorte certains bâtiments, les sociétés privées peuvent décider de suspendre les traversées devant le risque d’une nouvelle attaque. Al Arabi Al Jadid relève également que les États du Golfe tentent de préserver une position commune, sans rompre complètement les canaux avec l’Iran. Le Qatar et Oman ont participé aux efforts de médiation. Pourtant, les frappes dirigées contre leurs territoires affaiblissent leur capacité à rester à égale distance des deux camps. Les condamnations se multiplient, tandis que les gouvernements renforcent leurs défenses aériennes et leurs dispositifs de protection civile. Le journal souligne que l’enjeu ne se limite pas aux exportations de pétrole. La sécurité des installations gazières, des ports, des aéroports et des réseaux de dessalement devient une priorité. Une attaque contre ces équipements aurait des conséquences immédiates sur les populations et sur l’économie mondiale. Al Arabi Al Jadid insiste aussi sur la dimension politique intérieure de l’affrontement américain. Donald Trump se trouve à quelques mois d’élections de mi-mandat importantes pour son camp. Une hausse durable des prix de l’énergie pourrait affaiblir les républicains. Téhéran peut être tenté d’utiliser cette contrainte électorale pour améliorer ses conditions de négociation. Washington veut, au contraire, démontrer qu’elle peut frapper l’Iran tout en maintenant les routes commerciales ouvertes. La publication estime ainsi que chaque camp cherche à éviter l’image d’un recul. Cette logique réduit la place du compromis. Elle augmente surtout le risque d’un incident incontrôlé, car une attaque contre un navire, une base ou une installation énergétique peut entraîner une réponse beaucoup plus large que celle initialement prévue.
Syrie, Irak et mer de Chine : de nouveaux équilibres sous pression
Selon Asharq Al Awsat du 13 juillet 2026, la première séance du nouveau Conseil du peuple syrien marque une étape politique importante dans la transition conduite par le président Ahmad Al Sharaa. La publication souligne le caractère inhabituel de la séance, au cours de laquelle le discours présidentiel s’est achevé sans les ovations organisées qui accompagnaient les réunions parlementaires de l’ancien régime. Les membres ont prêté serment collectivement devant le chef de l’État. Ahmad Al Sharaa les a appelés à faire du Conseil un modèle de responsabilité et de compétence. Il leur a demandé de promouvoir le dialogue, la primauté de la loi et le respect des institutions. Le journal rapporte l’élection d’Abdelhamid Al Aouak à la présidence du Conseil avec quatre-vingt-dix-neuf voix. Juriste connu dans les rangs de l’ancienne opposition, il avait présidé la commission chargée de rédiger le projet de déclaration constitutionnelle provisoire. Mustafa Moussa a été élu premier vice-président, tandis que Madona Bachara a obtenu la seconde vice-présidence. Asharq Al Awsat présente ces choix comme une tentative d’associer plusieurs profils politiques, universitaires et régionaux à la nouvelle architecture institutionnelle. Toutefois, la publication rappelle que les pouvoirs du Conseil restent encadrés par la phase de transition. Son rôle dépendra de sa capacité à contrôler l’action publique, à participer à la rédaction des lois et à représenter une société profondément divisée par la guerre. L’absence de slogans ne suffit pas, à elle seule, à garantir une véritable rupture. Le nouveau pouvoir devra montrer que le Parlement peut débattre, modifier les textes et demander des comptes. Le quotidien insiste aussi sur les défis qui entourent cette transition. La reconstruction économique, la situation des réfugiés, la présence de forces étrangères et les tensions communautaires limitent la marge d’action de Damas. Ahmad Al Sharaa cherche à présenter la nouvelle Assemblée comme un symbole de normalisation institutionnelle. Pourtant, la crédibilité du dispositif dépendra du pluralisme réel, de la place accordée aux régions et de l’évolution des libertés publiques. La séance constitue donc une étape visible, mais elle ne règle pas les questions centrales sur la nature du futur régime syrien et sur la durée de la transition.
Selon Al Quds Al Arabi du 13 juillet 2026, la visite du premier ministre irakien Ali Al Zaidi à Washington illustre la volonté de Bagdad de redéfinir sa relation avec les États-Unis dans un contexte régional très tendu. La publication rapporte que le chef du gouvernement doit rencontrer Donald Trump, ainsi que plusieurs responsables politiques, économiques et financiers américains. Le dossier économique occupe une place centrale. Des protocoles d’entente sont annoncés dans les secteurs du pétrole et du gaz. Bagdad cherche à attirer des entreprises américaines, à augmenter sa capacité de production et à réduire sa dépendance au détroit d’Ormuz comme voie principale d’exportation. Le journal évoque aussi la possibilité de créer un mécanisme financier alimenté par une partie des exportations pétrolières irakiennes. Cette visite possède toutefois une forte dimension politique et sécuritaire. Ali Al Zaidi a promis de réserver les armes aux institutions de l’État et d’encourager les groupes armés à remettre leur équipement. Certains mouvements proches de l’Iran acceptent le principe d’une intégration ou d’une réduction de leurs activités. D’autres refusent encore de renoncer à leur autonomie. Al Quds Al Arabi rappelle que la Résistance islamique en Irak a condamné la visite. Elle considère le maintien de forces américaines comme une occupation et demande le respect du calendrier annoncé pour leur retrait. Elle avertit également le gouvernement contre toute normalisation avec Israël et contre la signature d’accords échappant au contrôle parlementaire. Le journal décrit ainsi un premier ministre placé entre plusieurs exigences. Washington veut limiter l’influence militaire iranienne et sécuriser les investissements. Les groupes armés refusent que la coopération économique serve de moyen de pression politique. Les voisins arabes demandent à l’Irak d’empêcher que son territoire ne soit utilisé pour les attaquer. Lors d’un échange avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, Bagdad a renouvelé son engagement à ne permettre aucune opération contre les pays de la région depuis son sol ou son espace aérien. Pour Al Quds Al Arabi, la visite de Washington doit donc déterminer si l’Irak peut construire une politique extérieure plus équilibrée, fondée sur ses intérêts économiques, sans provoquer une nouvelle confrontation entre l’État et les factions armées.
Selon Al Bina’ du 13 juillet 2026, la rivalité entre la Chine et les États-Unis demeure un autre foyer majeur de tension internationale. Le journal rapporte que Pékin a renouvelé ses revendications de souveraineté en mer de Chine méridionale. Le ministère chinois des Affaires étrangères accuse des puissances extérieures, notamment les États-Unis, d’intensifier leurs activités militaires et d’aggraver les tensions. La Chine continue de rejeter la décision rendue en 2016 par la Cour permanente d’arbitrage dans le différend qui l’oppose aux Philippines. Pékin décrit cette décision comme illégale, nulle et sans force obligatoire. Il demande aux États concernés de respecter ce qu’il présente comme ses droits territoriaux et maritimes. Al Bina’ rapporte qu’à l’occasion du dixième anniversaire du jugement, les Philippines, le Japon, les États-Unis et onze autres pays ont publié une déclaration commune. Ils affirment que les revendications chinoises étendues ne reposent sur aucune base juridique et rappellent que la décision arbitrale est définitive et contraignante. L’Australie, le Royaume-Uni, le Canada, l’Allemagne, l’Italie, la Nouvelle-Zélande et plusieurs États européens figurent parmi les signataires. Le journal rappelle que les tensions se sont multipliées ces dernières années entre les navires chinois et philippins. Manille accuse Pékin d’effectuer des manœuvres dangereuses dans sa zone économique exclusive. La Chine répond que les Philippines agissent avec le soutien de puissances étrangères qui cherchent à contenir son ascension. Al Bina’ présente ce conflit comme une lutte dépassant largement la souveraineté sur quelques récifs ou îlots. Il concerne le contrôle des routes commerciales, les ressources maritimes et l’équilibre militaire en Asie. Les États-Unis veulent empêcher qu’une seule puissance puisse dominer ces eaux. La Chine considère la présence militaire américaine comme une menace directe dans son voisinage. Les États de la région tentent, quant à eux, de protéger leurs droits sans être contraints de choisir totalement entre Pékin et Washington. Cette rivalité rejoint, par sa logique, la crise d’Ormuz. Dans les deux cas, les grandes puissances se disputent la sécurité et les règles de circulation dans des passages essentiels au commerce mondial.
Économie : entre l’incertitude régionale, la reconstruction et les réformes structurelles
Le détroit d’Ormuz ravive les inquiétudes sur les marchés de l’énergie et l’économie libanaise
Selon Asharq Al Awsat du 13 juillet 2026, la fermeture annoncée du détroit d’Ormuz par les gardiens de la révolution iraniens constitue désormais la principale menace économique pour l’ensemble du Moyen-Orient. Le quotidien rappelle que ce passage maritime demeure l’une des principales voies d’exportation du pétrole et du gaz dans le monde. Toute perturbation de la circulation des navires provoque immédiatement une hausse des coûts du transport maritime, des primes d’assurance et des prix des hydrocarbures. Les frappes américaines menées contre des installations militaires iraniennes et les attaques iraniennes contre plusieurs navires commerciaux ont renforcé les inquiétudes des opérateurs économiques. Même si Washington affirme que la navigation reste possible grâce à la présence de ses forces navales, la publication souligne que les décisions appartiennent désormais aux compagnies de transport et aux assureurs. Beaucoup hésitent à engager leurs navires dans une zone où le risque militaire augmente chaque jour. Pour le Liban, cette évolution représente une menace immédiate. Le pays importe la quasi-totalité de ses produits énergétiques. Une augmentation durable des prix du pétrole alourdirait automatiquement les coûts de production, de transport, de distribution et de consommation. Les entreprises, déjà confrontées à une activité ralentie depuis plusieurs années, devraient absorber une nouvelle hausse de leurs charges. Les ménages seraient également touchés à travers le prix du carburant, de l’électricité produite par les générateurs privés et du transport des marchandises. Asharq Al Awsat rappelle que cette situation intervient alors que le Liban tente encore de sortir d’une longue crise financière. Les besoins de reconstruction du Sud exigent des ressources importantes, alors que l’État continue de souffrir d’un manque chronique de recettes. Toute aggravation de la crise énergétique internationale risque donc d’affaiblir davantage les finances publiques. Le journal ajoute enfin que plusieurs États du Golfe, producteurs d’hydrocarbures, surveillent avec inquiétude les conséquences économiques d’un conflit prolongé. Une flambée durable des prix pourrait certes accroître leurs revenus, mais elle augmenterait aussi les risques pesant sur leurs installations énergétiques, leurs exportations et leurs investissements internationaux.
Selon Al Quds Al Arabi du 13 juillet 2026, les conséquences économiques de la confrontation entre Washington et Téhéran dépassent largement le seul secteur pétrolier. Le quotidien explique que les marchés financiers suivent désormais les développements militaires presque heure par heure. Chaque attaque contre un navire, chaque annonce concernant le détroit d’Ormuz et chaque nouvelle frappe provoquent des mouvements immédiats sur les marchés de l’énergie et du transport maritime. Le journal souligne que les grands opérateurs internationaux redoutent moins une fermeture officielle du détroit qu’une multiplication d’incidents susceptibles d’empêcher les assureurs de couvrir les navires commerciaux. Cette évolution pourrait ralentir considérablement les échanges commerciaux entre l’Asie, le Golfe et l’Europe. Pour les économies dépendantes des importations, comme le Liban, les effets seraient particulièrement lourds. La hausse des coûts de fret se répercuterait sur l’ensemble des biens importés, qu’il s’agisse des produits alimentaires, des médicaments, des matériaux de construction ou des équipements industriels. Al Quds Al Arabi rappelle également que les gouvernements arabes doivent désormais arbitrer entre leurs dépenses militaires croissantes et leurs investissements économiques. Les attaques visant plusieurs pays du Golfe obligent ces États à renforcer leurs systèmes de défense tout en maintenant leurs grands projets de diversification économique. Cette situation pourrait réduire, à court terme, la capacité de certains partenaires arabes à financer des projets de reconstruction dans les pays voisins, notamment au Liban. Le quotidien considère enfin que l’économie régionale entre dans une période d’incertitude où les investisseurs privilégient les marchés les plus stables. Les pays confrontés à des tensions politiques ou sécuritaires, comme le Liban, risquent donc d’éprouver davantage de difficultés à attirer des capitaux étrangers tant que la situation régionale ne sera pas clarifiée.
La reconstruction du Sud demeure l’un des principaux défis économiques du Liban
Selon Al Liwa’ du 13 juillet 2026, la reconstruction des régions touchées par les opérations militaires reste l’un des principaux enjeux économiques auxquels le gouvernement devra répondre dans les prochains mois. Le journal rappelle que les destructions provoquées par les combats ont affecté des centaines d’habitations, de commerces, d’exploitations agricoles et d’infrastructures publiques. Le retour des habitants dépend désormais autant de la sécurité que de la capacité des autorités à rétablir les services essentiels. Routes, réseaux électriques, écoles, centres de santé et bâtiments administratifs devront être remis en état avant que l’activité économique puisse reprendre normalement. La publication souligne que cette reconstruction nécessitera un soutien international massif. Les capacités financières de l’État restent limitées après plusieurs années de crise économique et monétaire. Le gouvernement compte donc sur les partenaires internationaux pour accompagner ce processus. Toutefois, Al Liwa’ insiste sur une condition essentielle : aucun bailleur de fonds n’investira durablement tant que la stabilité sécuritaire ne sera pas assurée. Le journal établit ainsi un lien direct entre les négociations diplomatiques et les perspectives économiques. Plus rapidement le retrait israélien interviendra, plus rapidement les programmes de reconstruction pourront être engagés. À l’inverse, un prolongement de l’occupation ou une reprise des combats repousseraient les investissements et retarderaient le redressement économique des régions concernées. Le quotidien souligne également que les agriculteurs du Sud attendent de pouvoir reprendre pleinement leurs activités. Les exploitations agricoles représentent une ressource essentielle pour de nombreuses familles. Leur remise en fonctionnement suppose la sécurisation des terres, la réhabilitation des réseaux d’irrigation et la réouverture des axes de transport.
Selon An-Nahar du 13 juillet 2026, les conséquences économiques de la guerre restent visibles bien au-delà des zones directement touchées par les bombardements. Le journal consacre plusieurs reportages à l’évolution de l’activité touristique au Liban durant la saison estivale. Il observe que les régions traditionnellement fréquentées par les visiteurs connaissent une redistribution des flux. Les secteurs du Nord et du Mont-Liban bénéficient d’une hausse de fréquentation, tandis que le Sud continue de subir les effets de l’insécurité. Les hôtels et les locations saisonnières situés entre Jbeil, Batroun et Ehden enregistrent une forte demande, ce qui entraîne une augmentation sensible des prix. À l’inverse, la région de Tyr accueille principalement des visiteurs originaires du Sud eux-mêmes. Le journal décrit un contraste saisissant entre une activité balnéaire relativement dynamique et la proximité immédiate des bombardements. Les habitants tentent de maintenir une vie économique minimale malgré les risques permanents. An-Nahar estime que cette situation illustre la capacité d’adaptation de nombreuses entreprises locales, mais souligne également la fragilité de cette reprise. Une aggravation de la situation militaire suffirait à interrompre de nouveau la saison touristique et à priver de nombreux professionnels d’une source essentielle de revenus.
Les réformes économiques restent au cœur des débats nationaux
Selon Al Akhbar du 13 juillet 2026, le gouvernement poursuit parallèlement plusieurs projets de réformes économiques qui suscitent d’importantes controverses. Le journal consacre une large analyse au projet de réforme du secteur de l’électricité. Selon cette publication, le ministère de l’Énergie prépare un plan qui prévoit une ouverture beaucoup plus importante au secteur privé. Ce projet comprendrait une restructuration progressive d’Électricité du Liban, une séparation des différentes activités de production, de transport et de distribution ainsi qu’une participation accrue d’opérateurs privés. Al Akhbar critique vivement cette orientation. Le quotidien estime que cette réforme pourrait conduire à une privatisation progressive d’un secteur stratégique sans garantir une amélioration réelle du service rendu aux usagers. Il s’interroge également sur les investisseurs susceptibles de financer de tels projets dans un pays qui traverse toujours une profonde crise financière. Selon le journal, les futures concessions pourraient créer de nouveaux monopoles régionaux dans la distribution et la facturation de l’électricité. La publication considère enfin que toute réforme durable suppose auparavant une stabilisation politique et sécuritaire permettant de restaurer la confiance des investisseurs.
Selon Asharq Al Awsat du 13 juillet 2026, les difficultés économiques du Liban restent également liées à sa capacité à rétablir des relations de confiance avec ses partenaires internationaux. Le journal rappelle que les autorités cherchent à renforcer le soutien extérieur à l’armée, mais également à attirer des investissements destinés à accompagner la reconstruction et les réformes économiques. Les responsables américains et européens suivent avec attention l’évolution de la situation politique. Les progrès réalisés dans l’application de l’accord-cadre pourraient favoriser une reprise de certains programmes d’assistance. En revanche, une reprise des affrontements ou un blocage durable des négociations compliqueraient fortement toute perspective de financement international. La publication souligne enfin que l’économie libanaise demeure particulièrement sensible aux évolutions régionales. La stabilité intérieure, les réformes institutionnelles et la sécurité des frontières sont désormais perçues comme trois conditions inséparables pour espérer un véritable redressement économique.
Justice : les nominations judiciaires, l’impunité politique et les dossiers de corruption au premier plan
Les nominations judiciaires révèlent une lutte d’influence au sommet de la magistrature
Selon Al Akhbar du 13 juillet 2026, le Conseil supérieur de la magistrature traverse une crise ouverte autour d’un projet limité de nominations et de mutations judiciaires. Le journal décrit un affrontement entre le président du Conseil, Souheil Abboud, et le procureur général près la Cour de cassation, Ahmad Rami Al Hajj. Le projet examiné ne concernerait qu’une trentaine de magistrats. Plusieurs souhaitent être rapprochés de leur domicile ou quitter des fonctions dans lesquelles ils ne se sentent plus à l’aise. Pourtant, cette opération restreinte a provoqué un conflit qui dépasse largement les demandes individuelles. Ahmad Rami Al Hajj aurait proposé de transférer le juge Rabih Al Hassami de la présidence de la cour criminelle du Nord à celle de la cour criminelle de Beyrouth. Il considère que le magistrat possède l’ancienneté, les qualifications et le rang nécessaires. Cette nomination aurait également constitué une forme de réparation après l’exclusion d’Al Hassami de la course au poste de procureur général près la Cour de cassation. Selon Al Akhbar, Souheil Abboud s’est opposé au transfert en avançant plusieurs difficultés. Le désaccord a conduit le Conseil à voter. Cinq membres auraient soutenu la proposition, contre quatre opposants. Toutefois, Souheil Abboud aurait utilisé la voix prépondérante attachée à sa fonction pour faire tomber la nomination. Ahmad Rami Al Hajj aurait alors quitté la réunion, provoquant la perte du quorum et l’interruption du reste des discussions. Le quotidien rapporte aussi d’autres propositions présentées par le procureur général. Le juge Bilal Al Dannawi, actuellement à la tête de la cour criminelle de Beyrouth, souhaitait être muté dans le Sud. Le juge Ghassan Maati aurait pu rejoindre une chambre de la Cour de cassation. Le juge Hani Abdel Moneim Al Hajjar était proposé à un poste d’avocat général près la Cour de cassation. Ghassan Khoury et Mona Hankir figuraient également dans le projet de mouvements. Al Akhbar estime que ces noms révèlent une lutte sur l’équilibre des postes influents et sur le pouvoir de décider des carrières. Le journal évoque une possible coordination entre Ahmad Rami Al Hajj et le palais présidentiel. Il note aussi que le ministre de la Justice, Adel Nassar, semblerait plus proche de la position de Souheil Abboud. La crise pourrait donc dépasser un simple désaccord professionnel. Elle risque de devenir une confrontation durable entre les responsables du corps judiciaire, avec des appuis politiques différents. Le report d’une autre séance, demandé selon le journal par le ministre de la Justice, renforce cette impression. La nomination récente d’Oussama Mneimneh à la présidence de l’Inspection judiciaire ajoute un nouvel élément à l’équilibre interne. Son entrée au Conseil pourrait modifier les rapports de force. Pour Al Akhbar, l’enjeu principal reste la crédibilité du mécanisme de nomination. Tant que les choix apparaissent liés à des rivalités personnelles ou politiques, les mutations judiciaires risquent d’être perçues comme une distribution de positions plutôt que comme un moyen d’améliorer le fonctionnement des tribunaux.
Selon Al Akhbar du 13 juillet 2026, cette confrontation pose aussi une question plus large sur l’indépendance de la justice. La publication décrit un système dans lequel les équilibres entre les hauts magistrats, le ministère de la Justice, la présidence de la République et le gouvernement peuvent influencer le sort d’un projet présenté comme administratif. La majorité détenue par Souheil Abboud au sein du Conseil lui permettrait, selon le journal, de peser fortement sur la composition finale des nominations. Toutefois, Ahmad Rami Al Hajj montre qu’il peut bloquer les réunions en refusant de cautionner un projet qu’il juge déséquilibré. Cette capacité réciproque de blocage menace l’ensemble du calendrier judiciaire. Les mutations devaient être transmises au ministre de la Justice avant le début des vacances judiciaires. Leur report pourrait laisser plusieurs postes vacants ou maintenir des magistrats dans des fonctions qu’ils souhaitent quitter. Le journal souligne que le dossier ne concerne donc pas seulement les personnes proposées. Il touche au travail quotidien des tribunaux, à la répartition des affaires et à la continuité des procédures. La bataille autour de Rabih Al Hassami illustre aussi le poids de la reconnaissance professionnelle. Ses soutiens considèrent qu’il a été écarté d’un poste supérieur malgré ses compétences. Ses adversaires estiment que son transfert à Beyrouth n’est pas possible ou ne correspond pas aux besoins de l’institution. L’absence d’explication publique et détaillée sur ces choix alimente la suspicion. Al Akhbar évoque la possibilité d’une intervention de Baabda pour contenir le conflit avant qu’il ne se transforme en rupture ouverte. Cependant, le journal note que cette intervention serait elle-même délicate. Une médiation présidentielle pourrait être vue comme une nouvelle intrusion politique dans les affaires judiciaires. À l’inverse, l’absence de médiation pourrait prolonger le blocage. La situation met donc en évidence une faiblesse structurelle. Le Conseil supérieur de la magistrature doit garantir l’indépendance des juges, mais son fonctionnement reste traversé par des rapports de pouvoir et par des liens avec les institutions politiques. La réforme des nominations ne peut pas se limiter à changer quelques noms. Elle suppose des critères connus, une justification des décisions, un calendrier stable et une protection contre les interventions extérieures. Sans ces garanties, chaque mouvement judiciaire peut devenir une crise. Cette affaire montre aussi que la confiance du public dépend du comportement des plus hauts responsables. Une justice divisée au sommet aura plus de mal à convaincre qu’elle peut traiter avec impartialité les dossiers de corruption, les crimes politiques et les affaires financières qui attendent encore une décision.
Les crimes politiques non élucidés continuent d’alimenter le débat sur l’impunité
Selon Al Joumhouriyat du 13 juillet 2026, le vingt-et-unième anniversaire de la tentative d’assassinat d’Elias Murr remet au centre la question de l’impunité dans les crimes politiques. Le journal rappelle que l’ancien vice-premier ministre et ministre de la Défense avait été visé le 12 juillet 2005 par une voiture piégée. L’attentat ne constituait pas, selon l’analyse publiée, un acte isolé. Il s’inscrivait dans une série de violences visant des responsables politiques, des journalistes et des personnalités publiques durant une période de profond bouleversement. Le texte souligne qu’une tentative d’assassinat contre un ministre de la Défense ne vise pas seulement la personne. Elle cherche aussi à envoyer un message à l’État, à l’armée et à tous ceux qui pourraient s’opposer aux forces capables d’utiliser la violence. Vingt et un ans plus tard, l’absence de jugement définitif sur les responsables maintient la blessure ouverte. Al Joumhouriyat présente cette affaire comme un exemple du coût institutionnel de l’impunité. Lorsqu’un crime politique n’est pas élucidé, il ne reste pas dans le passé. Il crée un précédent. Il montre que les auteurs peuvent éliminer ou intimider leurs adversaires sans craindre une sanction rapide. Le journal relie cette culture de l’impunité au recul de l’État et à l’expansion des pouvoirs de fait. Lorsque les institutions n’enquêtent pas jusqu’au bout, d’autres forces imposent leurs choix sur la guerre, la paix et la sécurité. La publication insiste aussi sur la réponse d’Elias Murr à l’attentat. Au lieu de se retirer de la vie publique, il a relancé Al Joumhouriyat et transformé son expérience personnelle en projet médiatique. Le journal décrit ce choix comme une réponse civile à la violence. Les auteurs avaient voulu réduire sa voix. Il a répondu par une institution diffusant chaque jour des informations et des positions. Cette présentation reste liée à l’identité de la publication, mais elle soulève une question judiciaire précise. Pourquoi les enquêtes sur les attentats de cette période n’ont-elles pas permis d’établir toutes les responsabilités ? Le texte considère que l’indépendance du pouvoir judiciaire, la protection des enquêteurs et la fin des couvertures politiques sont indispensables pour empêcher la répétition de tels crimes. Il relie enfin la mémoire du 12 juillet à la situation présente. L’État cherche aujourd’hui à reprendre son autorité sur la sécurité et sur la décision militaire. Cette restauration serait incomplète si elle ne s’accompagnait pas d’une justice capable de traiter les crimes passés. Le monopole de la force ne suffit pas. Il faut aussi mettre fin au monopole de l’impunité dont ont bénéficié les réseaux impliqués dans les violences politiques.
Selon Al Sharq du 13 juillet 2026, les condamnations liées à l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri restent également au cœur d’une demande de justice non exécutée. La une de la publication appelle à la remise de Salim Ayyash, Habib Merhi et Hussein Oneissi. Ces trois noms sont associés aux procédures du Tribunal spécial pour le Liban. La demande de les livrer rappelle que le prononcé d’une décision judiciaire ne suffit pas lorsque les personnes condamnées ou recherchées ne sont pas arrêtées. Le journal fait ainsi ressortir l’écart entre la reconnaissance juridique des responsabilités et l’exécution concrète des jugements. L’affaire Hariri demeure l’un des dossiers les plus lourds de l’histoire judiciaire contemporaine du Liban. Elle concerne un attentat qui a tué l’ancien premier ministre et de nombreuses autres personnes en février 2005. Elle a entraîné une longue enquête internationale, des procédures complexes et plusieurs décisions. Pourtant, l’absence d’arrestation des personnes désignées entretient l’impression d’une justice inachevée. Al Sharq place cette exigence dans un contexte où le pays cherche à restaurer son autorité. Un État ne peut pas affirmer qu’il reprend le contrôle de son territoire tout en laissant sans exécution des décisions portant sur l’un des crimes politiques les plus graves de son histoire récente. La remise des condamnés ou des suspects ne relève donc pas seulement d’un débat partisan. Elle concerne la capacité des institutions à faire respecter les jugements. Le dossier présente toutefois de nombreuses difficultés. Les autorités doivent localiser les personnes concernées, obtenir une coopération sécuritaire et dépasser les protections politiques ou communautaires. La publication ne présente pas ces obstacles comme une excuse. Elle demande que le sujet reste inscrit dans l’action de l’État. Cette insistance rejoint le débat sur les nominations judiciaires. L’efficacité de la justice dépend à la fois de magistrats indépendants et de forces publiques capables d’exécuter les décisions. Sans coopération entre les tribunaux, les services de sécurité et le pouvoir politique, les condamnations restent symboliques. Al Sharq rappelle aussi, par ce choix de une, que la mémoire des victimes ne disparaît pas avec le temps. Les familles attendent une exécution des jugements, et non seulement des commémorations. La publication met ainsi l’accent sur une faiblesse durable de l’ordre judiciaire libanais : les enquêtes peuvent avancer, des verdicts peuvent être prononcés, mais la dernière étape, celle de l’arrestation et de la sanction, reste souvent bloquée par le rapport de force politique.
La lutte contre la corruption en Irak révèle les limites d’une justice soumise aux partis
Selon Al Arabi Al Jadid du 13 juillet 2026, la campagne menée par le nouveau premier ministre irakien Ali Al Zaidi contre la corruption provoque une confrontation avec les responsables de l’ancien système de pouvoir. Le journal rapporte une intervention de l’ancien premier ministre Nouri Al Maliki, qui rejette l’idée d’une responsabilité de son gouvernement et des partis de la Coordination dans l’extension de la corruption. La publication conteste cette version et rappelle que les années de pouvoir de Nouri Al Maliki ont été marquées par une forte expansion des réseaux partisans dans l’État. Selon le journal, la corruption irakienne ne se limite pas au détournement d’argent public. Elle repose sur une organisation politique dans laquelle les emplois, les contrats, les marchés et les administrations sont répartis entre les partis. Les enquêtes judiciaires touchent donc à la structure même du pouvoir. Le gouvernement d’Ali Al Zaidi a fait arrêter plusieurs responsables et parlementaires accusés de corruption. Il promet aussi de réserver les armes à l’État, afin de créer un climat plus sûr pour les investissements. Toutefois, Al Arabi Al Jadid souligne que cette campagne risque de rester limitée si elle vise seulement quelques personnes. Les grands réseaux disposent de protections politiques, financières et parfois militaires. Ils peuvent influencer les administrations, ralentir les procédures et présenter les enquêtes comme des règlements de comptes. Le journal insiste sur la nécessité de distinguer une véritable action judiciaire d’une campagne politique sélective. Une lutte crédible contre la corruption doit appliquer les mêmes règles à tous les partis, y compris aux soutiens du gouvernement. Elle doit protéger les juges, les témoins et les organismes de contrôle. Elle doit aussi rendre publics les montants récupérés, les contrats concernés et les décisions rendues. La visite d’Ali Al Zaidi à Washington ajoute une dimension internationale au dossier. Le premier ministre cherche à attirer des entreprises américaines dans le pétrole et le gaz. Or ces investisseurs demandent un cadre juridique stable et une protection contre les réseaux de prédation. La réforme de la justice devient donc une condition du programme économique. Al Arabi Al Jadid présente l’Irak comme un exemple régional des conséquences d’une justice affaiblie par les partis. Lorsque les responsables politiques contrôlent les nominations, les marchés et les forces armées, les poursuites judiciaires ne peuvent pas avancer librement. Le dossier irakien offre ainsi un écho aux débats libanais. Dans les deux pays, la lutte contre la corruption dépend moins de l’annonce de nouvelles campagnes que de l’indépendance réelle des magistrats et de la capacité de l’État à exécuter leurs décisions.
Selon Asharq Al Awsat du 13 juillet 2026, la visite d’Ali Al Zaidi aux États-Unis intervient alors que son gouvernement promet de renforcer l’État de droit, de poursuivre les responsables corrompus et de limiter l’influence des factions armées. Le journal rapporte que plusieurs arrestations de responsables importants et de membres du Parlement ont déjà eu lieu sur la base d’accusations de corruption. Le premier ministre veut présenter ces opérations comme la preuve d’une rupture avec les pratiques antérieures. Cependant, la réussite de la campagne dépendra de la qualité des procédures. Les arrestations doivent être suivies d’enquêtes solides, de procès équitables et de décisions exécutées. Une multiplication d’opérations spectaculaires sans jugement nourrirait le soupçon d’une justice utilisée contre les adversaires. Asharq Al Awsat relie aussi la lutte contre la corruption au projet de désarmement des factions. Les groupes armés disposent souvent de liens avec des réseaux économiques, des postes administratifs et des entreprises bénéficiant de contrats publics. Réduire leur pouvoir militaire sans traiter leurs ressources financières laisserait intacte une partie du système. À l’inverse, enquêter sur les contrats et les circuits de financement peut provoquer une résistance politique ou sécuritaire. Le gouvernement doit donc agir sur plusieurs plans à la fois. Il doit protéger les magistrats, renforcer les organismes de contrôle, assurer la transparence des marchés et empêcher les menaces contre les enquêteurs. La publication souligne que les États-Unis suivent ce dossier en raison des investissements annoncés dans le pétrole et le gaz. Les entreprises étrangères veulent des garanties juridiques, des procédures claires et une réduction des commissions illégales. La crédibilité de la campagne anticorruption influencera donc directement les accords économiques que Bagdad espère signer. Le journal rappelle également que la stabilité régionale et la souveraineté de l’État sont liées à la justice. Un gouvernement qui ne peut pas poursuivre les responsables de détournements ou contrôler les armes aura du mal à protéger les investissements et à faire respecter les contrats. Le cas irakien montre enfin que la réforme judiciaire ne peut pas être séparée de la réforme politique. Les poursuites les plus sensibles toucheront nécessairement des partis, des anciens ministres ou des responsables disposant d’alliés puissants. La véritable épreuve commencera lorsque les enquêtes approcheront les centres de décision.



