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Cessez-le-feu au Liban : des explosions secouent Khiyam et Bint Jbeil malgré la trêve de dix jours

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Moins de vingt-quatre heures après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël, conclu sous médiation américaine et annoncé par le président Donald Trump, des explosions et des tirs d’artillerie ont été signalés dans plusieurs localités du sud du pays, notamment à Khiyam, Chamaa, Bint Jbeil, Al-Bayyada et Al-Qantara. Ces incidents, survenus principalement dans la nuit du 17 au 18 avril, ont été attribués par l’armée libanaise à des opérations de destruction menées par les forces israéliennes, dans un contexte où des milliers de déplacés continuaient de regagner leurs villages malgré les mises en garde officielles.

Le cessez-le-feu, entré en vigueur à minuit heure locale dans la nuit du 16 au 17 avril, visait à suspendre les opérations offensives après plus de six semaines de combats intenses ayant débuté le 2 mars 2026. Selon les bilans disponibles, près de 2 300 personnes ont été tuées au Liban, dont une majorité de civils, tandis qu’une quinzaine de morts étaient recensés côté israélien, principalement des soldats. Les destructions dans le sud, particulièrement autour de Bint Jbeil, Khiyam et Nabatiyeh, ont été massives, avec des infrastructures électriques, routières et hydrauliques gravement endommagées.

Dès les premières heures de la trêve, le mouvement de retour des déplacés s’est amplifié. Sur les axes reliant Saïda, Tyr et Nabatiyeh, des convois de véhicules surchargés ont circulé sans interruption. Des familles entières, souvent avec enfants et personnes âgées, ont inspecté ce qui restait de leurs habitations, parfois réduites à des tas de gravats. L’armée libanaise a déployé des unités supplémentaires pour encadrer ces retours et a diffusé des communiqués appelant à la prudence face aux risques de munitions non explosées et aux possibles violations de l’accord.

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Dans la soirée du 17 avril, des tirs d’artillerie ont été entendus dans le secteur est, avec une dizaine d’obus signalés. Vers 22 heures, des bruits d’explosions ont retenti à Khiyam, dont l’écho s’est propagé jusqu’à la région de Zahrani. Des témoins ont décrit plusieurs détonations successives, coïncidant avec des tirs d’artillerie. Plus tard dans la nuit, vers 1 heure du matin, de nouvelles explosions ont été rapportées à Chamaa, avec des destructions visibles dans un quartier du village. Des opérations similaires ont touché Bint Jbeil, Al-Bayyada et Al-Qantara, selon des sources locales et des médias israéliens qui ont fait état de « grandes explosions » dans plusieurs zones du sud.

L’armée libanaise a dénoncé ces actes comme des violations de la trêve. Un communiqué a évoqué « un certain nombre d’actes d’agression israéliens », incluant des bombardements sporadiques et des survols dans la zone frontalière. En réponse, le Hezbollah a indiqué avoir visé des positions israéliennes près de Khiam, affirmant agir strictement en réplique. Un responsable du mouvement, Hajj Mahmoud Qomati, interrogé sur la BBC, a souligné que « le respect du cessez-le-feu ne signifie pas permettre à Israël de continuer à violer l’accord sans réponse ». Il a ajouté que « la résistance ne répétera pas l’équation du silence face aux agressions, et le doigt restera sur la détente face à toute violation israélienne », tout en niant que le président de la Chambre Nabih Berri ait accepté d’entrer dans une logique de désarmement unilatéral.

Du côté israélien, l’accord prévoit explicitement qu’Israël s’abstienne de toute action « offensive », tout en conservant le droit d’agir en légitime défense en cas de menace imminente ou d’attaque en cours. Un responsable américain, cité par Axios, a confirmé cette distinction, tandis que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié la trêve d’« opportunité pour un accord historique de paix », tout en maintenant que le désarmement du Hezbollah demeurait une exigence fondamentale. Des clarifications ont été demandées par Tel-Aviv après des messages publics de Donald Trump interdisant les frappes, ce qui aurait surpris l’entourage de Netanyahu.

Le président libanais Joseph Aoun a réagi en qualifiant le président américain d’« ami » lors d’une intervention, soulignant sa disponibilité pour des négociations directes, y compris une possible rencontre à la Maison Blanche. « Je suis prêt à aller partout où il le faudra pour libérer ma terre, protéger mon peuple et sauver mon pays », a-t-il déclaré. Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a également salué l’accord, tout en appelant au plein respect de ses termes.

Sur le plan régional, l’Iran a lié le cessez-le-feu au Liban à une dynamique plus large impliquant le « front de la résistance » comme un bloc unique. Mahmoud Nabavian, vice-président de la commission de sécurité nationale et de politique étrangère du Parlement iranien, a affirmé que « grâce à la résilience de notre peuple et à nos pressions, nous avons forcé les ennemis à reculer ». Il a évoqué un premier recul américain et israélien sur le dossier iranien, suivi d’un second concernant le Hezbollah et le Liban. Un autre responsable iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a contesté plusieurs affirmations de Donald Trump, notamment sur l’ouverture complète du détroit d’Ormuz, en précisant que la circulation s’effectuerait selon un itinéraire déterminé et avec autorisation iranienne, et que le détroit resterait fermé aux navires liés à des puissances hostiles tant que le blocus perdurerait.

L’Iran a annoncé la réouverture du détroit d’Ormuz pour la durée du cessez-le-feu, un geste qui a immédiatement impacté les marchés pétroliers. Cependant, des navires ont été signalés changeant de route, et Téhéran a maintenu des conditions strictes, incluant des frais de passage et une coordination avec les Gardiens de la Révolution. Le porte-parole du ministère de la Défense iranien a insisté sur le caractère conditionnel de cette ouverture. De son côté, la Première ministre italienne Giorgia Meloni s’est déclarée prête à contribuer avec des dragueurs de mines à la sécurisation du détroit, dans un rôle strictement défensif.

Donald Trump a multiplié les déclarations, affirmant que « le détroit d’Ormuz est désormais ouvert à la navigation des navires » et que l’Iran avait accepté de ne jamais posséder d’arme nucléaire. Il a indiqué que les négociations avec Téhéran étaient avancées, avec une nouvelle session prévue à Islamabad lundi, et que les sanctions ne seraient levées qu’après signature complète d’un accord. Il a remercié plusieurs pays du Golfe pour leur rôle et a exclu tout recours à l’OTAN pour les projets américains dans la région.

Dans les villages du sud, les retours se sont poursuivis au matin du 18 avril, bien que plus mesurés après les incidents nocturnes. À Nabatiyeh et Bint Jbeil, des habitants ont décrit une « résistance légendaire » du Hezbollah lors des combats, tout en exprimant leur attachement à la terre malgré les pertes. Des scènes de fouille parmi les décombres, de déblaiement manuel des rues et d’installation de tentes provisoires ont été observées. Des équipes de déminage de l’armée libanaise, coordonnées avec la Finul, ont été déployées pour sécuriser les zones.

L’armée libanaise a renforcé sa présence le long de la frontière et entamé des travaux de réparation des infrastructures électriques. Des ingénieurs militaires évaluent les dégâts sur les lignes reliant le sud au reste du pays. La Finul a multiplié les patrouilles pour documenter le respect de la trêve, notant une accalmie générale malgré les explosions isolées.

À Beyrouth, la nuit du 17 avril a été ponctuée de tirs de célébration dans la banlieue sud. Des rafales ont retenti après minuit, reflétant un soulagement mêlé de méfiance. La vie quotidienne a repris un rythme prudent, avec une circulation dense vers le sud et la réouverture progressive de commerces.

Les déclarations iraniennes ont continué d’insister sur la force retrouvée de l’axe de la résistance. Mohammad Marandi, expert en affaires stratégiques, a affirmé que « l’Iran est sortie de cette guerre plus forte, et l’axe de la résistance également ». Le commandant des forces terrestres iraniennes, général Ali Jahanshahi, a déclaré que l’ennemi avait renoncé à toute idée d’attaque terrestre grâce au renforcement des unités frontalières.

Au matin du 18 avril, vers 8 heures, aucun incident majeur n’était rapporté depuis les explosions de la nuit. Les retours des déplacés se poursuivaient sous surveillance des forces de sécurité libanaises, avec des points de contrôle filtrant les véhicules. Des équipes sanitaires mobiles distribuaient des kits et vérifiaient les réseaux d’eau. Les observateurs de l’ONU continuaient de consigner les mouvements et les éventuelles infractions dans un climat de vigilance maintenue.

Dans le secteur est, des tirs d’artillerie sporadiques ont été entendus en soirée du 17, visant notamment Kounine. Des chars israéliens ont été signalés en redéploiement à l’intérieur de Khiyam, avec des ratissages à l’arme automatique. Ces opérations de destruction, selon des sources israéliennes, visaient à empêcher un retour immédiat des civils dans certaines zones contrôlées.

Le cessez-le-feu, bien que fragilisé par ces événements, a permis une pause relative dans les hostilités majeures. Les négociations se poursuivent sur plusieurs fronts, avec un accent mis sur les mécanismes de vérification et le déploiement accru de l’armée libanaise dans le sud. Les autorités sanitaires ont indiqué que les opérations de déblaiement continuaient, le bilan des victimes restant susceptible d’évoluer avec la fin des fouilles sous les gravats.

Des images du sud publiées le 17 avril montraient des habitants priant parmi les ruines, symboles d’une résilience souvent évoquée dans les discours locaux. À Tyr, des secouristes poursuivaient le dégagement de décombres d’immeubles touchés juste avant la trêve. Le ministère de la Santé a rappelé la nécessité d’une coordination étroite avec les organisations internationales pour gérer l’urgence humanitaire persistante.

Sur le plan diplomatique, le secrétaire général de l’ONU António Guterres a appelé au respect strict de la trêve, saluant le rôle américain tout en soulignant la nécessité d’une stabilisation plus durable. Les discussions américano-iraniennes, facilitées par le Pakistan, restent un élément central, avec des divergences reconnues par les deux parties mais jugées surmontables par Washington.

Dans les localités frontalières, la journée du 18 avril a vu des groupes de jeunes déblayer des routes secondaires tandis que des commerçants tentaient de réapprovisionner des points de vente de fortune. L’électricité restait intermittente, et l’eau potable faisait l’objet de distributions d’urgence. L’armée libanaise a coordonné ces efforts avec la Finul pour cartographier les zones à haut risque.

À 8 heures ce matin, le flux des retours se maintenait à un rythme soutenu mais ordonné, sous le regard vigilant des casques bleus et des forces libanaises. Les explosions de la nuit ont rappelé la précarité de l’accord, sans pour autant provoquer une reprise généralisée des combats. Le sud du Liban, marqué par des décennies de tensions, continuait d’absorber le choc d’un conflit récent tout en tentant de reprendre une forme de vie quotidienne sous contrainte.

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