Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés. Visitez mon blog http://larabio.com
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Dans un communiqué concluant sa mission qui s’est déroulée au Liban entre le 29 avril et le 12 mai, le Fond Monétaire International (FMI) a estimé que l’inertie politique et la présence continue de réfugiés sur son sol ainsi que les nouveaux défis menacent la résilience économique libanaise. Selon l’organisation internationale, les autorités locales doivent aller delà de l’attente de la baisse des coûts des matières premières et entreprendre une véritable politique économique et une baisse de la dette publique via des réformes structurelles notamment dans le secteur de production d’électrique permettant à moyen et à long terme la création d’emplois.

Un constat alarmiste

Selon le FMI, en dépit d’une stabilisation du nombre de réfugiés syriens au Liban qui représente désormais 25% de la population totale du Pays des Cèdres, l’impact de ces derniers continue à peser lourd sur les finances publiques, notamment avec un impact négatif sur l’emplois et la hausse de pauvreté. Le FMI recommence le recours à une aide internationale, constatant que la communauté internationale n’a jusqu’à présent pas respecté ses promesses.

Le FMI constate également l’absence de perspective de croissance économique qui n’a atteint que 2% en 2014. Les projections de croissance font état de perspective similaire pour 2015, et cela en dépit de la baisse du prix du pétrole. L’institution internationale estime que la situation aurait été dégradée en l’absence de cette baisse, les secteurs clés de l’économie libanaise, comme le secteur touristique et de l’immobilier étant fortement en recul pour 2015.

Constat également négatif au niveau des rentrées financières au Liban, avec le recul des dépôts effectués par la diaspora libanaise en 2014 et 2015. Le FMI appelle donc à la mise en place d’une politique économique permettant la restauration de la confiance des investisseurs et cela avec le soutien de la communauté internationale.

Des recommandations pour relancer la croissance économique

La stratégie proposée par le FMI consiste déjà à surmonter la paralysie politique actuelle, afin de préserver le modèle économique, la stabilité macroéconomique et la cohésion sociale. Cette stratégie repose également par la mise en place immédiate d’ajustements fiscaux afin de favoriser le retour de la croissance et l’appel à la communauté internationale pour financer les besoins des réfugiés syriens présents en territoire libanais.
Selon le rapport, le report de la mise en place d »un ajustement fiscal serait risqué en raison de la baisse des dépôts de la diaspora, couteux en raison de la hausse attendue des taux d’intérêts et injuste en raison d’un certain favoritisme pour les détenteurs de la dette publique.
Le FMI appelle donc à une augmentation progressive des taxes afin de mieux partager le cout de la dette. Ainsi, de nouvelles taxes devraient être crées notamment sur les transactions immobilières ou les gains des sociétés. L’organisation appelle également à l’annulation de l’exemption de la TVA sur le diesel et une augmentation générale de 1% de la TVA
Concernant une hausse des salaires des fonctionnaires, le FMI appelle à une rémunération basée sur la productivité.
Constatant l’absence de tout budget public depuis 10 ans, le Fond Monétaire International appelle à l’approbation du budget 2015 comme signe fort de volonté politique et transparence avant de saluer le rôle de la Banque du Liban et d’appeler à la normalisation de son action au niveau économique entre les banques et l’état et l’arrêt des opérations « quasi-fiscales » en faveur de l’état.

Plaidoyer pour des réformes

L’objectif de ces réformes est de favoriser la croissance économique permettant de stabiliser la situation sociale à long terme. Avec ses réformes structurelles, l’état devrait également appliquer une politique favorisant la production électrique. Constatant les lourdes pertes de l’Electricité du Liban et son impact négatif tant sur les finances publiques que sur la distribution au public, le FMI appelle à une augmentation des capacités de production, au recours au gaz naturel, à l’amélioration de la distribution et à l’augmentation des tarifs sans attendre.

Cette croissance économique devrait également permettre le retour d’une main d’oeuvre qualifiée au Liban qui part actuellement à l’étranger à la recherche d’opportunités économique. Ainsi, le Pays des Cèdres devrait permettre le développement de nouveaux secteurs économique à haut rendement ainsi qu’une compétitivité accrue du secteur publique.

Enfin, de meilleures études statistique devraient également être mises en place afin de facilité la prise de décisions économiques, de mettre en place une meilleure transparence financière et de mesurer l’impact des politiques mises en place. Le FMI dénonce le retard dans la publication des statistiques publiques et le manque de coopération et de coordination entre les différentes institutions publiques.

François el Bacha