Fouad Boutros entouré du colonel Johnny Abdo et du général Victor Khoury à la sortie du Palais de Baabda en 1982
Fouad Boutros entouré du colonel Johnny Abdo et du général Victor Khoury à la sortie du Palais de Baabda en 1982

Fouad Boutros, un des rares hommes politiques libanais faisant l’unanimité en sa faveur est décédé ce dimanche 3 janvier 2016 à l’âge de 98 ans.

Figure modérée, éloignée des luttes claniques et féodales, Fouad Boutros était dernièrement apparu comme un intermédiaire de poids et une personnalité d’une morale exemplaire auprès des partis politiques voir même auprès des autorités étrangères dans les différents conflits que traversait le Pays des Cèdres, depuis la Guerre Civile, jusqu’à l’occupation syrienne du Liban.

Fouad Boutros avait notamment été appelé à jouer un rôle de négociateur entre le patriarcat maronite et le président syrien Bachar el-Assad en 2001 pour obtenir à l’époque le retrait des troupes syriennes mais avait échoué dans sa tâche.

Juriste à l’origine, Fouad Boutros se fera remarquer par le Président de la République Fouad Chébab dont il deviendra l’un de ses plus proches collaborateurs à différents postes ministériels régaliens, comme celui du Ministère du Plan  de 1959 à 1960, de l’Education Nationale également de 1959 à 1960 puis en 1966 et enfin du Ministère de la Justice entre 1961 et 1964, de la Défense en 1966 ou des Affaires Etrangères en 1968. Il sera également Ministre du Tourisme en 1968.

Il s’illustrera cependant lors de la Guerre Civile libanaise en occupant différents postes de responsabilité comme par son retour au portefeuille de la Défense entre 1976 à 1979 sous le mandat du Président Elias Sarkis. Fouad Boutros sera nommé Ministre des Affaires Etrangères de 1976 à 1980 pour être reconduit à ses fonctions par le Premier Ministre Chafic Wazzan de 1980 à 1982.

Au cours de ses différents mandats ministériels, il occupera également la fonction de vice-premier ministre du Liban.

L’une de ses dernières missions consistera à présider le Comité national chargé de la réforme de la loi électorale, composé de figures de premier plan du monde judiciaire et universitaire à l’appel de l’ancien Premier Ministre Fouad Saniora en 2005. Ce comité optera pour  un système électoral mixte entre le scrutin majoritaire et le scrutin proportionnel et un mécanisme de surveillance électorale moderne et transparent ainsi qu’un quota de 30 % de candidatures féminines sur les listes, une première au Moyen-Orient. Ce projet sera cependant reporté par le conflit israélo-libanais de juillet 2006 et restera pour l’heure inappliqué.

Les funérailles de l’ancien diplomate auront lieu ce mardi en l’Eglise St Nicolas d’Ashrafieh à 13h30.

François el Bacha