Théâtre_de_la_Reine_-_scène

Une profonde désillusion semble gérer le comportement citoyen du libanais et ce, malgré la récente orchestration médiatique. Elle se base sur 10 points, entre deux chefs de partis « chrétiens » et ennemis jurés. Néanmoins, la mémoire collective retient des faits incontournables; les violences subies et l’impact des traumatismes dûs au conflit armé et dévastateur entre le Dr Geagea et le Général Aoun.

On ne pourra apprécier le déroulement des gestes bienveillants et des regards attentionnés entre eux sans relater le cours de l’histoire des guerres civiles au Liban. Elle a à chaque fois confirmé l’acharnement de vaincre un des « partenaires » de la nation ou tout autre, à tout prix. La mémoire vivante des chocs ne peut baisser sa douleur à chaque coup d’expressions souriantes ou solennelles en public. Pour nous convaincre de la réelle utilité de la réciprocité on a besoin d’une réalité tangible et pragmatique. Celle qui scelle indiscutablement le retour unique des rapports solidaires!

La constitution libanaise est plus que jamais abandonnée aux derniers souffles des « politiques » effacées par des mots non crédibles et des actions « nationales » invisibles. « Ça ne peut plus continuer » maintenant, alors que ça a empiré des années durant, sans que quiconque ne démarque un spectaculaire rapprochement ou revirement pour un dialogue constructif! Vit-on parmi des représentants politiques ou des personnages quelconques qui ne cherchent plus qu’à virer vers les influences profitables en temps propices?!

L’inquiétude sur le sort des libanais, quelque soit le sort de la présidentielle, est le dernier souci des « politiciens ». Par contre, on lit la page des tournants éventuels alors que les risques de dérapages sécuritaires et économiques ainsi que la possible remise en question de la constitution pèsent sur le Liban. Sommes nous des collaborateurs ou des condamnés résignés aux anormalités? Les perspectives optimistes conduiront-elles enfin aux rêves ou aux prochains cauchemars ? L’avenir du Liban demeure tristement un fantasme qui dérive de l’irrésistible attrait aux convenances provisoires et de la magie de l’éphémère.

Joe Acoury