A l’occasion de la commémoration du début de la guerre civile libanaise, un certain 13 avril 1975, il est intéressant de revenir à l’Histoire de pays.

On prétend que l’Histoire commence quand les évènements actuels passent, sauf qu’il s’agit d’un continuum et malgré le fait que la guerre se soit pour le moment terminée, ses conséquences se poursuivent, notamment sur le patrimoine local. Le Musée National de Beyrouth n’en est malheureusement pas exempté.

Parmi les autres merveilles du Musée National de Beyrouth au Liban et outre celui d’Ahiram déjà évoqué ici, les autres sarcophages des différentes périodes – phéniciennes sous influence perse , période hellénistique, période grecque -. Beaucoup des objets présents et montrés au public illustrent justement les contes et légendes de l’Antiqué, avec l’Enlèvement d’Europe par Zeus qui s’est transformé en taureau.
Cette mosaïque – je me souviens d’une photographie des années 1980 publiée par un magazine français –  avait percé d’un trou à travers lequel, un milicien tirait sur ces adversaires.

Les récits d’Homère ne font pas exception  au sacrilège et on remarquera notamment les riches bas-reliefs présents sur ceux à l’entrée même de l’institution avec le rappel du mythe d’Achille, datant du 2ème siècle après Jésus-Christ et en provenance de Tyr au Sud, alors que le territoire du Liban actuel vivait sous influence romaine.

Quand on se rend justement à Tyr, on découvre la nécropole romaine située juste à proximité et se poursuivant probablement faute de recherches sous le camp palestinien. En 1993, je m’y étais rendu une première fois pour découvrir horrifié des enfants de réfugiés de moins d’une dizaine d’années, jouant sans contrôle aucun des personnes en charge même de la protection du site, au sein même de la nécropole avec des pièces archéologiques – ils se jetaient notamment les uns les autres des morceaux de mosaïques – livrées ainsi à une possible destruction.

Autre découverte du Musée, les sarcophages anthropoïdes présents, seuls 2 sont montrés au public sur les 60 qui feraient partis de la collection nationale. Contrairement à ce que l’on peut penser, ils ne sont pas propriété de l’État Libanais à travers le Musée National mais présent à titre de prêt perpétuel à condition que cette institution demeure constituée. Il s’agit en effet de la collection de Dr Ford qui n’a aucun lien avec la firme automobile comme on pourrait le penser.

La poursuite des recherches s’imposant, on apprendra que les collections Ford du Musée National seraient principalement issues des terrains ou sera construit l’Institut Évangélique National à la fin du XIXème et début XXème de la localité de Mieh Mieh puis que ces mêmes terrains et ceux situés à proximité deviendront le camp palestinien d’Ein Helwé de triste mémoire pour l’Histoire moderne Libanaise.

On peut alors s’interroger puisque ces artéfacts archéologiques de l’Histoire Phénicienne du Liban sont assez important pour constituer la plus grande collection de sarcophages anthropoïdes du Monde, sur le devenir des pièces aujourd’hui découvertes à ces lieux même. Font-ils l’objet de fouilles, on peut en douter en raison de la présence des réfugiés palestiniens. Plus probable, beaucoup de pièces ont dû disparaitre en faisant l’objet de contrebande et ont dû être vendues sur les marchés locaux et internationaux.

Cette découverte fortuite n’est pas sans rappeler celle d’Ortosias, ville byzantine, située aujourd’hui sous les décombres du camp palestinien de Nahr Bared et sacrifiée sur l’autel de la bêtise des autorités libanaises pourtant en charge de sa préservation.

Il est vrai que parfois l’Histoire est fait d’incertitudes, quelle tournure prendra la suite des évènements. Ces objets, cette Histoire de ce pays devait être finalement protégée. La suite des évènements a bien démontré le contraire. Ils n’appartiennent pas à l’Histoire, ils font parti de l’Histoire et jusqu’à aujourd’hui, ils en souffrent. Non pas que ces objets et ses pièces soient plus importants que les vies qui trépassent, bien au contraire à l’échelle individuelle. Mais ces objets font partis de l’identité même de ce qui fait une Nation.

Par cet aspect propre, ils constituent le lien entre les individus donc le lien sociétal basique et le ciment entre les individus, chose qu’aujourd’hui beaucoup, par leur inconscience volontaire – parce que complices des crimes – ou involontaires – par leur ignorance tout simplement -, semblent oublier.

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