Un metteur en scène libanais de la nouvelle vague vient d’être primé pour son premier film au festival international des courts métrages. C’est une fois le siècle que ce prix est délivré pour cette catégorie dans le monde! Il désigne l’expression exceptionnelle du témoignage filmé, les caractéristiques essentielles, d’une époque, d’une mentalité, d’un peuple et d’une histoire passée concomitantes avec ce qui se déroule de plus pittoresque jusqu’à ce jour. Le scénariste va concerner ici deux entités conflictuelles fortement présentes chez une majorité de libanais. Fritz Perls -Père de la Gestalt Thérapie- les a nommé;  « topdog » et « underdog ». Il a perçu l’échange intrapersonnel comme une tension intrinsèque qui impliquerait la décision d’un choix donné. Ce qu’on souhaiterait vraiment désigne le « underdog » et ce qu’il faudrait convenir indique le « topdog ». Notre citoyenne va cependant exposer cette délicate ligne qui les sépare d’une façon bien originale et remarquablement pertinente. »Tout humain oberve sa propre identité selon un intime et révélateur regard. Sa vision intermédiaire, ballottée et indécise entre le conformisme qui le ligote et l’envie de tout défaire va installer le bon sens des maturités critiques.

Ce champs où on parle en soi sans craindre de s’exposer à l’observation des autres, sert souvent à nuancer une décision par l’autocritique » dira t-elle. L’interlocuteur voudra ainsi ou pas, user de ce moyen spécifiquement correcteur et régulateur de ses élans pour relire une résolution avant de l’exprimer verbalement ou de prendre position. Néanmoins, c’est à travers l’écoute subtile de cette petite voie intime que la clairvoyance pourrait d’un sourire bienveillant calmer nos ardeurs et favoriser le vraisemblable. Ainsi, les attitudes obstinées, les convictions inébranlables, les barricades bétonnées et la position autoritaire à tout prix seraient mieux disposées à plier l’échine dans l’intimité sans froisser les précieuses apparences.

C’est en nos identités que les questionnements de nos pensées et de nos comportements sont autorisés car nous ne permettons que rarement d’accorder les remarques d’une autre personne. Afin de concilier la reconnaissance des regards critiques au delà de nous mêmes et de favoriser la cohabitation de l’autocritique entre les différentes composantes de la société libanaise, Nada va mettre en scène deux personnes: Un homme; Interlocuteur et une femme; Autocritique. Ils tombent littéralement amoureux l’un de l’autre. Ils incarnent deux entités qui se regardent, se rencontrent, s’attirent, se découvrent et se déchirent pour finalement s’aimer tout court et fort, faute de pouvoir vivre séparés! Ainsi un prochain président de la République du Liban va délivrer le plus haut insigne à ce conte cinématographique qui servira à transmettre à la nation ce message de coexistence salutaire aux paisibles évolutions.  Une histoire d’amour qui manque à nos monologues. Grâce à elle, on pourrait apprendre à considérer ouvertement et fièrement tant de changements sur les terrains individuels et collectifs de nos erreures! 

Joe Acoury.