L’armée libanaise est intervenue hier soir à l’aide de
centaines de véhicules blindés et tirant parfois en l’air pour éviter que de
nouveaux affrontements, à l’image de samedi dernier, ne se reproduisent.
L’institution militaire s’est en effet déployée dans les secteurs de Tarik
Jadidé, Barbir, Sabra, Kaskas, Hay el Tank, Ard Jalloul, Makassed, lieux de
passages entre la banlieue sud de Beyrouth et le centre-ville.
Alors que le corps de la victime des heurts de samedi
dernier a été amené au centre-ville et que les dirigeants d’Amal et du
Hezbollah par l’intermédiaire du député Ali Bazzi, ont demandé à mettre en
échec l’exacerbation des dissensions confessionnelles depuis le centre-ville,
une 60ène de proches de la victime ont tenté de revenir sur les lieux de
l’incident de samedi soir, entre Kaskas et Mazraa. Se retrouvant nez à nez avec
les forces de l’ordre, ils ont alors brisé les pares brises de plusieurs
voitures ainsi que les devantures de certains magasins, selon des sources
policières. 2 personnes auraient été blessées quand ces manifestants ont tenté
d’entrer par infraction dans un domicile.
Certaines personnes habitant les lieux évoquent des bagarres
de gang entre 2 chefs, ceux qui se réclament de Saad Hariri et d’autres
d’Hassan Nasrallah.
Une source policière indique, que les manifestants ne se
sont pas dirigés vers ce quartier pour exprimer leurs vues mais pour harceler
et provoquer les habitants, et appelle « les
personnes surveillant les protestataires de les guider vers le droit chemin
pour éviter d’être arrêtées et d’avoir un fichier judiciaire ».
Plus tard dans la soirée, plus de 300 manifestants ont fait
face à l’armée libanaise et ont tenté de bloquer la route de l’aéroport sans
succès.
Le Courant du Futur s’en est par ailleurs pris à la chaîne
de télévision Al-Manar, l’accusant d’avoir diffusé des propos mensongers
concernant l’arrestation d’un responsable « de la milice du Courant du
Futur » qui aurait ouvert le feu sur les manifestants, samedi dernier. Ils
accusent aussi la chaine du Hezbollah de vouloir semer la zizanie autour de
l’incident de Kaskas. Accusé par celle-ci d’entretenir une milice, le mouvement
du Futur rétorque d’il ne possède pas de milice, que la possession ou l’usage
d’armement est interdit en son sein et rappelle que l’organisation chiite est
la seule milice actuellement armée au Liban.
Côté réaction politique, il est à remarquer le coup de sang
de l’ancien premier ministre Sélim Hoss, demandant au gouvernement actuel de
démissionner pour avoir transformé le pays en « scène pour les conflits
confessionnels ». Il dénonce par ailleurs les dirigeants et leaders
politiques « devenus chefs de bandes sectaires » et qui n’ont d’après
lui pas d’autres souci que garder le siège qu’ils occupent.
Article restauré depuis les archives historiques de Libnanews via Web Archive.

