D’où vient ce sentiment diffus qui, sans faire de bruit, s’incruste dans notre quotidien, prend un peu plus d’ampleur chaque jour dans nos vies, et nous donne l’impression de n’être plus que des pions, nous les innocents, nous les inoffensifs, les sans-grades, nous les apolitiques, les non-affiliés, les pacifiques, nous les gentils ? D’où vient cette crainte d’être devenus les otages de l’ombre ?
Une ombre bien plus menaçante que celles qui régnaient sur le Berlin d’après-guerre, nid d’espions et plaque tournante de tous les marchands et marchandages de guerre froide.
Oui, une ombre plus menaçante, parce que nos guerres à nous sont bouillonnantes !
Après quatre années de batailles acharnées, de centaines de milliers de vie sacrifiées, de villes ravagées, la Russie et l’Ukraine ne cessent d’aiguiser de nouvelles armes et d’infliger des pertes réciproques. Poutine veut gagner et Zelensky ne veut pas perdre…
Netanyahou, lui, depuis Gaza, dit vouloir la paix mais dans les faits, il ne cesse de semer le feu parce qu’il lui faut récolter la guerre… Le Sud du Liban continue de brûler sous des yeux qui préfèrent regarder ailleurs.
Trump a pilonné l’Iran pour, a-t-il déclaré, aider le peuple iranien à se libérer du joug des mollahs… pour changer le régime… pour détruire le potentiel nucléaire iranien… pour s’emparer du détroit d’Hormuz… pour débloquer le détroit d’Hormuz, détroit ouvert avant la guerre…
L’Iran veut punir l’Amérique, humilier Satan et se venger de Trump…
Les Arabes qui ont dépensé des centaines de milliards de dollars pour être défendus et protégés par l’Oncle Sam, se retrouvent démunis,
sous la menace contiguë de l’empire perse.
Ainsi va la vie. Ainsi vont nos vies où que l’on se trouve.
Et pour couronner le tout voilà que les éléments se déchaînent partout sur le globe et que le dérèglement climatique en France
par exemple, nous soumet à trois canicules sans précédent et à des températures hors normes, sans relâche, durant trois mois.
Mais au Liban, pays résilient, pays différent, rien ne peut perturber ni la fête ni la saison des mariages, et malgré les bourrasques
inhabituelles en été, mariés et convives ont chanté à tue-tête sous la pluie et sautillé haut et fort dans les flaques, jusqu’à plus soif…
une note de joie et de fraîcheur dans un monde en ébullition.
*Mona Makki réalisatrice – Productrice émission Espace francophone


