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Liban-Israël : Washington prépare un nouveau plan pour débloquer les négociations

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Une nouvelle séquence diplomatique pourrait s’ouvrir en septembre autour du Liban-Sud. Le président Joseph Aoun attendrait une proposition américaine plus précise que les précédentes, susceptible d’établir un calendrier et un mécanisme conduisant au retrait complet des forces israéliennes du territoire libanais. En contrepartie de garanties sérieuses sur le retrait et les arrangements sécuritaires au Sud, le chef de l’État serait prêt à ouvrir au niveau national le dossier des armes du Hezbollah. Une prochaine réunion entre représentants libanais et israéliens pourrait se tenir à Rome les 15 et 16 septembre, avant une rencontre attendue entre le Premier ministre Nawaf Salam et le secrétaire d’État américain Marco Rubio à Washington le 28 septembre. Ces échéances pourraient déterminer si les discussions actuelles débouchent sur un véritable plan de règlement ou sur une nouvelle impasse.

Joseph Aoun attend une nouvelle proposition américaine

Le président Joseph Aoun ne chercherait plus une déclaration générale américaine en faveur du retrait israélien. Selon des informations de presse attribuées mercredi 2 septembre à des sources proches du chef de l’État, Baabda attend désormais de Washington une proposition opérationnelle qui irait au-delà des formules négociées jusqu’à présent.

Les Américains auraient informé le président qu’ils étaient en contact avec Israël afin d’élaborer un programme susceptible de conduire au retrait complet des forces israéliennes encore présentes au Liban-Sud.

La différence est importante. Le contentieux ne porte plus seulement sur le principe du retrait, que Beyrouth réclame depuis des mois, mais sur les conditions permettant de le rendre effectif.

Joseph Aoun attendrait ainsi un plan précisant les différentes étapes, les mécanismes de vérification et les acteurs appelés à jouer un rôle dans les secteurs évacués. La question centrale devient donc celle de l’après-retrait : qui contrôle les zones abandonnées par Israël, qui vérifie les engagements et quelles garanties empêchent une reprise des combats ?

Ces informations ne constituent pas encore l’annonce officielle d’un accord. Elles décrivent l’état des discussions et les attentes attribuées à la présidence libanaise. Washington n’a pas, au 2 septembre, rendu public le plan complet évoqué.

Retrait israélien contre garanties sécuritaires

Le schéma en discussion repose sur un échange politique particulièrement sensible.

Le Liban réclame un retrait israélien complet. Israël exige de son côté des garanties empêchant le Hezbollah de reconstituer des capacités militaires à proximité de sa frontière. Les États-Unis tentent de construire un dispositif répondant simultanément à ces deux exigences.

Selon les informations disponibles, Washington travaillerait donc sur un programme combinant retrait, vérification et arrangements sécuritaires.

Pour Beyrouth, l’ordre des étapes est déterminant. Le gouvernement libanais ne veut pas que les concessions demandées au Liban précèdent indéfiniment un retrait israélien qui resterait hypothétique. La présidence cherche des garanties suffisamment précises pour pouvoir défendre politiquement le processus à l’intérieur du pays.

La demande porte ainsi sur davantage qu’une promesse israélienne. Baabda souhaiterait connaître les secteurs concernés, le rythme du retrait, les modalités de transfert à l’armée libanaise et les mécanismes permettant de vérifier le respect des engagements.

Le dossier des armes du Hezbollah pourrait alors être ouvert

C’est le point politiquement le plus important des informations publiées mercredi.

Joseph Aoun aurait indiqué aux Américains que, s’ils fournissent des garanties sérieuses et claires concernant le retrait israélien et les arrangements sécuritaires, il serait prêt à mettre les armes du Hezbollah sur la table d’une discussion nationale.

La formulation mérite d’être précisée. Il ne s’agit pas, dans les informations disponibles, d’un engagement présidentiel à désarmer immédiatement le Hezbollah selon un calendrier déjà arrêté. Il s’agirait d’un engagement à ouvrir formellement le dossier au niveau national une fois obtenues des garanties suffisantes concernant le retrait israélien.

La différence est majeure dans le système politique libanais.

Le désarmement du Hezbollah constitue l’un des dossiers les plus sensibles du pays. Le mouvement affirme notamment que ses armes restent nécessaires tant qu’Israël occupe des positions libanaises et continue ses opérations militaires. Ses adversaires considèrent au contraire que la souveraineté de l’État exige que l’armée libanaise détienne seule les armes et le pouvoir de décider de la guerre et de la paix.

Un retrait israélien complet modifierait donc une partie des termes du débat. Il retirerait au Hezbollah l’un des principaux arguments utilisés pour justifier le maintien d’un arsenal indépendant de celui de l’État.

Un enchaînement que Baabda veut rendre crédible

Le calcul attribué à Joseph Aoun apparaît ainsi séquentiel.

Première étape : obtenir des États-Unis un engagement concret concernant le retrait israélien.

Deuxième étape : définir les arrangements de sécurité et le mécanisme de vérification permettant à l’armée libanaise de reprendre les secteurs évacués.

Troisième étape : ouvrir au Liban une discussion nationale sur les armes du Hezbollah.

Cette chronologie permettrait au président de présenter le débat sur les armes non comme une concession unilatérale à Israël ou aux États-Unis, mais comme une étape d’un processus dans lequel le Liban aurait préalablement obtenu la restitution de son territoire.

Elle répond également à une difficulté politique intérieure. Demander le désarmement du Hezbollah pendant que des forces israéliennes restent présentes sur le territoire permet au mouvement de présenter cette demande comme une tentative de désarmer le Liban face à Israël.

Le retrait modifierait cet argument, sans pour autant résoudre automatiquement le dossier.

Qui remplacera la FINUL ?

Une autre question complique les négociations : l’avenir de la Force intérimaire des Nations unies au Liban.

Selon les informations attribuées aux sources proches de la présidence, Washington continuerait d’insister sur la fin de la mission de la FINUL d’ici la fin de l’année 2026. Les États-Unis ne seraient pas davantage favorables aux propositions françaises visant à maintenir dans le Sud une force internationale d’observation sous une autre forme.

Cette position crée un problème pratique.

Depuis des décennies, la FINUL ne constitue pas seulement une présence militaire internationale. Elle joue un rôle dans la surveillance de la Ligne bleue, la liaison entre les parties et la coordination avec l’armée libanaise. Sa disparition laisserait un vide institutionnel au moment même où un retrait israélien nécessiterait davantage de mécanismes de vérification.

C’est pourquoi le plan américain attendu par Joseph Aoun doit préciser quels acteurs remplaceraient les fonctions jugées indispensables.

Les Américains auraient promis au président « un plan, un mécanisme de vérification et une liste des parties » susceptibles de jouer un rôle dans le Sud.

Cette liste pourrait devenir l’un des éléments les plus sensibles des négociations.

La France et Washington divergent sur l’après-FINUL

Paris défend depuis plusieurs mois une implication internationale durable au Liban-Sud. La France considère qu’une présence d’observation peut contribuer à empêcher les incidents, soutenir l’armée libanaise et maintenir un canal entre les différentes parties.

Washington privilégierait un autre modèle et resterait opposé au maintien d’une force internationale sous la forme proposée par les Français.

La divergence franco-américaine ne porte donc pas nécessairement sur l’objectif final, mais sur l’instrument permettant de sécuriser la frontière.

Pour les autorités libanaises, le choix est loin d’être technique. Si la FINUL disparaît et qu’aucune force comparable ne lui succède, l’armée libanaise devra assumer une responsabilité beaucoup plus importante avec ses propres moyens.

La question des effectifs, des équipements, de la surveillance et du renseignement devient alors centrale.

L’armée libanaise serait au cœur du dispositif

Quel que soit le mécanisme finalement retenu, l’armée libanaise devrait occuper une place essentielle dans les zones évacuées.

Des expériences pilotes ont déjà commencé. Le retrait israélien de certains secteurs a été suivi par l’entrée de l’armée libanaise, avec des opérations de déminage et de sécurisation avant le déploiement complet.

Ce processus doit empêcher l’apparition d’un vide entre le départ des soldats israéliens et l’arrivée des forces libanaises.

Israël affirme précisément craindre que le Hezbollah profite de cet intervalle pour revenir dans les zones évacuées. Des informations diffusées cette semaine dans les médias israéliens ont même affirmé que certains officiers libanais partageraient cette inquiétude et ne souhaiteraient pas un retrait israélien trop rapide.

L’armée libanaise a vivement démenti ces informations mercredi, dénonçant des affirmations fabriquées destinées à atteindre l’institution et son commandement.

Cette polémique illustre l’importance du futur mécanisme de vérification. La crédibilité de l’armée libanaise constitue l’une des conditions de réussite de tout accord.

Rome pourrait accueillir les prochaines discussions

La prochaine étape diplomatique pourrait intervenir rapidement.

Une nouvelle réunion entre représentants du Liban et d’Israël pourrait se tenir à Rome les 15 et 16 septembre, selon des informations médiatiques diffusées mercredi.

La tenue de cette réunion n’avait pas encore été officiellement annoncée par toutes les parties au moment des dernières informations disponibles. La date doit donc être considérée comme envisagée plutôt que définitivement arrêtée.

Rome offrirait un cadre extérieur permettant aux délégations de poursuivre les discussions sans donner à la rencontre la dimension politique d’une négociation bilatérale classique.

Le Liban et Israël restent officiellement en état de guerre. Toute discussion directe est donc politiquement sensible à Beyrouth.

Les réunions doivent être présentées comme des négociations portant sur la sécurité, le retrait et l’application des arrangements existants, et non comme le début d’une normalisation diplomatique.

Les 15 et 16 septembre pourraient devenir décisifs

Si la réunion de Rome est confirmée, son ordre du jour sera déterminant.

La délégation libanaise devrait chercher des précisions sur le retrait israélien, tandis qu’Israël demandera des garanties sur les zones dont ses forces se retireraient.

Le rôle américain sera central. Washington doit transformer les engagements généraux en un calendrier suffisamment précis pour convaincre les deux parties.

Un accord pourrait prendre la forme d’étapes successives : retrait israélien d’une zone, entrée de l’armée libanaise, vérification, puis passage à la zone suivante.

Ce modèle permettrait de réduire le risque d’un retrait global sans dispositif de remplacement. Il permettrait également à Israël de vérifier progressivement que les zones évacuées ne sont pas réoccupées militairement par le Hezbollah.

Pour le Liban, l’enjeu serait d’éviter que ce mécanisme ne transforme un retrait annoncé en processus sans fin conditionné à des critères mouvants.

Nawaf Salam attendu à Washington le 28 septembre

Une deuxième échéance est annoncée pour la fin du mois.

Le Premier ministre Nawaf Salam devrait rencontrer le secrétaire d’État américain Marco Rubio à Washington le 28 septembre, selon des informations médiatiques publiées mercredi.

Cette rencontre interviendrait moins de deux semaines après les discussions envisagées à Rome. Elle pourrait donc permettre de faire le point sur les résultats obtenus et de traiter les questions restant en suspens.

Le choix de Washington souligne également le niveau politique que prend désormais le dossier. Il ne s’agit plus uniquement de discussions techniques autour de positions frontalières. Les négociations concernent l’architecture sécuritaire du Liban-Sud, le rôle futur de l’armée, la présence internationale et, potentiellement, les armes du Hezbollah.

Nawaf Salam devra également défendre les priorités du gouvernement libanais : souveraineté, retrait israélien et renforcement de l’autorité de l’État.

Washington devient l’arbitre principal

Les États-Unis occupent désormais une position centrale entre les différentes demandes.

Ils disposent d’un levier important sur Israël et constituent simultanément l’un des principaux soutiens internationaux de l’armée libanaise. Ils participent aussi aux négociations économiques et politiques plus larges concernant le Liban.

Cette position permet à Washington de proposer un mécanisme associant sécurité, retrait et renforcement des institutions libanaises.

Elle crée également une dépendance importante pour Beyrouth.

Si les États-Unis ne parviennent pas à obtenir d’Israël un calendrier précis, Joseph Aoun disposera de peu d’arguments pour ouvrir le dossier du Hezbollah dans les conditions actuellement évoquées.

À l’inverse, une proposition américaine garantissant un retrait progressif et vérifiable pourrait modifier profondément le débat politique libanais.

Le retrait israélien pourrait déplacer le débat sur le Hezbollah

Depuis des années, la question des armes du Hezbollah est liée à celle du conflit avec Israël. Le mouvement présente son arsenal comme une force de résistance nécessaire pour protéger le territoire libanais.

Ses adversaires répondent que l’existence d’une force militaire échappant au commandement de l’État affaiblit la souveraineté et expose le pays à des guerres décidées en dehors de ses institutions.

Un retrait israélien complet ne ferait pas disparaître ce désaccord. Il en modifierait cependant le cadre.

Le débat pourrait alors se déplacer vers la stratégie de défense nationale, l’intégration éventuelle de certaines capacités et la question du monopole de l’État sur les armes.

C’est pourquoi l’engagement attribué à Joseph Aoun est politiquement important. Le président ne promettrait pas une solution préalable, mais accepterait de placer officiellement la question sur la table.

Une négociation où l’ordre des étapes sera déterminant

Les semaines à venir devraient donc se concentrer moins sur les déclarations de principe que sur la chronologie.

Le Liban veut savoir quand Israël se retirera et selon quelles étapes. Israël veut savoir ce qui se passera immédiatement après son départ. Washington veut obtenir un dispositif suffisamment crédible pour éviter une reprise des combats. La présidence libanaise veut disposer de garanties avant d’ouvrir le dossier explosif des armes du Hezbollah.

L’avenir de la FINUL ajoute une échéance supplémentaire. Si sa mission doit effectivement prendre fin à la fin de l’année, un nouveau mécanisme devra être prêt avant son départ afin d’éviter un vide sécuritaire et institutionnel dans le Sud.

Les discussions envisagées à Rome les 15 et 16 septembre pourraient fournir les premières réponses. La rencontre attendue entre Nawaf Salam et Marco Rubio le 28 septembre offrirait ensuite une deuxième étape politique.

Joseph Aoun attend désormais, selon son entourage, davantage qu’une promesse américaine. Il veut un plan indiquant les étapes du retrait, les moyens de les vérifier et les acteurs chargés de sécuriser le Liban-Sud. C’est la précision de cette proposition, encore attendue à Baabda, qui déterminera si le dossier des armes du Hezbollah peut réellement devenir la prochaine étape du processus.

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Newsdesk Libnanews
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