La situation actuelle du Liban ressemble de près à une personne boulimique qui s’occupe à consommer en quantité des aliments divers. Son problème est de se pourvoir de diversités sans faire correspondre les éléments nutritionnels essentiels. Sa problématique concerne un mal d’être en soi . Elle se réfugie dans la compensation où les tentatives de résolutions demeurent isolées ou partagées mais ponctuelles et incomplètes . Elles se consacrent à la gérance des urgences sans empêcher leur avènement.

La juste modération, la prévention, la tolérance aux inconvenances et la sagesse issues de longues expériences se réduisent considérablement au tournant de nos échéances nationales. La pratique de la démocratie demeure sous la coupe d’un opportunisme circonstanciel et sous la barre des avantages subjectifs. Les politiciens choisissent de s’entendre entre eux pour un nouveau gouvernement. Il a fallu trente ministres issus de presque tous les courants pour assoir la sécurisation, la préservation et la répartition des prérogatives individuelles, communautaires et féodales.

La précarité est omniprésente, cependant, les politiciens répondent encore aux intolérances par des promesses verbales, aux délais par des décalages importants et ce avec une langue de bois effarante! Peut-elle ainsi représenter des ententes claires entre des responsables, libanais à cent pour cent ?!

Les gens ont un ras le bol du dialogue indirect exprimé par des intermédiaires et des insinuations. Les représentants des diverses tendances devraient changer de style, initier des modifications progressives vers des raisonnements dégagés et ouverts, communicatifs et transparents . Ceux qui permettent de marquer la différence pour démonter des mécanismes sous entendus et favorables aux graves corruptions.

On attend encore de rencontrer le courage, la liberté et la franchise du faire face. Ils annoncent des dialogues francs et bien nécessaires pour installer la confiance des libanais. Des échanges respectueux et directs crèvent les abcès des incomprehensions, des doutes, des suspicions et des angoisses entre nos composantes. Ainsi, on peut prévenir que des conflits sournois mènent à la discordance ou menacent les rapports de travail entre les ministères.

Une loi électorale équidistante et représentative du tissu libanais est certes indispensable. Elle recquiert des formations adaptées tous azimuts pour l’exercer mais aussi des comportements adaptés à la fatigue des gens après tant de tromperies subies, de longs abus, de stériles errances et de nombreux désengagements politiques!

Messieurs et Mme les ministres, les symptômes épuisants de tous les poids qu’on porte ne supportent plus de tergiversations mais la sage gouvernance des urgences.

Joe Acoury