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Les évènements que nous vivons à Saïda depuis deux jours, avec l’attaque de notre fierté, l’armée, par des gangsters sous forme de groupuscules terroristes armés et hautement dangereux guidés par celui qui se présente comme leur chef, ahmad el assir, ne peut nous laisser sans réactions. Ces évènements nous rappellent, à bien des égards, ce qui s’est passé à Nahr el Bared en 2007 avec 170 victimes du côté de l’armée, à Tripoli depuis déjà quelques mois,  à Ersal et Aakar en début d’année avec son lot de victimes dans les rangs de l’armée. Ce sont les mêmes ingrédients qui sont en place, ce qui prouve qu’aucune disposition politique n’a été prise pour empêcher la récidive. Il est désolant de voir la manière avec laquelle nos soldats se font descendre avec cette impunité criminelle. Cela nous rappelle, pour ceux qui ont connu cette période là, ce qui s’était passé en 1973 avec l’assassinat de Maarouf Saad. Cet événement était considéré, à l’époque, comme point de départ des évènements qui ont secoué le pays deux ans plus tard, jusqu’en 1990. Une guerre très meurtrière qui avait vu le jour à cause de la dislocation de l’armée selon un facteur confessionnel, prélude au début de la guerre civile. Aujourd’hui à Aabra, à proximité de Saïda, l’armée est attaquée, à la manière des terroristes avec une constance de la part des salafistes, se nommeraient-ils « fath el eslam », « jounoud el cham » ou les hommes d’el assir, tous financés par les pays du golfe à la tête desquels se trouvent le Qatar et l’Arabie Saoudite et sous couverture politique de la part de la coalition du 14 mars à la tête de laquelle se trouve Saad Hariri mais aussi Samir Geagea (fal yahhkoum al ekhouan)

Le risque de dislocation de l’armée et d’embrasement général est bel et bien réel.

Nous condamnons sévèrement cette attaque contre notre armée de la part de cet extrémiste salafiste qui fait parler de lui déjà depuis quelques mois. Il n’est tout simplement pas possible de trouver des circonstances atténuantes à ces meurtres. Nous déplorons au moins16 tués et plus de 100 blessés dans le seul rang qui nous intéresse, celui de l’armée libanaise.

La situation en Syrie se répercute effectivement sur la situation du Liban. Sur le plan à la fois sanitaire et sécuritaire. Parce que parmi les réfugiés syriens, malheureux et victimes de la guerre chez eux pour la très grande majorité, sont plutôt mal accueillis. Ceci pour des raisons essentiellement de saturation des capacités d’accueil du Liban et sans aide de l’étranger. D’autres réfugiés se trouvent, certains par conviction, d’autres par nécessité alimentaire, gonfler les rangs des combattants auprès d’el assir. Ceux-là représentent une main d’œuvre à moindre frais, sans aucune conviction idéologique mais drogués et embrigadés pour combattre l’armée et payés par les bailleurs (le Qatar et l’Arabie Saoudite, mais aussi le 14 mars). La politique, dès qu’elle se mêle pour régler les problèmes sécuritaires du pays les acutise plutôt que de les régler.

Nous n’avons pas confiance dans cette classe politique qui a laissé faire en 2007 et veut laisser faire en 2013 et demain, si elle est toujours en place, laissera encore faire el assir ou ses équivalents, des crimes contre l’armée libanaise jusqu’à ce que la fetna éclate entre sunnites et chiites, comme pour permettre à un plan diabolique de s’appliquer au Liban de la part des complices, au pouvoir.

Il n’est plus envisageable que les organisations salafistes aient pignon sur rue, ni à Tripoli, ni à Saïda, ni nulle part au Liban. Il n’est plus permis qu’ils soient armés ou puissent se regrouper derrière des mouvements du style « jounoud el cham », « fath el eslam » qui doivent être dissoutes et leurs combattants tous traduits devant la justice militaire pour être jugés avec l’exécution de la sentence sans aucune clémence. Quant à ahmad el assir, ses actes doivent être très sévèrement punis par l’armée selon sa méthode et comme elle l’entend. N’oublions pas qu’il s’agit là d’un traitre qui a tenté, qui tente et qui tentera de déstabiliser la situation sécuritaire de la nation toute entière. Il est resté jusque là impuni, ceci doit être immédiatement et définitivement résolu.

Nous prônons donc que l’armée, consciente de sa situation piégée, ne pouvant rien attendre des politiques en place, prenne ses responsabilités, en prenant elle même ses prérogatives sans attendre du politique ni ordre, ni projet de sauvetage, il en est bien incapable.

Nous prônons donc un gouvernement militaire, seul à nos yeux capable de sauver la patrie de tous ces gangsters au solde des pétromonarchies, du 14 mars et par extension de l’occident dont la France, qui ne tient aucun compte des répercussions de cette éventuelle dislocation sur le pays.

Vive l’armée libanaise pour que vive le Liban.

 

Par Dr Riad JREIGE – Montpellier
Libnanews