Pr Minister Najib Mikati meets a Delegation from United Nation

Lors d’une discussion avec la vice-secrétaire générale des Nations Unies, Amina Mohammed, qui s’est déroulée au Grand Sérail, le Premier Ministre Najib Mikati a formellement demandé à l’ONU de soutenir le Liban face aux conséquences du conflit de la guerre en Ukraine sur le plan de la sécurité alimentaire. Ce conflit impacte ainsi les pays de la région, note Najib Mikati.

Pour rappel, 55% du blé consommé au Liban provient du Liban. La hausse des prix sur le plan mondial du blé mais aussi des autres matières premières draine plus rapidement que prévu les réserves monétaires de la Banque du Liban qui finançaient jusqu’à présent ces achats alors que la détérioration de la livre libanaise face au dollar a atteint plus de 92% en moins de 3 ans. Ainsi, 82% de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté et 36% dans un état de pauvreté extrême

 Il a également demandé aux Nations unies de “soutenir le Liban pour faire face aux multiples défis résultant de la présence de déplacés syriens au Liban”.

Le Liban compte en effet 1.5 millions de réfugiés syriens et 500 000 réfugiés palestiniens.

Enfin, le premier ministre a également souhaité obtenir le soutien de l’ONU concernant la lutte contre la corruption et le recouvrement des fonds publics.

Focus

Le Liban à la 2ème place des pays qui accueillent le plus de réfugiés syriens proportionnellement à la population locale, (Haut Commissariat en charge des réfugiés intitulé Global Trends: Forced Displacement in 2019). Le pays des cèdres compte en plus une importante communauté de réfugiés palestiniens dont la présence a été à l’origine de la guerre civile de 1975 à 1990.

Selon le Haut Commissariat aux Réfugiés, le Liban compterait 916 156 réfugiés syriens sur son sol fin 2019, contre 949 666, un an plus tôt. 910 600 réfugiés seraient d’origine syrienne.

Pour rappel, un rapport préparé par le Ministère des finances et le Programme des Nations Unies pour le développement en 2020 sur l’impact de la crise des réfugiés syriens sur l’économie libanaise entre 2011 et 2018 estimait à 46.5 milliards de dollars le coût de la présence des réfugiés syriens au Liban, impactant tous les secteurs, dont celui de l’éducation ou encore de l’électricité mais également provoquant une chute du Produit Intérieur Brut alors que le Liban était impacté par une grave crise économique apparue au grand jour en 2019 et caractérisée par une détérioration rapide de la parité entre livre libanaise et dollar. Ainsi, la monnaie nationale a perdu plus de 90% de sa valeur face au billet vert. 82% de la population libanaise vivrait désormais sous le seuil de pauvreté et 36% dans un état d’extrême pauvreté, amenant à des tensions avec les réfugiés syriens.

Cependant, certains partis politiques refusent jusqu’à aujourd’hui d’évoquer le retour des réfugiés syriens en refusant de discuter des procédures nécessaires avec Damas, même si les autorités libanaises ont entériné un plan visant à favoriser ce retour en 2020.

Face à la détérioration des conditions sociales et économiques, certains réfugiés syriens mais également palestiniens voire même des ressortissants libanais tentent l’exode vers l’Europe, notamment via des boat people à destination de Chypre. Plusieurs embarcations ont été ainsi interceptées ces derniers mois.

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