Le patriarche maronite Béchara Boutros Rahi célébrant la messe devant une délégation d'anciens combattants. Crédit Photo: NNA
Le patriarche maronite Béchara Boutros Rahi célébrant la messe devant une délégation d'anciens combattants. Crédit Photo: NNA

S’exprimant à l’occasion de son sermon dominical, le patriarche maronite Béchara Boutros Rahi a réitéré son appel au retour des réfugiés syriens à leur pays.

“Au nom de la neutralité, nous exigeons le retour des Syriens déplacés dans leur pays, afin qu’ils préservent les ressources, la culture, la dignité et l’histoire de leur terre”, estime le dirigeant de l’église maronite, qui souligne toutefois que ce retour est lié à une décision politique libanaise, arabe et internationale.

Le Patriarche note que la présence d’un million et demi de réfugiés syriens équivaut à 35% de la population libanaise, estimant que l’absence de décision visant à favoriser ce retour constitue une conspiration contre “l’entité, l’unité, l’identité et la sécurité du Liban”, un pays touché par l’une des plus grandes crises financières depuis la moitié du XIXème siècle. Si 82% de la population libanaise vivrait en-dessous du seuil de pauvreté, plus de 90% des réfugiés syriens présents au Liban le seraient également.

Focus

Le Liban à la 2ème place des pays qui accueillent le plus de réfugiés syriens proportionnellement à la population locale, (Haut Commissariat en charge des réfugiés intitulé Global Trends: Forced Displacement in 2019). Le pays des cèdres compte en plus une importante communauté de réfugiés palestiniens dont la présence a été à l’origine de la guerre civile de 1975 à 1990.

Selon le Haut Commissariat aux Réfugiés, le Liban compterait 916 156 réfugiés syriens sur son sol fin 2019, contre 949 666, un an plus tôt. 910 600 réfugiés seraient d’origine syrienne.

Pour rappel, un rapport préparé par le Ministère des finances et le Programme des Nations Unies pour le développement en 2020 sur l’impact de la crise des réfugiés syriens sur l’économie libanaise entre 2011 et 2018 estimait à 46.5 milliards de dollars le coût de la présence des réfugiés syriens au Liban, impactant tous les secteurs, dont celui de l’éducation ou encore de l’électricité mais également provoquant une chute du Produit Intérieur Brut alors que le Liban était impacté par une grave crise économique apparue au grand jour en 2019 et caractérisée par une détérioration rapide de la parité entre livre libanaise et dollar. Ainsi, la monnaie nationale a perdu plus de 90% de sa valeur face au billet vert. 82% de la population libanaise vivrait désormais sous le seuil de pauvreté et 36% dans un état d’extrême pauvreté, amenant à des tensions avec les réfugiés syriens.

Cependant, certains partis politiques refusent jusqu’à aujourd’hui d’évoquer le retour des réfugiés syriens en refusant de discuter des procédures nécessaires avec Damas, même si les autorités libanaises ont entériné un plan visant à favoriser ce retour en 2020.

Face à la détérioration des conditions sociales et économiques, certains réfugiés syriens mais également palestiniens voire même des ressortissants libanais tentent l’exode vers l’Europe, notamment via des boat people à destination de Chypre. Plusieurs embarcations ont été ainsi interceptées ces derniers mois.

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