Le Liban, cette façade musicale qui continue d’épater, d’ébahir les esprits et de transcender la réalité. C’est en ce vendredi 26 mars 2021 et moyennant la détermination de Pascale Ojeil, initiatrice et organisatrice de l’événement,  que l’Orchestre philarmonique du Liban, les chœurs de l’Université Antonine et de l’Université Notre-Dame de Louaizé ont réussi, grâce à un concert donné dans l’enceinte de l’église Saint-Joseph (Université Saint-Joseph de Beyrouth), à confirmer ce que Nietzsche avait déclaré dans une lettre adressée à son ami le compositeur Peter Gast : « La vie sans musique est tout simplement une erreur, un calvaire, un exil »…

Cette prestation artistique de haut calibre, grandement soutenue par le Conservatoire National Supérieur de Musique du Liban et, notamment par son Directeur Dr. Walid Moussallem, en collaboration avec l’Institut Culturel Italien, a inauguré la saison musicale du conservatoire avec le « Requiem » de Luigi Cherubini. Dirigés par le grand Maestro Toufic Maatouk, l’orchestre et les choristes ont ainsi réinterprété cet hommage en do mineur, dédié en 1817 au roi Louis XVI, roi de France et de Navarre, mort guillotiné en 1793 à Paris. A la question de savoir pourquoi les organisateurs ont opté pour le « Requiem » de ce grand  compositeur italien de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle, le conducteur Toufic Maatouk répond : « Cherubini est un compositeur qui n’est pas très connu mais dont l’impact a été très fort dans l’histoire de la musique française et italienne. Son « Requiem » est inhabituel à plusieurs égards. Il est destiné pour être « incarné » par un chœur et un orchestre uniquement ; les solistes n’y ont pas leur place ». De son côté, Pascale Ojeil insiste sur le fait que, lorsque l’idée de lancer un pareil concert lui est venue, interpréter le « Requiem » de Cherubini lui est apparu comme une révélation. « Je suis en admiration devant ce compositeur qui fut aussi Directeur du Conservatoire national de Paris pendant 20 ans, institution qu’il a protégée avec beaucoup de ferveur contre les tribulations politiques de l’époque. Ce fut donc, pour moi, comme une extériorisation de cette résistance culturelle qui sévit en moi depuis un certain temps », confie Pascale Ojeil, également chanteuse d’opéra et passionnée de musique classique.

Ce requiem, on pourrait le décrire, d’après Toufic Maatouk, comme étant davantage une œuvre liturgique qu’une simple pièce de concert. L’on pourrait comprendre ce « chef-d’œuvre incomparable » (pour ne citer que le compositeur allemand Johannes Brahms), comme un « appel sincère à la miséricorde, un rappel à la vie pour des hommes dont la nature est transitoire » (dixit le Maestro libanais, concernant le Dies Iræ, qui est la partie la plus distinctive du « Requiem »). En ces durs temps qui courent au Liban, quoi de mieux que cette exhortation évoquée dans le mouvement le plus inhabituel de cette œuvre, l’Agnus Dei : « accordez-leur le repos ». Ce repos dont le pays a tant besoin et qui pourrait, éventuellement, permettre à la culture de retrouver la stabilité perdue au lendemain de la crise économique et de l’explosion dévastatrice du 4 août 2020. Nous ne pouvons, dans ce sens, manquer de préciser que la déflagration qui a eu lieu l’été dernier a fortement endommagé les sections du Conservatoire se situant dans la rue Monot et dans le quartier de Zokak el-Blat et que le Conservatoire lui-même est victime de lourdes complications budgétaires. Ce concert constitue donc un appel à soutien aussi bien moral que financier, pour, d’une part, pérenniser la culture de la musique classique au Liban et, d’autre part, collecter des fonds, afin d’assurer la restauration des branches démolies par l’explosion et de permettre l’achat de nouveaux instruments pour l’Orchestre philarmonique du Liban (qui, généralement, devraient être changés tous les 5 ans), tel que l’expliquent Pascale Ojeil et Toufic Maatouk. « Il est impératif de mobiliser la conscience collective afin de sauver notre culture, avant qu’il ne soit trop tard. Ce sont non seulement nos musiciens professionnels qui ont urgemment besoin de nouveaux instruments, mais aussi les jeunes étudiants dont les parents ne peuvent désormais plus se permettre d’en acheter, vu les circonstances actuelles et la dévaluation de la livre libanaise », insiste l’initiatrice et l’organisatrice du concert.

Et comme « la musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée » (Platon), veillons à la préserver, à protéger ce qui reste encore de notre paysage culturel et allons au secours de l’industrie musicale libanaise…

Pour plonger dans les méandres du monde de Cherubini, laissez-vous envahir par sa musique du concert qui s’est tenu le vendredi 26 mars 2021

Pour vos donations en faveur du Conservatoire : https://www.just-help.org/c/ConservatoireLiban. Ces donations peuvent se faire en ligne, à partir de n’importe quel pays, quelle que soit la devise (y compris la livre libanaise).

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