L’échéance d’une appartenance

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Dans presque tous les pays du monde le comportement du citoyen permet de développer activement l’avance des projets de l’état. Il participerait naturellement à préserver son héritage historique et sa richesse culturelle, à suivre et évaluer les actes des élus. Il agirait ainsi dans une dynamique de lien direct et personnel avec le rythme de vie démocratique. Aucune tutelle représentative de son implication ne serait reconnue ou même conçue, à part son parlement,son gouvernement et son président. La République imprègnerait en lui, un seul territoire de référence privilégiée; physique, mentale et affective.

Cependant, ce qui se passe jusqu’aujourd’hui au Liban, relève d’un effrayant vase clos qui emprisonne l’intérieur de la nation et qui le décentre du bon sens nécessaire à tout citoyen: Penser, parler, faire et reconnaître en lui ce lien viscéral avec la nation! Le cloisonnement se compose ici de notre étrange, malsaine et fausse cohabitation entre ce que de nombreuses mentalités rejettent vivement et ce que d’autres imposent en masse, carrément. On verrait ici davantage une scène de duel à répétition entre de vieux adversaires, suspendus aux rancunes de nombreux conflits sans un véritable souci de satisfaire un unique élan national:  Celui du respect absolu des échéances constitutionnelles. Le Liban est heureusement défendu chez nous par, nos martyrs qui veillent, d’incorruptibles patriotes, notre vaillante armée et notre président Mr Michel Sleiman. A regarder de près, des responsables politiques baignent jusqu’à s’y noyer dans des ambivalences infinies alors que les revendications ponctuelles des gens au niveau des besoins d’une vie décente et de la défense de leurs droits crient de toutes parts.

De graves protestations publiques s’achèvent souvent lamentablement suite à des écoutes de responsables peu engagées et par un tas de paperasse poussiéreuse, en attendant de nouvelles indignations, colères et révoltes. Néanmoins, pour pouvoir croire encore en un quelconque projet crédible de citoyenneté ensemble, sans plus jamais garder la main sur le cœur entre les fils de la famille libanaise, sans plus que gémir de nos souffrances, sans plus  clamer que des droits ponctuels et sans plus blâmer que les autres, reconnaissons enfin, chacun et tous ensemble que le seul provisoire qui durerait fatalement pour notre Liban est ce grand silence complice de nos attentes stériles. Effacerait-il en nous le brouillard épais de tant de nos dépendances, incohérences et de nos démissions ou serait-il le coup de massue à notre dernière échéance de citoyens du pays des Cèdres ?!!

Par Joe Acoury

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