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Après une controverse avec le chef de l’état sur le refus du ministre des Finances Ghazi Wazni de signer le contrat autorisant le cabinet Kroll, ce dossier est à nouveau sur la table du Conseil des Ministre cette fois-ci au Grand Sérail.

Cette réunion du gouvernement Hassan Diab sera en présence du gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé et du Président de l’Association des Banques du Liban Salim Sfeir. Il s’agit, estiment les observateurs d’unifier la vision de la délégation libanaise concernant les pertes du secteur financier alors que l’audit détaillé devait précédemment y parvenir.

Ce mardi, le ministre des finances Ghazi Wazni se serait opposé à la conduite de cet audit, indiquant que ses soutiens politiques s’y opposaient, sur fond de craintes de voir des données être communiquées à l’état hébreu.

Cependant, les experts estiment ces craintes infondées, la plupart des grands cabinets internationaux opérants également en Israël et signant des accords de confidentialité avec leurs clientèles. Ils estiment ainsi que le mouvement Amal et certains des partis avec qui il pourrait constituer une alliance pour faire tomber le gouvernement Diab pourrait plutôt être gêné par la découverte de certaines anomalies dans les comptes de la Banque du Liban.

Certaines sources proches du dossier estiment ainsi que les polémiques, quant aux nominations à la tête du fonds en charge de gérer les fonds détournés récupérés à un proche de Nabih Berri, pourraient ressurgir. Ce dernier, membre du conseil d’administration de la Banque du Liban et de la compagnie aérienne nationale MEA, aurait participé à certains détournements, soulignent ces mêmes sources.

Des négociations avec le FMI qui boutent toujours sur les estimations des pertes du secteur financier

Ainsi, si l’Association des Banques du Liban, certains parlementaires, accusés d’être également actionnaires de banques privées par les négociateurs libanais qui sont démissionnaires tentent de minimiser les pertes du secteur financier à seulement 81 000 milliards de Livres Libanaises au taux de parité de 1507 LL/USD, le gouvernement estime ces pertes à 241 000 milliards de Livres Libanaises sur la base d’un taux de change de 3 600 LL/USD, des pertes proches des estimations du Fonds Monétaire International, alors qu’au marché noir, la parité de la livre libanaise dépasse le seuil des 9 000 LL/USD.

Selon le FMI, les pertes du secteur bancaires seraient estimées à 90 milliards de dollars, impliquant des faillites d’établissements bancaires en cas d’échec des négociations.

La Banque du Liban estime que ces pertes financières seront réduites par les profits fiduciaires à venir, alors que l’Association des Banques du Liban avait déjà indiqué qu’elle en appellerait aux parlementaires pour bloquer le plan de sauvetage de l’économie libanaise. 

La dégradation de la parité de la livre libanaise également sur la table

Egalement, le gouvernement devrait aborder la question de la dégradation de la valeur de la Livre Libanaise face au dollar. Le Premier Ministre Hassan Diab avait déjà dénoncé la semaine dernière le gouverneur de la Banque du Liban, responsable selon lui de la chute de la monnaie nationale, sur fond de désaccord quant à l’obtention du prêt de 10 milliards de dollars que demande le Liban.

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