Parlement libanais, crédit photo Francois el Bacha

La parole appartient à tout être libre, cela fait partie de sa dignité.

Par ces mots, je m’adresse à vous tous, libanais et députés d’un pays en agonie.

Pour l’un, vous êtes des électeurs. Pour l’autre, vous êtes des élus. C’est la règle du jeu dans un pays où la démocratie fut considérée l’une des rares démocraties de la région.

Chers députés, vous avez été élus par ce peuple, élus pour une durée déterminée, par ces libanais qui ont cru vous faire confiance.

Au nom de la constitution libanaise et par le biais d’un vote qui se veut « démocratique »  vous avez acquis vos sièges au parlement et l’une de vos missions était d’élire à votre tour un Président de la République Libanaise. Les règles du jeu n’ont pas été respectées. Y-a-t-il un arbitre dans votre jeu constitutionnel ? Des libanais se sont plaints. Mais hélas ! Pouvoir en votre main, vous n’avez pas, à votre jeu, mis fin.

Ce que je constate aujourd’hui, c’est que vous n’êtes pas à votre premier échec et ça, ce n’est pas anodin. Parlons plutôt de vos échecs dans l’aboutissement de votre mission primordiale : « Garantir au pays un Président ». Une élection difficile qui pointe avant tout les méandres de vos alliances qui font la politique de l’une des très rares démocraties de la région….

Avant vous, il y a eu des députés qui avaient compris la nécessité de préserver le droit de vote accordé au peuple, au nom de la Constitution. Avant vous, il y a eu de députés qui étaient en opposition entre eux, mais jamais ils n’avaient offensé, ni osé affranchir la ligne rouge… Jamais ils n’ont eu l’effronterie de violer le droit de leur partenaire, vous « Peuple libanais », et ce par respect au pacte établit entre le peuple et sa démocratie.

A la lecture de mes mots, certains parmi vous se demanderons à quand remonte la dernière fois, où les députés se sont mis d’accord entre eux ? Ceci remonte probablement, à très loin. Mais ceux-là étaient des députés de notre constitution libanaise, dés députés, qui ont su faire passer le droit du peuple en priorité… On parlait encore d’une démocratie et d’un droit de vote !

Messieurs les députés, vos échecs répétitifs en la matière et votre auto renouvellement de votre mandat vous rendent aux yeux de votre partenaire, ce peuple libanais, illégitimes. Si vous n’avez pas réussi votre mission accumulant ainsi ces échecs répétitifs, à quoi bon rester dans vos postes ? Profitant de l’absence de l’arbitre, chaque citoyen se donne le droit de le dire haut et clair.

Messieurs les députés d’un pays en agonie je déclare : « illégal est votre mandat, illégal et anti constitutionnel. »

Celui parmi vous qui aura l’audace de m’expliquer qu’il me réponde publiquement.  Je ne fais qu’un constat et je demeure en attente d’une explication. Etes-vous encore citoyen libanais ? Faites-vous encore partie de ce peuple à qui vous venez de violer ces droits légitimes ? Déclarez-vous encore allégeance à la Constitution ? Et laquelle ? Je vous en prie soyez précis !

A travers distance, mes compatriotes libanais, nous essayons de garder en nous l’espoir d’un jour meilleur, nous arrivons à communiquer, à apprécier, à partager notre volonté de retrouver sérénité et pacificité.

A travers distance nous partageons des gaietés, des anxiétés et nous arrivons aussi à les exprimer. A travers distance et sur les réseaux sociaux, les divergences tombent et seul reste un appel,  un appel criard à l’union de nous tous. Plusieurs groupes, plusieurs témoignages et tous sont unanimes : L’heure à l’union nationale est urgente. Plus de temps à perdre.

Quant à vous, homme politiques, « chefs politiques » vous vous autoproclamez décideurs du pays, ainsi vous vous déclarez en faillite et vous avouez en public votre viol collectif de la conscience populaire. Un viol collectif, oui ! Un viol collectif de la démocratie, des droits minimes d’un peuple faisant partie intégrante et indissociable de votre jeu dans cette République Libanaise.

Viol du droit de vote, viol du droit d’être encore un citoyen !!

Loin du pays, certains ne m’accorderont pas la légitimité de critiquer cette offense. Je ne juge pas, je ne critique pas, mais juste un constat ! Loin du pays certes, comme pour plusieurs libanais des frontières,  je constate, je remarque,  je garde mes droits à l’expression même si dans les terres de mes racines profondes on a  aboli la démocratie. Peuple libanais, vous reste-t-il la libre expression ?

Une vue d’ensemble des priorités  s’impose à nous tous ! Si l’on ose encore parler au nom de notre démocratie au pays du Cèdre. Le Pays est sans Président depuis bien un moment…

Vous, Messieurs les députés, vous élus, vous n’avez pas jugé utile de vous mettre en accord pour désigner un successeur, ni renouveler le mandat du Président sortant. Mais par magie, vous vous êtes réunis pour acter le renouvèlement de votre mandat.

Ainsi je constate : Non seulement vous avez été défaillant dans la mission qui vous incombe, celle d’élire un Président, mais en plus  vous avez privé vos partenaires « les citoyens de la République Libanaise » de leurs droits de « citoyenneté », à savoir : élire leurs représentants et reconnaître leur légitimité.

Quel culot ! Quelle arrogance ! Quelle audace !

A vous de choisir le mot qui vous convient, je ne suis plus à ce détail prêt.

Si les distances m’empêchent de connaître les détails de votre quotidien,  je peux encore, d’un point de vue général, constater «l’istislam »,  l’abandon, le désespoir, le laisser-faire, la démission, le découragement, l’indifférence, la méfiance, l’insouciance de tout un peuple usé par vos promesses sans fin. Je peux aussi constater votre défaillance, à vous Messieurs les députés, votre incompétence, votre mal vaillance et surtout votre abstinence en matière de démocratie.

Dans la série des mots et définitions, vous avez le choix, vous tous, libanais et députés, membres de ce jeu intitulé « Démocratie au pays du Cèdre » entre le positivisme et/ou le négativisme. Il y en a pour tous les goûts… Mais pitié, réagissez contre ceux qui vous dépouillent de tout sens d’humanité et d’humilité.

Elus ! Comment m’expliquez-vous être élus du peuple, sans être élus ?  Vous vous faites pour la deuxième fois, des élus forcés du peuple ? Pensez-vous encore utiliser le mot « élu » ou « député »  quand il s’agit d’un coup d’Etat prenant vos citoyens en otages ? Mystère…

Peuple libanais ! Comment m’expliquez-vous votre résignation ? Vous encaissez encore et encore, mais jusqu’à quand allez-vous souffrir ainsi les laissant rafler tout espoir de changement ? Comment vous ont-ils leurrés, endormis, kidnappés, trahis ? Comment vous-ont-ils pris par force ce droit auquel aspire tout citoyen, ce droit de vote ? Comment ont-ils pu vous mettre sous tutelle, vous priver de cette liberté de choix ? Comment ont-ils pu vous prendre par force, comment ont-ils pu commettre publiquement ce viol collectif de votre démocratie, de votre droit minime… ? Mystère …

Les tabous de notre société sont-ils les premiers coupables ? Vous empêchent-ils de crier votre douleur, de camoufler votre honte et toujours encaisser le machisme aveugle de vos chers députés ?

Le constat est amer ! Un viol collectif en tout état de cause. Un viol qui passe sous silence !! 

Où sont-elles vos voix, vos manifestations groupées, votre indignation ? Pourquoi quand des mouvements citoyens se mettent en marche pour se défendre, pourquoi restent-ils peu nombreux ? Eparpillés, elles n’ont aucune valeur. Vous vous sentez abandonnés ? Par qui ? Par des hommes politiques qui ont ouvert boutique ? Ou par des milices qui applaudissent un tyran à la langue bien pendue ? Où sont ces législateurs ? Où sont ces décideurs ?

Renouvellement acquis ! Mais à qui profite le crime ? A qui rendent-ils compte aujourd’hui ?  Pourquoi le libanais qui vante ses qualités, le libanais capable de réussir, le libanais capable de maudire… Pourquoi  n’est-il plus capable de s’imposer, de choisir, de crier haut et fort sa volonté de vivre dignement ?

Jinane Chaker-Sultani MIlelli

4 COMMENTAIRES

  1. Nous parlons de la paix et de la sécurité et nous continuerons de parler…
    même pendant la guerre… C’est notre responsabilité envers notre patrie, la terre sainte et éternelle.
    Liban notre pays calme, pays des poètes et des prophètes, est devenu pays des guerres. Zone de tensions et d’affrontements entre les hommes d’Etats. Ce qui empêche le peuple de rêver, et les enfants de s’ouvrir aux idées nouvelles et aux autres cultures; au respect des libertés fondamentales et des droits humains, à la concorde, à la paix et à la prospérité.

    • Il est triste de constater que de nos jours encore, nos espoirs de paix demeurent sans réponses effective. Les situations de conflit et de crise persistent entre les nations, entrent dans les organisations religieuses, ainsi qu’au cœur de nos villes, de nos contrées, de nos familles et, de manière plus considérable, à l’intérieur de nous-mêmes.
      Malgré tous les efforts déployés, la guerre, la violence, l’injustice, l’intolérance et l’oppression se perpétuent.
      Nous sommes témoins aujourd’hui de cette nouvelle forme d’esclavage ; l’intérêt public perd toute consistance.
      Les dimensions de justice et de paix sont bien présentées au cœur de notre monde souvent déchiré par la guerre et l’injustice.
      Espérons que peu à peu les consciences profondes fondées sur le désir de bâtir la justice de la paix s’éveillent et transmettent à d’autres, surtout à des jeunes, un monde plus juste et moins violent.

  2. Je pense qu il est temps de lever l immunite parlementaire. Je pense qu il est temps que toutes ces societes civiles qui oeuvrent pour le Liban et pour le citoyen libanais se regroupent et forment enfin une voix, unique.
    je pense que le peuple ne pourra jamais se soulever parce que le Liban est trop fragile aujourd hui pour supporter cela. je pense que nous sommes responsables de ce qui se passe dans notre pays. il est donc temps de prendre nos responsabilites en tant que citoyens. je pense qu il est essentiel de former un groupe de citoyens, toutes religions confondues, qui irait sur tout le territoire libanais enseigner au peuple la necessite d elire leurs representants sur des programmes bien definis. d apprendre aux gens a ne plus avoir peur. d apprendre aux gens la responsabilite qui leur incombe en tant que citoyens. et de defendre leurs droits. expliquer que pour creer le monde il a fallu 6 jours au bon Dieu et que ca prendra du temps, mais qu en fin de compte on y trouvera notre liberte d etre dans le respect l un de l autre.

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