Incendie d'une poubelle dans la banlieue de Beyrouth. Crédit Photo: François el Bacha, tous droits réservés.
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La compagnie de ramassage des ordures RAMCO menace d’interrompre ses services à Beyrouth, dans le Metn et le Kesrouan, indiquant ne pas disposer de liquidités suffisantes en devises pour acheter le fioul nécessaire aux opérations de ses camions.

Selon ses responsables, les importateurs de fioul demanderaient ainsi à la compagnie le paiement en cash, conformément à la circulaire 573 de la Banque du Liban qui vise à diminuer la masse monétaire présente sur le marché libanais.

Selon certains responsables de la compagnie, pour l’heure, RAMCO n’opèrerait qu’à 50% de ses capacités et ne disposerait que de 90 millions de livres libanaises par semaine. Les banques locales auraient limité les opérations de retrait à seulement 5 millions de livres libanaises , précisent ces sources.

De plus, la compagnie doit assurer le paiement de 500 employés de nationalité libanaise, une somme supérieure aux capacités de retrait actuelles.

Les opérations actuelles de l’entreprise se poursuivent en dépit d’importantes pertes financières. Payé en livre libanaise au taux officiel de 1507 LL/USD, la baisse des revenus de l’entreprise a accompagné la dégradation de la livre libanaise face au dollar.

Face à la situation, les responsables de l’entreprise envisageraient d’exiger d’être payés en devises étrangères et en chèques qui seront déposés au sein des banques locales, dénonçant par ailleurs, le rôle joué par les autorités libanaises dans les retards pris pour trouver une solution aux problèmes actuels.

Cette nouvelle circulaire de la Banque du Liban est largement dénoncée, non seulement par les sociétés de ramassage des ordures, mais également par le secteur médical, des hôpitaux aux pharmaciens

Une crise chronique des ordures depuis la fermeture de la décharge de Naameh en 2015

Pour rappel, les ordures avaient commencé à s’accumuler dans les rues de Beyrouth et du Mont-Liban à partir du 17 juillet 2015 suite à l’annulation du contrat avec la compagnie de ramassage Sukleen et de l’expiration du mandat d’exploitation de la décharge de Naameh.

Face à l’impossibilité de trouver une solution pérenne à l’époque, les autorités d’alors avaient décidé de la réouverture de la décharge de Bourj Hammoud au nord de Beyrouth et de l’ouverture de la décharge de Costa Brava au sud de la capitale en dépit de la signature en 1994 du traité de Barcelone qui interdit de jeter des ordures en mer. Cette crise avait amené à la mobilisation d’une frange de la population, avec de nombreuses manifestations qui se sont ainsi déroulées durant l’été 2015 au centre-ville de Beyrouth.

Les Forces de Sécurité ont été déjà critiquées pour un usage inapproprié de la violence, alors que certaines sources indiquaient que des éléments proches de partis politiques s’étaient infiltrés parmi les manifestants pour provoquer des incidents.

La crise des ordures refait son apparition aujourd’hui alors que le Liban traverse une grave crise financière symbolisée par la détérioration de la monnaie nationale.

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