Au Liban la dégradation de la norme démocratique indique un phénomène bien révélateur. Il dérive des conséquences du délabrement des institutions sur les conditions de vie essentielles, matérielles, psychologiques et interactives entre nos diverses composantes.

Après des décennies de promesses pour un changement promis et « imminent » pour le libanais, le vécu des souffrances intimes et multiformes des libanais atteint le seuil irréversible du choix vital qui leur reste. Celà ne consiste pas à encore attendre le rythme des uns sans la synergie de tout autre, à écouter ou à regarder faire des responsables le temps qu’ils se prouvent les mêmes échecs ou des réussites exceptionnelles d’ici quelques mois.

Ainsi, au delà de la crise économique sans précédent que subit le pays, s’impose l’omniprésence de nombreux et multiples désastres sanitaires. Des strates sociétales mûries vont émerger des privations et des leurres répétés.Ces personnes sont extrêmement résolues à refuser l’usure supplémentaire des paroles circulaires.

Celles qui, dépourvues d’actes prioritaires n’engagent que des individus recommandés surtout pour des convenances politiques appropriées. Cependant pour beaucoup parmi nous rien ne va plus et l’heure n’est plus de faire miroiter ou de faire prévaloir pour quelques soient les raisons un dossier avant un autre car ce qui compte désormais pour une majorité de libanais se résume brièvement en deux points :

– La mise en place d’une task force issue de tous les ministères avec le partenariat des professionnels de la société civile afin de se déplacer vers tous les espaces de vies critiques et d’assumer les services variés et pratiques des dossiers enchevêtrés et urgents! Ces complexités demeurent dramatiquement jusqu’à ce jour le plus souvent interprétées sommairement sans être d’abord visitées pour comprendre toutes leurs dimensions et facettes. 

– Soutenir effectivement le remarquable scénario actuel de la gouvernance  pour un « travail » sans relâche et efficace mais selon des ententes interministérielles consensuelles continues à l’écart de tout conflit. 

La République est en crise de vulnérabilités. Les dispositions gouvernementales dotées des « meilleures dispositions » pour sauver une situation économique catastrophique ne peuvent être prises en réelle considération sans que s’engagent tous les potentiels humains et les professionnels disponibles.

La souffrance d’un être est bien plus qu’un verbe, qu’un non-dit qu’on écoute et qu’on interprète. C’est un échange réellement humain qui se passe au delà de la neutralité bienveillante. Elle peut paraître malveillante quand l’autre ne perçoit pas notre implication mentale et émotive à sentir sa souffrance pour mieux la comprendre ; quand l’autre ne perçoit pas notre entière disponibilité d’humain à le soigner.