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C’est à Khenchara un village libanais dans le Metn situé à mille mètres d’altitude, entouré de pins parasol, qu’une série de petits paniers bleus à fleurs peints en haut d’un mur d’une vieille maison attire mon attention. Par manque d’argent et de temps, cette simple et subtile peinture murale qui durant cent soixante ans avait orné la maison, est désormais cachée par des panneaux de revêtement. Une autre maison en plein effondrement, révèle un plafond azur rivalisant avec le bleu de notre ciel méditerranéen. Du haut de ce plafond céleste parcouru de lignes, des rinceaux et feuilles d’acanthe, la tête d’une femme élégamment coiffée veille sur les passants.

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Une certaine classe bourgeoise a vécu ici au XIXe siècle. Ces familles vivant dans un milieu rural avaient l’intention de montrer à travers ces peintures leur niveau social et culturel. La grande salle de réception des invités appelée communément el dar est celle qui serait dotée sur les murs et le plafond de jolis dessins. Ils sont puisés de l’art européen ou simplement des paysages libanais. La tradition ornementale de peinture murale à l’intérieur des maisons libanaises n’est pas chose étrange. Un petit fragment de peinture murale de l’époque hellénistique – aujourd’hui au Musée National – trouvé à Beyrouth en est la preuve. La peinture murale religieuse chrétienne dans une vingtaine de nos anciens monastères et églises dans les régions de Jbeil, Batroun, Koura et Qadisha, a été mise en valeur. Datant de l’époque médiévale (XII- XIII siècles) ces fresques ont subi toute sorte de destruction. Il a fallu un effort de titan pour les sauvegarder.

Cet art décoratif domestique qui s’est développé dans l’intimité des familles, appartient désormais à tous les Libanais et fait bien partie de notre patrimoine culturel.

Texte et photos : Raghida Samaha