« Le Prophète », Gibran Khalil Gibran, à l’honneur – UNESCO – Paris

Le 21 juin 2017 à l’UNESCO – Paris, nous avons assisté à une soirée dédiée à Gibran Khalil Gibran*, à travers la projection du film d’animation «Le Prophète», à l’occasion du 15e anniversaire de Infocubed (éditeur de logiciel indépendant et présent sur la scène du mécénat culturel depuis sa création en 2002). Une soirée organisée par S.E., M. Khalil Karam, Ambassadeur Délégué permanent du Liban auprès de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et en présence de S.E. Monsieur le Ministre de la Culture libanaise, Dr. Ghattas Khoury.

En ouverture, le Ténor Gabriel Abdel Nour, invité spécialement pour cette occasion, a interprété des extraits de son album dédié à Gibran Khalil Gibran, « lakoum lubnanoukoum wa li lubnani – لكم لبنانكم ولي لبيناني – Vous avez votre Liban et j’ai mon Liban ».

« Le Prophète » est une œuvre poétique et philosophique constituée d’aphorismes et de paraboles, livrés par la bouche d’un prophète qui a vécu un exil et qui quitte le lieu où il a résidé pendant douze ans. Ecrit en anglais et publié en 1923 aux Etats-Unis, le succès fut immédiat et ne s’est pas démenti jusqu’à ce jour.

Interrogé sur les grandes questions de la vie par le peuple qui l’a accueilli pendant son exil, « Le Prophète » donne des réponses simples et pénétrantes, des leçons de vie. Des thèmes universels sont abordés, mais le fil conducteur du discours reste l’amour.

Ainsi, à titre d’exemple, est-il dit sur le mariage « Emplissez chacun la coupe de l’autre, mais ne buvez pas à la même coupe », sur les enfants : « Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils ont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même, ils viennent à travers vous mais non de vous. » etc.

Mais « Le Prophète » ne traite pas uniquement des problèmes de la vie quotidienne. Il aborde également les questions fondamentales de la connaissance de soi, de la religion, thèmes qui au fil des années se sont avérés absolument prémonitoires.

Le contenu et le descriptif de cette soirée riche en émotion mettant en valeur les talents artistiques libanais sont détaillés, ci-dessous, selon les mots de notre ministre de la Culture, Dr. Ghattas Khoury et notre ambassadeur, Délégué permanent du Liban à l’UNESCO. Viendra par la suite, un extrait biographique du Ténor Gabriel Abdel Nour et du compositeur Gabriel Yared.

Mes remerciements vont chaleureusement à M. Michael Worbs, Président du Conseil Exécutif de l’UNESCO, à notre ambassadeur Délégué permanent du Liban, M. Khalil Karam et son équipe notamment, Mme Zeina Saleh Kayali, pour le travail et projets accomplis au nom de la Délégation permanente du Liban, mettant en valeur notre culture et nos talents artistiques ; ainsi qu’à la générosité de M. Henri Kayali, PDG de Infocubed. L’année 2016-2017 fut un cru aussi important que les précédentes où la culture, la mémoire et les valeurs de notre patrimoine ont été souvent mis à l’honneur.

 

Mot de S.E. Dr. Ghattas Khoury, Ministre de la Culture

« Pour être libre, il faut briser les liens avec lesquels on s’est soi-même enchaîné. »
Adapté du livre du poète libanais Gibran Khalil Gibran, publié en 1923, traduit en plus de 48 langues et vendu à plus de 100 millions d’exemplaires, le film d’animation « Le Prophète » est une fable initiatique et poétique, produit par Salma Hayek qui, en le portant à bout de bras, a écrit une véritable lettre d’amour au Liban, pays natal de son grand-père paternel.

Au-delà du simple retour aux sources, Salma Hayek a réussi à mettre en images les magnifiques pensées philosophiques et poétiques de Khalil Gibran et créer un souffle nouveau au message universel porté par l’ouvrage, source de sagesse et d’inspiration pour des millions de personnes à travers le monde.
La composition musical signée par Gabriel Yared ainsi que la voix du « prophète » interprétée par Mika, célèbre chanteur d’origine libanaise, insufflent également une touche supplémentaire du Liban, dont nous sommes fiers aujourd’hui.

A travers ce film d’art, messager du Liban et de ses grands poètes, je vous invité à découvrir toute la saveur d’une contrée, pacifiée et apaisée, qui semble illuminée de l’intérieur, celle qui, comme le précisait Gibran lui-même, est « fait(e) de vallées silencieuses et mystérieuses dont les versants recueillent le son des carillons et le frisson des ruisseaux.

 

Mot de S.E. Monsieur l’Ambassadeur Khalil Karam, Délégué permanent du Liban auprès de l’Unesco.

Le film d’animation « Le Prophète » auquel vous convie ce soir la Délégation permanente du Liban auprès de l’UNESCO est la parfaite incarnation de la multiplicité du talent artistique libanais dans trois importantes dimensions : la littérature, le cinéma et la musique.

En effet, en partant du texte fondateur de Gibran Khalil Gibran, l’actrice libano-mexicaine Salma Hayek, à l’origine de ce projet, a réuni des capitaux (pour la plupart libanais) afin de produire un film d’animation en s’entourant des plus grands professionnels du métier dont notamment le réalisateur Roger Allers (à qui l’on doit le Roi Lion). L’acteur Liam Neeson est la voix anglaise du Prophète et le chanteur anglais d’origine libanaise Mika en est la voix française.

La bande originale du film, qui est pratiquement un personnage à part entière, tant elle porte l’action, est de Gabriel Yared qui n’est plus à présenter. Ce compositeur dont les musiques enchanteresses ont transcendé depuis le début des années 1980 les images des plus grands réalisateurs, porte haut les couleurs de notre pays à travers le monde.

La plume de Gibran Khalil Gibran est porteuse d’un message universel, celui de la tolérance, du vivre ensemble, de l’acceptation de l’autre, de la non violence, bref un message de sagesse dont notre monde a tant besoin dans la tourmente qu’il traverse, un message très proche des valeurs prônées par notre organisation de l’UNESCO. Cette vision incarne l’esprit du Liban, terre d’accueil et de passage depuis des millénaires.

Vous voyez que ce n’est pas un banal dessin animé auquel vous convie ce soir la Délégation permanente du Liban, mais à un véritable festival philosophique et artistique. Nos valeurs sont transcendantes, il suffit de vouloir les appliquer, nos talents sont nombreux, il suffit de savoir les conjuguer.

Gabriel Abdel Nour

Ténor libanais (sa voix couvre trois octaves), compositeur et ambassadeur honoraire du contingent ghanéen – Finul- Liban, Gabriel Abdel Nour est titulaire d’un diplôme en psychologie. Spécialiste du chant occidental, oriental et du Tajwid, il débute sa carrière par des concerts consacrés à la chanson française (Edith Piaf, Jacques Brel, Dalida, Charles Aznavour, Tino Rossi, Léo Ferré, Gilbert Becaud, Yves Montand, Serge Lama, …) et à partir de 2003, commence à travailler le répertoire arabe.

Son album consacré à des textes de Gibran Khalil Gibran mis en musique par Elie Choueiry, Joseph Khalifeh et par lui-même, lui apporte une consécration nationale et régionale. Il se produit au Moyen-Orient et en Europe, dans les salles les plus prestigieuses et chante dans dix langues différentes. Il remporte de nombreux prix dont celui du meilleur ténor arabe. Gabriel Abdel Nour met son talent au service de la paix, notamment en donnant des concerts autour des thèmes du dialogue islamo-chrétien. Son prochain album (le cinquième) est consacré à la musique Soufie (https://www.youtube.com/user/gabrielabdelnour/videos
https://www.facebook.com/search/top/?q=tenor%20gabriel%20abdel%20nour).

 

Gabriel Yared, Compositeur

Né en 1949 à Beyrouth, Gabriel Yared est probablement le compositeur libanais le plus connu des médias et du grand public. Il a composé des musiques pour le cinéma, pour la danse et a commencé sa prestigieuse carrière comme orchestrateur puis comme compositeur de chansons et de musiques pour la publicité, exercice qu’il conseille vivement aux jeunes compositeurs, car il requiert « d’être efficace et de toucher en très peu de temps ». Il est le lauréat d’un nombre impressionnant de récompenses et de prix, dont le César pour L’Amant, de Jean-Jacques Annaud (1993) et l’Oscar pour Le Patient anglais d’Anthony Minghellea (1997), qui marquent deux tournants importants de sa carrière.

Le film Le Prophète a constitué, pour Gabriel Yared, une belle occasion de se replonger dans ses racines libanaises.

Info3

Éditeur de logiciel indépendant, créateur d’une suite unique d’outils informatiques permettant à de grands annonceurs de suivre, contrôler et gérer leurs données médias et marketing dans tous les pays où ils opèrent (www.infocubed.com).

Présent sur la scène du mécénat culturel depuis sa création en 2002, inof3 est intervenu dans différents domaines. Dans le domaine artistique, info3 s’est engagé en soutenant notamment le grand compositeur libanais Bechara El-Khoury et en étant partenaire en décembre 2011 du concert Rencontre avec le Patrimoine musical libanais qui présentait les œuvres de 14 compositeurs libanais différents dans le Salle I de l’Unesco.

En 2014, info3 est partenaire dans la création mondiale de l’opéra de chambre Les Jardins d’Adonis par le compositeur libanais Wassim Soubra, en 2015 d l’inscription du Zajal sur la liste du patrimoine immatériel et l’UNESCO, ainsi que du spectacle de danse contemporaine libanaise Bordeline et en 2016 de la création du cycle musical et poétique Liban en Musique et en Image. En février 2017, toujours fidèle à sa politique de soutien du patrimoine musical libanais, info3 est partenaire de la soirée de prestige, organisée par la Délégation permanente du Liban auprès de l’UNESCO, Evocation musicale du Liban.

En matière de sports, info3 a soutenu l’équipe de football de l’OCDE mais aussi des compétitions comme la course-croisière de l’EDHEC, dont il a été fournisseur officiel pendant plusieurs années.

Ce soir, le 21 juin 2017, info3, dont le PDG est M. Henri Kayali, a fêté ses quinze ans dans le cadre mythique de la salle I de l’UNESCO, en mettant en valeur les talents artistiques libanais à travers un film d’animation inspiré de l’œuvre du plus grands philosophe libanais, Gibran Khalil Gibran

* Poète et peintre libanais, Gibran Khalil Gibran, (1883-1931)
Né à Becharré (Liban-Nord), le 6 janvier 1883, et mort à New York, le 10 avril 1931.
Sa mère, Kamlé, est la fille d’un prêtre de rite maronite et son père est apothicaire. En 1895, Kamlé décide d’emmener sa famille aux Etats-Unis où réside son frère. La famille Gibran s’installe dans le South End de Boston, à l’époque la deuxième plus grande communauté libano-américaine aux Etats-Unis. Gibran est placé dans une classe spéciale pour immigrants par l’administration de son école pour mieux apprendre l’anglais. Montrant des dons précoces pour la peinture, il est également inscrit dans une école d’art.

Mais la mère de Gibran, ainsi que son frère aîné, Boutros, veulent l’imprégner de son patrimoine culturel d’origine. Ainsi, à quinze ans, Gibran est renvoyé dans son pays natal pour étudier à l’école préparatoire de La Sagesse et à l’institut d’enseignement supérieur à Beyrouth. Il y reste plusieurs années avant de regagner Boston en 1902.

Gibran tient sa première exposition de dessins en 1904 à Boston. En 908, il arrive à Paris et pendant deux ans, sera l’élève d’Auguste Rodin. Son atelier, Avenue du Maine, est signalé par une plaque commémorative.
Les premiers écrits de Gibran sont publiés en langue arabe : La Musique, les Ailes brisées, Les Nymphes des vallées, Les Tempêtes.

En revanche, à partir de 1918, ses ouvrages sont en langue anglaise. En 1923, publication et succès immédiat de son œuvre Le Prophète. EN 1928, des ennuis de santé le conduisent à la dépression et en 1931 à l’âge de 48 ans, il décède des suites d’un cancer du foie. A sa demande, son corps est rapatrié, au Liban, et repose dans le monastère Mar Sarkis, avoisinant de sa ville natale de Becharré.

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Jinane Chaker Sultani Milelli

Jinane Chaker-Sultani Milelli est une éditrice et auteur franco-libanaise. Née à Beyrouth, Jinane Chaker-Sultani Milelli a fait ses études supérieures en France. Sociologue de formation [pédagogie et sciences de l’éducation] et titulaire d’un doctorat PHD [janvier 1990], en Anthropologie, Ethnologie politique et Sciences des Religions, elle s’oriente vers le management stratégique des ressources humaines [diplôme d’ingénieur et doctorat 3e cycle en 1994] puis s’affirme dans la méthodologie de prise de décision en management par construction de projet [1998].