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Sud-Liban : l’explosion d’Ali al-Taher secoue Nabatiyé avec un séisme provoqué de 4.1 sur l’échelle de Richter

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Une explosion d’une puissance exceptionnelle a secoué jeudi 10 septembre au soir la région de Nabatiyé, au moment où les forces israéliennes procèdent à la destruction des réseaux souterrains d’Ali al-Taher. À 21 h 08, les stations sismologiques ont enregistré un signal correspondant à une magnitude de 4,1, localisé à environ 13 kilomètres à l’ouest-sud-ouest de Nabatiyé. L’événement, ressenti dans une large partie du Sud-Liban, correspond à l’opération de destruction des tunnels menée sur les hauteurs d’Ali al-Taher, dont Israël avait annoncé ces derniers jours la neutralisation prochaine. La puissance de la déflagration donne une nouvelle dimension à une opération militaire qui ne se limite plus au contrôle du complexe souterrain : elle modifie physiquement un secteur dominant Nabatiyé et plusieurs localités environnantes.

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L’enregistrement affiché par les réseaux sismologiques ne signifie donc pas qu’un tremblement de terre naturel a frappé Nabatiyé. Les systèmes automatiques ou semi-automatiques peuvent détecter une explosion souterraine importante comme un événement sismique et lui attribuer une magnitude. La capture enregistrée jeudi soir indique d’ailleurs une évaluation manuelle et une profondeur de 10 kilomètres, valeur qui ne doit pas être interprétée comme la profondeur réelle de l’explosion. Dans le contexte immédiat d’Ali al-Taher, où une opération de destruction de tunnels était en préparation, le signal correspond à la déflagration qui vient de secouer la région.

Une explosion enregistrée comme une magnitude 4,1

La déflagration est survenue à 21 h 08 min 48 s, selon les données sismologiques affichées jeudi soir. Le signal a atteint une magnitude de 4,1 mb, avec une marge indiquée de ±0,2.

La localisation donnée se situe dans le secteur de Nabatiyé, à environ 13 kilomètres à l’ouest-sud-ouest de la ville. Cette localisation instrumentale doit être considérée comme approximative lorsqu’il s’agit d’une explosion et non d’un séisme tectonique.

Pour les habitants, la distinction scientifique importe cependant moins que la puissance ressentie. Une explosion capable de produire un signal de cette ampleur libère suffisamment d’énergie dans le sol pour être enregistrée à distance par les instruments normalement destinés à surveiller les tremblements de terre.

Elle explique aussi pourquoi la déflagration a pu être ressentie bien au-delà du point de destruction.

L’événement intervient au terme de plusieurs jours pendant lesquels les forces israéliennes ont préparé la neutralisation du réseau souterrain d’Ali al-Taher. Israël avait annoncé le 4 septembre avoir pris le contrôle opérationnel des hauteurs et des accès aux tunnels après plusieurs semaines de combats. L’armée israélienne indiquait alors que le processus de destruction des installations souterraines n’était pas achevé.

La déflagration de jeudi soir semble matérialiser cette nouvelle phase.

Ali al-Taher, des semaines de combats avant la destruction

La destruction intervient après une bataille qui s’est progressivement concentrée autour de cette hauteur stratégique située entre Nabatiyé al-Fawqa et Kfar Tebnit, au nord du Litani.

Ali al-Taher domine une large partie de la région de Nabatiyé. La hauteur, qui culmine autour de 600 mètres, permet d’observer plusieurs axes reliant Nabatiyé, le Litani et les hauteurs d’Iqlim al-Tuffah. Cette position explique l’importance militaire prise par le secteur au cours des derniers mois.

Israël affirme y avoir découvert un vaste système souterrain utilisé par le Hezbollah. Selon l’armée israélienne, le complexe comprenait des installations permettant à des combattants de rester sous terre pendant des périodes prolongées : espaces de vie, générateurs, dépôts d’armes et salles destinées aux opérations.

Ces affirmations proviennent de l’armée israélienne et n’ont pas toutes fait l’objet d’une vérification indépendante.

L’existence d’un important réseau de tunnels dans le secteur est toutefois désormais établie par plusieurs sources concordantes. Une agence de presse internationale rapportait le 4 septembre qu’Israël avait annoncé avoir évacué les combattants du Hezbollah du réseau et pris le contrôle opérationnel de la crête. Un responsable militaire libanais indiquait alors que les forces israéliennes contrôlaient notamment les accès méridionaux et surveillaient d’autres entrées.

La destruction de ces infrastructures était encore en préparation.

Plus de quinze tunnels avaient déjà été dynamités

L’explosion de jeudi soir n’est pas le premier épisode de cette opération.

Le 6 septembre, plus de quinze tunnels avaient déjà été dynamités simultanément dans la région de Nabatiyé, entre le secteur du château de Beaufort et Ali al-Taher, selon des informations rapportées depuis le terrain.

Ces destructions avaient provoqué de fortes détonations dans toute la région.

La différence, jeudi soir, tient à l’importance du signal enregistré. Une magnitude sismique de 4,1 donne une indication de l’énergie transmise au sous-sol, même si elle ne permet pas de calculer directement et simplement la quantité d’explosifs employée.

Il serait notamment incorrect de convertir mécaniquement une magnitude 4,1 en un tonnage d’explosifs. L’énergie détectée dépend de nombreux paramètres : profondeur des charges, géologie, géométrie des tunnels, fragmentation de la roche et proportion de l’énergie effectivement transmise sous forme d’ondes sismiques.

Le chiffre permet néanmoins une comparaison qualitative : il s’agit d’une déflagration considérable.

Une journée déjà marquée par les frappes sur Ali al-Taher

L’explosion intervient après une nouvelle journée de pression militaire sur la région.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les forces israéliennes avaient déjà multiplié les frappes autour d’Ali al-Taher. Au moins quatre raids avaient été signalés sur la crête, accompagnés de tirs d’artillerie. D’autres frappes avaient visé Qantara, Mansouri et Beit al-Sayyad.

Jeudi, les opérations se sont poursuivies autour de Nabatiyé al-Fawqa et du pied de la crête.

La succession des bombardements puis la déflagration massive de 21 h 08 indique que l’opération est entrée dans une phase différente. Après avoir cherché à prendre le contrôle des accès et à inspecter les galeries, les forces israéliennes s’emploient désormais à rendre le réseau inutilisable.

Cette destruction pourrait se poursuivre.

La taille exacte du complexe et le nombre de galeries encore intactes ne sont pas connus publiquement. Il n’est donc pas possible d’affirmer jeudi soir que l’explosion marque la fin de l’opération.

La destruction des tunnels peut aussi bouleverser la surface

L’enjeu dépasse la seule disparition d’une infrastructure militaire souterraine.

Détruire un réseau de galeries de grande taille nécessite des charges importantes. Selon leur profondeur et leur configuration, les explosions peuvent provoquer des effondrements, des fissurations et des modifications du terrain en surface.

C’est précisément l’une des inquiétudes autour d’Ali al-Taher.

La crête ne constitue pas un espace isolé au milieu d’une zone inhabitée. Nabatiyé al-Fawqa, Kfar Tebnit et d’autres localités se trouvent à proximité. Des habitations, routes, terres agricoles et infrastructures civiles entourent le secteur.

Les bombardements des dernières semaines ont déjà provoqué d’importants dégâts dans les localités voisines.

Une destruction massive du réseau souterrain peut ajouter des dommages indirects, même lorsque les charges sont placées à distance des maisons. Leur ampleur ne pourra être établie qu’après une inspection du terrain.

À 21 h 42, aucun bilan complet des dégâts provoqués par la déflagration de 21 h 08 n’était encore disponible.

Une démonstration spectaculaire de la transformation du terrain

L’opération d’Ali al-Taher pose également une question plus large pour le Sud-Liban : celle de la transformation physique du territoire par les opérations militaires israéliennes.

Depuis plusieurs semaines, les dynamitages se multiplient dans différentes régions. Des maisons ont été détruites à Mansouri, Bani Hayyan, Khiam et dans plusieurs villages frontaliers. Mercredi encore, des dizaines de dynamitages avaient été recensés dans le seul secteur de Mansouri.

À Ali al-Taher, l’échelle est différente parce que les destructions visent un réseau souterrain.

Mais la conséquence territoriale est comparable : Israël ne se contente plus de frapper ponctuellement une cible. Il détruit des infrastructures et modifie les lieux afin d’empêcher leur réutilisation.

Du point de vue israélien, cette politique vise à supprimer durablement les capacités militaires du Hezbollah.

Du côté libanais, elle pose directement la question de la souveraineté et de l’intégrité du territoire. L’armée libanaise a encore dénoncé mercredi la poursuite des destructions israéliennes et estimé qu’elles entravaient son propre déploiement.

L’armée libanaise avait averti d’une escalade

La veille de l’explosion, le commandement de l’armée libanaise avait adopté un ton particulièrement sévère.

Il accusait Israël d’avoir intensifié ses attaques contre les zones résidentielles et les institutions et de poursuivre ses opérations de démolition dans le Sud. Selon le décompte communiqué par l’armée, environ 7 700 violations israéliennesauraient été enregistrées depuis l’accord-cadre du 26 juin.

Le commandement estimait surtout que la poursuite des opérations empêchait l’armée d’accomplir normalement les missions qui lui ont été confiées pour rétablir la stabilité.

La destruction des tunnels d’Ali al-Taher illustre précisément cette contradiction.

Le gouvernement libanais affirme vouloir étendre le monopole de l’État sur les armes et confier la sécurité du territoire aux seules institutions régulières. Dans le même temps, Israël poursuit directement sur le territoire libanais des opérations militaires de grande ampleur contre les infrastructures qu’il attribue au Hezbollah.

L’armée libanaise se retrouve ainsi appelée à reprendre le contrôle d’un espace dont le terrain lui-même continue d’être transformé par des opérations israéliennes.

Ali al-Taher devient aussi un argument dans le débat sur les armes

Quelques heures avant l’explosion, le président des Kataëb, Sami Gemayel, avait précisément cité Ali al-Taher lors d’une conférence de presse consacrée au désarmement.

Le député demandait au gouvernement s’il existait ailleurs au Liban des « Ali al-Taher 2, 3 ou 4 », notamment dans la Békaa, à Beyrouth, au Metn ou au Kesrouan.

Son argument était que l’existence éventuelle d’infrastructures militaires souterraines dans des zones habitées pouvait transformer les localités environnantes en objectifs israéliens.

La déflagration de jeudi soir donne brutalement corps à cette inquiétude.

Elle ne tranche évidemment pas le débat politique sur le Hezbollah. Le parti et ses soutiens considèrent que ses capacités militaires restent nécessaires face à Israël, tandis que ses adversaires estiment qu’elles exposent désormais davantage le territoire qu’elles ne le protègent.

Mais l’explosion montre très concrètement ce que signifie la présence d’un complexe militaire souterrain lorsqu’il devient l’objectif d’une opération de destruction.

Une magnitude 4,1 qui ne doit pas être présentée comme un séisme

Dans les prochaines heures, la manière dont l’événement apparaît dans les applications sismologiques risque elle-même de provoquer de la confusion.

La capture enregistrée jeudi soir présente l’événement sous une forme familière aux utilisateurs des applications de tremblements de terre : magnitude, profondeur, coordonnées et heure.

Cela ne suffit pas à en faire un séisme naturel.

Les explosions de carrières, essais nucléaires et grandes explosions militaires produisent elles aussi des ondes sismiques. Les réseaux de surveillance les détectent parce que leurs capteurs mesurent les vibrations du sol, quelle qu’en soit l’origine.

La profondeur affichée de 10 kilomètres ne doit surtout pas être utilisée pour affirmer que les tunnels d’Ali al-Taher descendent à cette profondeur. Ce serait une interprétation erronée. La localisation en profondeur d’un événement explosif peut être mal contrainte et certains traitements utilisent des profondeurs conventionnelles lorsqu’ils ne disposent pas d’assez de données.

Ce qui est pertinent jeudi soir est le signal de magnitude 4,1 et sa concordance temporelle et géographique avec la destruction du complexe.

Ce que l’explosion peut annoncer pour les prochaines heures

La question est désormais de savoir si cette déflagration constitue l’opération principale de destruction ou seulement une étape.

Israël avait annoncé avoir pris le contrôle opérationnel du réseau et vouloir le neutraliser. Les opérations précédentes montrent que les destructions peuvent être réalisées en plusieurs séquences afin de traiter différentes galeries et différents accès.

De nouvelles explosions restent donc possibles.

Le deuxième point à surveiller sera l’état du terrain. Des reconnaissances seront nécessaires pour déterminer si la déflagration a provoqué des affaissements ou des dégâts supplémentaires autour de Nabatiyé al-Fawqa, Kfar Tebnit et des secteurs proches de la crête.

Enfin, la réaction de l’État libanais sera déterminante. Une explosion suffisamment puissante pour produire un signal sismique de magnitude 4,1 au cœur du territoire libanais constitue un nouvel épisode spectaculaire d’une campagne que l’armée dénonce déjà comme incompatible avec la stabilisation du Sud.

À 21 h 42 jeudi 10 septembre, la déflagration d’Ali al-Taher est le dernier développement majeur de cette séquence. Le sol a enregistré ce que les habitants de Nabatiyé viennent d’entendre et de ressentir : la destruction du réseau souterrain est entrée dans une phase d’une puissance exceptionnelle.

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