Suite de la publication du rapport alarmiste de Human Right Watch qui dénonce le manque de transparence et les manquements dans la gestion des déchets au Liban, le Ministre de l’Environnement Tarek Khatib dément toute nouvelle crise des ordures au Liban.

S’exprimant sur les ondes de l’OTV ce lundi, le ministre a estimé que pour l’heure, les ordures n’envahiront pas nos rues et qu’il n’est inadéquat d’alarmer la population en rapport avec un problème qui n’existe pas, estimant par ailleurs que la situation va dans le bon sens.

Il n’a cependant pas fait mention des problématiques environnementales causées par le stockage des déchets et notamment au niveau des zones maritimes, agricoles ou encore l’existence démontrée par HRW de plusieurs centaines de décharges sauvages. Ce même rapport indiquait que chaque semaine, le feu ravageait 150 décharges provoquant la libération de dioxines dans l’air.

Selon le Ministère de l’Environnement, le Liban compterait 941 décharges dont 617 municipales.

Pour rappel, le rapport de HRW estimait qu’une nouvelle crise des ordures menaçait la santé de la population libanaise, 77% des ordures étant jetées dans des décharges à ciel ouvert. Cette étude indique que l’inhalation de fumées de combustion des déchets en plein air, provoque, outre l’augmentation des risques de cancers à long terme, des problèmes respiratoires comme la broncho-pneumopathie chronique obstructive, la toux, l’irritation de la gorge et l’asthme. Il s’accompagnait également d’une série de recommandations aux institutions libanaises et de la mise en place d’une politique à long terme de gestion des déchets.

Du déjà vu en 2015

En 2015 déjà, la crise des ordures avait amené à la mobilisation d’une frange de la population, notamment suite à un appel d’offre largement controversé en raison des coûts de ramassage proposés par les compagnies participantes allant de 140 dollars à plus de 200 dollars la tonne. De nombreuses manifestations se sont ainsi déroulées cet été 2015 au centre-ville de Beyrouth.

Les Forces de Sécurité ont été critiquées pour un usage inapproprié de la la violence, alors que certaines sources indiquaient que des éléments proches de partis politiques s’étaient infiltrés parmi les manifestants pour provoquer des incidents. Les partis politiques avaient fait part d’une large solidarité entre eux face à la société civile qui réclamait une réforme en profondeur du système politique.

Le gouvernement d’alors avait tenté de résoudre la crise en rouvrant la décharge de Bourj Hammoud sur la côte et en ouvrant celle dite de Costa Brava à proximité de l’Aéroport International de Beyrouth. Cette dernière ayant fait l’objet d’un recours perdant en justice suite à des problèmes écologiques, devrait finalement être fermée sans qu’aucune solution de rechange ait été jusqu’à présent trouvée.