Il existe au Liban plusieurs associations et mouvements sociaux pour les droits des femmes notamment la « Commission nationale pour les femmes libanaises » qui est dirigée par la Première Dame du Liban. Ces groupes ont comme objectif de se battre pour la condition de la femme au Liban. Cette cause n’est donc pas négligée. En effet, depuis des décennies, les mouvements féministes et des droits de l’homme ont constamment milité pour améliorer la condition de la femme dans la législation et le milieu du travail à tous les niveaux. Beaucoup de choses ont été accomplies, néanmoins, il reste beaucoup à faire.

Le Liban a adhéré à la charte des Nations-Unies qui stipule que tous les Hommes sont libres et égaux en droits sans discrimination entre les hommes et les femmes. L’égalité de droit est aussi économique, sociale, culturelle, civile et politique. Le Liban, en adhérant à cette charte, s’engage à prendre toute les mesures nécessaires pour assurer l’égalité des droits et des devoirs entre les hommes et les femmes.

Malgré l’adhésion à la charte des Nations-Unies et la signature des traités internationaux, il y a encore une grande discrimination vis-à-vis des femmes aussi bien à travers les lois que dans la réalité de tous les jours. Dr. Fadia Kiwan, politologue à l’USJ, a noté que « les projets de loi élaborés pour rendre la justice aux femmes (lois relatives au travail, à la CNSS, au code pénal et à la nationalité…) sont toujours dans les tiroirs du Parlement », soulignant que « le statut civil est la base de la discrimination contre les femmes »

Les femmes musulmanes restent soumises aux lois de leur confession : sunnites ou chiites, qui ont leur propre loi concernant l’héritage (succession) qui est en fait un décret et non une loi.

Au Liban, l’inégalité commence au berceau. La famille et les parents se réjouissent toujours plus à la naissance de garçons. Dans certains milieux, l’éducation et la scolarité des garçons sont toujours plus soutenues et encouragées que celles des filles.

Le pourcentage des filles qui poursuivent des études supérieures demeure relativement bas (20,2% en l’an 2000) et ceci est dû aux us et coutumes qui empêchent les filles de voyager pour poursuivre leurs études auprès d’universités spécialisées. Toutefois, le Ministère de l’Education a contribué à l’augmentation de ce pourcentage jusqu’à 46,7% en créant des écoles techniques locales. Cependant, de nouvelles lois doivent être mises en place dans cette optique, comme assurer une éducation gratuite d’ici 2015, pour éliminer tout analphabétisme d’ici 2020, donc passer de 98,3% à 100% et imposer des pénalités à ceux qui refusent l’éducation de leur fils ou leur fille.

Il faut aussi encourager les femmes à entamer une éducation de vocation ou de technicité pour diminuer tout abandon en milieu de chemin, et aussi réformer et modifier les programmes scolaires pour éliminer tous les éléments stéréotypés qui défavorisent l’épanouissement de la femme.

Dans la vie active et familiale, les femmes travaillent 13h de plus par semaine que les hommes; souvent sans être payées en conséquence. Le salaire des femmes est de 30 à 40% inférieur à celui des hommes. Les femmes occupent de 10 à 20% d’emplois administratifs, moins de 20% d’emplois industriels et moins de 5% de postes de décision (PDG, directeur, etc…). Dans le secteur économique, la condition de la femme a montré une légère amélioration selon des statistiques réalisées par la « Central Administration for Statistic », on est passé de 16,2% en 1990 à 20,6% en 2000.

Dans le but d’améliorer ces statistiques et de donner plus de pouvoir aux femmes pour devenir financièrement indépendantes, certains objectifs doivent être pris en considération. Il faut encourager les femmes à subvenir à leurs besoins en leur facilitant des prêts bancaires. La loi libanaise ne doit pas faire de distinction entre les 2 sexes en ce qui concerne les prêts bancaires et les hypothèques.

Hommes et femmes doivent être traités à part égale. Les femmes doivent être jugées selon leurs compétences pour accéder à des contrats et gérer leurs biens. Dans le domaine du commerce, les femmes doivent avoir recours aux crédits, à l’immobilier, elles doivent pouvoir réaliser des transactions commerciales, de disposer de leurs propriétés et possessions sans la permission de l’époux, du père ou du frère, si ces biens sont acquis avant le mariage. Aussi, elles doivent avoir droits aux mêmes salaires et promotions que les hommes.

La guerre au Liban a eu un énorme impact sur la situation économique ce qui a causé encore plus d’appauvrissement dans les familles; des statistiques menées par le Ministère des Affaires Sociales ont montré que 7,5% des familles vivent en-dessous du seuil de pauvreté : 200$/mois pour une famille de 5 membres! Notons que les femmes libanaises sont plus vulnérables face la pauvreté que les hommes et leur salaire n’est pas toujours assuré. L’Etat libanais doit poursuivre ses efforts pour la réduction de l’appauvrissement en encourageant des programmes d’entraînements pour améliorer les compétences des femmes et promouvoir des services financiers surtout aux femmes défavorisées et à celles qui ont perdu leur époux pendant la guerre et qui ne peuvent subvenir aux besoins de leurs enfants.

En conclusion, les Droits des Femmes au Liban ne doivent pas être traités en second plan par rapport aux autres priorités et aux autres conflits qui touchent le pays. La conférence de Pékin pour l’Action en 1995 où plusieurs institutions non-gouvernementales pour les droits de la femme étaient présentes, a hautement contribué à l’acquisition de certains droits. Cependant, notre but est loin d’être atteint; nous aspirons à une égalité totale entre les sexes et ceci dans tous les domaines.

La Troisième Voix qui est un « think tank », un groupe de réflexion et un laboratoire d’idées politico-socio-économiques pour le Liban, a preparé une pétition en vue de de sensibiliser le plus grand nombre et les politiciens, aux questions des femmes. Dans cette pétition, vous trouverez de nombreux points qui n’ont pas été élaborés dans cet article. Ceux-ci doivent quand même être abordés, il s’agit de sujets concernant par exemple les femmes au pouvoir et en politique, le mariage, le divorce, la garde d’enfants, la nationalité et d’autres droits qui sont refusés aux femmes à ce jour.

N’oublions pas que dans le monde, il y a beaucoup de violence contre les femmes. Il faut savoir qu’au Liban, il n’existe pas de lois pour les protéger et les défendre. La violence contre les femmes augmente, et celles-ci sont très peu disposées à l’avouer par peur de représailles de leur époux, frères ou pères. Plusieurs institutions non-gouvernementales aident ces femmes battues en leur offrant soins et toits, mais il est impératif que l’Etat prenne des mesures pour abolir cette violence qui n’est que le résultat d’un pur barbarisme en ce XXIème siècle. L’Etat doit aussi entreprendre des programmes d’éveil dans ce sens et punir sévèrement les agresseurs.

C’est pourquoi il est également impératif que la question des droits des femmes soit approuvée par la polpulation libanaise. Plus de 53% de la population libanaise sont des femmes. La discrimination contre les femmes n’est plus tolérable. Il est temps d’agir, de moderniser, d’évoluer. Le progrès d’une Nation, à tous les niveaux, se mesure par rapport au degré de libération de la femme.

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de signer la pétition pour que nous puissions unir toutes nos voix pour défendre cette juste cause et pour qu’un jour, nous atteignons la parité que les femmes méritent à travers le monde et au Liban en particulier.

Lien vers la pétition: http://www.petitions24.net/petition_for_womens_rights_in_lebanon

La 3ème voix www.3Vliban.org

 

1 COMMENTAIRE

  1. Courage, amies libanaises ! Le chemin est long, et il faut d’abord l’ouvrir.
    Votre pays  est un état moderne et mérite ce progrès : il ne s’agit pas que de droits sociaux, car la parité est d’abord une exigence démocratique.
    Fanchon, une française

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