Depuis quelques jours, circule une vidéo avec une personne âgée atteinte d’Alzheimer qui était danseuse étoile, et qui s’est remise dans son fauteuil roulant à danser au son de la musique de Tchaikovsky, entourée de l’amour de son petit fils probablement…

Pendant ce temps, mon papa atteint lui aussi d’Alzheimer a été hospitalisé en état critique. La bonne nouvelle c’est que depuis, papa a retrouvé la « santé ». Il a passé sa vie pendant plus de 70 ans à coudre. Son métier était sa vie. Et là il recommence activement nuit et jour aussi à coudre avec autant de passion, mais autrement bien sûr.

Par ailleurs, de mon côté, n’ayant pas vécu de près l’explosion du port de Beyrouth, je me retrouve tous les jours depuis samedi dans la chambre de papa, à l’hôpital au 8ème étage, où nous avons une vue panoramique sur le port là où le drame du 4 août a eu lieu.

Je ne cesse de voir les images qui ont tourné en boucle pendant des semaines sur les réseaux et les médias, cette fois-ci en vrai.
Les conséquences sont bien au-delà des mots.
Spectacle irréel et catastrophique.
Ici à l’hôpital le corps médical que j’ai questionné est encore en état de choc.

De nombreux miracles ont eu lieu comme partout, malgré les pertes inestimables, humaines psychologiques et matérielles. Une grande partie du patrimoine a été terriblement endommagée, des immeubles entiers détruits, des façades éventrées témoignant de l’horreur de ce que le peuple libanais a vécu ce jour-là.
C’est fort en sens, c’est aussi puissant que violent de penser à toutes ces familles meurtries à vie dans la perte d’un être cher, blessées dans leur corps. Nombreux ont des cicatrices partout.

Beaucoup de personnes et d’amis touchés parlent de leurs blessures avec dignité et résignation. La reconstruction continue son chemin. Un travail fantastique de déblaiement et d’entraide a eu lieu par des jeunes et des moins jeunes, des ONG etc.. Les routes sont nettes mais les traces sont bien là béantes de la douleur vécue, du traumatisme infini de cette explosion subie, qui a meurtri la capitale de mon beau pays.

Beyrouth belle noble digne vivante ne tombera jamais n’en déplaise aux responsables irresponsables qui ont essayé de la mettre à genoux .

Oui Beyrouth est à genoux pour prier et célébrer la folie de la Croix plantée au milieu de ce lieu ravagé qui crie comme un psalmiste la douleur des entrailles de son peuple qui n’en peut plus de porter à répétition les conséquences de l’absence de gouvernance, de l’égoïsme insoutenable de quelques mâles corrompus jusqu’à la moelle .. Oui Beyrouth pleure et prie à la fois parce qu’elle sait par expérience que la croix est glorieuse.

Comme un cèdre gigantesque et somptueux Beyrouth renaîtra de nouveau.

Si vous avez trouvé une coquille ou une typo, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée . Cette fonctionnalité est disponible uniquement sur un ordinateur.