Source: page de ‎طلعت ريحتكم‎
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Beyrouth, Liban – Manifestation à Beyrouth en ce mardi 28 juillet, alors que la soirée a été plutôt mouvementée, avec l’annonce par Sukleen de l’interruption du service de ramassage des ordures hier soir puis de sa reprise, sur fond de rumeurs faisant état de la démission du Premier Ministre Tamam Salam. Le gouvernement annonce avoir trouvé une solution, la population reste cependant sceptique.

Une solution annoncée mais toujours un manque de transparence de la part des autorités

A l’issue d’une réunion d’un comité ministériel convoquée hier soir, le Ministre de l’Industrie, Hussein al-Hajj, a annoncé hier soir que le gouvernement a trouvé une solution temporaire au stockage des ordures de Beyrouth. Les lieux de stockages, selon le Ministre, « seraient équitablement répartis » entre les régions libanaises, alors que le Cabinet offrirait des incitations financières aux localités acceptant leur hébergement. Le gouvernement rechercherait ainsi 3 zones d’enfouissement. Le ministre de l’agriculture, Akram Chehayeb aurait précisé attendre les décisions du Ministre Elias Bou Saab concernant la localisation des 3 sites.

Le Ministre de l’environnement Mohammed Machnouk a également annoncé que le gouvernement étudierait à nouveau les propositions des différentes compagnies ayant répondu à l’appel d’offre précédente et qui avait malheureusement échoué. Ce plan viserait à remplacer la société Sukleen dont le mandat est arrivé à expiration le 15 juillet dernier. Il n’est cependant pas assuré que les entreprises ayant présenté leurs dossiers puissent accepter d’y être aujourd’hui à nouveau impliquées suite à cette crise. Autre mesure, l’établissement au sein du CDR d’une chambre des opérations pour surveiller la mise en place du plan décidé par les autorités.

L’approbation du plan gouvernemental se heurte cependant à la crise ministérielle, le Premier Ministre Tamam Salam ayant annoncé le report de la réunion du Conseil des Ministres afin d’éviter tout vide de l’exécutif en cas de démission. Le Ministre Akram Chehayeb a cependant estimé aujourd’hui que la décision d’enlever les ordures de la rue pourrait être prise dès aujourd’hui.

Pour rappel, le contrat de ramassage des ordures du Mont-Liban avec la compagnie Sukleen s’était achevé le 15 juillet dernier, alors que le gouvernement avait également décidé de la fermeture de la décharge de Naameh, au sud de la capitale libanaise.

Côté judiciaire, le procureur financier Ali Ibrahim aurait également lancé une enquête à l’encontre des sociétés Sukleen (ramassage des ordures de Beyrouth et du Mont Liban à l’exception de la région de Jbeil) et Sukomi (traitement des déchets et gestion des décharges) toutes 2 filiales du groupe Averda, suite à certaines informations. Un comité d’experts aurait été ainsi réuni pour étudier s’il y a eu détournement des fonds publics.

Inquiétude de la Société Civile face à la solution gouvernementale

Cette annonce a cependant provoqué l’inquiétude de la société civile et notamment de membres d’une page Facebook طلعت ريحتكم, qui ont appelé à manifester aujourd’hui, place Riad el Solh, à proximité du Grand Sérail, siège du gouvernement libanais. Ces derniers dénonçaient le manque de transparence quant aux lieux de stockage choisis et ont suivi les bennes à ordure durant la nuit. Ils auraient ainsi identifiés 2 zones de décharges, dont le Fleuve de Beyrouth et le quartier de Sin el Fil dans la banlieue de Beyrouth. Deux voitures ont également été incendiées hier dans la capitale, selon l’Agence Nationale D’information (NNA), lors que des individus ont mis le feu à des ordures en signe de protestation contre l’accumulation des déchets dans leur rue. Des scènes similaires ont également eu lieu dans les quartiers de Salim Salam, Béchara Khouri et encore Mar Elias, toujours dans la capitale libanaise, malgré la mise en garde du Ministre de la Santé Wael Abou Faour.

Ces inquiétudes font écho aux manifestations hier des habitants de l’Iqlim el Touffah, qui ont bloqué l’autoroute menant au Sud Liban pour protester contre un possible transfert des déchets dans leur région avant d’être écartés par une charge des Forces de Sécurité, charge qui a fait 3 blessés, côté manifestants et 4 blessés côté des FSI.

Incidents à Hamra, le ministre Rachid Derbas attaqué

Des individus se seraient également pris au véhicule du Ministre des Affaires Sociales Rachid Derbas qui s’y trouvait alors dans la Rue de Hamra, toujours à Beyrouth. Ce dernier aurait porté plainte contre eux. Le juge Samir Hammoud aurait demandé aux Forces de l’Ordre, l’arrestation de ces personnes qui ne seraient pas liés au mouvement contestataire du réseau social.

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