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Dans les coulisses : Aoun-Salam, une froideur politique sans scénario de rupture immédiate

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Les indiscrétions publiées le 15 septembre 2026 dessinent une situation paradoxale autour du gouvernement de Nawaf Salam. D’un côté, des sources de presse font état d’une dégradation de ses rapports avec le président Joseph Aoun et d’une insatisfaction à l’égard du rendement gouvernemental. De l’autre, les mêmes journaux décrivent un cabinet qui ne paraît pas réellement menacé de chute lors de la séance parlementaire de mise en cause. Une troisième donnée complète ce tableau : aucun feu vert extérieur ne semblerait exister pour provoquer un changement gouvernemental dans la période actuelle.

Une insatisfaction prêtée à Joseph Aoun

Ad Diyar du 15 septembre 2026 livre la confidence la plus nette sur les rapports entre Baabda et le Sérail. Selon des sources politiques citées par le journal, Joseph Aoun ne serait pas satisfait du rendement de plusieurs ministres. Les critiques porteraient notamment sur la lenteur de certains dossiers et sur l’absence de résultats suffisamment visibles dans les domaines économique et social.

Le quotidien évoque également une « froideur » dans la relation entre Joseph Aoun et Nawaf Salam. Il ne décrit toutefois ni rupture institutionnelle ni affrontement public entre les deux hommes. Cette nuance est essentielle. La confidence porte sur une détérioration supposée du climat politique et non sur une volonté présidentielle déclarée de remplacer le président du Conseil.

Ad Diyar rapporte aussi l’appréciation d’un député indépendant expérimenté. Celui-ci considère que le gouvernement souffre depuis sa formation d’un problème de cohésion. La diversité de ses composantes et les divergences politiques compliqueraient la construction d’une action gouvernementale homogène. La séance parlementaire pourrait ainsi exposer au grand jour des faiblesses qui existaient déjà à l’intérieur de l’exécutif.

Les éléments publics disponibles le même jour imposent cependant de relativiser cette indiscrétion. Joseph Aoun poursuit ses consultations institutionnelles. Nawaf Salam continue de présider les réunions ministérielles, notamment celles consacrées au budget. Aucun des deux responsables ne formule publiquement de critique personnelle contre l’autre. Surtout, aucune source ne rapporte une demande de Joseph Aoun visant au départ de Salam.

Il faut donc distinguer trois niveaux. L’insatisfaction concernant certains résultats gouvernementaux est rapportée par des sources de presse. La froideur entre les deux responsables est une confidence attribuée à ces mêmes sources. En revanche, une rupture entre Baabda et le Sérail n’est pas établie par le corpus.

Une séance parlementaire bruyante mais probablement sans chute du cabinet

La deuxième confidence concerne directement la séance de mise en cause du gouvernement. Al Joumhouria du 15 septembre 2026 rapporte que plus de 55 députés ont demandé à intervenir. L’ampleur annoncée du débat pourrait laisser croire à une véritable menace pour Nawaf Salam. Pourtant, les sources politiques citées par le journal décrivent un scénario beaucoup moins spectaculaire.

Une source politique importante affirme à Al Joumhouria que la séance devrait rester « passagère » et sans répercussion politique majeure. Le gouvernement entendra de nombreuses critiques et recevra des attaques venant de plusieurs directions. Mais, selon cette source, les députés devraient finalement se répartir entre défenseurs et adversaires du cabinet sans produire le basculement nécessaire à une crise gouvernementale.

Le journal avance une raison simple : les forces politiques sont profondément divisées sur les grands dossiers, mais elles se rejoindraient sur l’impossibilité actuelle de provoquer un bouleversement de l’exécutif. La séance aurait donc surtout valeur de démonstration politique. Les sujets ne manquent pas : économie, finances, énergie, armes, sécurité, amnistie générale et situation dans le Sud.

La question d’un vote de confiance reste néanmoins présente. Al Joumhouria rapporte qu’une demande pourrait notamment venir de Gebran Bassil. Mais cette option comporte un risque pour ceux qui souhaitent affaiblir Nawaf Salam. Si le gouvernement obtient de nouveau la confiance, même avec une majorité limitée, ses adversaires pourraient lui offrir une nouvelle légitimité parlementaire au lieu de l’affaiblir.

La précédente séance de mise en cause, le 15 juillet, avait donné au gouvernement 69 voix, selon Al Joumhouria. Le journal envisage donc plusieurs hypothèses. Une nouvelle confiance à un niveau comparable montrerait que les critiques n’ont pas produit de rupture. Une majorité plus faible révélerait une érosion politique. Une majorité supérieure permettrait au gouvernement de présenter le vote comme une confirmation de sa légitimité.

Al Sharq du 15 septembre apporte un élément supplémentaire. Le député Assaad Dergham affirme que l’opposition a adressé cinquante questions au gouvernement concernant les dossiers économiques, sociaux et quotidiens. Il estime que seulement quinze réponses ont été fournies et qu’elles ne sont pas convaincantes. Pourtant, il précise que le retrait de confiance n’est pas envisagé à ce stade.

Cette déclaration publique rejoint donc les confidences anonymes. Le gouvernement peut être fortement contesté sans que ses adversaires veuillent nécessairement le faire tomber.

L’absence de couverture extérieure serait le véritable verrou

Le troisième élément permet de comprendre cette apparente contradiction. Al Joumhouria rapporte que la marge des acteurs libanais serait limitée par l’environnement extérieur. Sa source politique estime que l’ensemble de la confrontation parlementaire restera sous le plafond créé par l’absence de couverture internationale pour une initiative susceptible de bouleverser le gouvernement.

Cette confidence est politiquement importante. Elle signifie que la stabilité de Nawaf Salam ne dépendrait pas uniquement de l’arithmétique parlementaire. Le contexte diplomatique pèserait également sur les calculs des différentes forces.

Le calendrier explique en partie cette prudence. Le Liban se trouve engagé dans des négociations indirectes avec Israël. La réunion de Paris doit traiter du soutien à l’armée. Washington maintient son rôle de médiateur. La question du retrait israélien reste ouverte. Le déploiement de l’armée dans le Sud est suivi par les partenaires internationaux. Une crise gouvernementale introduirait donc une nouvelle incertitude au moment où plusieurs dossiers diplomatiques arrivent à une étape sensible.

Ad Diyar du 15 septembre rappelle de son côté que le gouvernement Salam avait bénéficié, dès sa formation, d’un soutien extérieur important. Le journal présente cet environnement comme l’un des facteurs qui continuent de protéger le cabinet malgré les critiques internes. Cela ne signifie pas que les partenaires étrangers approuvent chaque décision du gouvernement. Cela signifie plutôt qu’ils ne semblent pas considérer son remplacement comme souhaitable dans l’immédiat.

Les informations publiées par Al Sharq vont encore plus loin dans cette direction. Le journal rapporte, dans une analyse fondée sur des sources politiques et diplomatiques, que des acteurs extérieurs importants tiennent au maintien de l’architecture institutionnelle actuelle. Cette présentation doit toutefois rester attribuée au journal : aucune déclaration officielle américaine, française ou saoudienne reproduite dans le corpus n’annonce formellement que Nawaf Salam serait « intouchable ».

La distinction est importante. Il existe des confidences convergentes sur une préférence extérieure pour la stabilité gouvernementale. Il n’existe pas, dans les sources fournies, de preuve d’un ordre étranger empêchant juridiquement ou politiquement le Parlement de retirer sa confiance.

Un gouvernement protégé mais pas nécessairement renforcé

Ces trois éléments dessinent donc une situation plus subtile qu’une simple opposition entre un gouvernement solide et une opposition incapable de le renverser. Nawaf Salam peut sortir de la séance sans tomber tout en étant politiquement affaibli. La question centrale devient alors moins celle de la survie du cabinet que celle de sa capacité à gouverner après la séance.

Une détérioration réelle des rapports avec Joseph Aoun serait particulièrement importante. Le président et le chef du gouvernement doivent coopérer sur le budget, les réformes, les nominations, les négociations et le dossier du Sud. Une froideur personnelle ou politique n’entraîne pas automatiquement une crise. Mais elle peut ralentir les décisions et rendre plus difficiles les arbitrages.

Inversement, une absence de vote de défiance ne signifie pas que le Parlement approuve l’action du gouvernement. Les cinquante questions évoquées par Assaad Dergham et les dizaines de demandes de parole montrent l’ampleur des griefs. Le cabinet peut conserver la confiance constitutionnelle tout en perdant une partie de son crédit politique.

Le paradoxe révélé par les confidences du 15 septembre est donc celui d’un exécutif contesté à l’intérieur mais protégé contre une rupture immédiate. Joseph Aoun serait insatisfait de certains résultats sans vouloir provoquer une crise ouverte avec Nawaf Salam. Les opposants veulent utiliser le Parlement pour attaquer le cabinet, mais hésitent à lui offrir l’occasion d’obtenir une nouvelle confiance. Enfin, les principaux partenaires étrangers paraissent privilégier la continuité institutionnelle pendant une phase diplomatique particulièrement sensible.

La véritable indication à surveiller n’est donc pas seulement le maintien ou la chute du gouvernement. Ce sera le nombre de voix dont Nawaf Salam disposerait si la confiance était effectivement mise aux voix, puis l’état réel de sa coopération avec Joseph Aoun après la séance. C’est à ces deux niveaux que les confidences actuellement rapportées pourraient être confirmées ou infirmées.

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Newsdesk Libnanews
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